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7 (1740) Lettres P - SEG
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Comme l’eau des puits & celle de la rivière font corrompuespar le flux de l’Océan, ce Prince fit venir fur des arcades unefontaine éloignée de quatre lieues; & on en .répartit l’eau dansles Places , dans les Mofquées & dans les Palais. Tant qu’ilvécut, la ville augmenta toujours ; mais après fa mort la guer-re des Almohades & des Bénimérinis n’y laiffa pas la dixiémepartie des Habitans. Le grand Aqueduc fut tout rompu, & onruïna plufieurs Temples & plufieurs Palais. 11 n’y a pas au-jourd’hui plus de fix cens feux en trois quartiers proche duchâteau. Tout le relie eft réduit en clos & en jardinages.Les Chaviens poffédent tout le païs d’alentour, & s’étendentjufqu’aux Campagnes qui font au levant du fleuve, où il y ade beaux pâturages. Le commandant du château où le Roi deFez tient garnifon, ell Gouverneur de la ville. Ce châteaun’elt bon que pour fe défendre à coups de main, & ne vaut riencontre le canon , à caufe qu’il n’y a point de rempart. Le portde la ville elt à une demi-lieue plus haut le long du fleuve. *Marinol, Defsript. du Royaume de Fez > tome 2. I. 4. c. 5.

RABACHE (Etienne) Réformateur des Augullins enFrance, premier Religieux de la Congrégation de Saint Guil-laume de Bourges, & Doéteur de Paris,étoit de Vauves, dansle Diocéfe de Chartres, où il naquit au mois de juillet 1556.11 prit l’habit de Religieux dans le Monaftére d’Orléans, & yfit profeflion l’an 1570. Peu après il fut envoyé à Paris, oùil fe rendit très habile dans les Sciences, & où il fe diftinguapar la Prédication. Après avoir reçu les honneurs du Doéto-rat dans l’Univerfité de Paris le 15 Novembre 1588, il futfait Prieur d’Orléans ; & ayant été conduit par la Providence àBourges, il y commença la reforme de fon Ordre, & l’établif-fement de fa Congrégation, le 30 Août IS94- Ce Père tra-vailla aufli beaucoup pour la converfion des pécheurs & desHérétiques; & après avoir rempli faintement les devoirs defon Miniflére, il mourut de la mort des Juftes au Couvent d'An-gers le cinquième Septembre de l’année 1616, qui étoit la 60de fon âge.

R AB AH, ville des Indes. On dit qu’on y trouve beau-coup de camphre que l’on tire des arbres qui croiffent dans fonterroir. * D’Herbelot, Biblioth. Orient.

RABANUS MAURUS MAGNENT IUS, Archevê-que de Mayence, né â Mayence l’an 788, ou félon d’autres àFulde, eut pour père Ru tard, & pour mère Aldcgonde , tousdeux fortis de la meilleure noblefle du païs. Lorsque Raba-nus eut environ dix ans, fes parens l’offrirent au Monaftérede Fulde le jour même de faint Benoit, fuivant un ufage de laRégie, pour la défenfe duquel Rabanus fit depuis une Differ-tation. L’Abbé Baugulfe le reçut dans fa Communauté, luidonna l’habit de Religieux, le fit inftruire dans la vertu &dansfes Lettres, & l’envoya à Tours pour y étudier fous le fameuxAlcuin. Ce jeune Religieux répondit parfaitement à l’attenteque l’on avoit conçue de lui, par le progrès qu’il fit dans lesSciences. Jufqu’alors il n’avoit eu que le feul nom de Raba-nus; mais Alcuin, fous lequel il étudioit, lui fit prendre lefurnom de Mourus, vraifemblablement afin de le porter à révérer faint Maur comme fon Patron, & à imiter fes vertus.Rabanus entreprit en l’honneur de la fainte Croix un Ouvragequi lui coûta beaucoup d’application & de peine; parce quemalgré la contrainte des Régies de la Poëfie, il l’enrichit decertaines figures myftérieufes, qui font exprimées par des let-tres: en quoi il femble avoir imité Fortunat. Un peu avant lamort d’Alcuin, il retourna à Fulde, où il continua fes études,& où il acheva l’Ouvrage dont nous venons de parler, n’étantalors âgé que de 30 ans. Il avoit été ordonné Prêtre par Hai-ftulphe, Archevêque de Mayence, l’an 814; &l’an 819, il fitfon Ouvrage de l’inftitution des Clercs, qu’il adreflfa par unePréface en profe à Haiftulphe, & par une Lettre en vers à fesfrères. Il aflïfta la même année à la dédicace de fon Eglife,& fit quelques vers pour fervir d’infcription aux portiques &aux chapelles. Vers ce tems-là il compofa un Traité touchantle Calendrier Eccléfiaitique, où il enfeignoit la manière de dif-eerner les années biffextiles, & de marquer les indiétions. Ilnous apprend qu’il écrivoit cet Ouvrage l’an 820, indiélion13. Lorsqu’Egil, Abbé de Fulde, fut mort, deux ans aprèsil fut élu Abbé, & chargé de la conduite du Monaltére. Il feconduifit avec tant de précaution & de fageffe pendant la fune-Ite divifion qui s’éleva entre Louis le Débonnaire & fes enfans,qu’il fe conferva la bienveillance des uns & des autres, & futle médiateur de leur réconciliation. Il écrivit une Lettre pourconfoler Louis , que l’on avoit injuftement dépofé, & publiaun Traité touchant le refpeét que dévoient avoir les enfanspour leurs pères, & les Sujets pour leurs Princes. II compo-fa plufieurs Homélies ou Sermons fur les Epîtres & les Evan-giles, depuis Noël jufqu’à Pâques, par l’Ordre d’Hailtulphe,Archevêque de Mayence, pour être lues & prêchées au peu-ple: ce qu’il fit fans doute avant l’année 826, en laquelle mou-rut ce Prélat. Les Religieux lui repréfentant qu’ils n’avoientpoint de Commentaire aufli ample fur faint Matthieu, qu’ilsen avoient fur les autres Evangéliftes, il en fit un qu’il tira dedivers Ecrits des faints Pères, & où il mêla de fes propres ré-flexions. Ce fut encore à la prière de Fréculphe, Evêque deLifieux, qu’il entreprit un femblable Recueil fur les cinq Li-vres de Moïfe. Ce Prélat Pavoit preffé de les éclaircir par unCommentaire pour l’ufage de fon Diocéfe, lui repréfentantqu’il ne pouvoit y travailler lui-même faute de Livres; & qu’ily en avoit fi peu dans fon Eglife, que l’on n’y trouvoit pasmême toute la Bible. Rabanus écrivit à la prière de faint Fré-déric, Evêque d’Utrecht, trois livres fur Jofué qu’il expliquepar-tout d’une manière allégorique ; & fur les Livres des Juges& de Ruth, à la follicitation de Humbert, Evêque de Wirtz-boarg. Hilduin, Abbé de Saint-Dcnys, l’engagea à faire fur

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les Livres des Rois un Commentaire , qu’il offrit à Louïs te.Germanique, qui étoit venu à l’Abbaye de F'ulde, Il écrivit en-fuite fur les Livres des Chroniques ou Paralipoménes & desMachabées , à la prière de Gérolde , Archichapelain de cePrince. Il lui dédia le premier de ces Traitez ; & à la Reine,Emme, fes Commentaires fur le Livre de Judith & d’Efther!Celui qu’il fit fur les Proverbes de Salomon, eft fans Préface,& n’elt adreffé à perfonne ; mais fes Commentaires fur la Sa-geffe & fur l’Eccléfiaftique font dédiez à Otgar, Archevêquede Mayence. Rabanus acheva fon Commentaire fur Jérémieaprès la mort de Louïs le Débonnaire, arrivée l’an 840, & ledédia à l’Empereur Lothaire, un peu après fa démiffion. SaPréface fait voir qu’il avoit alors peu de fanté, qu’il étoit pimfouvent dans le lit que dans la chaire ; & qu’enfin il fe trou-voit plus difpofé â pleurer fes péchez qu’à chanter des canti-ques de joye. Ce fut à la prière de Loup, alors Diacre &Religieux, & depuis Abbé de Ferrières, qu’il entreprit fonExplication des Epîtres de faint Paul vers l’an 842. Otgar,Archevêque de Mayence, étant à Fulde, lui ordonna de dref-fer un Pénitentiel, qui fût conforme aux faints Canons; àquoi il travailla fans doute un peu après l’an 841, puisqu’il yparle de la guerre civile, & de la bataille de Fontenay. De-puis, s’étant démis de fa dignité, pour s’appliquer plus libre-ment à la contemplation, & pour fatisfaire quelques Religieuxde fon Monaltére, il fe retira au Mont-Saint-Pierre, dont ilavoit bâti l’Eglife, & fe donna tout entier aux exercices (pi-rituels & à l’étude des Lettres Saintes. Louïs, Roi de Ger-manie, étant venu à Ratesdorf, qui étoit un Prieuré dépen-dant de Fulde, appella auprès de lui Rabanus, & lui marquaqu’il fouhaitoit avoir une explication des Cantiques que l’onchantoit à Laudes : ce qui l’obligea d’y travailler aufli-tôt, &d’envoyer fon Ouvrage à ce Prince. Il lui dédia aufli vers lemême tems un Commentaire fur le Prophète Ezéchiel. Pourfatisfaire la piété du même Roi, il compofa depuis un grandTraité adreffé à l’Abbé Bonofe, & divifé en trois parties, Demdendo Deo, De puritatc tordis, De modo pœnitentie. Il compofaencore un grand Ouvrage intitulé De Univerjà libri XXII , JiveEtymologyarum opus. Louïs le Germanique ayant appris qu’il a-voit publié ce Traité, le lui demanda lui-même; & Rabanuslui en envoya un exemplaire,accompagné d’une Lettre qui faitvoir que ce Prince avoit auprès de lui de favans Lefteurs, quilui lifoient quelquefois les Livres qu’il jugeoit propres ànourrir fon efprit. L’Empereur Lothaire avoit aufli auprèsde lui de ces fortes d’Officiers, comme il eft aifé de voir parune Epître de Rabanus, qui elt au commencement de fes Ho-mélies , ou Difcours moraux, fur les Epîtres & les Evangilesdepuis Pâques jufqu’au quinziéme Dimanche après la Pentecô-te, qu’il compofa par ordre de ce Prince. On a encore deRabanus un Martyrologe & quelques autres Ouvrages ; maisc’eft fauffement qu’on lui attribue un Traité des Vices & desVertus, qui eft d’HalitgariuS,Evêque d’Orléans; & un Com-mentaire fur la Régie de faint Benoît. La réputation que luiavoient acquife tant d’Ouvrages de piété, & les preuves qu’ilavoit données de fa fageffe & de fon talent pour la conduitedes âmes pendant qu’il étoit Abbé de Fulde, le firent choilirpour Pafteur par le Chapitre de Mayence, après la mort del’Archevêque Otgar, arrivée l’an 847. On le tira de fa foli-tude; & quoique fes maladies l’euffent fort affoibli, on le me-na vers le Roi Louis, qui agréa fon éleétion. Il fut facrédans la Cathédrale, en préfence de ce Prince, vers la fin deJuin ; & trois mois après il tint un Concile dans l’Abbaye deSaint-Alban de Mayence, par l’ordre de Louïs. L’année Bu-vante il en affembla un autre, où il condamna l’opinion deGotefcalc, qui débitoit une mauvaife doétrine fur la Prédefti-nation. 11 alloit lui-même par la campagne prêcher la parolede Dieu, & inftruire les peuples. La famine qui défola leterritoire de Mayence l’an 850, lui donna occafion de faireéclater fa charité. Pendant ce tems de mifére, il fe retira dansun village de ce Diocéfe, appellé Winzel, & il y nourrit tousles jours plus de trois cens pauvres, outre ceux qui mangeoientd’ordinaire à fa table. Deux ans après il affembla encore unConcile à Mayence, par le commandement de Louïs le Germa-nique, où fe trouvèrent les Abbez de la France Orientale, dela Bavière & de la Saxe. L’on décida des Queftions fur leschofes Eccléfiaftiques ; mais ces Décrets ne fe trouvent plus.Quoique Rabanus fût d’une complexion délicate, & eût peude fanté, il continua, lors même qu’il fut Evêque, à ne man-ger point de viande, & à ne point boire de vin. Quand lesfondions de fa charge le lui permettoient, il fe retiroit dansfa Terre de Winzel, ou dans quelque Monaftére, & s’y ap-pliquoit à l’oraifon & à l’étude. Etant tombé malade à Win-zel , il laiffa fes Livres aux Abbayes de Fulde & de Saint-Al-ban; & après avoir reçu les derniers Sacremens, il mourutl’an 85 6. Rabanus a été, comme dit Baronius, le premierThéologien de fon tems. Dans fes Ecrits, il paroît fort atta-ché à la doétrine des faints Pères, & fait profeflion de fuivreleurs fentimens, & non fes propres idées. Ses Commentairesfur l’Ecriture n’étoient prefque que de Amples extraits des Ou-vrages des Pères. Aufli étoit-ce la manière des Théologiensde fon tems. On s’appliquoit à l’étude de l’Ecriture , d esCommentaires & des Pères: l’on ne connoiffoit prefque pointde Philofophie, & l’on n’avoit point encore réduit la Théolo-gie dans l’ordre & dans la méthode dont on ufe aujourd hui.George Colvener, Chancelier de l’Univerfité de Douay, re-cueillit tout ce qu’il put trouver des Ouvrages de Rabanus, ocles fit imprimer l’an 1627 à Cologne en fix petits volumes mfolio. On y voit à la tête la Vie de Rabanus^, écrite par Ro-dolphe fon Difciple ; & une autre par Trithême, en trois li-vres. Celui-ci fait encore mention de Rabanus dans le *-ivr*