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8 (1740) Lettres SEH - Z
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ZON. ZOO. ZOP.

dohne Ton nom au Cap & au Golfe de Zonchio, le premier ap-pellé anciennement Cerypbajium Promontorium , & l’autre Cyparif-/us Sinus. Au relie, on prend Zonchio pour la ville de l'Elide,nommée anciennement Epitalium, Tbryum, Tbryoëffa. * Mat.y,Di cl. Géogr.

ZONDERBURG. Voyez SQNDERBURG,

ZONE, portion du globe terreftre, quand il ell divifé encinq parties confidérées félon qu’il fait froid ou qu’il fait chauden chacune, favoir, la Zone torride, les deux Zones tempé-rées , & les deux glaciales. La Zone torride ell fous l'Equa-teur, renfermée entre les deux Tropiques. Les Anciens ontcru que la Zone torride étoit inhabitable à caufe du chaud; ce-pendant dans les mois de juin, de juillet & d’août, on fent ungrand froid en piufieurs endroits qui font fous la Ligne. Lesdeux Zones tempérées font enfermées entre les Tropiques & lesCercles Polaires. Les deux Zones froides ou glaciales s’éten-dent depuis les Cercles Polaires jufqu’aux Pôles. On n’a puencore naviger fous l’étendue de ces deux dernières, que juf-qu’au 75 degré, à caufe des glaces qui brifent les vaiffeaux, &empêchent les Pilotes de tenter d’aller plus loin. SchefFer rap-porte dans fon Hiltoire des Lapons, que la chaleur eft quelque-fois fi grande fous ces Zones, qu’on ne fauroit être un momentpiez nuds fur une pierre fans fe brûler. Il dit auflï que les ani-'maux y deviennent tout blancs en hiver; & que fur la fin dumois de mai, ils reprennent leur couleur ordinaire. * Mallet,Defcript. de l’Univers.

Z O N S , petite ville d’Allemagne. Elle eft fur le Rhin dansl’Archevêché de Cologne, à cinq lieues au deffous de la villede Cologne. * Maty, Dicl. Géogr.

Z O O L A T R IE, culte que les Payens rendoient aux ani-maux. Ce nom eft compofé de Çüov animal , & de Xzrpelct culte di-vin. Cette fuperftition étoit fort commune autrefois parmi lesEgyptiens, & l’eft encore à préfent dans les Indes. Elle eft ve-nue de la créance de la métempfycofe, ou tranfmigration desâmes dans d’autres corps. Ainfi les Egyptiens difoient que l’amed’Oliris étoit paflTée dans le corps d’un taureau. * Voffius, deOrigine Progreftu Idololatrice.

ZOOM. Voyez ZAHAM. .

Z O O N U S (Guillaume) Anglois , Dofteur en Droit &Profelleur Royal à Cambridge, voyant que l’Angleterre aVoitembraffé la Réformation, fe retira en Flandre, & enfeigna leDroit Civil à Louvain. Enfuite il alla à Cologne & paffa long-tems après en Italie, où le Pape connut fon mérite, & le fitluge d’une ville dans laquelle il mourut vers l’an 1572. Il alaiffé un livre de fes Lettres. * Pitfeus, de Illujl. Angl. Script.

* ZOPPELLI (Jacques) né à Venife le 15 oftobre 1639,fut, après avoir achevé fon Cours de Théologie, Archidoyende la cathédrale de cette ville, & Membre de l’Académie ditedegli Raccolti, Dodonei & Animofi. Il excelloit dans la PoëfieItalienne, & publia un Recueil de fes vers, avec ce titre, Trat-tenimenti Poëtici , Jerii e geniali. Il mourut le neuvième mai2718- * Gr. Dïct. Univ. Holl.

* ZOPPIUS (Jérôme) né à Bologne en Italie, fut Pro-feffeur en Humanitez, premièrement à Macérata, où il établitl’Académie des Catenati, & enfuite à Bologne, où il mourut lecinquième juin 1591. On a de lui, Ragionamenti in Oifefa diDante e del Petrarca ; Sopra l’Eneide di Virgilio; Mida; EglogaP a florale ; Rime , cfc. * Gr. ÜiÜ. Univ. Holl. Ghilini, Teatrod'iluomini Litterati.

* ZOPPIUS (Melchior) fils du précédent, né a Bologne,y fut Profeflîeur en Philofophie, & y établit l’Académie des Ge-lati, à laquelle il laifla par teftament la falle de fon logis dans la-quelle s’alfembloient les Académiciens. 11 étoit fort zélé pourla Religion Romaine, & ennemi de toutes les autres. Il mouruten 1634, âgé de plus de 80 ans. On a de lui, TraQatus trèsJa-cri priorum AffeEtuum; Introdui'iio ad Syllog. de Sermonibus Analyti-cis; de Senfu Senfebili ; Lufus Poëtici; La Filofofia intera; Pa-rafrafi di Ariftotele; & quelques Tragédies. * Gr. Diü. Univ.Holl. Ghilini, Teatro d’Huomini Letterati.

* Z OP Y R E, Citoyen d’Argos, coupa la tête à Pyrrhus,Roi d’Epire lorsqu’il le vit abattu par terre d’un coup de pierrequ’il avoit reçu au pié des murailles d’Argos. On dit que cetArgien lui ayant ôté fon cafque, fe détourna pour ne pas voirle vifage de ce Roi dont lamajefté lui donnoit de la terreur, &n’ofa le frapper que de côté. * Plutarque, Vie de Pyrrhus.

Z O P Y R E, Zopyrus, fils de Mégabyze, & l’un des Courti-fans de Darius fils d’Hyftafpe, Roi de Perfe vers l’an 3515 dumondé, & le 520 avant Jefus Chrift, fe rendit illuftre par l’a-ftion qu’il fit pour foumettre la ville de Babylone que Dariustenoit affiégée depuis longtems. Voyant l’opiniâtreté des Affié-gez, il s’avifa, pour les gagner, d’un ftratagême qui lui réülfit.Il fe coupa le nez & les oreilles, & fe préfenta en cet état auxBabyloniens, qui le reçurent, efpérant qu’il fe vengeroit d’unfi cruel traitement qu’il feignoit avoir reçu de Darius. EnfuiteZopyre fit trois forties, de la manière qu’il avoit concertée avecDarius, où il eut toûjours l’avantage: ce qui porta les Babylo-niens à lui confier entièrement la ville, dont il ouvrit les portesà Darius après un fiége de 20 mois. * Hérodote, l. 3. Juftin, /. 1.

ZOPYRE de Byzance, Iiiftorien Grec, cité par Plutar-que , eft peut-être le même qui eft allégué dans la vie de Thu-cydide. Il y a eu aufli un Zopyre d’Héraclée, & un Orateur.* Voffius, de Hifl. Grise.

ZOPYRE, certain Phyfionomifte de profeffion, affura envoyant Socrate, qu’il étoit homme débauché. Chacun fe mo--quoit de lui; mais Socrate reconnut la certitude de fa fcience,& confelTa que fon inclination l’auroit porté à la débauche, fi parl’étude de la Philofophie il n’eût corrigé fon naturel. * Diogè-ne Laêrce. il y a e u un autre Zopyre, Précepteur d’Alcibia-de, dont parlent Platon & Plutarque.

Zop. zoq zor. 1

ZOPŸRION, habile Grammairien, fit un DiftionnairéGrec, depuis Alpha jufqu’à Delta inclufivement. C’eft celuiqu’on voit au commencement du Lexicon de Suidas qui l’a co-pié. * Joféphe, contre Apion, l. 1. Voffius, de Hift. Grcec.

ZOQ UES, peuples de l’Amérique, qui habitent une pro-vince du païs de Chiappa qu’on appelle province des Zoques.Cette province s’étend d’un côté jufqu’à Tabafco, d’où, par lârivière de Grijalva on tranfporte les marchandifes du païs avecaflurance à Saint Jean d’Ulua, ou à Véra Cruz. Les Habitanstrafiquent auffi avec ceux de Jucatan par le havre appellé lePort-Royal, entre Grijalva & Jucatan. Les bourgades de cet-te province ne font pas fort grandes, mais elles font riches, par-ce qu’il y a quantité de foye, & la meilleure cochenille de tou-te l’Amérique. Il y a peu d’indiens qui n’ayent leurs vergersplantez de ces arbres, où s’engendrent les vers qui nous four-nillènt cette riche marchandife. Ce n’eft pas qu’ils les ellimaf-fent beaucoup d’abord, mais ils commencèrent d’en faire caslorsqu’ils virent que les Efpagnols leur en offroient de l’argent,les contraignant même de les cultiver dans les endroits où ilsavoient reconnu que ces arbres croiffoient mieux qu’ailleurs.II y a une II grande quantité de foye en ce païs - là, que le prin-cipal trafic des Indiens confifte en des tapis de toutes couleursqu’en font leurs femmes. Elles les vendent aux Efpagnols quiles envoyent en Efpagne. C’eft une chofe admirable de voir labeauté & la diverfité des ouvrages de ces Indiennes. Le peuplede cette province eft fpirituel, ingénieux & bien fait de corps.Le climat eft chaud vers Tabafco, mais au dedans du païs il faitfort froid en certains endroits. Un n’y recueille point de froment,mais quantité de maïs. Auffi n’y a - t’il pas tant de bétail qu’auxenvirons de Chiappa. Pour du gibier, de la volaille & des coqsd’Inde, il s’y en trouve fort abondamment. * Thomas Gage,Nouvelle Relation des Indes Occid. partie 2. cb. 18. Laët dans faDeJ'cription des Indes Occidentales, l. 7. cb. 5, dit que la Provincedes Zoques, ou Zéaques, eft peuplée de vint-cinq bourgades,dans la première defquelles, nommée Tecpatlan , les Domini-cains ont un Monaftére. * Th. Corneille, Diît. Géogr.

’ZÜRBIG, ZORB 1 CK ou ZIPPELZERBST,petite ville du Cercle de la Haute Saxe, en Allemagne, dans cet-te partie de la Mifnie, dite le Cercle de Leipjic, eft au nord dela ville de Leipfic, tirant vers l’oueft, & en eft éloignée de huità neuf lieues.

* ZORG (Henri Martenfz) habile Peintre, naquit à Rot-terdam en 1621. Quoiqu’après la mort de fon père qui étoitMaître d’un bateau marchand, il lui fuccédât dans cet emploi,il ne laifla pas de cultiver la Peinture. On eftirne fort tout cequi eft fortifie fa main. Il mourut en 1682. * Gr. DiEt. Univ ,Holl. Houbraken, Théâtre des Peintres des Païs-Bas, partie 2.en Flamand.

ZOROANDA, eft un lieu dans le Mont - Taurus, fur lesconfins de l’Arménie & de la Méfopotamie ou du Diarbek.C’eft en cet endroit que le Tigre fe cache fous terre, & fe mon-tre enfuite quelques lieues au delà. * Pline, Hift, Nat, l. 6 .c. 27.

ZOROASTRE, Zoroajîres, célébré Philofophe, s’aC-quit, dit-on, par le moyen de fes prédirions l’Empire des Ba-ftriens, du tems de Ninus, Roi des AflTyriens. Lorsqu’il futvaincu, ou par Ninus, ou par Sémiramis, on dit qu’il fouhaitad’être confumé par le feu du ciel ; & qu’il avertit les Alîyriensde garder foigneufement fes cendres, parce que leur conferva-tion feroit la marque de la durée de leur Empire. Ces peuplesreçurent cet avis comme un Oracle; & après que Zoroaltre eutété foudroyé, ils eurent un très-grand foin de fes cendres qu’ilsconfervérent jufqu’à la deftruftion de leur Empire. * Eufébe,in Prœp. Evang. Pline, l. 30. c. 1. Samuel Bochart, Géogr. Sa-cra. Suidas. Naudé, Apologie des Grands Hommes accufez de Ma-gie. Th. Stanley, Pbilof. Orient. I. 1. f. 1. c. 2 éf 3-

Du* Comme il y a eu piufieurs personnes du nom de Zoroa-stre , & que les tems aufquels ils ont vécu, ne font pas allezconnus, on les a confondus les uns avec les autres. On tientque le premier & le plus célébré a été Roi de la Baftriane, &qu’il fut défait par Ninus. On dit des merveilles de fa fagefle,de fa fcience, & des prodiges qu’il a faits; & on le fait Auteurde la Philofophie des Perfes, qui s’appelloit Magie parmi eux.Platon parle de Zoroaftre comme de l’Inventeur de cette Scien-ce parmi les Perfes, & remarque qu’il étoit fils d’Oromaze. Eu-bulus, cité par Porphyre, lui attribue l’inftitution des Myftéresde la DéeiTe Mithra. Eudoxus &Hermippe, alléguez par Pli-ne , difent qu’il a vécu fix mille ans avant Platon. Mais Ctéfiaîqui avoit rapporté l’Hiftoire de Zoroaftre, allûroit qu’il vivoitdu tems de Cyrus; & c’eft ce qui a fait diftinguer à Arnobedeux Zoroaftres. Eufébe fait Zoroaftre auffi ancien que Ninus.;& faint Epiphane dit qu’il a vécu du tems de Nembrod. Il aété appellé par les Perfes Zarades, & par les Grecs Zoroaftre,On donne piufieurs lignifications à ce nom. Quelques uns difentqu’il lignifie en Grec un aftre vivant; d’autres le fils d’un aftre%& d’autres le contemplateur des aftres. Tout ce qu’on dit de l’an-cien Zoroaftre, a paru fabuleux à quelques uns; parce que Dio-dore de Sicile témoigne que le Roi de la Baftriane, qui com-battit contre Ninus, s’appelloit Oxiaftre. 11 y a beaucoup d’ap-parence qu’il y a eu autrefois parmi les Perfes un homme de cenom , qui a été l’Auteur de leur Magie. On dit que Zoroaftrpavoit compofé quantité d’Ouvrages. Hermippe alTûre qu’ilavoit écrit deux millions de vers. Suidas rapporte des titres dequelques uns dé fes Ouvrages, favoir, quatre livres de la Na-ture; un livre des pierres précieufes; & cinq livres de prédi-sions Aftronomiques. Eufébe cite dans le premier livre de fitPréparation Evangélique un paflage de Zoroaftre, tiré d’une Hi-ftoire des Perfes, où il eft parlé des attributs de Dieu; mais ileft vifible que c’eft l’ouvrage d’un Platonicien, même Chrétien.P a • Sy»