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de lui, eft datée de Cofence le 28 mai 1603. On ne peut nierqu’il ne fût beaucoup , principalement par rapport à la Poëfie,qui a voit fait fon étude favorite, mais fa vanité lui faifoit croirequ’il en favoit encore davantage, & le rendoit infupportable.D’ailleurs il n’avoit pas le goût trop fûr ; ainfi on eft peufurpris de lui voir recommander au Prince délia Scalea, commeun livre incomparable, la Politique de Lipfe, qui eft plus propreà faire connoître la. grande lecture de fon Auteur , qu’à fournirles véritables régies du gouvernement. Implacable dans fa ven-geance, il ne favoit ce que c’étoit que de pardonner; & dès qu’onl’avoit une fois offenfé, il ne parloit jamais que de meurtre &de carnage. Il étoit extrêmement pointilleux même avec fes amis,
& la moindre chofe lechoquoit; malgré cela il ne ménageoiten aucune manière la délicateffe des autres, & condamnoit fansaucuns égards ce qui lui paroiffoit répréhenfible dans leurs Ou-vrages, ce qui le rendit odieux à tous les Savans de fon tems.On a de lui les Ouvrages fuivans , La Pbilofopbia di Bernardino 7 e-lejio rijlretta in brevità, e fcritta in lingua Tojcana dal Montano A-cademico Cofentino ; IJloria del grand Capitano , fcritta da MonfigmrCantalicie VeJ'covo di Civita di Penna tradotta in Lingua volgare ; Spo-jîzione delle rime di Monjignor délia Caza ; Lettere, libridue; Il Li-bre dell Eneide di Virgilio tradotto in verfofciolto ; Trattato délia Me-tapbora ; Paraphrafe Tojcana délia Poetica d'Orazio; Traduzione dél-ia Medefima Poetica in verfo ToJ’cano ; Alcune annotationiJopra di ef-fa ; Alcune Poëjie Tofcane e Latine. Quattromani a encore com-pofé plufieurs autres Ouvrages, qui n’ont jamais été imprimez.
* Sa vie a la tête de fes Oeuvres. Le Père Niceron, Mémoirespour fervir à l’HiJl. des Hommes Illujlres, çfc. tome n. p. 33. {•?fuiv.
QUATULCO. Voyez AQUATULCO.
QUE.
Q UE’AQUILLE, ville de l’Amérique dans la Nouvel-le Efpagne. Elle eft fituée fur une rivière de fon mêmenom , dans laquelle on entre par deux emboûchures. En deuxendroits les plus larges de cette rivière, qui peuvent avoir unedemi lieue d’étendue, il y a deux très bonnes ifles. Le négo-ce de cette ville, qui eft allez grande & forte, eft le Cacao,qui fert à faire le chocolat. Les Flibuftiers s’étant rendus maî-tres de cette ville en 1689 , la trouvèrent pleine de diverfes for-tes de marchandifes. Il y avoit beaucoup de perles & de pier-reries , une très-grande quantité de vaiffelle d’argent, & du moinsfoixante & dix mille pièces de huit. Ceux qui avoient pris lafuite par la rivière, avoient emporté leurs plus précieux effets.Les Flibuftiers envoyèrent leurs canots pour les pourfuivre;mais comme ils ne le firent pas affez-tôt, on prit feulement unpaon d’argent de vint-deux mille pièces de huit, & un aigle devermeil doré, qui avoit fervi de tabernacle à quelque Eglife,& qui pefoit foixante & huit livres. Les Flibuftiers firent feptcens perfonnes prifonniéres tant hommes que femmes. Le Gou-verneur pour fe racheter avec fa famille, pour racheter les Ha-bitans, la ville, le Fort, le canon , les navires, convint deleur payer un million de pièces de huit en or, & quatre censpaquets de farine. Les femmes de cette ville font affez belles ;mais peu chaftes. * Ravenau de Luffan, Voyage de la Mer duSud en 1688. Th. Corneille, Diü. Géogr,
* QUE’BARE, bourg d’Efpagne, dans la province d’A-lava qui fait partie de la Bifcaye. Il eft dans le voifinage deVittoria. L’on y voit un vieux château , qui a été fort beau,&qui leferoit encore, fi l’on avoit foin de l’entretenir; mais per-fonne n’y habite, à caufe d’un Efprit follet qui s’en eft faili,dit-on, & qui fait peur à tous ceux qui y vont. * Colmenar,Délices d'Efpagne , p. 97.
QUE'BEC, ville capitale de la Nouvelle France, fur lefleuve de S. Laurent, à 20 lieues de la mer , par les 46 degrez57 minutes de latitude-nord. Elle eft bâtie dans une équiéreformée par le fleuve & la petite rivière de S. Charles, qui vientdu nord ; & à l’oueft , ou plutôt au fud-oueft, elle eft bordéepar un Cap fort élevé qu’on appelle le Cap aux Diamans , par-ce qu’on y trouve quelques diamans plus beaux que ceux d’A-lençon. Sa rade eft belle & fpacieufe , fermée à l’eft & au nord-eft par l’Ifle d’Orléans ; & les plus gros vaiffeaux y peuvent ve-nir. Québec a été érigé en Evêché par le Pape Clément X. CetEvêché n’eft fuffragant d’aucun Archevêque, & eft fournis im-médiatement au Pape. L’Abbaïe de Bénévent, diocéfe de Li-.moges, Ordre de S. Antoine, & celle de l’Etrée , diocéfe d’E-vreux, Ordre de Citeaux lui font unies. Le revenu de cetEvêché eft d’environ douze milles livres. 11 y a haute & baffeville, & il n’y a d’édifice public dans la baffe ville qu’une égli-fe dédiée à Notre-Dame de la Victoire. C’eft un vœu pour lalevée du fiége que les Anglois avoient fait de Québec en 1690.Cette églife fert de fuccurfale. La plupart des maifons font af-fez belles, & c’eft le quartier de prefque tous les Marchands& Artifans. La ville n’eft pas moins bien bâtie; mais les che-mins de l’une à l’autre font bordez de maifons, dont la plupartappartiennent à de pauvres gens, & ne font pas fi jolies, Lacathédrale, qui fert auffi de paroiffe, n’eft pas un bel édifice;le palais épifcopal eft bâti régulièrement & commodément ; leSéminaire a été brûlé deux fois, & n’eft pas encore tout àfait réparé; le Fort où demeure le Gouverneur général, eftfort beau ; les Recollets ont une très-belle églife, avec un mo-naftére qui ne dépareroit pas nos meilleures villes ; les Urfu-lines , après deux incendies, fe font rebâties mieux qu’elles n’a-voient jamais été; les Jéfuites, font encore dans la prémieremaifon qu’ils ayent eue dans le païs, laquelle n’a ni grâce, nifolidité, avec une églife qui eft fort jolie & très-bien ornéeen-dedans: tout cela eft dans la haute ville. Le Fort, par lem °yen d’une magnifique galerie qui régne tout le long des bâ-
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timens, domine la rade & la baffe ville aufli bien que l’Evêché& le Séminaire. Sa Cathédrale eft un peu avancée vers le mi-lieu; les Recollets, les Urfulines & les Jéfuites font derrière.L’Hôtel-Dieu, deffervi par des Religieufes Hofpitaliéres, eft aumilieu du chemin par où l’on defcend à la petite rivière. Leurmaifon n’eft pas achevée; mais fa fituation eft charmante. Plusloin, tout au bas, affez près des bords mêmes de la petite ri-vière, eft le palais où demeure l’Intendant, & où s’affemble leConfeih c’eft un bâtiment neuf, bâti à la moderne, & d’un très-bon goût. Mais tout ce qui eft dans l’enceinte de la ville n’ap-proche point de l’Hôpital général , bâti à un petit quart delieue de là, dans un terrain affez bas & marécageux; mais dansune très-heureufe fituation, fur les bords de la petite rivière,qu’il enfile jufqu’à fa décharge dans le fleuve. Feu M. de S.Valier, cy-devant Evêque de Québec a bâti cet hôpital, où ildemeuroit, & auquel rien ne manque pour l’agrément & lacommodité. Il y a mis des Religieufes, qu’il a fondées, aulfi-bien que les lits des pauvres. Ce Prélat étoit le fécond Evêquede Québec, & avoit fuccédé à François de Laval, mort en o-deur de fainteté en 1708, 25 ans après s’être démis de fon E-vêché. M. de S. Valier a eu pour fucceffeur M. de Mornay,Prieur d’Arbois, Ordre de S. Benoît, au diocéfe de Befançonqui eut pour Coadjuteur, en 1729, M. Dofquet qui en eft a-éiuellement titulaire , fur la démillion de M. Mornay. Québeca un Etat Major, un Confeil fupérieur, une Jurifdiéîion fub-alterne, un Collège de Jéfuites, & un bon nombre de Mar-chands aifez. Sa fituation la rend forte; on n’a pas laiffé decommencer à la fortifier régulièrement ; mais depuis vint anson n’a fait que bâtir & démolir, & il n’y a encore rien de fortavancé. Cette ville doit fa fondation à Samuel de Champlain,qui en a été le premier Gouverneur, & qui y fit le premierétabliffement en 1608 , & fon nom a un mot fauvage qui ligni-fie rètrécijfement , parce que le fleuve, qui depuis la mer juf-ques-là a plufieurs lieues de large, n’a pas une demie lieue de-vant Québec. Cette ville fut prife en 1629, parles Anglois, quife rendirent maîtres de tout le païs. Us la reftituérent à laFrance en 1632» & depuis ce tems-là ils n’ont fait que des ten-tatives inutiles pour s’en emparer. * Voyage de Champlain.Rélations de Canada. Journal d'un Voyage dans l'Amérique par leP. de Charlevoix.
Q U E' B I N. Voyez RABIN.
* QUECCIUS (George) naquit en 1596, à Altorf,où il prit le degré de Maitre en Philofophie. En 1620, il prità Bâle celui de Doéteur en Medecine. A fon retour il fut reçudans le Collège des Médecins de Nuremberg , & y pratiqua laMédecine avec beaucoup de réputation & de fuccès. Il mourutde dyfenterie en 1632, n’ayant encore que 36 ans. On a de luien Latin une Anatomie Philofophique, mais on n’en a que lapremière partie. * Voyez le Supplément de Paris 1736.
Q U E' C H U C A B I ; eft une de ces montagnes qui vomif-fent des flammes. Elle eft parmi les Andes dans le Chili, auLevant de l’Archipel d’Ancud. * Maty , DiBion. Géogr.
Q U FI D A , Royaume d’Afie, voifin de celui de Tanaffé*rim , avec une ville de fon même nom. Il eft dans la Presqu’iflede l’Inde delà le Gange & fur la côte orientale du Golfe deBengale, où fon étendue eft affez grande visa vis de l’Ifle deSumatra. 11 s’y trouve des vins femblables à ceux de Tanaf-ferim , & du poivre, eftimé le meilleur de ces qnartiers-là.Ce Royaume a fon Roi particulier, mais il eft Vaffal du Roide Siam. La ville de Quéda ou Quédua eft à fix dégrez delatitude feptentrionale fur la côte occidentale de la Presqu’ifle deMalaca, vis à vis de la pointe feptentrionale de l’Jfle de Su-matra. Cette ville a un port fort fréquenté par les Européens.* Davity, Etats du Roi de Siam. Maty, DiÉtion. Géogr.
QUEDELINBURG. Voyez QUEDLINBOURG.
QUEDENAU, village de la Sambie, l’une des douzeanciennes parties de la Pruffe, en Pologne. Il y a une églifebâtie en l’honneur de S. Jacques, fort célébré par les vœuxque les gens de mer faifoient à cet Apôtre dans les dangersde la navigation, & par les dons qu’ils y apportoient. * Hart-knoch , in DiJJert. 14. de Origine Relig. Cbrifl. in Pruffia.
QUEDLINBOURG , ville de Saxe , près d’Halber-ftadt, avec une célébré Abbaïe de Dames , autrefois Religieufesde l’Ordre de Saint Benoît, & préfentement Chanoineffes fé-culiéres de la Confelfion d’Ausbourg. Cette Abbaïe fut fon-dée entre l’an 932 & l’an 936, par Henri 1 ’OiJ'eleur , Roi deGermanie, & par la Reine Mathilde, fa femme, qui y choi-firent leur fépulture. L’Empereur Henri alligna à cette Ab-baïe onze mille Houffes de terre , & la Iiouffe contient envi-ron trente arpens. Les Abbeffes de Quedlinbourg tranchoientde l’Evêque, traitoient lesAbbez de fils dans lesrefcripts qu’el-les leur adreffoient, & fe donnoient même des airs de Papeffesen décrétant par l’autorité de Saint Pierre. Elles ne pouvoientcependant fufpendre que de l’Office & du Bénéfice. L’Abbeffeeft Princeffe immédiate de l’Empire, du Cercle de la Haute Saxe;elle envoyé fes Députez aux Diètes , & pour fon contingent el-le fournit un Cavalier & dix Fantaffins. Ce fut en 1539, quela Religion Proteftante y fut introduite par l’Abbeffe , qui s'ap-pelait Anne de Stolberg. La ville étoit autrefois libre & im-périale; mais en 1477, l’Abbeffe, avec qui le Magiftrat s’étoitbrouillé, ayant appellé à fon fecours Erneft.Eleéleur de Saxe,fon frère, ce Prince s’en rendit maître; & depuis ce tems, lesElecteurs jouïffent de la fupériorité dans la ville & dans le terri-toire, où l’Abbeffe n’a que la baffe Juftice. * Mabillon, An-nal. Bened. tome 3. Audiffret, Géogr. tome 3. Les Antiquitez dtQuedlinbourg par Frideric Erneft Rettner, in 4, 171*.
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