Druckschrift 
7 (1740) Lettres P - SEG
Entstehung
Seite
8
Einzelbild herunterladen
 

I i

i

I ;

[

l

f 1

i i

:■ *

♦

\

>

8 P A D.

les, & font des effets merveilleux pour la guérifon de pliifieur-sinslflciics

2.1. Oldembourg eft un château ruïné, bâti fur la montagne deForftembcrg, où étoit la demeure des premiers Barons de For-ftemberg. Voilà les 24 fujets du livre intitulé, Manumenta Pa-derbornenfia, imprimé en 1672. * Heifs, Hifi. de l’Empire.

P A D 1 L L A (Marie de) Maîtrelfe de Pierre le Cruel, Roide Caftille, éroit élevée chez Alfonfe d’Albuquerque, lorsquece Prince commença à l'aimer, pendant l’expédition des Afturies.L’un clés frères du Roi avoit pris les armes dans ce païs-là. Cet-te révolté foutenue par un autre frère dans l’Aragon pouvoit avoirde fâcheufes fuites. La Cour jugea qu’il falloit y remédier prom-tement; & le Roi marcha en perfonne en 1352, avec une ar-mée vers les Afturies. La femme de Dont Alfonfe d’Albuquer-que fut de ce voyage. Marie de Padilla, l’une des filles qu’elleavoit à fon fervice, en fut aulfi, & toucha par fa beauté le cœurdu Roi, quelque faroûche qu’il fût. Elle ne le fit pas foupirerlong-tems, car il en jouît pendant le voyage, & JeandePIini-ftrofa, oncle maternel de la fille, leur avoit fervi de confident.Le Roi étoit déjà fiancé avec Blanche de Bourbon, fille de Pier-re, I. du nom, Duc de Bourbon, & fœur de la belle-fille duRoi de France. Mais quoique fa Fiancée fût aulfi belle que faMaîtrelfe, & d’une Maifon infiniment plus illuftre, il n’avoitaucune impatience de célébrer le mariage. 11 ne trouvoit pointbon qu’Albuquerque, qui craignoit que les parens de Padilla nemontalfent au premier degré de la faveur, le preffât fur cet arti-ticle. Enfin , les noces furent célébrées au commencement dejuin 1353, fans aucune pompe. Il y avoit déjà quelque temsque la Favorite étoit accouchée d’une fille. Le Roi conçut bien-tôt un très-grand dégoût pour fon époufe; car le troifiéme jourd’après les noces il fe prépara pour aller voir fa Maîtrelfe, qu’ilavoit lailTéc dans une forterefle au bord du Tage. La Reine mèredu Roi & la Princelfe Eléonore fa tante, ayant été averties defon delfein, le conjurèrent de n’en pas ufer ainfi ; & lui répréfen-térent les conféquences de cette conduite. Il ne fut point tou-ché de leurs prières, ni de leurs raifons ; il nia feulement qu’ileût formé ce deflein, & partit fecrettement tout aulfi-tôt. Plu-fieurs Courtifans le fuivirent, réfolus de s’accommoder à fespallions, bien plus qu’à lui remontrer ce qu’il devoit faire. Ils’en trouva néanmoins qui s’appliquèrent fortement à le faire re-venir auprès de fon époufe, & qui obtinrent cela de lui. Maisdès qu’il eut paffé deux jours avec elle, il fut entraîné vers faMaîtrelfe par la violence de fa palfion. On crut qu’il y avoit làdu fortilége ; car dans ces lïécles-là tout ce qui étoit un peu ex-traordinaire étoit attribué au Démon. D’autres crurent qu’ilfoupçonna d’infidélité fon époufe, & que ce fut ce qui fit qu’ilne la pouvoit fouffrir. De jour en jour il augmenta les indignestraitemens qu’il lui faifoit; & enfin il la fit empoifonner l’an1361. Tout le monde regretta le fort de cette Princelfe enlevéeainfi du monde à l’âge de 25 ans. La Favorite mourut peu aprèsà Séville, & fut enterrée dans un monaftére qu’elle avoit faitbâtir. Ses funérailles furent faites dans tout le Royaume, com-me fi elle eût été une Reine légitime, & l’on éleva fes enfans,comme héritiers préfomptifs de la Couronne. Elle avoit jouï d’u-ne faveur toute puilfante. Die'go de Padilla fon frère fut élevéà la charge de Grand Chambellan en l’année 1353, & à la dignitéde Grand-Maître de l’Ordre de Calatrava l’année fuivante. Jeande Padilla fon autre frère fut fait Grand-Maître de l’Ordre deSaint-Jacques à la place de Dom Frédéric, frère du Roi, l’an1354. Son mariage ne l’empêcha point d’être pourvu à cetteMaîtrife, quoiqu’il n’y eût point d’exemple qu’elle eût été pof-fédée par des gens mariez. La Padilla ne jouît pas pourtant de fafaveur fans aucun mélange de chagrin. En 1357,une autre Maî-treffe parut plus aimable qu’elle aux yeux de Dom Pierre le Cruel.Ce Prince s’abandonna de telle forte à la palfion qu’il conçutpour Alfonfa Coronella, qu’il ne fongeoit plus à Marie de Pa-dilla. Il fut aulfi tellement amoureux d’une veuve, nomméeJeanne de Caftro, que pour en jouïr, il lui perfuada qu’il n’é-toit point marié, & qu’il pouvoit l’époufer. Il l’époufa en effet,

& s’il la quitta bientôt, ce ne fut point fans avoir donné de ru-des ail armes au cœur de fa concubine. Ce qui eft dit de cettefemme dans 1 ’HiJloire des Favorites eft gâté par bien des contes ro-manefques. Mariana , Auteur plus croyable, alTure qu’il nemanquoit que la chafteté à Padilla, pour mériter la Couronne.

* Mariana, Hiftoire d’Efpagne.

PADILLA (Jean de) fut l’un des Chefs de la fédition ex-citée contre l’Empereur Charles -Quint en Efpagne l’an 1520. Safemme, qui l’avoit, dit-on, engagé dans cette révolté, furquelques vifions prétendues, pilla même les églifes, fous pré-texte de dévotion, pour foutenir cette entreprife; mais les Con-jurez furent défaits près de Villalar. Padilla ayant été pris, eutla tête coupée deux jours après. Sa femme fe fauva en Portugal.On ne fait pas certainement fi ce fut elle qui engagea fon maridans fa révolté contre Charles-Quint : les lettres de Guévara nele difent point. * Le Comte de la Rocca, Hifi. d,e Charles- Quint.Bayle, Dià. Crit.

PADILLA (Laurent de) Efpagnol, Archidiacre de Mala-ga, dans le XVI fiécle, fut Hiftoriographe de l’Empereur Char-les -Ouint. Il avoit compofé divers Ouvrages Hiftoriques, dontil nepublia qu’un Catalogue général de Saints d’Efpagne. On aquelquesManufcrits de fa façon. Un de fes neveux, Françoisde Padilla, a été Profefleur en Théologie à Séville, & Chanoi-nadeMalaga, & mourut le 15 mai 1607. On a de lui une Hi-ftoire Eccléfiaftique d’Efpagne en deux tomes; une Chronologiedes Conciles, &c. * Ambrofio Moralès, Hifi. Hifp. 1. 13. c. 13.Alfonfe Lopès de Haro, Hifi. Nobilior. Nicolas Antonio, Bi-bliotb. Hijp. Script. &?c.

PADILLA (Louïfe de) Comtefle d’Aranda au XVII fié-cle, a été extrêmement louée par les Efpagnojs. Jean de Lafta-

P A D.

nofa dans fit préface du traité de Gratian, intitulé, le Difcrct,l’appelle le Phénix de ?iotre fiécle , dont le nom refte écrit de fixplumes immortelles. Elle trouvoit mauvais qu’on profanât parl’impreffion, les excellentes chofes, qui fe trouvent dans lesTraitez de Gratian. * Bayle, Dict. Crit.

PADILLA ME'NESE’S. Cherchez ME'NE'SE'S.

PADISCHAH, en Langue Turque, veut dire Empereurou Grand Roi. Le Sultan donne ce tître au Roi de France, & nel’accorde à nul autre, non pas même à l’Empereur d’AllemagneLa raifon eft qu’il tient le Roi Très-Chrétien pour fon parent:c’eft pourquoi il le nomme Padifichab, qui eft le nom avec lequel ilfe foufcrit lui même. Les Turcs, pour établir cette alliance,difent qu’une Princelfe Françoife fut femme d’Amurat II, & mè-re de Mahomet II, furnommé le Grand, qui naquit l’an 1428.Il eft vrai que cette Sultane étoit Chrétienne; mais ellen’étoitpas Françoife, ni même de l’Eglife Latine, mais de la Gréque,étant fille d’un Defpote de Servie, comme en parle Paul Jove &plufieurs autres qui la nomment Iliernie ; & ce qui a donné lieuà croire qu’elle étoit Françoife, c’eft que les Turcs appellent dunom de Franc & de France, tous les Chrétiens de l’Europe. Al’égard de l’alliance, il pourrait bien être vrai que ce Prince De-fpote de Servie, ou fes ancêtres, lorsque leurs Etats étoientdans la fplendeur, fe fulfent alliez avec la Maifon de France, &qu’ainfi la mère de Mahomet II, eût fait palier cette alliancedans la famille des Othomans. On voit à Conftantinople le fé-pulchre de cette Sultane, à côté de la mofquée de Mahomet fonfils. Quelques uns parlent d’une Sultane que les Turcs appellentFrançoife, laquelle eft enterrée à Burfe dans la Natolie; & ilsdifent que c’étoit une Princelfe de France extrêmement belle,qui ayant été prife fur mer, fut préfentée au Grand-Seigneur,qui l’aima fi palfionnément, qu’il la laiffa vivre & mourir dans laReligion Chrétienne. * Pietro délia Valle, tome r. Thévenot,Voyage du Levant.

P A D O U A N (Louïs-Léon le) célébré Peintre de Padoueen Italie, au commencement du XVII fiécle, faifoit fort biendes portraits, & gravoit fur l’acier pour faire des médailles. Ou-tre qu’il excelloit dans fon art, il étoit encore eftimé pour favertu & pour fa piété. Il avoit toujours dans l’efprit qu’il falloitquitter cette vie; & pour mieux penfer à la mort, i! avoit faitfaire un cercueil qu’il tenoit fous fon lit, & qu’il regardoit fou-vent comme fa dernière demeure. Il vécut dans ces pieux fenti-mens jufqu’à l’âge de 75 ans, qu’il mourut fous le pontificat dePaul V. Ce Peintre laifla un fils nommé Octavien, qui héritade fa vertu comme de fes biens, & que l’on appella le Padouan ,quoiqu’il fût né à Rome. Il excelloit aulfi à faire des pqrtraits.

* Félibien, Entretiens fur les Vies £p fur les Ouvrages des Pein-tres, tome 3. Entret. 6 . p. 298 âf 299. édit, de Trévoux, 1725.

* PADOUAN (Le) Ager Patavinus ou Paduanus, petiteprovince d’Italie, du Domaine des Vénitiens. Il eft borné au Le-vant par II Dogado, au midi par la Poléfine de Ilovigo, au cou-chant par le Véronois, & au nord par le Vicentin. Son terroirbien arrofé palfe pour un des plus fertiles de l’Italie. Ses lieuxprincipaux font, Padoue capitale, Arqua, Elle, Monfelice,Mirano , Campo San-Pietro , Oriago , Montagnana, Caftel-Baldo, Piéve di Sacco & Citadella. On voit près d’Efte les mon-tagnes ou les collines de Padoue Monti di Padoua. * Maty, Dicl.Géogr.

PADOUE, Patavimn, ville d’Italie, fous la dominationdes Vénitiens, avec Evêché fuffragant d’Aquilée, eft, dit on ,plus ancienne que Rome & que Vtnife, & fut bâtie par Anténor,On y montre même fon tombeau; mais l’Infcription qu’on yvoit en lettres Gothiques, eft alTurement moderne. La fonda-tion de la ville de Padoue par Anténor, eft confirmée par le té-moignage de Tite-Live, &par celui de Virgile, Æneid. 1 . 1. v.246. £? fidv.

Padoue ayant été depuis foumife auxRomains, fut ruïnée parAttila, réparée par Narfès, & pafla fous la domination desLombards. Lorsque ce Royaume eut été éteint par Charlema-gne, elle devint floriflante fous les Rois d’Italie, & eutenfuitedes Tyrans particuliers, après s’être gouvernée en République, de-puis Othon I, jufqu’en 1237. Ezzelin de Romano s’en empara, puisles Carrares l’an 1259. Les Vénitiens la fournirent en 1406,après avoir fait étrangler François Carrare, & deux de fes fils.L’Empereur Maximilien I, qui P avoit emportée, la perdit peude tems après, & l’alfiégea inutilement l’an 1509. On la défen-dit fi bien, que l’Empereur fe retira après dix fept jours de fiége.Padoue eft lituée dans un païs très-fertile ; ce qui adonné fujetà ce proverbe du païs, Bologna lagraffa, Venetia la guafia, maPadoa la paffa. La rivière de Brente la rend fertile & forte : deforte que Padoue eft comme le boulevart de Venife, du côté dela Lombardie. On la divife ordinairement en ville vieille & neu-ve. La première a encore fes châteaux, fes tours, fes murailles& fes foflëz pleins d’eau, des rivières de Bachiglione & de Bren-te. On y voit le palais où l’on rend la Juftice, & qui eft un fu-perbe édifice. Les dehors en font magnifiques, - & c’eft en celieu qu’eft la belle bibliothèque de Padoue. 11 y a outre cela unegrande falle, qu’on appelle ilpalazio de Ragione, qui a cent qua-tre-vints pas de longueur fur quarante de large, & qui n’eft fou-tenue d’aucun piliers. Cette falle eft ouverte des quatre côtez;

& fur chacune des portes on voit la ftatue de quelque grandhomme de Padoue. 11 y a au bout de cette falle, une groffepierre ronde, dite la pierre d'opprobre, où ceux qui ne peuventpas payer leurs dettes, fe vont afleoir. Outre le palais, la vieil-le ville a encore l’églife cathédrale & I’Univerfité. On fe peutpromener fous les portiques des maifons, à l’abri de la pluye,

& à couvert du foleil. On voit dans la ville neuve, l’églife &l’Abbaïe de fainte Juftine, Chef d’une grande Congrégation del’Ordre de faint Benoît, & celle de faint Antoine de Lisbone,dite de Padoue ou de Pade, & divers autres édifices faints & pro-fanes