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8 (1740) Lettres SEH - Z
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H4 ZOG. Z O H. ZOI.

bourg en un Chapitre Collégial, dont Rodolphe, Comte deFrobourg, fut le premier Prévôt en 1245. L’interrègne, quifuivit la mort de l’Empereur Frédéric, ayant tout rempli de vio-lences & de rapines, la ville de Zoffingen fe mit en 1258, fousla proteétion de Rodolphe, Comte de Habfpourg, en fe réfer-vant cependant la jouïffance de fes privilèges. Mais après lamort de l’Empereur Rodolphe I, cette ville ayant prêté hom-mage à l’Empereur Adolphe de Nalfau, cette démarche irrita tel-lement Albert, Duc d’Autriche, qu’en 1295 il y envoya fonBaillif de l’Argaw avec une armée qui la força à renoncer à faliberté d’Empire, & à fe foumettre à la Maifon d’Autriche. Fré-déric, Duc d’Autriche, ayant été mis au Ban de l’Empire parl’Empereur & par le Concile de Confiance, les Bernois s’empa-rèrent de la ville de Zoffingen, & s’en firent prêter hommage,lui laifiant cependant fes anciens privilèges. Cette ville fe gou-verne par elle même, moyennant un grand & un petit Confeil,à la tête defquels efi l’Avoyer régnant, qui, tous les deux ans àPâques, prête à Berne l’hommage au nom de la ville. 11 y atoute apparence que l’enceinte de cette ville fut autrefois plusgrande qu’elle n’ert aujourd’hui, ayant diverfes fois prefque en-tièrement été réduite en cendres, comme le 24 février 1423, le16 oétobre 1462, & le 25 novembre 1473. La ville de Berneayant embraffé la Religion Réformée , Zoffingen fuivit fonexemple en 1328. En 1695 , quelques Citoyens de Zoffingeny établirent une bibliothèque, qui a déjà été confidérablementaugmentée & enrichie de médailles & de diverfes curiofitez. Ce-lui à qui on confie le drapeau en tems de guerre, efi obligé dejurer qu’il le gardera fi bien, qu’en cas de befoin il en fera cequ’en fit leur Avoyer Nicolas Dut, dans la bataille de Sempachen 1386, lequel fe voyant ferré de près, déchira fon drapeau & lemit par pièces dans fa bouche, où on les trouva & d’où on lesraporta à Zoffingen. * Waldk. Stumpf. Guilliman. Bullinger,Hift. Tig. manufcrite. Munfter, Cofmogr. Wagner, Merc. Helv.Stettler. Steiner, Defcr. Helv. Tfchudi, Hift. manufcrite. Diction-naire Allemand de Bàle. Etat Délices de la, Suifje, tome 2. p. 182.& Juiv. édit. d'Amfterdam 1730.

ZOGROD & ZAGRAB. Voyez A G R A M.ZOHAN ou TSOHAN: c’étoit anciennement la villecapitale de l’Egypte, celle-là même où Moïfe fit tant de mira-cles devant Pharaon, Pfeaume 78 félon l'Hébreu & 77 félon laVulgate, & où l’on affûre que le Prophète Jérémie fut emmenéaprès la prife de Jérufalem, puis lapidé. C’eft la même qu’eftl’ancienne Tanis. Voyez T A N 1 S.

Z O H A R, qui fignifie en Hébreu fplendeur, efi le nom d’unlivre qui efi en grande vénération chez les Juifs, & qu’ils eftimenttrès-ancien. Il contient des explications cabaliftiques fur les livresde Moïfe, lefquellesnepeuventêtredugoût des gens debonfens:car elles ne confident affez fouvent qu’en jeux de lettres & de nom-bres, & en des contes faits à plaifir. On y trouve auffi quelquechofe qui approche des idées des Pythagoriciens & des Platoni-ciens. Guillaume Poftel a fondé une partie de fes rêveries furce livre; & il efi étonnant qùe les Chrétiens fe foient donné lapeine de traduire cet Ouvrage en Latin. On en voit deux édi-tions, dont l’une efi de Crémone, & l’autre de Mantoue, ou-tre celle d’Allemagne de l’an 1680. Il fe trouve de faux Zo-hars manufcrits; car les Juifs ont donné quelques Ouvrages fousce nom fameux , pour en impofir à leurs Ltéteurs. On a encoreimprimé un petit Zohar qui fert comme de fupplément au grandZohar. Buxtorf a cru que les points voyelles étoient fort an-ciens chez les Juifs, parce qu’il en étoit fait mention dans celivre, auquel les Juifs donnent une grande antiquité; mais c’efiune erreur. * M. Simon.

ZOHELETH. Voyez Z O E L E T.

* Z O H £ T H, fils de Jifchi, de la Tribu de Juda. * I.C bron. ou Paralip. cb. 4. v. 20.

ZOI LE, Rhéteur & Critique de profefllon, vivoit du temsde Ptolémée Pbiladelpbe, vers l’an 270 avant Jefus Chrifi. IIétoit, non d’Ephéfc, mais d’Amphipolis, ville de Thrace, à la-quelle les Grecs ont donné le nom de Chriftopolis, & les Turcscelui d ’Amboli. Pour établir fa réputation, il critiqua les versd’Homére, & écrivit contre Platon & Ifocrate. II fe fit un hon-neur de fe faire appeller Homeromaftix ou le fléau d’Homére ; &récita les vers qu’il avoit faits contre Homère à Ptolémée quien fut fi indigné, que quand Zoïle lui demanda quelque chofepour fe foulager dans fes befoins, il lui fit réponfe, que puis-qu'Homére, depuis mille ans qu’il étoit mort, avoit nourri plu-fieurs milliers de perfonnes, Zoïle qui fe vantoit d’avoir plusd’efprit qu’Homére, devoit bien avoir l’indufirie de fe nourrir.C’eft de lui qu’on nomme Zoïles, tous ceux qui fe mêlent decritique, & qui exercent une cenfure injurieufe. Les Auteursparlent diverfement.de fa mort. Les uns difent que Ptoléméele fit attacher à une croix; d’autres qu’il fut lapidé; & quel-ques uns, qu’il fut brûlé vif à Smyrne. Ce qu’il y a de fûr,c’eft que c’étoit un homme fort habile, & qui écrivoit bien; &fans doute que ce que Vitruve raconte de lui, n’étoit pas pu-blic, puisque Denys d’Halicarnaffe ne craignit pas de s’autoriferde l’exemple de Zoïle, qu’il met en la compagnie d’Ariftote,pour faire remarquer les vertus & les vices de Platon. VoyezCRITIQUES. * Elien, Var. Hift. I. n- c. 10. Vitruve, inPrœf. libri 7. Voffius, de Hift. Grœc. I. 1. c. 16. Ovide, de Re-média Ornons, l. 1. v. 366.

ZOÏLE, Patriarche d’Alexandrie dans le fixiéme fiécle,après la dépofition de Paul, Moine de Tabenne, étoit Ortho-doxe. A la follicitation de Théodore, Evêque de Céfarée,Chef des Acéphales, & grand ennemi du Concile de Chalcédoi-ne, l’Empereur Anaftafe le dépofa pour mettre en fa place A-pollinaire, grand ami du même Théodore, & auffi fortementattaché que lui à la faétion des Acéphales. * Baronius, an. 537.». 15.

ZOL. ZOM. ZON.

Z O L. ZOM. ZON. ZOO. ZOP. ZOQ.&c,

Z O L D O, bourg de l’Etat de Venife. 11 efi dans le Bellu-nois, à cinq lieues de Bellune vers le nord occidental, aumilieu des montagnes. 11 a de fort bonnes mines de fer. * Ma-ty, Dict. Geogr.

Z O L K I E W. Voyez J O U L KIE F.ZOLKIEWSK 1 (Staniflas) Seigneur Polonois, étoitayeul maternel de Jean Sobieski, Roi de Pologne , 111. dunotn. Il avoit gagné une grande bataille contre les Mofcovitesl’an 1610 fous le régne de Ladillas IV, n’étant alors que Pala-tin de Kiovie, & Petit Général. Après être parvenu aux di-gnitez de Grand Chancelier, & de Grand Général, qu’il poffé-doit en même tems, il commanda fouvent les années de Polo-gne. La dernière occafion fut celle où dans la vallée de Lopucz-na, il fit cette belle retraite, auffi célèbre en Pologne, que cel-le de Xénophon avec fes dix mille Grecs. Zolkiewski étant re-tourné fur fes pas pour retirer un régiment que les Généraux:avoient oublié dans un pofte où on l’avoit placé, fut attaqué fi vi-goureufement parles Tartaies, qu’avant qu’on eût pu le joindre,il fut abattu fur trois ou quatre des plus hardis qu il avoit tuezde fa main. C’eft ce que marque i’infcription Latine, gravée furune pierre en forme de Maufolée ou de Trophée, qui a été éle-vée dans ces campagnes. Il eft enterré dans 1 églife de Zolkiefou Zolkiew, à gauche du grand autel, avec cette Infcription ti-rée de Virgile,

Exoriare aliquis noftris ex ojjibus ultor.

La petite ville de Zolkiew fut brûlée par accident en 1718, àl’exception de l’églife & de quelques maifons. * Anecdot. dePologne.

Z O L L E R N. Voyez HOHENZOLLERN.

Z O L N O C K, ville de la Haute Hongrie. Eile eft au con-fluent de la Zagywa & de la Teille, à 13 lieues du Grand Wa-radin vers le Levant. Zolnock eft une place forte, défenduepar une bonne citadelle, & capitale du Comté de Zolnock, fé-paré de celui de Thurturn par la Teille, & borné ailleurs parceux dHéwecz, de Peft, de Bath & de Bodrog. * Matv Di-ction. Géogr. _ 1 ’

ZOMEREN (Henri de) Voyez S O M E R E.

Z O M E R E N Jacques de) Voyez S O M E R E.

* ZOMEREN (Corneille de) naquit à Dordrecht le 28feptembre 1593. Il apprit la Médecine à Leyde, & alla conti-nuer cette étude à Caen en Normandie, où il reçut le Bonnetde Doéteur le 16 oétobre 1615. En 1617, le 20 juillet, la Ré-gence de Dordrecht le déclara Médecin ordinaire de cette ville.Le 29 oétobre fuivant ilépoufa Anne Blokke, de laquelle il eutfept fils & quatre filles. II exerça dans la fuite prefque tous lesemplois les plus honorables de fa patrie, & mourut l’onzièmedécembre 1649, âgé de 57 ans. On a de lui, Oratio funebris inobitum Viri clariflimi ac eruditijjimi D. D. Cornelii filii ; Epi/lola re-fponforia de Vitce termina ; de Unhate liber ftngularis ad S. P. Q. D.;Traùtatus de Vtrioks & Morbillis ; Epiftola de Renum & VeflccsCalculai Epiftola refponforia de Curatione iterati Abortus. Après famort on a trouvé parmi fes papiers Confilia & Objervationes Mé-dicinales; Liber Jingularis Conflltorum de Morbis Mulierum; Objer-vationes Chmirgicœ ; Methodus curandarum Febrium ; Epiftola cumdoStorum Virorum Rejponfis. * Gr. DiCt. Univ. Hall. M. Balen,Defcription de Dordrecht , en Hollandois.

*ZOMEREN (Jean de) fils du précédent, naquit à Dor-drecht le troifiéme juillet 1622. Après y avoir fait fes premièresétudes, il alla à Leyde, où il s’appliqua avec beaucoup de fuc-cès à la Jurifprudence, & fut reçu Doéteur en 1643. 11 joignoità la fcience du Droit, la connoiffance de la Langue Gréque,de la Langue Françoife, delà Poëfie & des Antiquitez de fonpaïs. On a de lui en Flamand plufieurs Ouvrages qui regardentle Droit & les Antiquitez, & diverfes pièces de Poëfies en La-tin, en Hollandois & en François, entre autres les Tragédiesintitulées Jules-Céjar, Cléopâtre Sc Mitbridate. En 1650, il en-tra dans la Régence de Dordrecht; en 1656, il devint Penfion-nairede Nimégue; & en 1 666, il fut fait Greffier de la Cham-bre mi-partie. II s’aquita de tous ces emplois à fon honneur& avec un applaudiffement univerfel. Il mourut à Dordrecht le22 décembre 1676. * Gr. Dm. Univ. Hall. M. Balen, Defcri-ption de Dordrecht, en Hollandois. J. d’Oudenhoven, Defcriptionde la Hollande méridionale.

ZON (François de) Voyez S O N N I U S.

ZON A R E (Jean) Hiftorien Grec qui vivoit dans le XIIfiécle vers 1 an 1120, & qui avoit exercé des emplois confidé-rables a la Cour des Empereurs de Conftantinople, prit l’habitde Moine de faintBafile. II compofa, en trois volumes, des An-nales qui ont été traduites de Grec en Latin par JérômeWolfius, & imprimées â Bâle l’an 1557, à Paris en 1567 parGuillaume Chaudière, & au Louvre en 1686, dans le Corps del’Hiftoire Byzantine. Le premier volume comprend les affairesdes Juifs, depuis le commencement du monde jufqu’à la prifede Jérufalem; le fécond traite des affaires des Romains, depuisla fondation de cette ville jufqu’au tems de Conftantin le Grand;& le troifiéme, depuis cet Empereur jufqu’à la mort d’AlexisComnéne l’an ni8. Zonare a auffi Iaiffé des Commentaires furles Canons des Apôtres & des Conciles Oecuméniques & Pro-vinciaux, & fept ou huit autres divers Traitez que nous avonsdans la Bibliothèque des Pères. * Bellarmin, de Script. Eccléf.Poffevin, inAppar. Sacro. Gefner, in Bibliotb. Voffius, de Hift.Grac. I. 2. c. 27.

Z O NCHIO, petite ville du Belvédère en Morée. Elleeft à une lieue & demie de Navarin vers le midi. Cette ville

don-