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jufqu’à trois fois dans un même jour. Ses troupes diminuées con-fidérablement, & fatiguées de toutes ces attaques, eurent telle-ment le deffous, que Montbrun fe voyant en danger d’être tuéou fait prifonnier, pouffa ton cheval fatigué pour fauter le canald’un moulin; mais il tomba, fe caffa une cuiffe, & fut arrêté.Le Roi lui lit faire fon procès à Grenoble, où il fut conduit le29 du mois de juillet: il y fut condamné à la mort, qu’il fouf-frit avec beaucoup de confiance le 12 août 1575. La paix de1576, lui rendit par un article exprès, l’honneur que le genrede fa mort fembloit lui avoir ôté; & le jugement rendu contrelui fut anéanti & révoqué. Sa Maifon efl illuftre &. ancienne enDauphiné. Hugues ou Hugon du Puy fit le voyage de la Ter-re-Sainte fous Godefroy de'Bouillon. Raimond du Puy futGrand-Maître de l’Ordre de faint Jean de Jérufalem. Charlesdu Puy dont nous venons de parler, eut Jean, II. du nom,Seigneur de Montbrun, &c. qui fe diftingua durant les guerresde la Religion, & fut Capitaine de cinquante Hommes d’armes.11 iaiffa Charles , Seigneur de Montbrun, Melcre-dq-camp d’in-fanterie ; 'Jean, Seigneur deFerraffiéres, Lieutenant Général desarmées du Roi; Alexandre , Marquis de Saint-André, Lieute-nant, & Capitaine Général des années du Roi, Généraliifime dela République de Venifeen Candie, dontüfera parle dans un articlejeparé ; & Rene', Seigneur de Ville-Tranche, auifi Maréchal-de-camp des années du Roi. Celui-ci Iaiffa un fils, qui étant fortide France pour la Religion, fe réfugia en Angleterre, où il futfait Colonel d’un régiment de François réfugiez comme lui, aveclefquels il fut envoyé au fervice du Duc de Savoye. II fe trouvaà la bataille de la Marfaille, où il fut bleffé, & mourut deuxmois après de fes bleffures au mois de décembre 1693, laiffantune fille qui revint en France avec fa mère, & s’y fit Catholi-que. On la connoiffoit à Paris & à la Cour fous le nom de labelle Mademoifelle de Ville-Franche. * De Thon, Hifi. fuitemp. Chorier, Hijl. de Daupb. La Popeliniére. Davila.
* P 1 ?Y (Gernîain Du) Prêtre de l’Oratoire, fut d’abord Cu-ré de Châtres, & enfuite Chanoine de S. Jacques de l’Hôpital àParis. Sa grande érudition dans les affaires eccléfialtiques, &fa connoiffance de la Théologie Morale, le firent rechercher parplufieurs Théologiens du premier mérite. Il prêchoit avec beau-coup de folidité & de facilité. Meffire Henri de Barrillon, Evê-que de Luçon, qui avoit eu le plaiiir de l’entendre, l’invita àprêcher un Carême à Luçon. M. Du Puy s’étant rendu aux in-ltanccs du Prélat, s’en aquita avec un applaudiffement univer-fel. M. de Barrillon qui en fut charmé, lui donna pour le rete-nir auprès de lui, l’Archidiaconé & la Théologale avec un cano-nicat de fon Kglife... M. Du Puy, les accepta, mais en mêmeteins il fit 1 a démiiïion du canonicat de S. Jacques de l’Hôpital àParis, pour ne pas pofféder deux Bénéfices à la fois. II demeu-ra plufieurs années à Luçon. Sur la fin de fa vie, ayant eu uneattaque d’apoplexie, il quitta Luçon pour achever fes jours dansla retraite, & fe retira à Niort en Poitou, dans la maifon desPères de l’Oratoire, où il eft mort en 1713, plus que feptuagé-naire. Il avoit du goût pour la Poëfie Françoife, & a compoféplufieurs pièces avec fuccès. Il a traduit en vers François plu-îieurs pièces Latines de M. Santeul de S. Victor, entre autres lePoëme ou l’Auteur examine de quelle manière & en quelles difpofi-tionsle Clergé doit chanter l’Office divin. 11 prononça l’Oraifon fu-nèbre de M. de Barrillon, mort le feptiéme de mai 1699. On aencore de lui, Rélation des sljfiemblées extraordinaires de la Facultéde Théologie d'AJniéres , établie dans la ville d’Onopolis, fur la riviè-re d’Amatbie, entre les diocéfes de Luçon de la Rochelle , contrele Janfénifme , avec une Cenfure portée contre plufieurs livres perni-cieux ïÿ infeUez dupoifon de cette btréjie. On lui attribue uir Recueild ’Epigrammes, en vers François , Jur plus de 150 Saints Saintesdu Déjèrt. * Voyez le Supplément de Paris 173 6.
* P U Y (Alexandre Du) Sieur de Saint-André-Montbrun,Capitaine Général des armées de terre, de la République de Ve-nife, naquit en 1600, à Montbrun en Dauphiné, & dès l’âgede fept ans fut mis avec fes deux frères aînez, auprès du Dau-phin de France , en qualité d’Enfant d’honneur. La première in-clination qu’il fit paroître fut pour la guerre & pour les fortifica-tions, & fon habileté dans cette Science ne contribua pas moinsque la valeur dans la fuite de fa vie, à immortalifer fon nom.Dès l’âge de quatorze ans, il fupplia la Reine Marie de Médi-cis, de lui permettre d’entrer dans le fervice, & il alla joindreen Piémont le Maréchal de Lefdiguiéres, qui lui donna uneCompagnie dans fon régiment. Les guerres civiles s’étant rallu-mées, le Duc deRohan le fit Maréchal - de-camp, & lui don-na le Gouvernement de Montauban, où il entra à la tête de cinqcens hommes à la faveur d’un brouillard, & pourvut fi bien à lafureté de la ville, que les Généraux de l’armée du Roi n’ofé-rent en entreprendre le fiége. Pendant ces troubles, le Mar-quis de Montbrun & fes deux fils aînez quittèrent le parti desRéformez, dans lequel le Marquis de faint André demeura. 11fe jetta dans Privas, & difpofa les Plabitans à en foutenir le fié-ge. Le Marquis de Gordes lui dit de la part du Roi, que, s’ilvouloit rendre cette place, il lui donneroit cent mille écus &une charge confidérable dans fa Maifon. Le Marquis de S. An-dré ne fit point d’autre réponfe, finon, que fon honneur & faconfcience ne lui permettoient pas de rendre une place, qui luiavoit été confiée. Le Roi alla lui même reconnoitre la place &fit ouvrir la tranchée. Le Marquis de S. André, qui n’avoit plusque cinq cens hommes, s’enferma dans le Fort de Toulon. LeCardinal de Richelieu fe fervit d’une rufe, qui lui réülïït. Ilenvoya un Trompette de la part du Comte de Soiffons dire auMarquis, que ce Comte l’attendoit, pour le préfenter au Roi.Le Marquis de S. André n’ajoûta point de foi au Trompette;mais tous les Soldats fe révoltèrent & menacèrent de le tuer.Alors il fe fournit aux volontez du Roi, & fut conduit chezM. de Saint- Simon, où le Cardinal l’alla vifiter, & lui déclara,
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qu’il ne pouvoit fe difpenfer de le faire arrêter. Il fut troisjours en arrêt. Le quatrième, le Confeil de guerre s’affemb/àpour le juger. Quelques uns opinèrent à la mort, mais le Com-te de Soilfons s y oppofa, & proteffa qu’il ne le fouffriroit ja-mais; puisque l’on s'écoit fervi de fon nom pour le faire lortirde Privas. Ceux qui opinèrent enfuite furent d’avis de fur-feoir fon jugement , & de le mettre cependant dans la Tourde Cret en Dauphiné. Mais il trouva moyen de fe lauver,& s’en alla droit à Venife. Il fervit quelque tems en Ita-lie & dans la Valteline, puis fuivit le parti de Gultave, Roide Suède, qui étoit en Allemagne. Ce Prince ayant été tuéà la bataille de Lutzen , le Duc de Weimar élu Généralilli-me de l’armée viétorieufe , retint le Marquis de Saint-Andrédans le fervice, & le confirma dans le Gouvernement de la Po-méranie. Quelque tems après, comme il marchoit avec l’armée,il fut furpris d’une fièvre, qui l’obligea de s’arrêter dans unbourg du Turgau. Ce bourg ayant été emporté d’affaut, il yfut pris & envoyé à Lindau, d’où il ne lortit que trois ansaprès, échangé avec un frère de Papenheim. Aulfi-tôt qu’il futen liberté il retourna à la Cour de France, & y reçut un favo-rable accueil du Cardinal de Richelieu. Le Roi Louis XIII l’en-voya fervir dans la Valteline, & enfuite dans le Piémont, où ilfut fait prifonnier & mené à Milan. La Paix conclue bientôtaprès, lui procura fa liberté. De retour en France, il fut ré-compenfé par le Roi de la charge de Maréchal des camps & ar-mées , & fe maria avec Mademoifelle de la Nocle de la Fin-Sa-lin. Le Roi Louis XIII étant mort, la Reine Régente envoya leMarquis de S. André fervir en Italie, fous le Prince Thomas.Après que le Duc de Ncvers eut pris poffeffion du Duché deMantoue, dont fon oncle l’avoit fait héritier, il fit exercer parcommiifion le Gouvernement du Nivernois au Marquis de S.André. Le Cardinal Mazarin fâché, peut-être, qu’il l’eût acce-pté fans fa participation , lui dit que la Reine en vouloit dilpo-fer. Mais la Ducheife de Mantoue répréfenta fi fortement ledroit qu’elle avoit fur le Duché de Nivernois, que cet obltacleceffa. Le Roi d’Efpagne ayant réfolu de faire un effort extraor-dinaire, pour réduire à fon obéïffance la Catalogne, qui s’étoit.révoltée, le Marquis de S. André reçut ordre d’y mener l’arméede Piémont. Ses amis lui confeillerent de profiter de cette occa-fion, pour obtenir le Bâton de Maréchal de France; mais il répon-dit, qu’il aimoit mieux fe priver de cet honneur, que d’y parve-nir par de femblables voyes. Il y mena donc fes troupes, quifurent employées à y tenter le fecours de Barcelone, & enfuite-à s’oppofer en Guienne, au Prince de Condé. Lorsque les guer-res civiles furent appaifées, & que le Roi, pour récompenfer lesOfficiers, créa des Maréchaux de France, le Cardinal, qui vou-loit s’oppofer à l’avancement du Marquis de S. André, lui dé-clara, qu’il ne pouvoit prétendre à cet honneur, à moins qu’ilne changeât de Religion. Il répondit à cette éminence, qu’il n’a-voit jamais changé de parti, ni de Religion, & qu’il ne pouvoittrahir fon fentiment, pour la plus grande dignité du monde.Voyant qu’il n’y avoit plus rien à efpérer pour lui à la Cour, ilfe retira.
Le Prince Thomas ayant demandé le commandement de l’ar-mée d’Italie, le Marquis de Saint-André eut ordre d’aller fervirfous lui, & il oublia aifément Ja réfolution, qu’il avoit prife dene plus fervir. Le Duc de Modéne ayant fait réfoudre le fiéged’Alexandrie, le fuccès en fut d’abord affez heureux : mais dansla fuite les François furent obligez d’abandonner l'entreprife.Le Marquis de Saint-André jugeant que cette difgrace éloigneroitla récompenfe de fes fervices, demanda fon congé, & l’obtint.Quelque tems après qu’il fe fut retiré, M. Juftiniani, Ambaifa-deur de Venife, lui offrit de la part de cette République la char-ge de Général des armées de terre, pour aller commander enCandie. Il n’ofa l’accepter, de peur de déplaire à la Cour. Maisle Cardinal Mazarin étant mort, & le Marquis de Ville ayant étérappellé de Candie par le Duc de Savoye, i’Ambaffadeur de Ve-nife demanda au Roi la permiffion, pour le Marquis de Saint-André , d’aller foutenir le fiége de Candie. Sa Majellé loua lechoix de la République, & donna au Marquis de S. André foncongé, pour cette grande entreprife. Il fe rendit le plus promte-ment qu’il put à Venife, s’y embarqua fur un vaiffeau, qu’onappella depuis la Confiance guerrière, & arriva fans accident auport de Tramate, le 21 juin 1668. Avant que d’entrer dans lamaifon qui lui avoit été préparée, il vifita tous les poftes de laplace, & les trouva en mauvais état. Le jour fuivant il fit la re-vue des troupes, qui ne montoient qu’à quatre mille cinq censhommes. Dans le Confeil de guerre, il propofa tant de moyensde repouffer les ennemis, qu’il fut admiré de tout le monde. Ala première attaque que firent les Turcs, il reçut trois bleffures,dont il ne fut guéri qu’en fix femaines. Le Généraliifime Mo-rofini craignant que la place ne fût emportée d’affaut, propofaau Marquis de Saint-André d’affembler le Confeil de guerre,pour délibérer fi on capituleroit. ‘Je vous avertirai, quinze joursavant qu'il fe faille rendre, répondit le Marquis, maintenant il s'a-git de repoujfer les ennemis. 11 les repouffa en effet, répara lesbrèches, & dit au Généraliifime, qu’il n’y avoit rien à appré-hender d’un mois. Comme il faifoit rétablir une Caponiére, ilreçut un coup de moufqueton, qui lui perça l’omoplate. Pen-dant qu’il étoit au lit, le fecours commandé par le Duc de laF’euillade arriva. Il en arriva encore un autre commandé par leDuc de Beaufort, ce qui fit réfoudre une l’ortie. Dans le temsque le Duc tàchoit de rallier fes troupes épouvantées, il fut tué& confondu avec le refie des morts. Sa tete fut portée pendanttrois jours par les .rues de Conftantinople, comme une marquede la défaite des Chrétiens. Il ne fe faifoit rien cependant dansla place, à quoi les François n’euffent beaucoup départ. Detrois mille hommes, qui étoient débarquez, à peine s’en trou-voit-il cinq cens en état de fervir. M. de-Navaiiies crut devoir
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