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5 (1740) Lettres I - L
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L A L.

données de fon érudition & de fon éloquence* dans les Elogesau’il étoit obligé de faire aux Aftes publics, & fit paraître faniété & fa prudence, dans les commilfions qui lui furent fouventadreffées parle Confeil du Roi & par le Parlement, pour réglernluficurs affaires des Eccléfiaftiques & des Réguliers. C’eft àouoi il s’occupoit utilement, exerçant outre cela la charge dePrieur dans fon Abbaïe. Lorsqu’il le fentit attaqué d’une mala-die qui le minoit infenfiblement, & le conduifoit à la mort, ils’appliqua fi fortement à la méditer & à s’y préparer, qu’étantpénétré de ces véritez importantes, il en compofa trois livres,faveur, le Tejlament Spirituel ; h Mort des "Jupes; & les joints de -firs de la Mort, qu’il avoit en effet tant défirée. fl la vit venirfans crainte, & la reçut avec un vifage affuré, le 18 février

1673, âgé de 51 ans. ,

LALLEMANT (Jean) Médecin d Autun fe rendit céié-bre dans le XVI flécle, par un grand nombre de livres, fur toutpar fes Ouvrages dè Mathématiques: De ceüatione anni Romani,

prœcipuarumque Gentium exteiaium, &c.

* LALLEMENT (Louis) naquit à Châlons fur Marne,étudia en Humanitez & en Rhétorique à Verdun, & entra auNoviciat des Jéfuites de Nanci le dixiéme décembre 1(505. A-près fa profefîion , il fit fon Cours de Philofophie & de Théolo-gie, un mal de tête & d’eftomac* auquel il étoit fujet, ne luiayant pas permis d’enfeigner les baffes Claffes. Le 28 oriobre1621, il fit fa Profefîion folemnelle des quatre vœux à Paris,enfeigna en divers lieux trois ans la Philofophie* quatre les Ma-thématiques, trois la Théologie Morale, & deux la Scholaftique.Enluite il fut quatre ans Rerieur du Noviciat & Maître desNovices, & quelques mois Refteur de Bourges. II fe confeffoittous les jours, & confeilloit à quelques Pères de la Compagnied’en faire de même. Il avoit une dévotion particulière à S. Jo-jeph, &pratiquoit chaque jour quatre petits exercices en fonhonneur. Lorsqu’il vouloit le faire honorer par les autres, iltes affuroit, qu’il n’y avoit point de grâce qu’ils n’obtinffent parfon entremife. Il en ufa de la forte à l’égard du Père Jaques Nouetqui étoit Régent des baffes Claffes au Collège de Bourges, pen-dant que le P. Lallement en étoit Recteur. La Fête de S. Jo-feph approchant, il lui promit de lui faire obtenir par l’intercef-fion de ce Saint ce qu’il demanderait, s’il vouloit exhorter fesEcoliers à faire quelque chofe le jour de fa Fête en fon honneur.Le Père Nouet s’y engagea, fit communier ce jour-là fes Ecoliers*& alla enfuite déclarer au Père Lallement, qu’il fouhaitoit d’ob-tenir la grâce de parler & d’écrire dignement de notre Seigneur.Le lendemain étant allé trouver le Père Lallement pour lui di-‘ re, qu’après y avoir bien penfé, il croyoit devoir demander uneautre grâce, qui étoit plus utile pour fa perferiion, lePéreLal-leinent lui répondit qu’il n’étoit plus tems de demander uneautre grâce ; que la première lui avoit déjà été accordée , &qu’il ne s’étoit engagé que pour celle-ci. On allure que cettegrâce parut avec éclat dans les Prédications & dans les livres duPère Nouet. L’Auteur de fa Vie, quieft le Père Champion, affu-re, que les vilions, dont le Père Lallement étoit fouvent favorifé,lui rendoient comme évidentes lés véritez de laFoi* &que pen-dant fon troifiéme Noviciat, notre Seigneur lui donna un fé-cond Ange d’un ordre fupérieur pour lui fervir de Conducteurdans les voyes fpirituelles. Il allure encore que l’un de cesdeux Anges ou quelque Saint éveilloit quelquefois le Père Lal-lement, & l’invitoit à prier, mais le plus fouvent c’étoit NôtreSeigneur même ou S. Ignace, qui lui faifoient cette faveur. Envoilà affez pour mériter la canonifation. Le Père Lallement mou-rut à Bourges, le cinquième avril 1635. Le Père Rigoulet a fait unRecueil de fes Maximes, que le Père Champion a ajoutées à faVie, imprimée in douze, à Paris, en 1694. * Journal des Sa-vons, tome 23. p. 88.

L A L L I, connu fous le nom de Joannes Baptijla Lallius,onde Riguardatis, natif de Norcia, dans l’Ombrie, étoit Jurif-confulte, & Poète Burlefque Italien. Il mourut le troifiéme defévrier 1637 , âgé de 64 ans. Nous avons divers Ouvrages de fafaçon, dont Jean Lalli, fon fils, a publié une partie avec la Viede fon père. Cet Auteur étoit Jurifconfulte de fa profellion;mais comme il avoit le naturel enjoué & plaifant, il tourna envers burlefques , les Eclogues & l ’Eneïde de Virgile. Parmi fescompofitions burlefques on compte encore fa Mofchélde, ou Dé-faite des Mouches par Domitien, & fa Francéïde, c’eft à dire, fonPoëme de la Vérole, appellée en Italie Mal François. L’Italienn’avoit encore rien vu de pareil dans ce genre d’écrire.^M. Nau-dé remarque que c’eft peut-être l’Enéide traveftie de Lalli, quia donné lieu àScarron d’en faire autant en notre Langue, &dele prendre même pour fon modèle. Lalli étoit né Poète. Ilavoit fait dans fa première jeuneffe un Poëme Italien fur faintEuftache, Martyr, & des Poëfies Latines dédiées au Duc deFerme. Depuis il oppofa à la Jérufalem délivrée du Taffe, unPoëme héroïque intitulé l’Anti-Taffe ou Jérufalem ruinée. 11étoit, dit-on, porté aux vers avec tant d’impétuolité, qu’il nelui étoit fouvent pas pofïïble de fe retenir ; mais ce feu n’étoitpas bien réglé, & fa profeflîon de Jurifconfulte ne lui permet-toit pas de fuivre fon inclination. Ce fut en vain que fon On-cle, qui lui tenoit lieu de père, Voulut l’appliquer à l’étude duDroit pour le détourner de la Poëfie. Car bien qu’il ait toujoursporté par confidération la qualité de Jurifconfulte, & qu’il aitcompofé des Ouvrages dans l’un & dans l’autre Droit, on peutdire qu’il n’y a point réülîî comme dans les vers, & l'on remarqueaffez dans fa mauvaife méthode , que fon naturel étoit forcédans cette profellion. Outre fes Poëfies, on a de lui un Ouvra-ge intitulé, Viridarium pralticarum materiarum in utroque Jure, or-dine alpbabetico concinnatum, c’eft à dire, le Verger des matières pra-ticables , en l’un l’autre Droit : c’eft le plus eftimé de tousceux qu’il a faits. * Jacobilli, Biblioth. Umbr. Janus Nicius Iïry-thræus ,Pinacotbeca,partie i,apud Leonem Allatium in Apibus Urba-

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ms-, Naudé, Mafcurat , ou Jugement des Ecrits contre Mazarin .Baillet, Jugemens des Savans, &c. tome 4. partie 1. p. 40 9 & fuit),n. I354-" & tome 5. partie 1. p. 184- ». 60. édit. d’Amfterdam*1725.

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L AMA, nom d’un Grand Pontife de la Religion des peuplesde Barantola, dans la Tartarie méridionale en Alie. CeRoyaume dépend de deux Souverains; le premier, qu’on appelleDeva, s’applique au gouvernement politique, l’autre, qui vitretiré du monde & libre de tout foin, eft non feulement adorédes Habitans du pais, comme une Divinité, mais encore des au-tres Rois de la lartarie, qui lui envoyent de riches préfens *pour avoir fon agrément avant que de monter furlethrône, &qui lui font fujets pour la Religion. Ils entreprennent même despèlerinages, pour lui aller rendre leurs adorations, comme auDieu vivant & véritable* qu’ils appellent Lamacongiu * c’eft à di-re, Dieu le Père, Eternel fÿ Célejle. Il fe fait voir dans un lieufecret de fon palais, éclairé de plufieurs lampes, où il paraîttout couvert d’or & de pierreries, élevé fur un lieu éminent*orné de précieux tapis, & alîis fur un couffin, ayant les jambescroifées. On va fe profterner devant lui, la face contre terre*en ligne de refpeft & de vénération, fans qu’il foit permis de luialler baifer les piez. Ce faux Dieu eft appellé, Grand Lama,c’eft à dire, Grand Prêtre, ou le Lama des Lamas, le Prêtre desPrêtres. Afin de faire croire qu’il eft éternel, les Lamas ou petitsSacrificateurs, qui font continuellement avec lui pour le fervir,& pour prononcer fes Oracles à ceux qui le viennent confulter,ont le foin d’avoir toujours un homme qui lui foit femblable,qu’ils mettent en fa place lorsqu’il eft mort: ce qui couvre latromperie. Ces Sacrificateurs perfuadent au peuple que le GrandLama eft le Père Eternel; qu’il eft reffufcité des enfers depuisplus de fept cens ans, & que depuis ce tems-là, il a toujoursvécu & vivra éternellement. Il eft tellement refperié de tout lemonde, principalement des grands Seigneurs, que ceux-là s’efti-ment bienheureux qui peuvent obtenir par de riches préfens desexcrémens du grand Lama, qu’ils portent pendus au col dans uneboëte d’or, comme un préfervatif affuré contre toutes fortes demaux. * Kircher, de la Ctiine. Grueber, Epijl.

LAMAS de ORELHANO, bourg de Portugal dans laprovince de Tra Los Montes, eft au fud-oucft de Bragance dontil eft éloigné de lix à fept lieues.

L A M B A C H. Voyez LAMPACH.

L A M B A L E, ville de France en Bretagne * dans le Terri-toire de Saint-Brieu, à cinq lieues de laquelle elle eft, apparte-noit autrefois à la Maifon de Cliffon. Vigénére a cru qu’elle é-toit la capitale des Ambiliates de Céfar: mais comme quelquesSavans croyent que ce nom d’Ambiliates eft corrompu, & qu’ilfaut mettre Ambibatiens, Nicolas Sanfon, qui a fait de favantesRemarques fur la Carte de l’ancienne Gaule, croit que ces peu-ples étoient du diocéfe d’Avranches. Lambale eft encore au-jourd’hui confidérable, tant par l’abondance du bétail, que parfes manufactures de tanneries, & par le grand nombre de Teintu-riers qui y font établis. Elle.eft regardée comme le chef-lieu duDuché de Penthiévre, parce que c’eft là que font le château, lesArchives, & les principaux Officiers de ce Duché. * Du Chê-ne, Antiq. des villes.

L A M B A T H ou L A M B E T H, bourg près de Londres,au delà de la Tamife, eft le féjour des Archevêques de Cantor-béry, & eft renommé par un Concile que Jean Péckham, Arche-vêque de Cantorbéry y affembla en 1280, & par un autre queThomas Bourchier, Archevêque de la même ville, & Cardinal,y tint l’an i486, contre Rainaud Reacock, Evêque de Saint-Afaph, puis de Chichefter en Angleterre, qui foutenoit des opi-nions hérétiques. On lui fit faire un défaveu public de fes er-reurs, on brûla fes livres, & on l’enferma dans un monaftére,où il mourut bien-tôt après. * Sponde, A. C. i486, num. 5.

LAMBE'CIUS (Pierre) né à Hambourg en 1628 , allaé-tudier de bonne heure dans les pais étrangers, aux frais de LucHolftenius, fon onde. 11 donna à l’âge de 19 ans, un Ouvrageintitulé , Luciibratiomm Gelliamrum Prodromus. il s’arrêta huitmois à Touloufe, dans la maifon de l’Archevêque Charles deMontchal, & fut deux ans à Rome chez le Cardinal Barberin. Ilfut nommé Profeffeur enlliftoire à Hambourg le 13 de juin 1632,& Recteur du Collège de cette ville en 1660. 11 eut mille chagrinsà effuyer dans la patrie, tant parce que les Ecoliers ne vouloientpas lui obéir, qu’à caufe que fes ennemis l’accuférent d’Hété-rodoxie, &même d’Athéïfme, & critiquèrent aigrement fes études& fes Ouvrages. Un malheureux mariage qu’il contraria en 1662*avec une vieille femme riche & avare, ayant mis le comble à fesinfortunes , îl écouta volontiers les propofîtions de la Reine deSuède, qui lui confeilla de fe retirer ailleurs. 11 quitta donc &fa femme & fa patrie, & fit un voyage à Vienne, d’où après avoireu l’honneur de faluer l’Empereur, il paffa à Rome, où il fitprofellion publique du Catholicifme. Il avoit abjuré depuis long-tems la Religion Luthérienne, mais il n’avoit pas laiffé de la pro-feffer. Il retourna à Vienne vers la fin de 1662, & y fut très-bienreçu de l’Empereur, qui le fit d’abord fon Bibliothécaire en chef.Il conferva cet emploi jufques à fa mort, & s’y aquit une très-belle réputation par les Ouvrages qu’il publia. Il travailloit àplufieurs autres, qu’il n’eut pas le loifir d’achever, étant mortau mois d’avril 1680, âgé de 52 ans. Il a donné au public, Ori-gines Hamburgenfes ab anno 808 ad ann. 1292 ; Animadvei'fiones adCodini Origines Conftantinopolitanas ; plufieurs Harangues; & leCatalogue des Manufcrits de la bibliothèque de l’Empereur àVienne. * Mollerus, Ifagoge ad Hiftor. Cberfoncfi. Baillet, Ju-gemens des Savans, tome 2. partie 1. p. 219. n. 218. édit. d’Amfter-dam, 1725. Meibomius. Neffelius. Bayle, Dict. Crit.

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