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distance immense à laquelle cette vérité est aujour-d’hui reculée de nos idées libérales, donne la mesure de laprofondeur de l’abîme dans lequel nous sommes tombés.
Ainsi il me semble que l’on peut compléter la pen-sée de M r Bonald, et dire : « La religion chrétienne
« et l'Eglise règlent les états, les états règlent les corps,« les corps règlent les familles, la famille règle les« individus. Tout tend à faire corps dans le monde« social; et l’on peut dire qu’il n’y a d’esprit public« ou social que dans les corps publics; esprit de reli-« gion, esprit de patrie, esprit de corps, esprit de« famille, esprit public, enfin, âme de la société,« principe de sa vie, de sa force et de ses progrès. »
Le gouvernement monarchique ne fait donc queréaliser les rapports des êtres dans tout l’ordre deleurs dépendances, de quelque manière qu’on lesconsidère, seul il a l’unité pour, règle et pour prin-cipe; l’unité de Dieu même, visiblement représentée parl’unité du pouvoir. La hiérarchie de la constitutionmonarchique s’allie parfaitement et est pour ainsi direparallèle à la hiérarchie de l’église. A l’image de lafamille, la monarchie n’est que la constitution d’unegrande famille soumise au pouvoir paternel d’unseul. Enfin notre nature intellectuelle et physiqueoù une âme immortelle doit gouverner des organessoumis à son empire, est elle-même monarchique-ment constituée. Ainsi l’homme, la famille, la sociétépolitique sont de véritables monarchies soumises aupouvoir de la raison, de la paternité, de la royauté,et toutes ces monarchies sont soumises à Ht monar-chie véritablement universelle de l’église. Cette ana-logie , cette liaison intime entre ces différeris ordresde rapports est telle que là où l’église exerce le pou-voir qui lui appartient, elle est tout à la fois la règlede la raison de l’homme, des devoirs de la paternité,de la constitution , de la société politique.
En résumant ce que nous avons développé, nousvoyons la liaison intime qui existe entre l'ensembledes connaissances et celui des institutions : nous voyonsces deux règles de nos pensées et de nos actions«voir la même unité pour principe, la même analogiedans la variété des développemens. Ces développe^