lement inftituée pour appaifer les Dieux tles ténèbres, c’eft àdire, Pluton, Proferpine, Cérès, les Parques, & lesLucines,on ne leur offroit que des victimes noires, & cela durant lanuit, qui étoit alors éclairée par des feux qu’on faifoit dans lesrues & par une infinité de lampes qu’on y allumait. On im-moloit alors un taureau noir à Pluton, & une vache noire aProferpine.
Le lendemain pendant le jour on offroit de pareilles viétimes,mais blanches, à Jupiter & à Junon. C eft ce que nous appre-nons par une Médaille de Domitien, où cet Empereur renverfeune patère fur le brafier d'un autel. On y voit deux Mufi-ciens, dont l’un joue de la lyre & l’autre de deux flûtes : un hom-me à genoux tient le taureau, fur lequel celui qui le doit im-moler, qu’on appelloit le Viüimaire , femble décharger fur latête un coup de hache. Dans ces facrifices , on menoit près dePautel la viétime lavée & parée de guirlandes de fleurs, puis onordonnoit aux profanes de fe retirer, & aux autres de fe taire& d’être attentifs â ce qui fe paffoit. Après quoi le Pontife,qui étoit l’Empereur même , mettoit fur la tête de la viétime unpeu de farine mêlée de fel, y verfant enfuite du vin, dont ildonnoit à goûter aux affiftans. Le Viétimaire déchargeoit alorsun grand coup de hache fur la tête de la viétime, d’autres Of-ficiers l’égorgeoient en même tems, & on préfentoit de fon fangau Grand Pontife, qui le verfoit aulïï-tôt fur le feu de l’autel.Cela fait, on obfervoit avec beaucoup de foin les entrailles del’animal, leur différente difpofition & couleur, defquelles lesArufpices tiroient de bons ou de mauvais préfages, en quoi lesRomains étoient li fcrupuleux & à quoi ils avoient tant de créance,que Jules - Céfar lui - même, au rapport deMacrobe, en compofapour le moins feize Livres. On brûloit enfuite ces mêmes en-trailles après avoir tourné trois fois autour de l’autel, offrantce facrilice au Dieu ou à la Déeffe, auquel il étoit deftiné, cequ’ils ne faifoient jamais, qu’en invoquant en même tems tousles autres Dieux, comme s’ils ne pouvoient rien que tous en-femble. On gardoit ordinairement la viétime pour le feltin quife faifoit après avoiirçongédié le peuple, en lui difant I licet ,c’elt à dire, vous polweâ vous retirer.
Ces facrifices étantvachevez, on affiftoit aux Jeux Publics,qui étoient particuliér^pent vouez à Apollon & à Diane, & fedonnoient au Théâtre, où l’on jouoit des Comédies, & au Cirque,où l’on faifoit des courfes à pié, à cheval, & fur des chariots.Les Athlètes fe fignaloient aulli à la lutte & aux autres exercices.On voyoit dans l’Amphithéâtre des combats de Gladiateurs & debêtes fauvages, qu’on faifoit venir exprès de toutes parts.
La fécondé nuit on recommençoit les prières & les facrifices,qu’on adreffoit aux Parques, à qui on immoioit une brebis &une chèvre , toutes deux noires.
Le jour fuivant, les femmes de condition libre fe trouvoientau Capitole & en d’autres temples, où elles faifoient leurs priè-res à Jupiter & aux autres Dieux dont nous avons parlé. Ellesy chantoient des Hymnes, pour y demander la profpérité dePEinpire & du Peuple Romain. Elles prioient aulli pour leursbefoins particuliers, & entre autres pour le bonheur de leursaccoucheinens. Le relie du jour fe paffoit en réjouïffances pu-bliques, & femblables à celles du jour précédent.
La troifieme nuit on immoioit un pourceau à la Terre, de la-quelle les Anciens firent une de leurs principales Déeffes, qu’ilsadorèrent fous des noms différens. On croyoit que cet Animalétoit la plus agréable viétime, qu’on pût lui offrir, tant à caufequ’il regarde & fouille toujours la Terre, que parce qu’on difoitqa’un pourceau avoit autrefois mangé le premier blé , qu’onavoit femé. On faifoit ce facrifice fur le bord du Tibre, en unendroit du Champ de Mars, qu’on appelloit Terentum, du verbetero , qui lignifie ujer , parce que la terre du rivage y étoit mangée& comme toute ufée de l’eau du Tibre.
Le jour d’après cette nuit, qui étoit le troiliéme & le dernierdes Jours féculaires, il y avoit une Mulique compofée de deuxchœurs, l’un de jeunes garçons, & l’autre de jeunes filles, tousdes meilleures Maifons de Rome, & qui avoient encore leurspères & leurs mères, circonltance qu’on obfervoit, afin qu’iln’y eût rien, qui pût donner occafion de deuil & de trilleffe,dans une Tête où il ne devoit y avoir que de la joye. Ils chan-toient une Hymne compofée exprès pour les Jeux féculaires.Nous avons celle qui y fut chantée du tems d’Augulte, faite parHorace. Elle fe trouve à la fin du Livre de fes Epodes.
C’étoit fans doute ce même jour, qui étoit deftiné pour ladanfe myltique des Saliens, inllituée autrefois par Numa, fécondRoi de Rome. On n’auroit pas fu que cette danfe faifoit unedes principales parties des Jeux féculaires, li on ne l’avoit ap-pris par deux Médailles, l’une d’Augulte & l’autre de Domitien,qui furent frappées exprès pour ces Jeux, fur lefquelles on voitla figure d’un Salien, tel que les Anciens l’ont répréfenté. Il ala tête couverte d’un bonnet rond, qui fe termine en deuxpointes fort longues. Sur fa tunique, qui étoit de diverfes cou-leurs, il porte une efpéce de cotte d’armes, dont on n’apperçoitque les bords, qui étoient d’une bande de pourpre attachée avecdes boucles de cuivre. Il tient de fa main droite une petite ba-guette, & porte en fa gauche un bouclier dans le milieu duquelon voit la tête de Minerve, Déeffe que Domitien avoit choifiepour fa proteétrice. Ce même jour on aiMoit aux fpeétacles,de même que les deux jours précédens.
Cette Fête finie, l’Empereur donnoit les offrandes aux Offi-ciers qui avoient eu le foin des cérémonies, & qui en diftribuoientau peuple une partie. On marquoit enfuite ces Jeux fur les Re-gîtres publics, & on les gravoit fur le marbre.
Nous avons dit cy-deffus, qu’Augulte, Claude & Domitienavoient fait célébrer ces Jeux. Après eux Sévère, affilié de fesenfans Caracalla & Géta, renouvella ces mêmes Jeux, fous leConfulat de Chilon & de Libon.
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Voici de quelle manière ces Jeux font décrits dans les Re*gîtres publics. Des Hérauts alloicnt par tout inviter les Peuple*à un fpeétacle qu’ils n’avoient jamais vu , & qu’ils ne verroientjamais que cette feule fois. Le tems de la moilfon venu, peude jours avant cette Fête, les quinze Officiers, qui prenoientloin des cérémonies de la Religion, s’affeyoient fur une Tribunedevant le Capitole & devant le Temple d',Apollon, d’où ilsdiltribuoient au peuple des flambeaux de foufre & de bitume,dont chacun fe fervoit pour fe purifier. On n’en donnoit pointaux Efclaves; mais feulement aux perfonnes de condition libre.Enfuite tout le peuple fe rendoit aux temples dont nous venonsde parler, & à celui de Diane fur le Mont-Aventin. Chacun yportoitdu froment, de l’orge & des fèves, & toute la nuit yfaifoit la veille facrée en l’honneur des Parques, avec beaucoupde retenue. Enfin, on folemnifoit cette Fête pendant trois joûrs& trois nuits, commençant par des facrifices, qu’on faifoit auChamp de Mars fur le bord du Tibre,en l’endroit qu’on nommeTerentum. Les Dieux à qui on offroit, étoient Jupiter , Junon,Apollon, Latone & Diane, & outre ceux là les Parques, lesLucines, Cérès, Pluton , & Proferpine.
La première nuit, deux heures après le coucher du Soleil,l’Empereur affilié des quinze Officiers, dont on a parlé, im-moioit trois agneaux fur trois autels élevez fur le bord du Ti-bre, & après avoir arrofé ces autels du fang des viâimes, il lesbrûloit toutes entières. Pendant ce tems-là des Muficiens, quiétoient fur un lieu élevé, chantoient une Hymne faite exprès.On allumoit des feux & des lampes par tout, & on donnoitdes fpeélacles, qui avoient du rapport à ces facrifices. Ceux àqui appartenoit le foin de ces cérémonies, recevoient pourré-compenfe les prémices des fruits de la terre, après en avoirdiftribué à tout le peuple.
Le matin, on s’affembloit au Capitole, d’où, après avoirimmolé les viétimes ordinaires, on fe rendoit au Théâtre, poury célébrer des Jeux, en l’honneur d’Apollon & de Diane.
Le fécond jour les femmes de qualité fe rendoient au Ca-pitole à l’heure marquée dans les livres de la Sibylle; elles yfaifoient des facrifices à Jupiter, & chantoient des Hymnes à falouange.
Enfin le troiliéme jour une bande de jeunes garçons de bonneMaifon, au nombre de vint-fept, & autant de jeunes filles,ayant tous leurs pères & leurs mères, chantoient, difpofez enfix chœurs, des Hymnes en Grec & en Latin , & des Cantiquesfacrez, pour obtenir toute forte de profpérité aux villes, quiétoient fous la domination Romaine.
On faifoit encore beaucoup d’autres chofes, félon que lesDieux l’avoient preferit; &tant que ces cérémonies ont été ob-fervées, l’Empire Romain elt demeuré en fon entier. * Voyezauffi J E U X S E' C U L A I R E S fous le mot J E U X.
SE'CUNDIN, Difciple de Manès, contre qui S. Au-guflin a écrit.
SE'CUNDINUS (Nicolas) fervit d’interprète au Con-cile de Florence, & a écrit un Abbrégé de l’Hiltoire des Turcsjufqu’â la prifede Conltantinople, imprimé à Louvain en 1553.
SE'CUNDUS (Publius Gabinius) commanda les armées• Romaines fous l’Empire de Claude. Il défit les Marfes, peuplesd’Allemagne, l’an 41 de Jefus- Chrilt, & retira de leurs mainsla dernière des Aigles qu’ils avoient prifesà la célébré défaite deVarus: dépouille plus glorieufe pour lui dans l’efprit des Ro-mains, que n’étoit la viétoire même. Le texte de Dion, quirapporte ce fait, a fans doute été corrompu dans cet endroit. Ilporte que Gabinius ayant vaincu les Maures, Mjtvpwùîç, recou-vra une des Aigles prifes fur Varus. Il faut affurément lireMap-«r$, comme l’a jugé M. de Tillemont dans fon Hilloire des Em-pereurs ; car qu’auroient eu de commun les Maures avec Varus ?Les conjeétures des autres Critiques font moins vrai - femblables.Au relie, la défaite des Marfes fit prendre à Claude les orne-mens du triomphe & le titre d ’lmperator pour la fécondé fois.Gabinius Secundus vainquit encore les Cauques, autre peupled’Allemagne: on ne fait pas précifement en quel tems ce fut jmais cette viétoire lui aquit le furnom de Caucius ou félon Sué-tone Cbaucius. * Dion, 1 . 6 o. Suétone, l. 5. c. 24. Goltzius,Tbefaurus Rei Antiquarix. Tillemont, Hijl. des Empereurs.
SE'CUNDUS, Lombard, dans le feptiéme fiécle, écrivitl’Hiltoire de fa nation, & mourut à Trente vers l’an 615. *PaulDiacre le cite fou vent, de Geji. Longob. L 3. c. 20: l. 4. c. 42.
SE'CUNDUS, Sophilte d'Athènes, Précepteur d’Héro-dote le Sopbifte. * Suidas, in Lexico.
SE'CUNDUS, Difciple de Valentin, Hérétique, Chefdes Sécundiens, que faint Auguttin nomme mal Sévandiens, avoitinventé une combinaifon d’Eons, différente de celle de Valen-tin , & permettoit la communauté des femmes. * S. Augullin,de Hœref. c. 12. S. Epiphane, Hceref. c. 33.
SE'CUNDUS, Poète Latin moderne. Voyez SECOND(Jean)
SE'DADA. Voyez T S E'D A D.
SEDAN, ville de France en Champagne, fur les frontiè-res du Luxembourg, eft très-forte, & fituée fur la Meufe. Cet-te ville, qui a eu autrefois des Princes particuliers, eft unie à laCouronne depuis le traité fait l’an 1642, avec Frédéric- MauricedelaTour, Duc de Bouillon, & Seigneur de Sedan. Ce fut en1644, que les Habitans de Sedan prêtèrent ferment de fidélitéau Roi entre les mains du Maréchal Fabert. Le Roi donna en-fuite un Edit où il y avoit un article bien conlidérable en faveurdes Réformez. „ Le Roi y déclare qu’il vouloit qu’ils conti-,, nuaffent en la poffeffion des mêmes droits, prérogatives, avan-„ tages, privilèges, libertez, exercices publics & particuliers„ de leur Religion, Collège, Académie, Ecoles, dont ils avoient,, jouï jufques à préfent, fuivant les titres & déclarations qui,, leur avoient été concédées par les Seigneurs de Sedan. ” Ce-Dd P eIÎ -