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tes £? dans fes Saints ; Les Regrets de l'abus du Pater ; Vie de Je-Jus Cbrijl ; La manière défaire l’Ecole ; Penfées Chrétiennes pour tousles jours du mois; InJlruBions Chrétiennes Jur les répréfentations dés-honnêtes des peintures indécentes ; Régies pour vivre chrétiennementdans l’engagement du Mariage dans la conduite d’une famille ; In-JlruBion Chrétienne fur la manière dont on doit Je conduire dans le temsqui précédé le Carême, & fur les defordres du Carnaval; Idée de laReligion avec des figures. II avoit achevé deux autres Ecrits. Lepremier qui eft confidérable eft un Traité des Devoirs des Eccléfia-Jliques : ce Manufcrit étoit entre les mains de M. d’Arnaudin quil’avoit approuvé lorsque ce Doéteur eft mort, & il ne s’eft pointretrouvé. Le fécond eft une InfiruBion fur le Chapelet: elle eft en-tre les mains d’un Libraire de Paris. M. Paccori a auiîi retouchéen quantité d’endroits les Hiftoires Choifies de M. Génevaux, &on lui doit de plus une nouvelle édition, avec une continuationdes Epîtres & des Evangiles avec des Explications par demandes& par réponfes que M. Perdoux avoit fait imprimer.
P A C E M, ville du Royaume de ce nom dans l’Ifle de Suma-tra, en Latin Pacemum. Elle a un grand Fort, & trois avenues,où l’on entre par une pointe de terre vers le feptentrion. La mery monte prefque de fix heures en ftx heures. Mandelilo rappor-te que le Roi d’Achem a uni à fa Couronne les Royaumes de Pa-cem & de Pédir, avec la plus grande partie de la côte fepten-trio.nale de cette Ifle de Sumatra, qui étoit autrefois divifée endix Koyaumes, & que l’on s’eft contenté de découvrir ceux quifont fur la côte, fans avoir pénétré dans le païs, où l’on auroittrouvé des richefles inconnues à ceux qui habitent les villes mari-times. Il ajoûte que les Portugais ne parlent que de deux Royau-mes méditerranées, Andrigan & Arvan, & de ceux d’Achem , dePédir, de Pacem, de Camparam, de Zaude & de Ménancabo,qui font tous en deçà de la Ligne, & fur les bords de la mer. LesHollandois ont découvert le Royaume de Palibam au delà , pourla commodité de leur commerce dans l’illc de Java, & ils y ontun très-puiffant établiffement. Le Royaume de Pacem eft àquatre-vint milles de celui de Ménancabo, à quatre degrez de l’E-quateur , & à cent trente-deux du premier Méridien.
PA CHACAMAC, vallée fertile & agréable à quatrelieues de Lima dans le Pérou. On y avoit autrefois caché desthréfors immenfes dans un temple magnifique que les Yncas duPérou y avoient fait bâtir. C'eft d’où Ferdinand Pizarro tira,comme on dit, plus de neuf cens mille ducats, outre de gran-des richefles que les Soldats y avoient pillées auparavant, ouque les Prêtres Indiens avoient enlevées avant la venue des E-fpagnols. La commune opinion eft que les Sauvages en avoientemporté autant que quatre cens hommes fort robuftes en pou-voient portcrfur leurs épaules. Les Efpagnols néanmoins n’ontrien pu découvrir de ce thréfor caché par les originaires du païs,quoiqu’ils ayent tourmenté ces pauvres Indiens avec beaucoup decruauté, pour leur faire dire ce qu’ils ne favoient pas. On voitencore les relies de ce fuperbe bâtiment, qui étoit un temple dé-dié au Créateur de l’univers, à ce qu’écrit Garcilaiïo, ou plutôtau Soleil, comme d’autres l’ont cru. Cette vallée eft différentede celle de Lima , dont nous avons parlé en fon lieu. *De Laët,JJifi. du Nouveau Monde. Les Yncas ayant reconnu qu’il y avoitun Créateur de toutes chofes , le nommèrent Pachacamac , l'ainede l’Univers. Ils répandirent cette doftrine dans tout leur Em-pire, difant que Pachacamac étant invifible, ils ne lui bâtiffoientpoint de temple comme au Soleil, & ne lui offraient aucun fa-crifice ; mais fe contentoient de- l’adorer dans leur ame. Les na-tions que les Yncas foumettoient à leur Empire, recevoient enmême tems leur Religion. Cependant les Yncas, fous les pré-déceffeurs du Roi Cuysmancu, adoptèrent la doârine du Pacha-camac avant que d’être vaincus par les Yncas. Mais ils ne fui-virent pas à tous égards leurs Maîtres ; car ils bâtirent un tem-ple fuperbe au Pachacamac, dans une vallée à laquelle ils don-nèrent le même nom. Les Yncas mirent leurs Idoles dans ce tem-ple , & offrirent des facrifices d’animaux au Pachacamac & mêmedans les grandes Fêtes ils lui offraient des hommes, des femmes& des enfans. Mais lorsque les Yncas eurent fournis les Yùn-cas, gouvernez alors par leur Roi Cuysmancu, les Yncas neleur accordèrent la paix qu’aux conditions fui vantes, que lesYuncas adoreraient le Soleil auquel ils bâtiraient un temple com-me au Pachacamac ; qu’ils pourraient continuer d’offrir au Pa-chacamac des victimes, excepté des victimes humaines, qu’ilsabattraient les idoles qui étoient dans leur temple de Pachaca-mac; qu’à l’avenir ils ne lui drefferoient aucune ftatue&fe con-tenteraient de l’adorer dans leur cœur, parce que ne l’ayant pasvu ils ne pouvoient pas favoir fous quelle figure il falloit le ré-préfenter. * Garcilaffo de la Véga, Hifi. des Tncas, tome 2. p.1x3. 6?c. M. le Gentil, qui a été furies lieux, dit que Pacha-camac eft une des plus confidérables provinces du Pérou. Elleporte le nom du Dieu principal des Indiens, qui adoraient leSoleil fous ce nom. (Garcilaffo étoit mieux inftruit, fans doute,des opinions & des pratiques des Péruviens) La ville capitale decette province étoit autrefois puiffante & contenoit dans fon en-ceinte plus d’un million d’ames. Ses rues étoient belles & fpa-cieufes, mais on n’y voit aujourd’hui que des ruines & des osentaffez ; trilles veftiges de la fureur des Efpagnols. * Le Gen-til, Voyages, £?c. tome r. p. 91.
PACHACAMAC, nom que les Idolâtres du Pérou don-noient au Souverain Etre, qu’ils adoroient avec le Soleil, &plufieurs autres fauffes Divinitez. Le principal temple de Pa-chacamac étoit dans une vallée à quatre lieues de Lima, & avoitété fondé par les Yncas ou Empereurs du Pérou, lis lui of-fraient ce qu’ils avoient de plus précieux ; & ils avoient pour luiune fi grande vénération, qu’ils n’ofoient le regarder : c’eft pour-quoi les Rois mêmes, & les Prêtres entraient à reculons dans fontemple , ayant toujours le dos tourné à l’autel, & en fortoientfans fe retourner. Les ruïnes de ce temple témoignent encore
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aujourd'hui la magnificence de fa ftruélure & de fa grandeur pro-digieufe. Les Péruviens y avoient mis plufieurs idoles, par lef-quelles le Démon répondoit aux Sacrificateurs qui le conful-toient. * Jovet, Hijtoire des Religions. Le mot de Pachacamac,dit Garcilaffo de la Véga, eft compofé de Pacha, qui lignifie lemonde, & de Camac, qui eft le participe de Camar animer; deforte que ce nom défigne celui qui eft l’ame du monde. Ce motétoit en fi grande vénération chez les Yncas qu’ils n’ofoient leproférer. Si la nécefiîté les y obligeoit, ils le prononçoient a-vec de grandes marques de refpeét & de foumiflion. Alors ils ref-ferroient les épaules, ils baiffoient la tête & tout le corps, ils le-voient les yeux vers le Ciel, puis tout d’un coup ils les baif-foient vers la terre. Us portoient les mains ouvertes fur l’épauledroite, & donnoient des baifers à l’air. Us avoient plus de vé-nération dans l’ame pour Pachacamac que pour le Soleil ; puisqu’ils n’ofoient proférer le nom du premier, au lieu qu’ils nom-moient l’autre à tout moment. Si quelqu’un leur demandoit,qui étoit Pachacamac, ils répondoient, que lui feul donne la vieà l’univers, & le fait fubfifter, qu’ils ne favoient pourtant jamaisvu, & qu’à caufe de cela ils ne lui bâtiffoient point de temples,& ne lui offraient aucuns facrifices, mais qu’ils l’adoraient dansle fond de leur cœur, & qu’ils le regardoient comme le Dieu in-connu. * Garcilaüb de la Véga, Hifi. des Tncas, (fc. tome 1,p . 113. &c. Voyez l’article précédent.
P A C H E’ C O (Jean de) Marquis de Villéna, Grand-Maîtrede l’Ordre de S. Jaques, & illuftre Favori de Henri IV, Roi deCaftille, étoit fils d’HlfonJe Tellès-Giron, Seigneur de Belmonte,& naquit en 1410. Dans fa tendre jeuneflè, il fut envoyé à laCour de Jean II, Roi de Caftille, qui le donna pour compagnonà Henri IV, fon fils, pour lors Infant de Caftille. U s’infinuatellement dans l’efprit de ce Prince, qui fembloit être né pour felaiffer gouverner par d’autres, qu’il n’en perdit jamais entière-ment les bonnes grâces, malgré tous fes excès; ou, s’il en futprivé pour quelques momens, il les regagna en peu de tems.Pendant la vie de Jean II, il aida à fomenter la difienfion entrece père & l’Infant fon fils, & à perfécuter Dom Alvare de Luna,le premier Miniftre du Roi, quoiqu'il eût beaucoup contribué àfa fortune. Il n’y eut que la fin malheureufe du premier Mini-ftre, arrivée en 1453, qui put terminer cette perfécution. Pourcontenter Jean de Pachéco en quelque manière, Jean II fe vitobligé de lui remettre en 1445, Barcarotta, Salvatiéra, & Sal-valéon, qui font fur les frontières du Portugal. Dans la mêmeannée, ce Roi le créa Marquis de Villéna, & Dom Pédro Gironfon frère, Grand-Maître de Calatrava. Henri IV étant montéfur le thrône de Caftille en 1454, l’autorité de Pachéco augmen-ta tellement qu’avec Alfonfe deFonféca, Archevêque de Sévil-le , il pouvoit prefque difpofer de tout félon fes défirs tant au de-dans qu’au dehors du Royaume. Lorsqu’il fe fut élevé une dif-ficulté au fujet de la Catalogne, entre Henri IV, Roi de Caftil-le, & Jean 1 , Roi de Navarre, & qu’on eut choifi pour l’Arbi-tre du différent, Louis XI, Roi de France, Pachéco fe laifiacorrompre par ce dernier moyennant une penfion annuelle dedouze mille écus, & confentit en 1463, à plufieurs articles fortpréjudiciables à Henri IV, fon Maître, lequel en ayant témoi-gné quelque mécontentement, Pachéco trama contre lui, l’an-née fuivante, une confpiration fort dangereufe. U s’agiffoit d’a-vancer, que puisque Flenri étoit impuiffant & qu’il prétendoitnéanmoins donner la fucceflion de fes Etats à Jeanne, que fonépoufe avoit eue d’un adultère commis avec Bertrand de la Cuéva,il falloit lui ôter le Gouvernement & le remettre au Prince Al-phonfe, fon frère. Le Roi ayant envoyé là-deffus un paffeportà Pachéco afin qu’il vînt à Madrid , il chercha à affoiblir par tou-te forte de moyens le parti de Henri IV, & tenta même de l’en-lever de fon Palais. Nonobftant tout cela, fous prétexte du fauf-conduit qui avoit été accordé, le Roi permit que ce perfide Mi-niftre repartît impunément de Madrid. Après quoi, il continuade tendre des pièges, à Henri, & alla enfin fi loin, qu'en 1645 il fitproclamer à Avila, Roi de Caftille, le Prince Alphonfe, après a-voir déclaré, avec des cérémonies injurieufes, Henri IV déchude la Royauté. Henri fit cependant divers traitez avec les Mé-contens & particuliérement avec le Marquis de Villéna, tellementqu’il confentit que fa fœur Ifabelle époufàt Dom Pédro Giron,frère du Marquis, ce qui cependant ne fut pas exécuté, parceque la mort de Dom Pédro l’empécha. En 1467, le Marquis deVilléna fe fit nommer à Occana Grand-Maître de l’Ordre de S. Ja-ques, & fut fi bien conduire l’intrigue, que non feulement le Pa-pe, mais auffi Henri IV y confentirent. Le Prince Alphonfe é-tant mort, non fans foupçon d'avoir été empoifonné par Pachéco,celui-ci fut parfaitement réconcilié avec le Roi & dans la mêmeannée il lui perfuada de déclarer fa fœur Ifabelle fon héritière, enexcluant Jeanne, fa prétendue fille. Le but de Pachéco étoit,qu'e l’Infante Ifabelle devoit époufer Alphonfe V, Roi de Portu-gal ; mais après qu’elle eut époufé fccrettcment Ferdinand, Prin-ce héréditaire d’Aragon, le Marquis de Villéna la traverfa en tout& détermina Henri IV, à rompre la difpofition qu’il avoit faite enfa faveur & à déclarer fon héritière Jeanne, fa fille. Flenri IVconfentit à tout & fouvent il s’abaiffa d’une telle manière devantce Miniftre qu’il fembloit être fon Sujet. Le Marquis fe fervit decette faveur pour fe faire remettre & à fes créatures diverfes vil-les, châteaux & autres places dont il s’emparait fouvent par rufeou par force. En 1473, il fe propofa de s’approprier auffi lechâteau de Truxillo. Etant donc en traité avec Gratian de Sefa,Commandant de cette place, & en étant à deux lieues, favoir àSanta-Cruz de la Sierra, il mourut d'un abfcès dans le gozîer,lequel s’étant ouvert tout d’un coup, l’étouffa. On dit qu’il neparla, pendant les derniers momens de fa vie, que de la reddi-tion de Truxillo, qui s’enfuivit effeftivement, parce qu’on ca-cha fa mort pendant quelque tems. Henri IV regretta infinimentla perte de ce Favori & le fit enterrer avec pompe dans le cou-vent