( l5 )
par leur éloquence divine et leurs sublimes poésies,Bossuet, dans ses oraisons funèbres et son discours surl’histoire universelle, Racine, dans Athaüe , se sontplacés au-dessus de tout ce que l'antiquité a de plusparfait; ils doivent à la religion leurs inspirations etleurs plus beaux triomphes. Je la vois cette mêmereligion, source inépuisable des méditations du philo-sophe , des inspirations du poêle, je la vois principedes plus nobles sentimens de l’hocnme, honneur duguerrier, force et gloire des héros, des grands Rois.Les Godfroy de bouillon, les Dugnesclin, les Bayardmarchent sous sa bannière, et Condé et -Turenne abais-sent «levant sa majesté leurs fronts couverts de lauriers,et s’élèvent plus par ce noble abaissement que par tou-tes leurs victoires. Les plus grands Rois, dont les pa-ges de l’histoire aient retracé les hauts faits . Charle-magne , Alfred-le-Grand, Saint-Louis tiennent de lareligion et de leur fidélité à faire révérer son enseigne-ment , la gloire de leur règne/ Les siècles les [«lusillustres empruntent d’elle leur éclat. Ces siècles hé-roïques qui accablent tellement notre loiblesse quelleaime mieux chercher à ternir leur gloire qu’à s’euparer et à l’imiter, lui doivent toute leur grandeur.Celte noble chevalerie reçoit d'elle sa conséc;ation, etles croisades et JeurS brillans exploits sout inspirés pat-elle. Je la vois cette religion , source des plus belles in-stitutions qui aient honoré la nature humaine, enfanterl'ordre de iVIalthe et tous les prodiges de son histoire,emtlammer les missionaires d’un zèle héroïque et d’undévouement au-dessus de toute admiration. Ainsi,force des niattyrs dans les premiers siècles du christia-nisme, celte religion est encore la grandeur et la gloiredes plus beaux siècles .de la civilisation. Mais il «toitréservé à notre siècle une preuve , j’ose dire , sansréplique, de la force de son inlluence, un triompheplus étonnant.
Paroissez, Navarrois ! et vous, fiers Castillans !
Et tout ce que l’Espagne a nourri de vaillans !
Dites-nous par quel prodige, au milieu de l’avilissementde toutes les nations , vous seuls, vous lûtes une nobleprotestation que la vertu, que l’honneur avoient en-core un dernier asile contre lequel la tyrannie la plus