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La vérité est ce qui est. On ne peut en donnerune idée plus complète et plus simple à la fois. C’estcelle que tous les hommes-en ont, et il est d’une im-possibilité absolue d’en avoir une autre; dire qu’unechose est ou quelle est vraie, cela est parfaitementsvnouime.
On dit d’une multitude d’objets: cela est. Cette ex-piession, appliquée à tant de modifications, prouve querien n’est plus simple, plus général que la vérité , puis-que des formes diverses ont toujours le même fonds ,rien de pl us un , puisque tout ce qui est a la mêmeorigine, l’Etre. Et eu même temps rien de plus varié,de plus riche, de plus fécond dans ses effets; et cetteimmense fécondité, sortie de cette admirable unité, meparaît constituer le premier, le plus essentiel caractèrede la vérité.
Je le demande aux incrédules, aux esprits forls, auxphilosophes de tous les siècles , qui ne veulent admet-tre que ce que la raison leur permet de concevoir ,n’est-ce pas la raison même qui nous force impérieu-sement à reconooitre l’existence de la vérité avec tousles attributs essentiels à sa nature P Et cette véritéinvisible et cependant partout présente, qui échappeà tous nos sens, et que tout sens et raison nousprouve, cette vérité qui , multipliant à l’infini seseffets, reste cependant toujours la même, qu’est-elle autrechose que ce Dieu, puissance , sagesse , bonté infinies ?Et nous retrouvons dans ces livres, contre lesquelsles passions ont accumulé tant de misérables objections,que ce même Dieu s’est défini lui-même : celui qui est.
bien n’est donc plus absolument nécessaire que l’ex-istence d’un premier Etre, d’un Etre qui a la pléni-tude de l’Etre, et duquel sorteut toutes^les modifica-tions, tontes les manières d’Être. Cet Etre est tout-puissant, puisque tout ce qui est, est par lui; infini-ment intelligent, puisque je ne puis rien concevoirsans lui, et que, sans son existence, je ne pourraisni le croire , ni même le nier. 11 a toujours été, ilest par essence. S’il pouvoit avoir commencé ou cessédejre, il aurait quelque chose qui ne seroit j^s.L’Etre ne seroit pas entièrement Etre , si je puism’exprimer ainsi. Il est doue parfait, et de toutes les