Druckschrift 
5 (1740) Lettres I - L
Entstehung
Seite
4
Einzelbild herunterladen
 

4 J A C.

de fois vers Bagdet ; mais il mourut en chemin d’une colique,après avoir régné onze ans, depuis fa première entrée dansla Perfe. Il lailfa fes Etats à fon frère nommé Amrou. * D’Her-belot, Bibliotb. Orient.

JACOB, chef des Pâtoureaux ou Paftoureaux, étoit Hon-grois de nation, & dès fa jeuneffe entra dans l’Ordre de Cî-teaux, qu’il quitta pour embraffer la Loi de Mahomet. D’au-tres difent qu’il n’embrafia pas le Mahométifme, mais qu’il pro-mit au Sultan d’Egypte de dépeupler la France. 11 parloit fortbien François, Allemand, & Latin, & avoit une induitrie fur-prenante pour en faire accroire à la populace. Avec un air deProphète, il prêcha une Croifade de village en village, pourdélivrer, dil'oit-il, la Terre Sainte d’entre les mains des Infi-dèles , & pour venger le Roi faint Louis ; mais il affura qu’iln’y failoit employer que de pauvres gens, afin qu’on vît le pou-voir de Dieu à confondre les Puiflances du monde, par ce qu’ily a de plus foible. Il fe vantoit de pluiieurs vidons, où laVierge & les Anges lui avoient parlé, & il en fit peindre desrépréfentations fur les bannières que fa troupe portoit; onvoyoit fur la fienne un agneau qui tenoit une croix. Se voyantfuivi d’un grand nombre de bergers & de laboureurs, il les di-vifii par Compagnies &par Régimens, dont il donna la condui-te à plufieurs Commandans, appellés Maîtres; & il fe fit nom-mer Maître de Hongrie. Ils étoient déjà au nombre de trentemille, lorsqu’ils entrèrent à Amiens en Picardie l’an 1251. Ja-cob vint enfuite à Paris, où il eut l’infolencc de faire de l’eau-bénite dans l’Eglife de faint Euftache, & de prêcher en camail& en rochet. On remarque que la Reine-Mére Blanche deCaitille, qui gouvernoit le Royaume en l'abfence du Roi, fouf-frit d’abord tout ce defordre , dans l’efpérance d’en tirer quel-que fecours pour fon fils. Leur nombre s’étant augmenté juf-qu’à près de cent mille, ils commencèrent à fe féparer, pouraller, à ce qu’ils difoient, s’embarquer en dilFérens endroits.Jacob avec ceux qu’il siétoit refervés, fut reçu dans Orléanscomme un Prophète, malgré les défenfes de l’Evêque, nomméGuillaume de Bulfy, & il y malfacra quelques Eccléfialtiques,comme il avoit déjà fait ailleurs, mais il y perdit auïïî pluiieursdes liens. De là il avança jufques à Bourges, où il tâchainu-tilement de féduire le peuple, & il y pilla tous les biens desJuifs, qui y étoient établis en grand nombre, fous la proteétiondu Roi, dont ils étoient ferfs. Enfin les Habitans de Bourgesqui l’avoient laiffé partir tranquillement, coururent tout à coupaux armes, fortirent en foule, & le joignirent à deux lieuesde la ville. Jacob fuL.affommé par un Boucher, & tous fesgens furent tuez fur le champ, ou emmenez pour être mis en-tre les mains de la Jullice. On arrêta aufii les autres en diverslieux fur les ordres de la Reine-Mére, & on les condamna àêtre pendus à Marfeille, à Aiguemortes, à Bourdeaux, & ail-leurs : de forte qu’après la mort de Jacob, cette faétion fut en-tièrement exterminée. Voyez PATOUREAUX. * Hiji.defaint Louis en 1688.

JACOB, fils de Jofeph & petit-fils d’Abdal-Moumen, fon-dateur de la Dynaftie des Almoades en Afrique, ayant l’an 1194de Jéfus-Chrift, été défié par Alfonfe IX, Roi de Caitille,palTa d’Afrique en Efpagne, défit les Caftillans & Je relie desAlmoravides, qui étoient fort divifez entre eux, & établit laDynaltie des Almohades, qui dura jufqu’à l’an 1273 de Jéfus-Chrift. Ce Jacob porte le titre d’Almanfor. * D’Herbelot,Biblioth. Orient.

JACOB BEGH, fécond fils de Haffan-Begh, fut le hui-tième Prince de la fécondé Dynaltie des Turcomans en Aile ,furnommée du Mouton blanc. Il commença à regner après lamort du Khalil fon frère à qui il faifoit la guerre, l’an de Jéfus-Chrift 1481. Ce Prince, que fon frère aîné avoit fait Gouver-neur du Diarbek, fe révolta contre lui, & engagea dans la ré-volte un de fes frères nommé Macfoud, le vainquit dans unebataille, & il fut tué dans fa fuite, après un régne de fix mois.Il mourut lui-même à Carabagh dans le voilinage de Tauris àl’âge de 28 ans, empoifonné, comme l’on crut, parles liens,l’an de Jéfus-Chrift 1490. Il laifla à Baifancor fon fils des E-tats d’une fort grande étendue, qui palférent peu de tems aprèsentre les mains de Schah Ifmaël, qui avoit été fon prifonnier.* D’Herbelot, Bibliotb. Orient.

JACOB, fils de David furnommé Tabamash, homme d’ef-prit & d’un entretien charmant, s’étoit rendu fi agréable au Ca-life Mahadi, que ce Prince l’avoit admis dans tous fes divertif-femens, & vivoit très familièrement avec lui. Cette faveurlui attira l’envie des Seigneurs de la Cour, qui firent bien descabales pour le perdre. Son cheval lui ayant cafté la cuifle,ce Prince en eut un grand foin. Mais comme il fut longtemsmalade, les envieux de fa fortune tâchèrent pendant ce temsde le ruiner dans l’efprit de fon Maître. Etant guéri, le Prin-ce le reçut comme auparavant, mais il voulut pourtant éprou-ver fi ce qu’on lui avoit dit étoit vrai. On l’avoit acculé d’ê-tre partifan fecret de la Secte des Schiites, ennemis capitauxdes Abbaflides, qu’ils regardoient comme les ufurpateurs duCalifat fur la famille d’Ali. Le Prince pour éprouver fon Fa-vori , lui demanda de le délivrer de la peine que lui faifoit unhomme de la famille d’Ali, qu’il ne pouvoit .plus fouffrir envie , & pour le porter à cette action , il lui fit préfent de centmille drachmes d’argent, & lui donna en mariage une très bel-le fille qu’il tira de fon propre Serrail. Jacob promit tout cequ’on exigeoit de lui, dans le deffein de n’en rien faire. Il fitconduire dans fon logis le parent d’Ali qu’il devoit faire mou-rir , & qu’il traita fort bien. Mais cet homme, qui foupçonnaque Jacob avoit reçu ordre de le faire mourir, lui dit un jour:„ Donnez-moi'la vie que vous pouvez m’ôter, & vous évite-„ rez par ce moyen la confufion que vous recevriez fans dou-» te au jour du jugement de la part d’Ali mon ayeul, fi vous

J A C.

„ verfiez mon fang, qu’il regarde comme le lien propre ”. Cesparoles achevèrent de gagner le cœur de Jacob, déjà difpoféen fa faveur : il lui donna l’argent qu’il avoit reçu du Califepour le faire mourir, & lui dit de fe l’auver au plutôt, ajoûtancqu’il étoit perfuadé de la vérité de cet oracle, prononcé parHakani, „ Aimez toujours Ali & fa race, parce qu’elle excel-„ le tellement au deflus autres, que le pire d’entre eux vaut„ mieux qu’un homme de bien du commun, & que celui des„ Alides qui furpaffe les autres de cette famille en vertu, efb„ plus parfait qu’un Ange ”. La fille qui avoit été donnée enmariage à Jacob, avertit la Cour de ce qui s’étoit paffé. Le Ca-life informé de l’évafion du prifonnier, fit courir après lui ; leprit & on l’enferma dans le Palais, où il fut foigneufementgardé. Un peu après le Calife fit appeller Jacob, & lui deman-da ce qu’il avoit fait de fon hôte. 11 répondit qu’il avoit exé-cuté fes ordres, & jura même par la tête & par la vie du Cali-fe, qu’il l’avoit fait mourir. Alors le Calife irrité de ce fauxferment, & le voulant convaincre de parjure, fit venir devantlui l’Alide. Jacob confus, fut mené en prifon, où après avoirfouffert beaucoup de mauvais traitemens, il finit malheureufe-ment fa vie. * D’Herbelot, Bibliotb. Orient.

JACOB GERKHI, ou T C H E R K HI, Doéteur célé-bré, Auteur du Livre intitulé Scharh al cj'ma, qui eft une expli-cation des noms ou attributs de Dieu. Ce Docteur expliquantces paroles du chap. de l’Alcoran intitulé Houd : Demandez par-don de vos péchez à Dieu , puis ihangez de vie , vous unijfant à lui parla pratique des bonnes œuvres jimtcnucs de la foi ; car c’efi un Seigneurqui fait mij'éiicorde, qui aime fes créatures, & qui en veut être aimé,dit que le dernier mot de ce verfet, l’avoir, Voudoud, eft un at-tribut particulier de Dieu, qu’on ne peut expliquer que par lesmots luivans: „Dieu eft cet Etre Souverain qui aime générale-„ ment toutes les créatures, & leur fait du bien. 11 eft en par-„ ticulier l’ami de • tous les. cœurs purs & fincéres , qui l’ai-„ ment : mais, pourjitit cet Auteur, l’amour que les créatures„ ont pour Dieu, n’eft qu’une production & un effet de l’a-„ mour que le Créateur a pour elles; parce que fi nous con-„ fidérons la chofe telle qu’elle eft, nous ne pouvons attribuer,, ni le bien qui eft en nous, ni celui que nous faifons,à autre„ qu a Dieu feul; de forte qu’il eft vrai de dire que Dieu n’ai-„ me proprement que foi-même en nous aimant. * D’Herbe-lot, Bibliotb. Orient.

JACOB, fils de Sakit, eft eftimé par les Mufulmans com-me un des plus favans hommes que les Arabes ayent eus enmatière de Langue & en Eloquence. Il vivoit fous le régnede Motavakel, dixiéme Calife des Abbaflides, & étoit fort at-taché à la Seéte d’Ali, que ce Calife perfécutoit de tout fonpouvoir. L’an 244 de l’Hégire, Motavakel l’ayant fait venirlui demanda lequel il aimoit le mieux des deux Princes fes en-fans, Motaz & Moviad, ou des deux enfans d’Ali, Haflan &Hulfain. Ce Doéteur répondit fièrement: „ En vérité, Can-„ bar l’Affranchi d’Ali, valoit mieux félon mon fentirffent que„ vous & vos enfans tous enfemble ”. Le Calife irrité de cemépris, ordonna qu’on lui arrachât la langue par derrière latête, & on peut bien juger qu’il ne furvêquit pas à une fi rudeopération. * D’Herbelot Bibliotb. Orient.

JACOB BEN 1 S H A K AL KENDI , eft celui quenous connoilfons fous le nom d ’/ilkindus. C’étoit le plus grandAftrologue de fon tems. 11 vivoit fous le Califat d’Al Mamod,& étoit Juif de naiffance & de Religion, ce qui fit qu’il eutfouvent des différents avec les Doéteurs Mufulmans, qui attri-buoient à la Magie tout ce qu’il opéroit de merveilleux. Unde ces Docteurs lui ayant demandé en quoi confiftoit ce grandmérite qui l’élevoit par delfus les autres, Jacob répondit:„ C’elt que vous ne favez pas ce que je fai, & que je fai ce„ que vous ne favez pas ”. Le Doéteur lui demanda quelquespreuves de fon favoir. Jacob accepta le parti, & chacun d’euxayant fait un cercle autour de foi, le Doéteur Mufulman écri-vit deux mots fur un papier fermé, qu’il donna au Calife pré-fent à cette difpute, afin que Jacob devinât ce qui y étoit écrit.L’épreuve étoit difficile, cependant il prit fes livres & fes in-ftrumens de Mathématique, & après avoir rêvé quelque tems,'il dit hardiment au Doéteur, que des deux mots qu’il avoit é-crits, le premier fignifioit une plante, & le fécond un animal :le papier fut ouvert, & on y trouva écrit AJfa Moujfa , la ver-ge de Moyfc, ce qui ne caufa pas moins d’étonnement au Cali-fe, qu’il procura d’eftime à Jacob. Fier du fuccès de la difpu-te , & voyant encore le Doéteur dans fon cercle, où il n’opé-roit rien, il dit par plaifanterie au Calife, que s’il le vouloitpermettre, pour prouver encore davantage ce qu’il favoit fai-re, & ce qu’il méritoit au deffus du Doéteur, il prendroit favefte doétorale , & s’en feroit des chauffes. Cette railleries’étant publiée dans la ville de Balkhe en Khor.aflan, un Légi-fte, qui étoit Difciple de ce Doéteur, en conçut une telle in-dignation contre Jacob, qu’elle le porta jufqu’à partir de Bal-khe, & à venir exprès à Bagdet, où étoit Jacob, pour le tuer.Il fe chargea pour cet effet d’un couteau, vint un jour qu’ily avoit grand monde chez Jacob, & l’aborda dans la poftured’un Ecolier, qui vouloit apprendre l’Altronomie. On aflfureque dès que Jacob l’eut vu & entendu, il lui dit d’un ton fer-me: „ Vous êtes entré ici dans l’intention de me tuer, mais„ quittez promtement cette réfolution avec le couteau que,, vous portez, & je vous enfeignerai l’Aftrono.mie ”. Cethomme étonné jetta fon couteau par terre, & devint un de fesEcoliers, parmi lefquels il excella; puifque ce fut Abou Mâa-fehar Al Balkhi, qu’on appelle d’ordinaire Albumafar. * D’Her-belot, Bibliotb. Orient.

JACOB AL BARDAI ou AL BARADEI, Difciplede Sévère Patriarche d’Antioche intrus par l’Empereur Anafta-fe, eft différent de celui dont il eft parlé dans l’Article des

JA-