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5 (1740) Lettres I - L
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4* KUC. KUD. KUF. KUG &c.

ce, le mena chez les Jéfuites, qui ne le gardèrent, quejufquàce qu’ils euffent vu qu’il ne vouloit point abjurer le Protcftan-tifme. Tout ce qu’il trouva à Strasbourg fut une Lettre de re-commandation de Jean Sturmius à Brutius, qui profeffoit à I u-bingue. Celui-ci ne le garda pas longtems. il ne le crut pas af-fez prévenu du fentiment des Ubiquitaires. Kuchlin s’étant faitrendre la Lettre de Sturmius, s’en allai Heidelberg, où, enfin,il trouva ce qu’il cherchoit; car U,-fin lui obtint de quoi vivre,pour continuer fes études en repos. L’Académie d'Heidelbergétoit alors très-floriffante. Le jeune homme y fit beaucoup deprogrès pendant fix ans ; après quoi il fut envoyé régenter dansl’Ecole de Neuftad, où il eut entre autres Collègues FortunatusCrcllius, & Frédéric Sylburgius. Enfuite, il fut reçu Miniftre &donné àl’Eglife de Tackenheim, qu’il fervit fidèlement, juf-ques après la mort de PEleétcur Palatin Frédéric en I 57 < 5 . Louisfon fucceffeur chaffa les Minières, qui ne voulurent pas êtreLuthériens. Kuchlin s’étant retiré au Païs de PlelTe fa Patrie,& n’y ayant trouvé que du rebut, fe tourna par le confeil de lafemme du côté de la grande Arche des Fugitifs, je veux due,du côté de la Hollande. Il paffa par Embden en iS 77 > °ù ^ s ar "rêta quelque tems, & d’où ceux d’Amfterdaml’appellérent pour laCharge de Minillre. Il l’accepta & l’exerça 18 ans, après quoiil s’attacha tout de bon à la Principauté d’un Collège de Ihéo-logie, que les Etats de Hollande avoient érigé à Leide en 1 59 J,& dont il avoit eu dès-lors la conduite pendant quelques mois.Ce fut en 1595, qu’il fe détacha tout à fait de fon Eglife d’Am-fterdam, pour s’attacher à ce Collège. 11 y enfeigna la Théolo-gie jufques à fa mort, qui arriva le deuxième de juillet 1606. Ilavoit marié fes deux Filles à deux Savans, l’une à Fierre Ber-tius, & l’autre à Fejius Hommius. On recueillit en un volume inquarto, à Genève, l’an 1613, toutes les Théfes de Théologie,qu’il avoit fait foutenir en divers tems. Guy Patin l’a fort loué,& un peu trop au jugement de M. Bayle; puisqu’il le nomme undes plus Jdvans hommes de fin fiécle. * Bayle, DiB. Géogr.

KUDACKouIIUDACK, fortereffe de la Baffe Vol-hynie en Pologne. Elle eft fur le Boryfthéne, près des Poro-wys, ou Sauts de ce fleuve, à trente lieues au deffus d’Oczakow& de la Mer Noire. Uladiflas-Sigifmond fit conftruirc Kudackl’an 1637, pour mettre un frein à la licence des Cofaques, quipeu après en égorgèrent la garnifon, & s’en rendirent maîtres.* Maty, Dict. Géogr.

* K U D E L S T A A R T, village & Seigneurie de la Pro-vince d’Utrecht en partie, & de la Hollande en partie; maispour le fpirituel il eft fous la Claffe d’Utrecht.

K U F A. Voyez K O U F A H.

K U F S T E I N, petite ville avec un château. Elle eft dansleTirol, fur l’Inn, à quatorze lieues au deffous dTnfpruck, &fur les confins de la Bavière, dont elle dépendoit autrefois avecquelques villages voifins. * Maty, DiB. Géogr.

* KUGE 1 I (Albert) Profêffeur des Mathématiques à Brè-

me, a été trente ans Profeffeur, fans avoir publié d’Ouvrages,mais non fans en avoir compofé. On a trouvé parmi fes papiersdes Traitez Latins fur la Seétion Conique, fur la quadrature duCercle; fur le Calcul différentiel; & fur la Liberté Chrétienneà l’égard des chofes indifférentes. On fait cas d’un autre Traitéqu’il a compofé, & qui fe trouve aufli parmi lès Manufcrits.C’eft une Apologie de la Danfe, intitulée, Difenfio SaltationisTbeologico-Pbyfica , contra eos qui Curios Jimulant c? B&ccbamlia vi-vunt. Il favoit outre le Latin, le Grec & l’Hébreu, prefque tou-tes les Langues vivantes de l’Europe. Il eft mort au mois demars de l’an 1732. * Bibliotb. Germanique , tome 23 . p. 222. (f

223.

KUIILM AN (Quirinus) a été un des Vifîonnaires du XVIIfiécle. Il naquit à Breflaw en Siléfie le 25 de février 1651, &donna de grandes efpérances par la prématurité de fes progrès.Ils fe déroutèrent, à caufe d’une maladie , qu’il eut à l’âge dedix-huit ans. On le tint pour mort, dès le troifiéme jour de famaladie. Ce jour-là il eut une vifîon terrible. II fe crut envi-ronné de tous les Diables de l’Enfer, & cela en plein midi &tout eveillé. Cette vifîon fut fuivie de celle de Dieu mêmeenvironné de fes Saints & de J. C. au milieu. Il vit & fentitalors des chofes inénarrables. Deux jours après il eut encorede ces fortes de vidons, & lorsqu’il fut guéri de fa maladie, ilfentit à la vérité un grand changement à l’égard de ces fpeétacles;mais il fe vit toujours accompagné d’un rond de lumière, qui fetenoit à fon côté gauche. 11 n’eut plus de goût pour les BellesLettres. 11 avoit quelquefois des diftraétions fi extatiques,qu’elles l’einpêchoient de voir & di’entendre ceux qui étoient a-vec lui ; & il forma le deffein d’une infinité de livres, qui étoientautant de méthodes de tout apprendre fans beaucoup de peine &en perfe&ioh. A l'âge de dix-neuf ans il fortit de fa patrie, oùon ne lui rendoit pas affez de juflice, & s’en alla voir les Uni-verfitez. Il fit une fécondé Edition de fes Epitaphes, Ouvrage,qu’il avoit conçu à quinze ans, & il publia quelque Traité deMorale. Mais, comme il faifoit des progrès extraordinaires dejour en jour, il trouvoit indignes de lui les feuilles, que l’Im-primeur lui envoyoit, tant fes lumières étoient crues, pendantle cours de l’impreffion. Il ne fit aucun cas des Leçons ni desDifputes de l’Académie d’Iéne,& il ne voulut point d’autre Maî-tre que le S. Efprit. Le défir de voir la Hollande fut affez fort,pour ne lui pas permettre de différer ce voyage, jufques à ce quel’on vît plus clair dans l’iffue de la guerre, qui avoit été fi mal-heureufe en ce païs-là en 1672. Il débarqua à Amfterdam troisjours avant que l’on eût repris la ville de Naerden. Il alla à Lei-de peu de jours après, & il n’y fut pas long-tems fans tomber furles Ouvrages de Behme, dont il n’avoit jamais ouï parler. Cet-te leélure fut de l’huile jettée dans le feu. Il admira que Behmeeût prophétizé des chofes, dont il n’y avoit que lui Kuhlman,qui eût eonnoilTance. Il y avoit dans ce ce tems-là en Hollande

RUH.KUI RUL,

un certain Jean Rothe, qui fe lnêloit de prophétizef. Kuhlman fitmentir le Proverbe qui dit que les gens du même métier fe portentenvie; car il écrivit le plus humblement du monde à ce Jean Ro-the. 11 le traita d’Homme de Dieu, & de Jean III, fils de Za-charie. 11 lui demanda le fecours de fes lumières, & prononçamalheur fur ceux qui ne l’avoient point écouté. Ce fut à luiqu’il dédia fon Frodromus quinquennii mirabilis, imprimé à Leidel’an 1674. Cela devoit être luivi de deux volumes. Il avoitdelfein de mettre dans le premier les études & les découvertes,qu’il avoit faites depuis fa première vifîon, jufques en l’année1674. On y eût trouvé cent mille inventions, qui euffent éton-né tous les fiécles. Le dernier eût été la Clé de l’eîernité, del'é-viternité & du tems. II communiqua fon deffein au P. Kircber,& en louant les beaux Ouvrages, que ce Jéfuite avoit donnezau Public , & nommément YArs Cumbinatoria, five Ars magnaJ'ciendi, on lui fit entendre, qu’il n’avoit fait qu’ébaucher cequ’on avoit deffein de pouffer plus loin. Ce Jéfuite réponditcivilement & donna de bons avis. Il en donna en particulierfur le deffein qu’on avoit d’écrire au Pape. Au refie, l’EfpritProphétique n avoit point fait renoncer notre Kuhlman au plaifird etre loué ; car il n’y eut point d’éloge, qui lui eût été écrit oupar ceux à qui il avoit donné des exemplaires de fes Ouvrages,ou par d’autres gens, qu’il ne prît la-peine de publier à la têtede fon Prodrome. Quant aux louanges, qu’il donne lui-mêine àfes Ecrits, elles font, fans doute, bien fortes; mais comme ildéclare , que tout ce qu’il fait vient de la Sageflè Incarnée, onne décidera pas que c’eft une preuve d’orgueil. On nefait pas bien , quand il fortit de Hollande ; mais le DiariumBiograpbicum de De Witte dit qu’il erra longtems en Angleterre,en France, & dans l’Orient, & qu’enfin il fut brûlé en Mofco-vie, le troifiéme jour d’oétobre 1689, pour quelques prédictionsaétuellement féditieufes. La leéture de Drabicius acheva de per-dre Kuhlman. Ceux qui n’ont pas le Prodrome de ce dernier,n’ont qu’à lire trois ou quatre pages du Polybiftor de Morhofius,où l’on voit les magnifiques promeffes & les vaftec projets de ceFanatique. * Bayle, DiB. Critiq.

K U H NI U S (Joachim) naquit en 1647 à Gripswalde, villede la Poméranie. Son père, qui étoit un gros Marchand, prieun grand foin de fon éducation. Il commença fes études dansfa patrie, & les alla continuera Stade dans la Baffe Saxe. En1668 , il paffa à l’Univerfité de Iéne , où il s’appliqua à la Théo-logie, & aux Belles Lettres. Il voulut vifiter les villes les pluscélébrés de la Franconie, de la Bavière & des païs voifins. S»réputation engagea Benoît Boccius, Miniftre d’Oetingen dansla Souabe, à le retenir pour être Précepteur de fes enfans. Cepofte lui procura en 1669, celui de Principal du Collège de cet-te ville, qu’il ne garda que trois ans. 11 le quitta pour aller àStrasbourg, où il fut fait en 1676, Profeffeur en Langue Gré-que dans le principal Collège. Il s’aquitta avec beaucoup d’ap-plication de cet emploi pendant dix ans. Enfin en 1686, on luidonna une Chaire en Grec & en Hébreu dans l’Académie de cet-te ville. Son habileté dans la Langue Gréque lui attira un grandnombre d’Auditeurs, & il voyoit parmi lès Ecoliers plufieursAnglois & Hollandois. Il eft mort le onzième décembre 1697 *âgé de 50 ans. On a de lui Cl. Æliani Varice Hijlorice, libriqua-tuordecim, cum Notis Jobanrds Scbefferi& Interpretatione Jufti Vul-teii, editio mviffima, novis Annotationibus auBa, curante JoacbimoKubnio, Argentorati, 1685, oBavo , nova editio, cui acceditPrœfatio Jobannis Henrici Lederlini, Argentorati, 1713, in oBavo ;Animadverfiones in Follucem, 1680, in douze ; ûiogenes Laè'rtius deVitis, Dogmatibus & Apopbtbegmatibus clarorum Fbilofopborum, li-bri decem Grcece £? Latine cum Annotationibus Ifaaci Cafauboni, Th.Aldobrandini, Merici Cafauboni, Marci Meibomii, Ægidii Menagii& Joacbimi Kubnii, Amftelodami, 1692 , in quarto , deux to-mes ; Paufanice Gracia Defcriptio accurata cum Latina Rotrtuli Arn-J'cei Interpretatione , accefjerunt Guill. Xilandri & Frid. SylburgiiAnnotationes , & novœ Notce Joacb. Kubnii , Lipfiæ , 1716, ï»folio i (Kuhnius s’eft donné beaucoup de peine pour rétablir letexte de l’Auteur, corrompu par les Copiftes) Ouœjliones Pbilo-fopbice exSacris Veteris&Novi Tejlamenti aliifque Scriptoribus, Ar-gentorati, 1698, in quarto. * Goth. Ludovici Hifloria ReBorumcelebr. Le Père Niceron, Mémoires pour fervir à l'HiJloire des Hom-mes Illujires, &c. tome 4. p. 392 fuiv.

K U I CK, païs. Voyez C U C K.

K U I C K (André & Henri) Voyez C U Y C K.KUILEMBOURG. Voyez CULEMBOURG,

K U I N I) E R. Voyez K U Y N D Iï R.

K UI P E R (Gisbert) Voyez C U P E R,

K U L, c’eft à dire, Efclave, en Turc. Tous ceux qui exer-cent des charges dépendantes de la Couronne, ou qui reçoi-vent des gages de l’Epargne, fe donnent le titre de Kul, oud’Efclave du Grand Seigneur. Le Grand Vifir même, & tousles Bachas de l’Empire, font gloire de porter ce nom, qui eftincomparablement plus honorable que celui de Sujet. Un Efcla-ve du Sultan peut maltraiter avec autorité ceux qui n’ont pointd’autre qualité que de Sujets du Prince; mais un Sujet ne peutfaire la moindre chofe à un Efclave, fans s’expofer à une févé-re punition. Ceux qui prennent le titre d’Efclaves, ont uneréfignation entière à la volonté de l’Empereur, pour exécuteraveuglément tout ce qu’il ordonne ; & croyent que la mortqu’ils fouffrent par ordre du Grand Seigneur, eft un martyrequi leur fait mériter le ciel. * Ricaut, de l’Empire Ottoman.KULEMBOURG. Voyez CULEMBOURG.

K U L P , rivière qui a fa fource dans la Carniole où ellebaigne Metling, & entrant dans la Croatie elle paffe à Carlo-ltat, & va fe décharger dans la Save, aux confins de l’Efclavo-nie. * Maty, DiB. Géogr.

K U N.