SE G.
,l’Oratoire, naquit à Avalon dans le Duché de Bourgogne le fi-xiéme de mai 1596. Après avoir fait fes études de Théologie enSorbonne, il fréquenta le Barreau à Dijon ,&à Paris, où il plaidaquelques caufes. il fut enfuite pourvu d’une charge de J udicaturequ’il abandonna pour entrer en 1624 dans la Congrégation naif-fante de l’Oratoire, où il s’appliqua particuliérement a l’étude deS. Augultin. En 162s, il fut un des douze Pères de l’Oratoire quiaccompagnèrent M. de Bérulle en Angleterre, à la fuite de la Prin-ceiTe Henriette, mariée à Charles I,Roi d’Angleterre. De retourà Paris en 1626, il y reçut l’Ordre dePrêtrifc des mains de Jean-Prançois de Gondy, Evêque de Paris ; de dès 1629, il fut fait fuc-celfivement Supérieur des maifons de Nanci, de Dijon, de Rouen,dcdeSaumur. il n’avoit aucun goût pour la Théologie Scholaiti-que, & il auroit voulu que l’on eût trouvé le moyen de rendre S.Augultin fi familier, que chacun eût été excité à étudier particu-liérement les Ouvrages de ce Père. Ce fut ce goût qui le lia parti-culiérement avecM. du Verger de Hauranne, Abbé deS.Cyran,avecM. Arnauld, & avec prefque tous les amis de l’un & de l’autre.Cette liaifon troubla fon repos pendant quelques années. Ayantfait paroître en 1638, in oSavo, à Paris, chez Camufat, une Tra-duétion Françoife du livre de S. Augultin delà fainte Virginité a-vee d’amples Notes Théologiques, le Syndic de Sorbonne dénon-ça cet Ouvrage à la Faculté pour l’examiner. La Faculté nommaen efFet pour cet examen Mrs Dautruy, Bachelier, Châtelain, &Pereyret, & le 14 du même mois le Père Séguenot fut enlevé deSauinur où il étoit, & conduit à la Baftille, où il demeurajufqu’a-près ta mort du Cardinal de Richelieu. CefutlePéreJofeph, Ca-pucin, qui fe fervit des ordres duRoi contre quelques illuminezde ce tems-là pour faire faire cet enlèvement. Ce Père s’imaginoitque le Père Séguenot l’avoit eu en vue dans plufieurs de fesNotes.On trouve ce fait dans la Vie du P. Jofeph par l’Abbé Richard,Chanoine de Sainte-Opportune. Le lendemain de cet emprifon-nement le Syndic de Sorbonne produifit devant la Faculté une dé-claration des Pères de l’Oratoire de Paris, par laquelle ils defap-prou voien t le li vre du Père Séguenot tant pour la doétrine qui y é-toit renfermée, que parce qu’il n’avoit point été approuvé parfon Supérieur, qui étoit alors le Père Charles de Condren, fécondGénéral de la Congrégation. Le même jour le PéreBertin delàmême Congrégation lit une déclaration femblable au nom de fonCorps, dans laquelle il dit en particulier, que ce livre avoit beau-coup déplu à la Congrégation, qu’elle n’avoit point les mêmes fen-timens, & qu’elle s’offroit de fouferireâ la Cenfure qui en feroitfaite par la Faculté; mais on ne voulut point en recevoir la fignatu-re. Le 18 juin fuivanton fe raffembla pour entendre la leéture despropofitions que les Examinateurs avoient cru dignes de cenfure.On les difeuta, & on remit encore au vint-troifiéme juin à pronon-cer la cenfure, afin de donner lieu à un nouvel examen. Cette que-ition fut donc encore débattue le vint-troifiéme juin ; & le premierjour de juillet, dans l’aflemblée générale, on fit leéture de la cen-fure à laquelle le Père Séguenot fe fournit, fans néanmoins qu’onlui rendit fa liberté. Aufli la vraye raifon de fa détention étoit, laliaifon étroite qu’il avoit avec M. de S Cyran, & pour fatisfaire lesMoines qui fe plaignirent de divers endroits au Cardinal de Riche-lieu , que ce nouveau livre fembloit n’avoir été compofé que pourcombattre la profeflion religieufe : ce qui n’étoit nullement vrai.Le DofteurLemée fit contre ces Notes un Ouvrage intitulé, Réfu-tation de Claude Séguenot , £f Apologie pour la vérité contre fes Oeuvres ,& demanda le premier oétobre 1638, à la Faculté, qu’elle approu-vât cette réfutation. Le Cardinal de Richelieu étant mort en 1642,le Père Séguenot fut mis en liberté peu de tems après, & rentradans la Congrégation de l’Oratoire,où il occupa depuis les pre-mières charges. En 166 r, il fut fait Alfiftant du Général; mais ilfut exilé à Boulogne, quoiqu'il eût ligné le Formulaire en 1658, &qu’il eût prétendu juftifier fa fignature par écrit. Cette lettre decachet fut révoquée, & en 1666 il fut nommé de nouveau Alfiftant,& confirmé en 1669. 11 fut fait Supérieur de la maifon de Paris en1667, jufqu’en 1673. Après fa fortie de la Baftille, il entreprit dedéfendre fon livre contre la Cenfure de la Faculté de 1638, maisfaDéfenfe n’a point été imprimée,& leManufcrit fut enlevé de-puis avec les papiers duPéreQuefnel, parmi lefquels il fe trouva.Le Père Séguenot elt mort à Paris le feptiéme de mars 1676, âgé de80 ans. Dès 1634, il avoit fait imprimer une Conduite d'Oraifon , donton prétend que le Père de Condren étoit plus l’Auteur que lui, &dont le P. Quefnel a donné une nouvelle édition augmentée parlui-mêmeen 1674. En 163s, il avoit donné encore des Elévations àJeJ'us-Cbrift Notre-Scigneur au très-faint Sacrement, contenant Avers ufa-ges de grâce fur fes perfedions divines. Il étoit drelTé par articles, &fous les mêmes titres du Chapelet J'ecret du faint Sacrement, qui étoitde la Mère Agnès de S. Paul-Arnauld, & non de M. de S. Cyran.Le Père Séguenot a traduit aulfi en Latin une partie des Ouvragesdu Cardinal de Bérulle, & il avoit fait un Traité particulier de laContrition, pour fervir d’Apologie à fes Notes fur la fainte Virgi-nité. Cet Ouvrage n’a point été imprimé. M. de Neercaffel, Evê-que de Caftorie, en a employé prefque tous les paffages dans fonAmorpœnitcns. M. Arnauld parle de cet Ouvrage du Père Séguenotdans la lettre 56 du recueil de fes lettres, tome 8. Il eft bon de remar-quer que c’eft à tort que plufieurs Ecrivains ontprétendu que M.de S. Cyran étoit auteur des Notes qui accompagnent laTradu-ftion du livre de lafainte Virginité. * Mémoires dutems. Simon, Bi-lliotb. Critique. Auteurs Ecclef. de M. Dupin, tome ï.cbap. 7. Le vérita-ble P ère Jofeph ,p. 435. Arnauld, Lettre 211 ,p. 355 dutome troifiéme.
SEGUIER, noble & ancienne famille originaire du païs deQuercy, a été divifée en plufieurs branches établies à Cahors, & àTouloufe. Celle de Cahors a eu des Chanceliers d’Armagnac :celle de Touloufe a produit des Juges-Mages de cette ville, &des Préfidens à mortier au Parlement de Languedoc.
SEGUIER, autre famille originaire du Bourbonnois.a été fé-conde en grands Magillrats & en perfonnes illuftres, & a donnéà laFrance un Chancelier, cinq Préfidens £ mortier, onze Con-
S E G. 213
feiüers, deux Avocats généraux au Parlement de Paris, & feptMaîtres des Requêtes.
I. Blaise Séguier, dont le père auifi nommé Blaife Séguier,vint s’établira Paris, mourut le vint-cinquiémeavril de l’an 15x0,lailfant de Catherine Chenart, fille de Jean, Maître de laMonnoyede Paris, & de Thomuffe Pigache, 1. Jacques Séguier, Contrô-leur ordinaire des guerres, mort le cinquième mars 153s , duquelfont defeendus les Seigneurs de la Charmoye & de Gloife enBrie; 2. Nicolas qui fuit; 3. Catherine , mariée 10. à Aimeri Ba-rillau; 2°. à Ficrre Havart,Seigneur de Thuillay; 4. Marie, fem-me de Jean Vialart, Avocat; 5. Tbomajfe, alliée à Thomas de Bra-gelogne;&6. Guillaume, Séguier, Seigneur en partie de Leftang-la-Ville & de Gloife, mort en 1525, laiffant de Marie Le Prêtre,fa femme, Bartbélcmi, Argentier du Roi de Navarre; Catherine,mariée à Claude du Frêne ; Marie, alliée à Claude Coulon ; Magde-iaine, femme de Claude le Roux, Seigneur de la Fortiniére; Ge-neviéve & Ifabelle, Religieufes.
IL Nicolas Séguier, Seigneur deLeftang-!a-Ville & de Dran-cy, mort le 22 décembre 1533, avoit époufé le 29 juillet 1497,Catherine le Blanc, fille de Louis le Blanc, Greffier des Comptes,& de Catherine Malingre, morte le 23 février 1534, dont il eutî. Pierre qui fuit; 2. Nicolas, qui a fait la branche de Saint-Cyr , rapportée cj-après ; 3. Martin, Prieur de Saint-Père prèsd’Etampes, Confervateur des Privilèges de l’Univerfité de Pa-ris, nommé deux fois Confeiller au Parlement; 4. Anne, ma-riée à Guillaume Trouffart, Avocat; 5. Catherine, Religieufe àHiéres; & 6. Magdelaine Séguier, alliée <1 Adam Lonnier, Sé-cretaire du Roi.
III. Pierre Séguier, I. du nom, Seigneur deSorel, deLeftang.la-Ville, de Saint-Briffon, d’Autry, &c. fut Préfident à mortierau Parlement de Paris, & l'une des plus brillantes lumières du TempledesLoix, comme l’appelle Scévole de Sainte Marthe dans l’Elo-ge qu’il lui a confacré parmi ceux des doétes François. Les piè-ces d’éloquence dont il enrichit le Barreau pendant quelquesannées, furent les premiers degrez qui l’élevérent en 1550à lacharge d’Avocat général de la Cour des Aides. On admira lesHarangues qu’il prononça dans les fondions de cette charge,&entre autres celles qu’il fit au fujet des différents qu’eurent lePape Jules III, & Henri II, qui avoit pris le Duc de Parme fousfa proteftion. II fut honoré d’une charge de Préfident à mortieren 1554,& l’exerça pendant vint-deux ans. Ce fut dans ces em-plois qu’il fit voir quelle étoit fon éloquence, fon érudition, fonintégrité & fon expérience pour les chofes du monde. Lorsquefous le régne de Charles IX, il fallut remettre à Philibert Em-manuel, Duc de Savoye.Ies places qu’on avoit prifes à fon pè-re, & fixer les frontières du Dauphiné & du Piémont, le Pré-fident Séguier fut le premier des Députez qui s’affemblérent àLyon pour cette affaire. Il y éclaircit fi bien les droits du Roi,& confondit tellement les Savoyards, que fi fes confeils euffentété alors fuivis, la France n’auroit pas depuis eu tant de peineà s’ouvrir un paffage en Italie. Ce grand homme mourut le 2çoélobre de l’an 1580, âgé de 7 6 ans, comblé d’honneurs & debiens. Outre les Harangues dont nous avons parlé, il compofaun excellent Traité, De cogmtione Dei 0 * fui, que GuillaumeColletet traduifit en François l’an 1637. Il avoit époufé LouifeBoudet, fille de Simon, Seigneur de la Bouillie, & de Marie deLa Sauffaye, morte le cinquième Août 1594, dont il eut, i.Frvui-{As, Seigneur deSorel, Préfident aux Enquêtes, mort en 1572,ayant eu de Catherine Mefnager , Dame de Marcault, un filsmort jeune; 2. Pierre qui fuit; 3. Louis, Confeiller au Parle-ment, & Doyen de l’Eglife de Paris, mort le neuvième feptem-bre 1610 y ayant refufé l’Evêché de Laon, auquel 1 » Roi l’avoitnommé; 4. Antoine, Seigneur de Villiers &deFourqueux, Con-feiller au Parlement, puis Maître des Requêtes en 1577, Lieu-tenant Civil, Confeiller d’Etat en 1586, Avocat général au Par-lement en 1587 , Préfident à mortier en 1597 , & Ambaffadeurâ Venife en 1598, mort fans alliance en novembre 1624, ayantlaiffé par fon telîamentplus de trente mille livres de rente pourêtre employées en aumônes & en fondations, entre lefquellescelle qu’il fit de l’Hôpital de la Miféricorde au fauxbourg deSaint Marcel à Paris, pour l’éducation de cent pauvres fillesorphelines, eft une des plus confidérables; 5. Jean, qui a faitla branche d'AuTRY, rapportée cy-après; 6. Mactelaine Séguier, ma-riée à Claude Hennequin, Seigneur de Bermainviile, Maître desRequêtes ; 7. Catherine, alliée à Claude Malon , Seigneur de Ber-cy, Greffier Criminel du Parlement; 8. Elifabetb ,mariée 10. à JeanBoudet, Seigneur de Rodon, Maître des Requêtes, & Intendantdes Finances: 20. âLeaiiGuibert, Seigneur de Buffy, aufli Inten-dant des Finances; 9. Louïfe, femme de Claude de Bérulle, Con-feiller au Parlement, après la mort duquel elle fe rendit Carmé-lite; 10. 11. Marguerite & Marie , Religieufes i Longchamp; &12. Jérôme Séguier, qui étoit le troifiéme fils, Seigneur de Dran-cy, de Leftang-la-Ville, &c. Grand-Maître des Eaux de France,qui de Marie Méniffon, fille de C hriftopble, Seigneur de Saint.Aventin, & de Claude Bizet, eut pour fils unique, Tannegui , Sei-gneur de Drancy, &c. Confeiller au Parlement en 1615, puisMaître des Requêtes en 1628, & Préfident à mortier en 1633,mort le premier novembre 1642, âgé de 54 ans, laiffant deMarguerite Méniffon fa coufine, veuve de Matthieu Lallemant,Seigneur de Pacy, & fils de Jacques & de Perrette Collet, pourfils unique, Pierre Séguier, Seigneur de Drancy, de Leftang-la-Ville, &c. Confeiller au Parlement, puis Prévôt de Paris, mortfans alliance en août 1669.
IV. Pierre Séguier, II. du nom, Seigneur de Sorel, Préfi-dent à mortier au Parlement de Paris, fuivit quelques années leBarreau, où il fit connoître fa capacité. Son père, qui vouloitle rendre capable de lui fuccéder un jour dans fa charge de Préfi-dent , le fit pourvoir de l’Office de Lieutenant de Baillif du Palais,Après en awjir fait la fonétion pendant quatre ans, il fut reçu
D d 3 Coa»