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5 (1740) Lettres I - L
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magine que la fituation fait comme une efpéce de Lyre. L’A-ftronomie fabuleufe veut que ce foit la Lyre d Orphée, tin ilavoit reçue d’Apollon, à qui Mercure en avoit fait préfent, ocque les Mufes mirent parmi les Aftres. * Antiq. Romaines.

LYRE (Nicolas de) Payez NICOLAS,

LYS, rivière. Cherchez LIS.

LYS (111e du) que les Latins appellent Igilium, Iginium, &E'riniunu de les Italiens 11 Criglio, petite ille d Italie, dans laMer de Tofcane, & où il y a une ville & un château à dix mil-les du Mont-Argentaro. Elle appartenoit autrefois à la Répu-blique de Sienne, & maintenant elle elt de l’Etat du Grand-Ducde Tofcane; mais pour le fpirituel, elle dépend de l’Abbé desTrois-Fontaines, proche de Rome. Elle elîremplie de monta-gnes & de bois. * Rutilius, 1. 1.

* LYS (Jean) d’Oldenbourg, vint dans les Païs-Bas-Unis,pour y apprendre la Peinture fous Henri Goltius, dont il imita flbien la manière, que les Connoiffeurs ont de la peine à y recon-noître quelque différence. En quitant la Hollande il alla à Pa-ris, delà à Venife, & enfin de Venife à Rome. Il travailloitordinairement en petit, & prenoit plaifir à peindre des noces devillage. Tous fes Ouvrages font fort eflimez. Payez M. Jac-ques Campo Weyerman, Pies des Peintres des Païs-Bas, en Hol-landois , tome i. p. 402. Juiv.

LYSANDllE, Général des Lacédémoniens, étoit filsd ’AriJlocléte, & félon quelques uns de la poltérité d’Hercule, maisfans pourtant avoir eu des ancêtres diltinguez par de grands em-plois , ou autrement. Il vivoit dans le quatrième fiécle apres lafondation de Rome & commandoit les flottes des Lacédémo-niens, dans le tems auqued les Athéniens commençoient à fe re-mettre des pertes qu'ils avoient foutFertes en Sicile, & auquelpar conféquent la guerre du Pélopponnéfe étoit encore danstoute fa force. Lyfandre montra alors une grande prudence, par-ce qu’au lieu de hazarder des batailles il les évitoit avec tout lefoin imaginable, fâchant bien que fon expérience & le couragede fes Soldats ne pouvoient faire tète à l’expérience des Géné-raux Athéniens & à la valeur de leurs troupes. Pendant cetems là le c Lacédémoniens recevoient des fommes confidérablesdu Roi de Perfe; mais les Athéniens étoient obligez à foutenirpar eux-mêmes les dépenfes exetflives de cette guerre, ce qui fitqu’à mefure que le pouvoir des Lacédémoniens croilfoit, celuides Athéniens ne faifoit que bailler. Lyfandre ayant été en-voyé, à cette occafion, auprès de Cyrus, fils cadet de DariusNothus & Gouverneur de l’Afie Mineure, celui-ci lui ordonnade demander un préfent quelque grand qu’il pût être. Lyfandrene demanda rien pour lui même, mais il pria Cyrus de vouloiraugmenter d'une obole la paye journalière des Matelots des La-cédémoniens. On peut dire que cette prudente demande fut lacaufe de la viétoire que les Lacédémoniens remportèrent dansla fuite: car non feulement les Matelots des Athéniens voyantque les Lacédémoniens payoient une obole de plus, allèrenttous s’enrôller chez eux, mais outre cela Lyfandre fut vainqueurdans plufieurs combats, ce qui rendit Alcibiade fufpeét aux A-théniens, & le détermina à abandonner le commandement deleur flotte. Enfin il arriva par là que les troupes des Athéniensfatiguées n’obéïfloient plus à leurs Capitaines & fe donnoientplufieurs libertez quicauférent de grands défordres. lout celaréuni fournit enfin à Lyfandre l’occafion de furprendre la flottedes Athéniens, prefque entièrement dénuée de Soldats & de Ma-telots, près d’Ægos-Potamos. Peu de jours avant cette viftoi-re, les vaifleaux ennemis rangez fur le bord Aflatique de l’Hel-lefpont ne manquèrent pas un feul jour de venir fe préfenter de-vant le port ou Lyfandre étoit avec fa flotte, afin de l’attirer aucombat; mais fans s’en mettre en peine il ne voulut rien hazar-der. Cette démarche de Lyfandre rendit les ennemis fi négli-gens, que chaque fois qu’ils revenoient de braver Lylandre, ilsabandonnoient leurs vaifleaux & fe difperfoient fur le rivage.Le Général des Lacédémoniens l’ayant fu, profita de l’occafion &prit, ou coula à fond 170 vaifleaux Athéniens, qui fe trou-voient prefque fans défenfe. Conon un des Généraux Athé-niens, qui ne s’étoit pas autant négligé que les autres, eut letems St les moyens de fe fauver avec huit vaifleaux. Les Athé-niens qui avoient quitté leurs vaifleaux furent ou tuez ou faitsprifonniers par les Lacédémoniens. Lyfandre fe fervit enfuited’une autre rufe; il envoya tous les prifonniers à Athènes avecmenace de les faire tuer s’ils étoient trouvez hors de leur ville.Cette augmentation d’Iiabitans dans Athènes & le manque devivres, caufé par la perte de leur flotte, y produifitune fi gran-de famine, que cette ville, également forte & pourvue de Ci-toyens fidèles, prêts à facrifier leurs vies, fe vit obligée de ferendre fans coup férir; ce qui ne feroit jamais arrivé fi Lyfandren’eût employé que la force. Ceci arriva l’an de Rome 350, &fous la XC 1 V Olympiade. Lyfandre châtia enfuite ceux quiavoient donné du fecours aux Athéniens; & après avoir intro-duit par tout l’Oligarchie des Lacédémoniens, il revint triom-phant à Sparte, & y apporta une quantité incroyable d’or &d’argent. Ces grandes richeffes furent la caufe qu’on introduifità Sparte l’ufage des monnoyes d’or& d’argent, contre l’avis desplus fages Lacédémoniens, qui confeilloient qu’on continuât àne fe fervir que de monnoyes de fer & de cuivre. On obfervabientôt après qu’avec ces monnoyes précieufes, on avoit intro-duit, en même tems, des vices auparavant inconnus aux Lacé-démoniens. Ce fut aufli alors que le bonheur de Lyfandre pritfin ; car s'étant rendu fort odieux par fon orgueil & par les vio-lences qu’il exerça dans les villes conquifes aufll-bien que danscelles qui recherchoient d’elles mêmes l’alliance des Lacédémo-niens, on le rappellaà Sparte, où il efluya une infinité de cha-grins. Heureufement pour lui, le peuple, tout charmé encoredes grandes aétions qu’il avoit faites, continua à l’eflimer beau-coup. 11 fe fervit de ce crédit pour faire obtenir à Agéfilaüs le

LYS

Royaume de Sparte à la place de Léontichès. Il fit même en for-te qu’Agéfilaüs fut envoyé en Afie avec le plein pouvoir de fairela guerre aux Perfes. Agéfilaüs, par reconnoiflance, prit Lyfan-dre avec lui, St lui donna la première place entre fes 30 Confeil-lers. Mais les Habitans du païs, qui n’avoient pas encore vuAgéfilaüs, & qui au contraire étoient inftruits des hauts faits deLyfandre, rendirent beaucoup plus d’honneur au Miniflre qu’auPrince. Lyfandre en fut charmé, mais Agéfilaüs en eut tout ledépit imaginable; c’eft pourquoi il n’employa plus Lyfandre, enaucune affaire d’importance, & renvoya les affaires des villespour qui Lyfandre s’intérelfoit. Lyfandre choqué de cette con-duite d’Agéfilaüs, demanda qu’il pût retourner à Sparte, ce qu’A-géfilaüs lui accorda. Arrivé dans fa patrie, Lyfandre, dont l’or-gueil méditoit depuis longtems quelque grand coup, profitantde l’abfence d’Agéfilaüs, tenta d’introduire un changement dansle Gouvernement & de faire en forte qu’au lieu des deux feulesbranches des Proclides & des Eurijlbenides de la poftérité d’Hercu-le, toutes les branches defeendantes de ce Héros, dont la famil-le de Lyfandre en étoit une, puflent également prétendre à laRoyauté, ou bien que chaque Bourgeois fût éligible pour cettedignité, qui depuis plufieurs fiécles avoit été dans les famillescy-deiïus mentionnées. Lyfandre s’imagina aifément que dansl’un ou l’autre de ces deux cas il ne feroit guéres éloigné de laRoyauté. Mais il prévit aufli en même tems que les Lacédémo-niens n’entreprendroient rien dans cette affaire fans l’avis deleurs Oracles: c’elt pourquoi il tâcha de corrompre ceux deDelphes, de Dodone & de Jupiter Ainmon, mais en vain; &les Prêtres de ce dernier communiquèrent le deflein de Lyfandreaux Lacédémoniens. Cette découverte ne déconcerta nulle-ment Lyfandre dans fon entreprife, qu’il travailla à faire réüllirpar d’autres voyes; mais fa mort termina tout d’un coup tous fesprojets ambitieux. Car les Thébains, les Athéniens, ceux d’Ar-gos & de Corinthe s’étant liguez enfemble contre les Lacédé-moniens, ceux-ci nommèrent Lyfandre pour leur Général, quifut tué dans la première bataille près de Haliartus, où les liensfurent entièrement défaits. Il fut lui même la caufe de fa mort,puisqu’il s’approcha fort imprudemment des murs de la ville où ilfavoit que toute la force des Thébains & des Athéniens étoitréiïnie. Quelques uns ont cru que fon ambition, & les grandsdeffeins qu’il rouloit depuis longtems lui avoient fait un peutourner la cervelle. Au relie Lyfandre ambitieux, avare & cruel,cherchoit d’affermir fon pouvoir par les moyens les plus inju-ftes. H éleva pour cet effet fes créatures dans toutes les villes& leur fit entendre combien ils feroient heureux fous fa domina-tion. Les Grecs lui drefférent des Autels & chantèrent des Hym-nes à fon honneur. Les Samiens appelèrent de fon nom lesTemples dédiez à Junon. Il avoit toûjours auprès de lui Cbotri-lus fon Concitoyen qui décrivoit en vers les aétions qu’il fai-foit. Lorsqu’un jour Antilocbus eut fait des vers très-médiocresà fa louange, il en fut fi content qu’il lui donna un chapeauplein d’argent. Sa cruauté étoit fi grande que fur le feul rap-port de fes Favoris, il infligeoit les fupplices les plus barbares,jufques là qu’il fit périr 800 Miléfiens contre fon ferment. LesAnciens parlent de lui, comme d’un homme cruel & débauché,qui donnoit tout à la paflion, fans confidérer ni la bonne foi,ni la parole donnée. Comme on lui reprochoit qu’il faifoit de9chofes indignes d’Hercule, de qui les Lacédémoniens tiroientleur origine, Il faut dit-il, coudre la peau du renard où manque cel-le du lion , faifant allufion au lion d’Hercule. 11 difoit, que luvérité vaut afjùrément mieux que le menfonge; mais qu’il falloit Je fer-vir de l’un (5 1 de l’autre dans l’occajion. Il ajoûtoit, qu’on amuj'e desenfans avec des offelets , & les hommes avec des paroles : pernicieufemaxime, parce qu’elle bannit la bonne foi, qui eft le fondementde la fociété humaine. * Plutarque & Corn. Népos, in Pita Ly-J'andri. Thucydide, l. 5. Xénophon, Hijl. I. 2. e? 3. Diodore,1. 12. Polyænus, l. 1. & 7. Juttin. I. 5. & 6. Frontin, l. 1. 2. çÿ4. Cicéron. Paufanias. Elien , Dictionnaire Allemand de Bdle.

LYSANIAS, 'Pétrarque d’Abiléne, vivoit du tems del’Empereur Tibère, comme on le jufiifie par un paffage de faintLuc, ch. 3. v. 1. qui précédé le récit où il eft parlé de la pré-dication de faint Jean-Baptifte.

5i> Les Auteurs ne font pas d’un même fentiment, quand ils’agit de favoir quel étoit ce Lyfanias, dont faint Luc fait men-tion en ce palfage. Pêufébe de Céfarée a cru fansraifon, qu’,ilétoit fils d’Hérode l’Iduméen, St frère d’IIérode Antipas, St dePhilippe. D’autres croyent qu’il étoit fils de ce Ptolomée Men-née dont Joféphe fait mention dans le 14 livre de l’Hifioire desJuifs; mais comme le même Hiftorien affure ailleurs que la Rei-ne Cléopâtre fit mourir ce Lyfanias fils de Ptolomée Mennée, ily a plus d’apparence que celui dont parle S. Luc, devoit la vieà celui auquel Cléopâtre la ravit, pour ufurper fon bien. Aurelie, Abiléne dont Lyfanias étoit 'Pétrarque, étoit fituée prèsdu Mont-Liban, ou, comme le veut Plin%, dans la province deDécapolis. Sa ville capitale étoit Abile, dite aujourd’hui Belli-nas, félon quelques uns. * Joféphe, Antiq. Juddiq. I. 14. c. 23:l. 19. c. 4. Eufébe, in Cbron. A. C. 7. Janfénius, Conc. Evang,Baronius. Pline, l. 5. ch. 18.

LYS CA (Alexandre) Jurifconfulte de Vérone, qui florif-foit en 1610, a écrit contre Baronius le livre de la rapacité,de la perfidie, & de la tyrannie de la Cour de Rome. * Konig,Bibliotb. Petus çf Nova.

LYS CANDER (Claude) a publié en 1622, un in folio del’Hiltoire Danoife, ou de la Généalogie des Rois de Danemarck.On a encore de lui une Chronique de Groenlande, imprimée en1608. * Bartholin, De Scriptis Danorum, p. 33.

LYSCANDER (Jean) a compofé dix-huit Difcours desAntiquitez Danoifes. * Konig, Bibliotb. Petus & Nova.

LYSER. Poyez L Y S E'R U S.

LYSE'RUS (Polycarpe) Théologien de la ConfeflTon

d’Ausr