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AudifFret, Géogr. tome 2. Th. Corneille, Di<?. G«g.
Cette Lettre, la dernière des voyel-les, & la vintiéme de l’Alphabet , répondau vau des Hébreux,& à Yupfilon des Grecs.Le fon qu’elle avoit anciennement,étoit ou; &tous les peuples d’Occident, hors les Fran-çois , la prononcent ainfi. Elle eft aufli fou-vent confonante ; ainfi de »*«, on fait navita;&de gaudeo, gavifus. Elle fouffre encore d’autres changemens,que les Grammairiens obfervent, comme dans ceratt, corriger;fatum, fatidicus;peffumus pour pejjimus : ce qu’on trouve Couventdans les anciens Poètes Comiques. Quintilien remarque demême que l’o & l’a ont été Couvent changez. Quid O, dit-il,atque U permutâtes invàcem ? ut Hecoba & Notrix, Culcbides & 1 Pu-iixena. Dans les anciens Jurifconfultes, le B eft Couvent chan-gé en V. ou cette dernière lettre en B. C’eft encore aujour-d’hui la Façon de prononcer des Gafcons, qui pour vivere, di-fent bibere ; & pour bibere, vivere. Ce qui a fait recrier Scali-ger en ces termes : Felices populi quibus vivere efi bibere. Aufone,qui étoit de ce paîs-là, parle ainfi de l’U:
C ecropiis ignota notis, fer ale fonans U.
V. efi: encore une lettre numérale,qui lignifie cinq, & quandon met une barre par deflus V,ce!a veut dire cinq mille. Cesdeux lettres U. R. écrites <Jgns les bulletins que l’on difiribuoitau peuple pour donner fon fuffrage fur une Loi propofée, fi-gnifioit uti rogas, c’eft à dire, que l’on appronvoit la Loi;&quand on la rejettoit, on y mettoit un A, qui fignifie abrogo.
V A A.
V A AS T (Saint Vedaftus) Evêque d’Arras dans le V & leVI fiécle, étoit d’Aquitaine, né fur les frontières du Pé-rigord & du Limofin. Il quitta fa Patrie pour fervir Dieu a-vec plus de liberté. Il fe retira dans le Diocéfe de Toul enLorraine. L’Evêque de Toul l’éleva au Sacerdoce. Clovisayant réfolu d’embrafler le Chriftianifme, & fe trouvant enLorraine, demanda à l’Evêque de Toul uneperfonne, pourl’inltruire dans la Religion Chrétienne. L’Evêque lui donnaS. Vaaft. Clovis ayant été batifé, S. Vaaft demeura dans leDiocéfe de Reims, & fut enfuite ordonné Evêque d’Arras, a-près Saint Remi. S. Vaaft travailla pendant quarante ans dansce Diocéfe, & mourut le fixiéme de Février 539. * Vita per
Anonymum & per Alcuinum apud Bollandum. Mabillon, XIVftécle Benedtâin.
y a b.
V ABAI.LATHUS, fils d’Odénat & de Zénobie, régnadans une grande partie de l’Orient fous la tutelle de famère, avec qui il fut pris par Auréîien , & conduit à Rome l’an2.72 de Jéfus-Chrift. Triftan de Saint-Amant, Seller, & mê-me Vaillant, ont prétendu que ce jeune Prince étoit fils d’Hé-rodien, & par conféquent petit-fils d’Odénat; mais Vopifqueaflure nettement le contraire; & ce que Vaillant a imaginé durégne de ce Prince, ne mérité pas meme d’être rapporté. *Voyez Banduri, Nurriifm. Imp. Rom. dans la Préface, & le Sup-plément de Paris 1736.
VABRES, fur le Dourdan, ville franche en Rouergue, a-vec Evêché fuffragant d’Albi, eft nommée diverfement, Va-bres, Vabrincum, Caftrum Vabrcnfe, & Vabrium. C’étoit une cé-lébré Abbaye dans l’Ordre de Saint Benoît, que le Pape JeanXXII changea en Eglife Cathédrale l’an 1317. L’Abbé PierreOlargeo en fut le premier Evêque, & a eu d’illuftres fuccef-feurs. Ils ont le titre d’Evêques & Comtes de Vabres. LeChapitre de la Cathédrale eft compofé d’un Prévôt, d’un Ar-chidiacre, d’un Chantre, & de dix Chanoines. Grégoire deTours parle de cette ville, l. 9. c. 9. Vabres eft à trois lieuesde Rodés & à douze d’Albi. L’Evêque fe tient à Saint-Yféri,qui eft un lieu clos, défendu d’un bon château. Le circuit duDiocéfe de Vabres eft à peu près de huit lieues. On y comptecent cinquante Paroifies & une Abbaye. * Davity, Rouergue.
y a c.
V AC AS A, ville & Royaume de même nom. Elle eft versla côte feptentrionale du Jetfengo, contrée de Pille deNiphon, la principale Ille du Japon. * Maty, Ditt. Géogr.
VACCA ISLA, c’eft à dire, IJle de la Vache. 11 y a deuxpetites Mes de ce nom : l’une dans la Mer de Mexique, futla côte méridionale de l’Ifle de S. Domingue, à l’endroit oùelle commence à tourner vers le couchant; l’autre eft dans laMer Méditerranée, entre les Sanguinares, qui font fur la côteorientale de Sardaigne. * Maty, Dit. f. Géogr.
* VACCAS (Le Cap das ) ou le Cap des Vaches, eft futla côte méridionale des Caffres en Afrique,à l’eft de celui deBonne - Efpérance, dont il eft éloigné 'd’environ foixantelieues.
VACCEIENS, Peuples anciens de PEfpagne Tarrago-noife, par le pais defquels pafToit le fleuve Douro, félon la re-marque de Strabon, /. 3 Plutarque parle d’eux dans la Vie deSertorius. La contrée qu’ils occupoient répond à préfent à laplus grande partie du Royaume de Léon,& à une partie de laVieille Caftille. * Le P. Lubin, Tables Géogr. Th. Corneille,Dit F. Géogr.
VACH ou VACHA, ville du Cercle du Haut Rhin,dans le Landgraviat de Hefie-Caflel, fur la Werre avec unbeau pont, au fud-eft de Cafiel, dont elle eft éloignée d’envi-ron treize lieues. Cette ville eft petite, mais jolie.
VACHE. Cet animal eft vénéré par les Gentils des Indes»L’an 1597, un riche Indien de Diu fit à la vue de l’Archevê-que Ménézès la dépenfe de feize mille écus pour le mariaged’une vache avec un taureau. Il y a de ces Payens qui fe frot-tent le front & quelques-autres parties du corps d’une cendrefaite de fiente de vache. Voyez ISUREN. Le Gouverneurde Bender-Abaffi ayant feint de vouloir faire tuer deux vaches,les principaux d’entre les Gentils du lieu furent dans une émo-tion incroyable, menaçant de quitter le lieu avec leurs femmes& leurs enfans fi l’on tuoit ces animaux facrez. Pour les ra-cheter ils donnèrent trois cens piftoles, & enfuite ils les em-menèrent au fon des inftrumens, & avec de grands cris dejoye. * La Croze, Hift. du Chrifi. des Indes, p. 297. &c. Char-*din, Voyages, &c. tome 3. p. 166.
VACHET (Jean-Antoine le) Prêtre, Inftituteur desSœurs de l’Union Chrétienne, & Direfteur des Dames Hofpita-liéres de Saint Gervais. 11 eut pendant toute fa vie un foinextrême de cacher fa naiflance. Mais après fa mort, des per*fonnes de piété qui s’en informèrent, apprirent qu’il étoit deRomans en Dauphiné, & qu’il étoit né de deux familles diftin-guées par leur noblefie.par leurs emplois, & par leurs allian-ces. Du mariage de fon père & de fa mère fortirent neuf en-fans, dont il y en eut fept qui moururent en bas âge, & unefille qui ne pafla pas dix-huit ans; fi bien que Jean-Antoine leVachet demeura feul. Dès fa jeunefle il fut envoyé à Greno-*ble, pour apprendre les Humanitez dans le Collège des Jéfui-tes. Au fortir des Clafles, pour éviter un mariage qui lui é-toit propofé, il voyagea en Italie, & vifita la Chapelle déNotre-Dame de Lorette, & les Eglifes de Rome, avec les ha-bits d’un pauvre, auquel il avoit donné les liens, & ne vi-vant en chemin que des aumônes qu’il recevoir. 11 retournaen F’rance dans le même équipage, & étant arrivé à Dijon, ilfe préfenta au Collège des Jéfuites pour y étudier en Théolo-gie. L’emploi qu’il y eut ne pouvoit être plus bas, ni plusméprifable. Ce fut de garder la porte, & de balayer lés Claf-fes. Son père étant mort, fa mère apprit qu’il étoit A Dijon,& lui écrivit; mais au lieu de l’aller trouver, il lui confeillad’entrer dans une Communauté Religieufe, où elle demeuraquatorze ans, dans tous les devoirs de la Religion. Quandelle fut morte, il vendit la plus grande partie de fon bien,dont il diftribua le prix aux pauvres, ne fe réfervant qu’untitre pour recevoir les Ordres de l’Egllfe. II fe rendit à Pa-ris, ne vivant que des aumônes qu’il demandoit fur le chemin;il y reçut l’Ordre de Prêtrife le troifiéme Mars 1635, & entraà ITIopital des Religieufes de la Roquette, où il lut les Ou-vrages des Pères, & s’inftruifit fi bien de leur doélrine, qu’ilfe rendit capable de la communiquer aux autres, & de parlerCouvent fur le champ, lorfque les Prédicateurs, qui étoienCA attendus,