3S4 PR U.
Leurs trois principales Divinitez étoient Pereunos , Picollot & Pe-trimpos, qui fe rapportent à peu près au Jupiter, au Pluton ouà la Vénus, 6c au Cupidon des Romains. Ils avoient trois au-tres Dieux inférieurs nommez Curcba , V'urfcbkaito éc Ifcbwam-brato. Au relie, ils adoraient des ferpens & toute forte d’in-fe&es. Ils répréfentoient ces Dieux par des llatues à qui ilsrendoient leur culte. Le nom de leur Grand Prêtre étoit Cri-ve; les fubalternes s'appelaient fVaidelottes. Ils facritioient desthevaux ôc les principaux des prifonniers de guerre qu’ils fai-foient. Ils entretenoient aulli un feu perpétuel, & le Prêtrequi le laifloit éteindre étoit puni de mort. La Polygamie étoitpermife chez eux,- & chacun pouvoit prendre autant de femmesqu’il étoit en état d’en nourrir. Les pères & les mères avoientun pouvoir abfolu fur leurs enfans, qu’ils pouvoient tuer fé-lon qu’ils trouvoient à propos. Ils brûloient vifs ceux quiétoient convaincus d’adultére. Ils tuoient les malades de laconvalefcence defquels on défelpéroit, & les facritioient à leursidoles. Ils étoient fort adonnez au vin, & au lieu de gobeletsils fe fervoient de cornes. Ils fe nourriifoient de l’agriculture,de la challe & de la pêche. Leurs arroea étoient fort Amples& leur courage fuppléoit au défaut de leurs armes. Quand ilsfaifoient du butin, ils le divifoient en trois parties, dont l’uneappartenoit aux Dieux, l'autre aux Prêtres, 6c la troiliéme à ce-lui qui avoit remporté le butin. La forme de leur gouverne-ment étoit peu coinpofée. ils ne fe foucioicnt guéres les unsdes autres, 6c dans de certains cas de nécellité, les principauxparmi eux s’aflembloient pour prendre les mefures néceifaires.Tout le païs étoic divifé en onze Cantons, qui n’avoienc riende commun entre eux que le culte fous le chêne qui étoit àRomove. Dans ces petites Républiques il n’y avoit que des paï-lans & de la NoblelTe. La valeur dans la guerre anoblilToit par-mi eux. Les principaux parmi la NoblelTe portoienc les titresde Princes 6c de Rois. Les Prêtres 6c les PrêtreiTes influoientbeaucoup dans le gouvernement de la République.
ETAT PRL’SENT DE LA PRUSSE.
Ce païs a poùr frontières vers TOriAt la Samogitie 6c laLithuanie, vers le Couchant la Poméranie, vers le Midi la MerBaltique, & vers le Septentrion la grande Pologne & la Ma-fovie. Il a à peu près les mêmes qualitez que la Poméranie.Il manque de vin, de fel & de mines. On y voit un grandnombre de lacs. Les Principales rivières en font la Viftule , leMemmel, le Prégel 6c l’Llbing. Toute la Prufle fe divife enPolonoife 6c Brandebourgeoife. La première comprend les di-ftricts de Marienbourg, de Culm, l’Ërineland & la Pomeré-lie. Les principales villes en font Dantzic, Elbing , Thorn ,6cc. Elles font pourvues de très beaux privilèges 6c peuventêtre plutôt regardées comme jouïffant Amplement de la prote-ction, que comme fujettes de la Couronne de Pologne. 11 ya liberté de confcience 6c les trois Religions font égalementtolérées. La Prufle Brandebourgeoife fut erigée en Royaume en1701, & comprend les Cercles de Sambie, Smazlande ou Sam-landc , de Natangie 6c de Hockerland. La Régence en ell àKonigsberg, où , outre un Lieutenant de Roi, il y à encorequatre Confeillers de Régence. La Chambre d’appel & les au-tres Tribunaux font aulïï à Konigsberg. Les Etats du païsfont divifez en trois clalTes. La prémiére ell celle des Sei-gneurs ; la fécondé celle de la NoblelTe. Les Députez de l’U-niverflté de Konigsberg y ont le pas, comme Prélats, fur tousles autres Députez. La troifléme ell celle des villes & du peu-ple. Elle ell fubdivifée en trois autres, 1. celle de Culm.com-pofée de perfonnes libres ; 2. celle de Magdebourg, compoféed'Affranchis; & 3. celle de Prufle, compofée d’Affranchis &de perfonnes de main - morte. Le Droit de Magdebourg étoitautrefois en vigueur dans la Prude, mais en 1620, Jean Sigis-mond, Electeur de Brandebourg y introduiflt le Droit du Du-ché de Prufle, que TEleéleur Frédéric - Guillaume fit corrigeren 1680. Dans les années 1706, 1707 & 170S, la pelle y afait de grands ravages.
RELIGION ET SCIE NC ES DE L A PRUSSE.
, La Religion Chrétienne y ayant été introduite par la force6c cela pur les Polonois & par les Chevaliers Teutoniques, onétablit quatre Evêchez qui font ceux d’Ermelande, de Culm ,de Poméfanie & de Samlande. En 1322, le Grand-Maître Al-brecht & la pluparAle fes Chevaliers, ayant renoncé à leurOrdre 6c embralTé la doétrine de Luther, Albert fut chargéde l’Adminillration du temporel des Evêchez de Poméfanie &de Samlande, qu'on conferveroit comme-deux Prélatures confi-dérables du païs. En 1530, la Confeflion d’Ausbourg fut in-troduite 6c les Evêchez & les Couvens abolis dans les annéesfuivantes. Leurs revenus furent employez à l’établiflement dedivers Ecoles & Univerfitez. En 1542, on établit à Konigs-berg un Gyinnafe, 6c deux ans après une Univerfité. Le Mark-grave George Frédéric établit enfuite les Ecoles ou Académiesfuivantes, une à Tilfit pour les Lithuaniens, une à Lick pourles Polonois, & une à Salfeld pour les Allemands. En 1569,le Duché de Prufle obtint du Roi Sigismond Augufte, la liber-té de la Religion, en conféquence de laquelle on y pouvoitenfeigner publiquement la dodlrine de laConfelïïon d'Ausbourg.Alors on abolit entièrement les Evêchez, & Ton établit à leursplaces les deux Confifloires de Poméfanie 6c de Salfeld. A laPollicitation des Polonois on permit de bâtir une Eglife pourles Catholiques en 1611, 6c d’introduire le Calendrier réforméou nouveau. En 1701, on créa pour le couronnement du Roiun Evêque Réformé dans la Samlande 6c un Luthérien dans laPoméfanie. Ce dernier ne porta ce titre que dans l’Att* du
PRU. P RY. P R Z.
couronnement, & le premier continua à le porter en faifantles fondions de prémier Chapelain 6c de Confelfeur du Roi". *DiÜion. Allemand.
P R U T H, en Latin , Prutha , Hierajus , Gerafus ; c’ell unegrande rivière, qui prend fa fource dans ies Monts - Krapack,traverfe une partie du Palatir.at de Lembourg eu lluflie, en-fuite toute la Moldavie, 6c fe décharge dans le Danube , n»peu au defious d’Axiopoli. * Maty, Dlâion. Géogr.
P R U Y M, P R U I M ou P R G M E, Abbaïe. VoyezP R U M.
* PRGYM, PRUIM, PRUM ou PRU ME, ri-viére d’Allemagne, prend fa fource dans la partie feptentriona-le de PEleélorat ou Archevêché de Trêves, coule à peu près dunord eft au fud-ouell, entre dans le Duché de Luxembourgqu’elle traverfe du nord au Cud, 6c fe décharge dans leSourunelieue au deflïis d’Kcbternach.
P R ÏB US, ville d Allemagne en Siléfie dans la Principauxte de Sagan, ell fur la Neiife, aufud-oueft de la ville de Sagan,dont elle ell éloignée d'environ cinq lieues.
P R Y N N (Guillaume) Jurifconfulte Anglois, fameux Adver-faire des Evêques d’Angleterre dans le XVil fiécle, écrivitd’u-ne manière fi violente contre les Epifcopaux, qu’il fut con-damné en 1637, à avoir les oreilles coupées : ce qui fut exécuté.
Baillet dit que Prynn eut les oreilles coupées par la main duBourreau dans la cour du Talais de Wcilmiuller le 30 de juin1637, pour fa Tragédie du violentent du Sabbatb , & de! e tat des Evê-ques. Ce traitement le lit élire Membre de Ja Chambre des Com-munes dans le Parlement aflemblé contre le Roi, mais il ne ré-pondit pas à ce que les Parlementaires attendoient de lui; ôcn’ayant pas voulu fuivre leurs mouvemens, il fut mis en prifon.11 y comnofa un petit Traité adrelfé au Parlement, pour le dé-tourner de faire le procès au Roi. II a encore écrit quantité delivres rhéologiques, hilloriques 6c polémiques. Il mourut le24 d’oflobre 1669, âgé de 69 ans. * Bayle , DiSt. Crit.
PRYTANE'E, à Athènes, étoit le lieu où étoit le fïégedes Juges de la Police , & ôù Ton nourrifloit aux dépens delàRépublique ceux qui avoient rendu quelque fervice confidéra-ble à l’Etat. II y avoit urt autel fur lequel on entretenoit unfeu perpétuel & facré en l’honneur de la Déefle Velta. Cen’étoient pas des Vierges qui avoient foin de ce feu, comme àRome; mais des femmes veuves que Ton appelloic Prytanitides.
j * Suidas. Plutarque, in Numa.
I P R Y T A N E S, nom que les Athéniens donnoient aux Ju-ges de Police. On en tirait cinquante de chaque Tribu de l’At-tique: ce qui faifoit le confeil des cinq cens, lorsqu’il n’y avoitque dix Tribus; mais lorsqu’il y en eut treize, ce Confeil futde fix cens cinquante. Le lieu où ils s’alfembloient fe nommoitPrytanée. Voyez BACCIIIADKS. * J, Spon, Voyage d'I-talie , &c. en 1675.
P R Z E C O P. Voyez P R E' C O P.
* PRZIBRAM (Jean) après avoir été un zélé Huflïte,abandonna folemnellement la do&rine qu’il avoit profelfée, étécrivit même contre les Taborites. Sa rétraélation At beaucoupde peine à Procope Rôle, l’un des Chefs des Huflîtes. Przibramavoit eu une difpute avec Pierre Peyne, furnominé VAnglais,Wiclefite 6c Dofteur à Prague. Ceux de cette ville Arent met-tre en prifon Przibram 6c pluAeurs autres , qui après avoir re-couvré leur liberté , rejoignirent aux Orphelins, branche d»Iiuflites, 6t leur perfuadérent de déclarer la guerre à ceux daPrague. Cela fe pafloit avant que Przibram eût quité le partides Taborites. En 1447, il aflembla l’Univerflté dans le Col-lège de Charles IV, où Ton dreflafur la Trinité une profelflonde foi, qui montre que Przibram, pour avoir abjuré le Huflî-tifme, n’en étoit pas plus Catholique, ou qu’il avoit repris fespremiers fentimens. Il mourut le 24 décembre de cette mêmeannée, étant Palleur dans la paroiflfe de S. Gilles à Prague, &Profefleur en Théologie. Il fut l’un des Députez au Concilede Bâle , où il foutint qu’il falloit donner au peuple la Commu-nion fous les deux efpéccs. * Voyez le Supplément de ParisI 73 <S.
PRZIPCOVIUS (Samuel) Gentilhomme & ChevalierPolonois, Confeiller de l'Electeur de Brandebourg, At fes étu-des à Leide, & dès Tâge de 18 ans il compofa un Traitéde la Paix 6t de la Concorde de TEglife. Peu de tems après ilrépondit au livre de Heinfius, qui a pour titre, Cras credo ,bodie nibil. Etant de retour en Pologne , il fut honoré de di-vers emplois civils 61 c militaires. Il s’attacha à la perfonne duPrinze Radzivil, dont il At l’Apologie, 6c fut aifez avant dansla faveur du Roi de Pologne. Les Sociniens ayant été chaf-fez du païs, tout fon crédit n’empêcha pas qu’il ne fût envelop-pé dans les malheurs de ceux de fon parti. II perdit fes emplois6c fes biens. 11 eft vrai qu’ils eurent permiflion de les vendre,6c qu’on leur donna trois ans pour s’en défaire ; mais ces troisans furent bientôt réduits à un; 6c ianéceftïté dans laquelle onles voyoit de s’en défaire, At qu’ils furent contraints de les don-ner prefque pour rien. Przipcovius perdit non feulement fescharges & fes biens ; mais auAi quelques - uns de fes Ouvrages,6c entre autres l’Hiftoire des Eglifes de fa Seéte. S’érant retiréfur les terres de TElecleur de Brandebourg, il fut fait Confeil-ler de ce Prince, & employa les revenus de cette charge à fou-lager ceux de fon parti, qui s’étoient retirez de Pologne aveclui, & qui étoient dans la dernière mifére. Comme il ne fuivitpas en tout les fentimens de Socin, & de ceux de fa Seéle,fur tout en ce qui regarde les droits du Magiftrat & la Jufticede la guerre, il y en eut quelques - uns qui l’attaquèrent vigou-reufement, ce qui donna lieu à de longues Apologies , qu’o*trouve parmi fes Ouvrages. Il mourût en Prufle, lieu de foaexil, le 19 de juillet de Tannée 1679, âgé de près de 80 ans.On a rafijaffé toutes fes Oeuvres en ua volume in folio, hn-