DE L’ESPRIT DES L0IS. 2l5« maris est un desordre monstrueux qui n’a ete« permis en aucun cas, et que l’auteur ne dis-o tingue en ancune Sorte de la polygamie d’un« hoimne qui a plusieurs femmes (i). Ce lan-« gage, dans un sectateur de la religion natu-« relle, n’a pas besoin de commentaire .»
Je snpplie de faire attention a la liaison desidees du critique. Selon lui, il suit que, de ceque l’auteur est un sectateur de la religion na-turelle, il n’a point parle de ce dont il n’avoitque faire de parier: ou bien il suit, selon lui,que l’auteur n’a point parle de ce dont il n’a-voit que faire de parier, parcequ’il est sectateurde la religion naturelle. Ces deux raisonne-men ts sont de meine espece, et les conseqnencesse trouvent egalement dans les premisses. Lamaniere ordinaire est de critiquer sur ce queTonecrit; ici le critique s’evapore sur ce queVon n’ecrit pas.
Je dis tout ceci en supposant, avec le ci’iti-que, que l’auteur n’eUt point distingue la po-lygamie d’une femme qui a plusieurs maris decelle oü un mari auroit plusieurs femmes. Maissi l’auteur les a distingu^es, que dira-t-il? Sil’auteur a fait voir que, dans le premier cas,les abus etoient plus grands, que dira-t-il? Jesupplie le lecteur de relire le cliapitre VI dulivre XVI; je l’ai rapporte ci-dessus. J-.e criti-que lui a fait des invectives parcequ’il avoitgarde le silence sur cet article; il ne reste
(i) Page 1Ö4 tle la feuille du g octobre 1749-