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P U Y (Clément Du) Avocat célébré du Parlement de Paris,s'aquit une très-grande réputation par fon favoir, par fon élo-quence & par fa probité, il étoit confulté fur toutes les grandesaffaires, & fut coufidéré comme le Pàpinien de fon tems. Sapiété folidc lui donna un fort attachement pour la Religion Ro-maine. 11 avoit été chargé de la caufe du Sieur d’Oppéde, pre-mier Préfident au Parlement de Provence, dans l’affaire de Ca-rrières & de Mérindol; mais il tomba malade en même tems, &mourut peu après le 22 août 1554, âgé de 48 ans. Dans unelettre de Denys Lambin, écrite de Rome à un de fes amis aumois de juin 1551, & inférée dans le recueil des lettres desgrands hommes , que Jean-Michel Brutus publia en 1561, àLyon, on trouve que Clément Du Puy avoit la voix foible, lecorps menu 6c infirme, & l’humeur modefte & timide. PlufieursSavans honorèrent fa mémoire d’Eloges funèbres. En voici unde la façon dé Jean de Gorris ,
Hic fitus ejl Clemens, longe optimus ille Patronus ,
Clemens Parifti lumen, bonofque Fori.
Quem dum in judiciis dominari P area videret,
Et pajjim caufas vincere quas ageret,
Vîm verita eloquii, non diüa Rbetora caufaDamnat, inauditum tollit & e medio.
Heu, Puteane, jaces ,, nec tefacundia HuguesParçarum indocili libérât arbitra.
* Loyfel, Dialogue des Avoc. du Parlement de Paris. De Thoulift. I. io8- Papire Maffon, in Elog. Claud. Put. [fc.
"PUY (Claude Du) Confeiller au Parlement de Paris fils deÇle'ment Du Puy, & de Philippe Poncet, relia jeune fous latutelle de fa mère, qui le fit élever avec grand foin dans les Let-tres fous Turnébe, Lambin & d’Aurat ou Dorât, il apprit en-core la Philolbphie, & étudia le Droit fous le célèbre Cujas.Enfuite il voyagea en Italie, où les plus grands hommes de cepaïs, comme Fulvius Urfinus, Paul Manuce, Sigonius, JeanVincent Pinelli, & divers autres admirèrent fa capacité, & vou-lurent avoir part en fon amitié. Il avoit un grand fonds d’efprit,beaucoup de jugement, une érudition profonde: ce qui le fitconfidéier comme l’homme de fon tems qui raifonnoit le plus ju-fte, &qui étoit le meilleur Critique. 11 fut reçu Confeiller auParlement de Paris le feptiéme février de l’an 1576, & fut l’undes plus iiluftres Magiftrats de cette célébré Compagnie. On lenomma entre les quatorze Juges qu’on envoya dans la Guienne,comme il avoit été accordé par le traité de Fleix en 1580. Larévolté de la ville de Paris contre le Roi pendant la Ligue, futpour fon zélé un coup qu’il ne fouffrit qu’avec peine. Il allajoindre la partie du Parlement qui étoit à Tours ; & deux ansaprès il fut député vers le Roi avec les .Sieurs Forget Préfident ,& Scarron Confeiller. C’étoit au mois de février, peu avaht leSacre de fa Majefté, qu’on reçut â Paris le 22 du mois de marsfuivant. Claude Du Puy revint dans fa maifon, où il mourut lepremier décembre de la même année 1594, qui étoit la quaran-te-neuvième de fon âge. Jofeph Scaliger , Nicolas Bourbon,Scévole de Sainte - Marthe, Florent Chrétien, Nicolas Rapin,Jean Pafferat, Étienne Pafquier, Jean Bonnefons, le PréfidentSavaron , Nicolas Richelet, Nicolas. Rigault, Janus Doufa, PaulMérula, Baudius, Grotius, Heinfius, Meurfius, Morel, Ca-faubon, Vulcatius, & divers autres grands hommes amis parti-culiers de Claude Du Puy, lui confacrérent en diverfes fortes deLangues des Eloges, qu’on peut voir dans la Vie de Pierre DuPuy fon fils. Achille de Harlay prononça fon Oraifon funèbreen préfence de tout le Parlement II laiffa trois fils, Cbriftopble;Auguftin ; & Pierre. Dans une fortune médiocre on remarquoiten lui un efprit fi généreux & fi élevé au deffus de fa condi-tion que quoi qu’il fût chargé d’un grand nombre d’enfans il aété toûjours éloigné de toute forte de gain. Il étoit parent ducélébré M.,de Thon par Claude Sanguin, fa femme, mais ils é-toient plus liez encore par une amitié réciproque. * De Thou,Hft. I. [48. ad ann. 1594. Sainte-Marthe, in Elog.Clar. Viror. I.4. Papire Maffon, in Elog. Doit. £?f. Teiiïier, Eloges des Hom-mes Savans, terne 4. p. 192. édit, de Hollande 1715.
PUY (Chriftophle Du) fils aîné de Claude Du Puy, Con-feillcr au Parlement, & de Claude Sanguin, fuivit à Rome leCardinal de Joyeufe en qualité de fon Protonotaire, & y renditfervice à Moniteur de Thou, à l’occafion de la première partiede fon Hiftoire, que la Congrégation de l’Indice, vouloit con-damner & mettre au nombre des livres Hérétiques. Etant de re-tour-en France, il fe rendit Chartreux à Bourgfontaine , oùquelques années après le Cardinal Barberin, qui connoilloit fonmérite, l’alla déterrer, & par fon crédit l’obligea d’aller à Ro-me exercer la charge de Procureur général de fon Ordre, & dePrieur in Urbe. Le Pape Urbain VIII lui auroit donné desmarques de fon eftime; mais la part que Meilleurs Du Puy fesfrères avoient eue à la nouvelle édition des Libertez de l’EglifeGallicane, empêchèrent le Pape de lui donner des marques dela bonne volonté qu’il avoit pour lui. Il mourut allez âgé, Prieurde la Chartreufe de Rome, où il avoit fait faire tous les embelliffe-mens, dont ce lieu eft capable. C’ell lui qui a donné au publicle Perroniana, dont il avoit une copie. * De Vigneul-Marville,Mélanges d’Hiftoire & de Littérature, tome î.p. 207 cÿ 208. édit,de Rotterdam 1700.
PUY (Pierre Du) Confeiller du Roi en fes Confeils, & Gar-de de fa Bibliothèque, étoit fils de Claude Du Puy, Confeillerau Parlement, & de Claude Sanguin. Il fut élevé avec un foinextrême par fon père. Il s’attacha fi fortement à l’étude, quepar fon afliduité au travail, il devint favant en toute forte deLittérature, principalement en Droit & en Iiifloire. M. le Pré-fident de Thou, qui étoit fon allié, & le célébré Nicolas Ri-gault, étoient fes amis les plus intimes, & il fut très-uni avec
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les plus habiles gens de fon tems. Il eut avec Jacques fon frère& Nicolas Rigault le foin des éditions de l’Hiftoire de M. DeThou, des années 1620 & 1626. II elt aufil Auteur des Mémoi-res InftruttionS' pour fervir à juftifier l’innocence de Mejftre Fran-çois- Augujle de Tbou, Confeiller du Roi en fon Confeil d'Etat. 11 re-nouvella dans fes voyages l’amitié que fon père avoit entretenuefi longtems avec les Savans du Païs-Bas , & principalement avecceux de Hollande, où il accompagna M. Thumeri de Roiflîfe,que le Roi y envoyoit. A fon retour il travailla à la recherchedes Droits du Roi, & à l’Inventaire du Thréfor des Chartres.Tant de pièces rares qu’il avoit vues & examinées, lui donnè-rent une fi grande connoiffance de tout ce qui regarde l’Hiitoirede P rance, que peu de perfonnes y ont fait d’aufli curieufesdécouvertes. 11 fut employé avec Meilleurs le Bret & de Lor-me, pour juftifier les Droits du Roi fur les trois Evêchez, deMets, 'Ioui & Verdun; & les ufurpations des Ducs de Lorrainefur ces mêmes. Evêchez. On eft perfuadé que tout le poids décette commifïïon tomba fur M. Du Puy, qui en dreffa tous lesinventaires raifonnez, & qui fournit quantité de titres & de Mé-moires pour la vérification de ces Droits. Son humeur obligean-te l’intérefibit pour tous les Hommes de Lettres qui travail-loient, & le portoit â leur communiquer cé qü’il avoit de pluscurieux dans ce vafte recueil de Mémoires qu’il avoit rama fiezdepuis $0 ans. Il s’en fervit lui même avantageufement pour lacompofition des excellons Ouvrages que nous avons de fa fa-çon, dont les principaux forit, Traité touchant les Droits du Roi,fur plujieurs Etats cf Seigneuries; Recherches pour montrer queplu-jieurs provinces & villes du Royaume font du domaine du Roi ; Preu-ves des Libertez de l’EgiiJ'e Gallicane ; Hiftoire véritable de la condam-nation de l’Ordre des Templiers ; Hiftoire généralé du Schifme qui aété en l’Eglife, depuis l’an 1378, jufqu’en 1428; Mémoires de laprovifton aux Prélatures de l'Eglifc; Différent ëntr'e le Jaint Siège (5*les Empereurs pour les Inveftitures ; Hiftoire du different entre le Pa-pe Iioniface VIII, le Roi Philippe le Bel; 'De la loi Salique ; Dela confijcation pour crime de Léze-Majeflé ; Que le Domaine de la Cou-ronne efi inaliénable ; Confédérations fur les traitez de Madrid -, deCamhruy & de Crépy ; Si la prejcnption a droit entre les Princes Sou-verains ; Traité dis appanages des enfans de France ; Hiftoire desFavoris ; Hiftoire de la Pragmafique-SanHioit ; Du Concordat de Bo-logne, entrer le Pape Léon X, & le Roi François I; Traité des Ré-gences Majorité des Rois de France; Traité des contributions queles Eccléfiaftiques 'doivent au Roi, en cas de nécèjftt'é; Mémoires duDroit d’aubaine; Traité de P Interdit eccléftaftique, &c. Ces Ouvra-ges font, parfaitement connoître lâ vafte érudition de M. DitPuy, qui mourut à Paris le 14 décembre dé l’àn 1652, âgé de 69ans & un mois. Nicolas Rigault fon ami écrivit fa Vie, qui a étéimprimée à Londres en 1Ô81, dans un recueil in quarto, intitulé,Vitœ Seleü'ce. Henri de Valois fit fon Oraifon fùhébre. M. DitPuy, frère de Jacques Du Put, & Prieur dé Saint-Sauveur jl’aida dans tous fes Ouvrages, & en publia le plus grand nom-bre, Ce dernier fut aulE Garde de la bibliothèque du Roi, &mourut en 1656, le 17 novembre. Leur frère Chriftophle DitPuy, Chartreux, dont il eft parlé cy-dejjus, a Fait le recueil intitu-lé Perroniana pendant qu’il étoit Aumônier du Roi, & près diiCardinal du Perron. Ce recueil a été imprimé à Rouen en 1669*par les foins de Daillé le fils. * Ménage, Antibaillet.
PUY (Clément Du) Jéfuite, né à Paris, fut en réputationde Ton tems pour la Théologie & pour la chaire. Son méritél’éleva aux principales charges de fa Compagnie, comme à celléde Provincial de la province de France; & fon zélé le fit confît*dérer comme le fléau des Proteftans, particuliérement dans làGuienne, où il mourut àBourdeauxl’an 1598. * Fiorimond déRaimond.
PUY (Modefte Du) Dame de Venife, ' dont il a déjà été par*lé fous le nom de F O N T E M 0 D E R A T A, étoit eneftime.dans le Bourg de S. Samuel. Elle fut mariée à PhilippeGeorgi ou Giorgi qui étoit Homme de Lettrés, & dont elle eutdeux fils & deux filles. Une’des filles, nouimée Cécile Du Puy ,fit une Préface fur les Ouvrages de fa mère. * Ribéra, Tbeat.des Femmes Savantes. Louis Jacob, Rhiiotb. des Femmes Savantes.Thomafini, in Elog* Doü. partie 2.
PUY C E R D A, ville capitale du Comté de Cerdaigne, auCouchant de celui de Rouffillon, entre la France & l’Efpagne,elt fituée entre le Carol & la Ségre, dans une belle plaine, attpié des montagnes. Elle eft bien fortifiée, fon terroir eft ferti-le , on y trouve quelques carrières de jafpe, deux fontaines mé*dicinales, & plufieurs fîmples. Elle fut prife en 1654 par le*François, & rendue par la paix des Pyrénées. Le Maréchal deNavailles en fit le fiége en 1678, & peu de tems après elle futdémolie & rendue à la paix de Nimègue. On s’en faifit dans laguerre fuivante: on la rendit encore par la paix de Ryfvvick.Les Habitans s’étant déclarez en 170 6, pour l’Archiduc Charles,le Duc de Noailles s’empara de leur ville Tannée fuivante, &pour les contenir il y fit bâtir un Fort, qu’il nomma de Saint-A-drien: cet ouvrage qui eft de cinq baftions , fut commencé le pre-mier oflobre 1707, & fe trouva dans fa perfection au bout de fixfemaines.
PUY DE D O M M E. montagne d’Auvergne fort prè*.de Clermont du côté du Couchant. C'eft au haut de cette mon-*tagne qu’on a fait les premières expériences remarquables enFrance, pour prouver la pefanteur de l’air. * Rohault, Pbyji-que. Pafchal, de l'Equilibre des Liqueurs. _ TT
* PUY - FERRAND ou C H A T E L E T - P U Y-FERRAND, bourg de France dans le Berry. Il “ P euprès au fud de Bourges, dont il eft éloigné d’environ dix lieues.
PUY-GUILLON, ou PINGÜILLON (Emery)Poète Provençal, dans le XIII fiécle, né à Touloufe, compolades Satires & autres pièces ingénieufes, & mourut vers 1 an 1250.Pétrarque fait affez fouveht mention de lui en fbnTriomphe.ee