PAR
Parler à cœur ouvert, Parler avec une entière fran-chise. || Parler d'abondance de cœur, Parler avecépanchement, avec une pleine confiance; Parlera abondance. Parler sans préparation, ou du moinssans réciter de mémoire. || Parler au cœur, à l'ima-gination , aux passions, Parler de manière à intéres-ser le cœur, à plaire à l’imagination, à exciter lespassions. || Fig., Parler à un mur, aux rochers, Parlerà des gens qui ne sont point touchés de ce qu'on leurdit, des représentations qu’on leur fait. || Fig, et fam.,Parler à un sourd, Parler à un homme qui est ré-solu de ne rien accorder. |] Fig. et fam., Parler à che-val à quelqu'un, Lui parler avec hauteur et dureté.
|| Fig., Parler haut, Parler sans ménagement, et quel-quefois avec insolence. || Prov., Il en parle bien à sonaise, se dit D’un homme qui donne quelque conseildifficile à pratiquer, et qu’il n’est pas obligé de suivre,ou qui parle avec sang-froid des misères et des dou-leurs qu’il n’éprouve pas. || Par menace, Je vous ap-prendrai à parler, Je saurai vous contraindre à par-ler avec plus de retenue. || Fam., Trouver à qui par-ler, Trouver de l’opposition, trouver des gens quivous tiennent tète. || Je n’ai pu trouver à qui parlerdans celte société, Je n’y ai pas vu une personne deconnaissance. || Prov., Trop gratter cuit, trop parlernuit , Un grand parleur s’attire souvent de méchantesaffaires. || On en parle fort dans le monde, se ditD’une chose qui fait le sujet de l’entretien du public.
|| Prov., Il faut laisser parler le monde, ou simple-ment, il faut laisser parler, Il ne faut pas se mettreen peine de ce que le monde dit mal à propos. || Celane vaut pas la peine d’en parler, se dit D’une chosepeu importante, ou à laquelle on vent paraître atta-cher peu d’importance. Il se dit, ironiquement, Pourrelever l’importance de la chose dont on parle. || Nem’en parlez pas, Ne me mettez pas sur ce chapitre.Votre affaire marche-t-elle ? Oh! ne m’en parlez pas,
|| Parlez-moi de cela! se dit en signe d’approbationou de consentement. Parlez-moi de cet homme-là ! ||Faire parler de soi, Faire des choses qui viennent àla connaissance de tout le monde, dont tout le mondes’entretient : cela se dit en bien et en mal. || Cettefemme n’a jamais fait parler d’elle, N’a jamais donnéprise à la médisance. Femme dont on a parlé, Femmedont la réputation n’est pas intacte. || On en entendraparler, Cela doit faire du bruit dans le monde. || Il fautque quelqu’un ait parlé , U faut que quelqu’un aitdivulgué ce secret. j| Prov. et fig., Parler à son bon-net , Se parler à soi - même, parler sans adresser laparole à personne. || Fig., Faire parler quelqu’un,Ajouter aux paroles de quelqu’un, y donner un mau-vais sens. Prêter à quelqu’un un discours qu’il n’a pastenu. || Par forme de menace, Ne me faites point par-ler, Craignez que je ne dise des choses qui ne seraientpas à votre avantage. || Fam., Parlez donc. Sorte d’in-terpellation dont on se sert lorsqu’on se dispose à de-mander compte de quelque chose à quelqu’un. ||Parler, F.xpliquer ses sentiments, sa pensée, décla-rer son intention , sa volonté. Parler au nom de quel-qu’un, de son chef. Il parle de se marier. || Fam.,Voilà ce qui s’appelle parler, Voilà parler ; C’estparler, cria, se dit Lorsque quelqu’un fait des propo-sitions plus avantageuses qu'on ne s’y attendait. Pourlouer quelqu’un qui a dit, sur une question long-temps agitée, des choses claires , péremptoires. || Par-ler en maître, Parler comme un nomme dont le sen-timent fait autorité. || Dieu parle au cœur des pé-cheurs, Il leur envoie de saintes inspirations, il leurdonne de bons mouvements. || Parler, fig., Manifes-
PAR a55
ter ses sentiments, ses pensées par un autre moyenque celui de la parole. Ils se parlent des yeux. || Ilse dit, fig., Des choses morales ou inanimées qui ontou qui semblent avoir une sorte de langage. La pein-ture parle aux yeux. La nature a parlé, quand il arevu son fils repentant. || Les murailles parlent, Il setrouve souvent des témoins des choses même les plu3cachées. || Cela parle tout seul, parle de soi, Cela secomprend sans qu’il soit besoin d’explication. Zuchose parle d’elle-même. || Son mérite parle en sa fa-veur, Son mérite le rend recommandable, rend sesprétentions légitimes. || Tout parle pour lui , Le bondroit, l’équité et la raison sont de son côté. || Il n’arien qui parle pour lui, Il n’est recommandable sousaucun rapport. || En matière d’affaires et de procès,Cette pièce parle contre lui, Elle est contraire à sesprétentions, elle les détruit. || La vérité parle par sabouche, Ce qu’il dit est rempli de vérité. |1 Parler,Expliquer sa pensée par écrit. Il ne me parle point decela dans sa lettre. |j Parler dans un contrat, Décla-rer sa volonté dans un contrat, s’obliger par le con-trat. || Parler , se dit Des écrits, dans un sens ana-logue. Le contrat ne parle point de cette clause. || Par-ler , act. Parler une langue. Ce poète dramatique faitparler à chacun son langage. |j Fig., Parler français.S’exprimer clairement. ]| Fig. et fam., Parler grec,bas-breton, haut-allemand, S’exprimer d’une manièreinintelligible, comme si l’on parlait une langue incon-nue. |j Parler raison, Parler sagement, raisonnable-ment. Se mettre à la raison. C’est parler raison,cela. || Parler affaires, S’entretenir d’affaires. Parlergéométrie, musique, peinture, politique, etc. En discou-rir. || Parler, se dit activ. par rapport à la manièrede prononcer une langue. Parler gascon, Parler fran-çais avec un accent gascon. || Parler, avec le pron.pers., dans le sens passif. La langue française separle dans toute VEurope. || Généralement tarlant.loc. adv. À prendre la chose en général. || Sans par-ler de. loc. prépositive. Indépendamment de. || Parlé,ée. participe.
PARLER, s. m. Langage, manière de parler. Il a leparler bref || Fam., Avoir son franc parler, S’ètremis sur le pied de dire tout ce qu’on pense. !| Prov.et fig., Jamais beau parler n’écorche la langue, Ilest toujours bon de parler honnêtement. j| Parler ,Jargon , accent particulier à certaines contrées de laFrance. Le parler picard.
PARLERIE. s. f. Babil. Fam. et peu usité.
PARLEUR, EUSE. s. Qui a l’habitude de parlerbeaucoup. Un parleur éternel, jj Cet homme est beauparleur, Il s’énonce facilement.
PARLOIR, s. m. Lieu destiné pour recevoir lesétrangers. Peu usité en ce sens. || Dans les commu-nautés, les hospices, etc., Lieu où les religieux, lesmalades, etc., viennent parler aux personnes dudehors.
PARMESAN, s. m. Fromage qui tire son nom duduché de Parme.
PARMI, préposition. (lat. per, entre.) Entre, dansle nombre de, etc. Il ne se met qu’avec un plur. in-défini, qui signifie plus de deux ou trois, ou avecun sing. coilect. Parmi les honnêtes gens.
PARNASSE, s. m. (grec Parnassos, Parnasse.)Montagne de la Phocide, consacrée à Apollon et auxMuses, dont le nom s’emploie fig. en poésie. Les nour-rissons du Parnasse, Les poêles. Monter sur le Par-nasse , Composer des vers, s’adonner à la poésie. LeParnasse français, La poésie française, les poètesfrançais.