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(pies excellons esprits , profondément chrétiens et fran-chement françois, firent même pressentir ce que pou-voit être notre littérature, si elle restoit purementchrétienne et nationale. Racine, dans la maturité deson génie, osa essayer de s’élever à de divines beautés,et l’on sait les accords ineffables que sa lyre en atirés dans Âlhalie. Bossuet qui , mieux que personne,avoit compris la haute simplicité et l’admirable fé-condité des idées chrétiennes , eu fit une sublime ap-plication à la science de rhistoire. Aîais ces exemplescurent peu d’imitateurs, et bientôt ce germe de divi-sion qui avoit séparé les sciences morales de leur prin-cipe et les avoit entraînées à rcconnoîlre uue domina- •tion étrangère , en les jetant toutes dans l’imitationde l’antiquité payenne, bientôt, dis-je, ce germe dé-velqppé par les événemens politiques et religieux, pro-duits du luthéranisme , porta lés fruits les plus amers.L’influence que la réligion exerçoit encore dans lesiècle précédent sur les belles-lettres, s’effaça entière-ment-, elle resta seule au milieu de sujets infidèlescomme une Reine détrônée, avec les droits les plussaints , méconnus ou oubliés , et nos beaux espritsen vinrent au point de rougir également et de la foiîle nos pères et des souvenirs de la patrie. L’antiquitépayenne et républicaine attirait seule tous les regards,tous les hommages. Il n'y avoit de grands hommes,de grands caractères, de liberté que chez les grecset les romains; il n’y avoit de beautés, de charmesque dans leur mythologie. Nous devenions, sans lesavoir, payens au milieu du christianisme, républi-cains sous un gouvernement monarchique. Les idées,les affections se séparoient des institutions religieuses etpolitiques; tout tendoit à une révolution. Sans doute,cette imitation de l’antiquité ne fut souvent chez lesgens de lettres qu’absurde ; mais descendue dans le peu-ple, combinée avec les passions de la multitude, elledevint féroce, et voilà en deux mots l’histoire denotre révolution.
Depuis longtemps on s’étoit donc habitué à regar-der la religion comme une science à part, utile seu-lement aux théologiens ; et l’on avoit à peu prèsentièrement oublié qu’elle seule est la source féconde