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chant à sauver un fond vicieux par des dehors sédui-sants, les formes du langage l’emportèrent alors sur leiond des idées. CVtoit, pour la littérature payenm- com-me pour la doctriue de la réforme, la même causede succès; toutes les formes anciennes parurent vieil-lies et surannées, et peu s’en fallut qu’on ne reléguâtalors avec la littérature moderne l’enseignement reli-gieux du catholicisme, et que l’Europe ne tombât dès-lors clans l’adoration de la déesse liaison. Ne nousétonnons donc pas si , dès sa naissance, cet esprit d’in-dépendance ou plutôt de licence ,de la réforme, unipar un lien secret à cette admiration désordonnée età cette imitation indiscrète de l’antiquité, enfantaune littérature entièrement imprégnée et falsifiée parune foule d’idées payennes, et si ce mauvais levain quifut toujours, depuis ce temps, le fond de notre littératiue,a produit enfin la décomposition littéraire cl socialedont nous avons été témoins de nos jours.
Sans doute, la littérature moderne, entée sur lalittérature classique des anciens, gagna d’abord pourles formes du stylp , mais elle perdit infiniment pourle fond des idées, et il falloit laisser les formes naî-tre du fond comme les fleurs sur leurs tiges, et nonpermettre aux formes d’emporter le fond ; et non-si, u'ement ces deux prétendues réformes des lettres et(le la religion furent également funestes à toutes deux,et, par l’intime liaison qui existe entre toutes lesidées, elles agirent réciproquement l’une sur l’autre;mats si, depuis celte époque, notre littérature devintmoins religieuse , elle fut aussi moins nationale, etebe devint, en quelque sorte, toute étrangère, je n’enexcepte pas même le siècle de Louis XIV, où lesplus beaux génies sembloient déjà dédaigner les ri-chesses de notre histoire, et pour là plupart ne pri-rent leurs sujets comme leurs modèles que dans lepaganisme. Alors, sans doute, plus de respect pour lareligion séparoit, sans les désunir, l’empire de la re-ligion de celui des belles-lettres; la religion sembloitalors retirée dans un sanctuamî inaccessible , trop élevéau-dessus .des idées ordinaires, et c’étoit le respectet non le dégoût qui en tenoit éloignés ceux -qui netraitoient pas directement ces augustes sujets. Quel-