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Synéfiiis cite des Oracles de Zoroaftre fur les Songes, qui ontété imprimez l’an 1538 & l’an 1595, avec les Notes de Pfellus& de Piéthon. Il ell encore vifible que ces Oracles font tirezdes Ecrits des nouveaux Platoniciens. * M. Du Pin , ûijfert,Préiimin. fur la Bible , fit Bibliotb. Univerf.dts Hijl. Profanes.
Zoroaftre, que leS Perfes appellent Zerdusbt ou Zaratusb ,vivoit fuivant les Auteurs Orientaux, pendant que Darius, filsd’Hyftafpe , étoit fur le thrône des Perfes. Ces mêmes Auteursreconnoiffent unanimement qu’il n’y a eu qu’un Zoroaftre, qui,bien loin d'avoir été Roi, étoit dune naillance obfcure. 11 s’é-leva lui même par fon adreiTe à débiter les impoltures par lef-quelles il abufa le monde. Il avoit toute la rufe & la hardieffede Mihomet, mais il le furpatlbic en connoiffance, poiTédantparfaitement toutes les Sciences des Orientaux. D’ailleurs, ilétoit très - verfé dans la Religion des Juifs, fit dans les livres del’Ancien Teftament. Cette cor.fidération & quelques autres fontcroire au fa vant M. Prideaux que Zoroaitre étoit Juif de naiffance,fil qu’il en profetïa la Religion avant qu’il entreprît de devenirle Prophète de la Seéte des Mages. Zoroaitre ne fonda pas unenouvelle Religion, il entreprit feulement de réformer celle desMages, qui pendant plufîeurs fiécles avoit été la Religion domi-nante des Médes fit des Perfes, mais qui avoit perdu de fon cré-dit , après le maiTacre des Mages qui avoient ufurpé la Couron-ne. Ce fut en Médie, qui elt l’Aderbejan d’aujourd’hui, queZoroaitre commença i fe produire, ce qui a donné lieu à quel-ques uns de le croire de ce païs-là. Le principal changementqu’il lit dans la doftrine des Mages, fut d’établir un principe fu-périeur, un Dieu fuprême, au lieu que les Mages reconnoif-l’oient deux principes, la lumière, fource du bien, & les ténè-bres, origine du mal. Il enfeignoit que le feu étoit le fymbolede la préfence de Dieu, & que Dieu avoit établi fon thrône dansle Soleil: c’eit pourquoi il fit élever pluûeurs Temples pourconferver le feu facré. Cet Impolteur, pour s’accréditer davan-tage dans l'efprit du peuple, fe renferma longtems dans une ca-verne, & c’elt Ii qu’il compofa le livre de fes prétendues révé-lations. Dès qu’il fe vit bien établi dans la Médie, il palfa dansla Baftriane, qui étoit la province la plus orientale de la Perfe.Il s’arrêta dans la ville de Balch, fur le fleuve Oxus; & y étantappuyé d’Hyftafpe, père de Darius, il eut dans peu répandu fadoctrine, Zoroaftre pafia enfuite j uCques dans les Indes pour yapprendre les Sciences des Brachmanes ; & ayant pénétré cequ’ils favoient de Mécaphyfique, de Phyfique fit de Science na-turelle, il revint en Perfe avec ces connoiffances qu’il commu-niqua aux Mages. Iis devinrent fi habiles fous la direction deZoroaftre, qui étoit le plus grand Mathématicien & le meilleurPhilofophe de fon tems, que les tîtres de Savant fit de Mage,devinrent fynonymes. Dès que Zoroaftre eut mis la Bactrianedans fes fentimens, il fe rendît à la Cour de Darius à duze, fitil y propofa fa doftrine d’une manière fi infinuante, que Darius& tout ce qu’il y avoit de Courtifans & de Nobleffe embrairé-xent ie Magianifme réformé. Cette révolution arriva, malgrétous les efforts des Chefs des Sabéens. Le Magianifme a étédepuis ce tems la Religion générale des Perfes jufques à ce quela doftrine de l’impofteur Mahomet gagna le défias. Zoroaftrepréfenta à Darius le livre qu’il avoit compofé, relié en douzevolumes, dont chacun contenoit cent peaux réduites envêlin,fur lefquelles les Perfes avoient accoutumé d’écrire. On nommece livre Zendavefta & par contraftion Zend, mot qui lignifie ori-ginairement l 1 aUume-feu. La Morale de Zoroaftre étoit allezpure à un article près, par lequel il permet i’incefte, même en-tre un fils fit fa mère. Dès qu’il eut fait accepter fa réforme auRoi & aux Grands du Royaume, il retourna à Balch, qu’ilavoit choifi pour le lieu de fa réfidence avec la qualité d’Archi-mage, II y régna par rapport au fpirituel fur tout l’Empire,avec la même autorité que ie Roi par rapport au temporel; cequi peut avoir donné occafîon de dire qu’il étoit Roi de la Ba-^ftriane. Zoroaftre ayant voulu porter Argafp, Roi des ScythesOrientaux, zélé Sabéen, à embraffer le Magianifme, ce PrinceScythe entra en armes dans la Baftriane, battit les troupes deDarius, dont Zoroaftre s’appuyoit dans fon deffein, tua Zo-roatire lui même avec tous les Prêtres de fon Egiife Patriarcha-îe, qui .étoient au nombre de 80, & démolit tous les Templesde cette province, ce qui arriva l’an 35 du régne de Darius.Platon, Ariftote, Plutarque, Porphyre, ont parlé avec élogede Zoroaftre, de même que UIugh-Beigh, fa vant Prince Tar-tare. M Prideaux ayant examiné la difficulté que l’on Cire con-tre l’hypothéfe qui établit que Zoroaftre vivoit du tems de Da-rius fils d’Hyftafpe, de Xanthus le Lydien, qui florifiant fousl’Empire de ce même Roi de Perfe, affûre que Zoroaftre ayoitvécu 600 ans auparavant ; fit celle qui eft puifée dans Pline, quiavance qu’il y a eu deux Zoroaftres, conclut de la forte: „ peut-„ être y a-t’il eu un autre Zoroaftre, qui fera celui dont parle ie„ livre de Xanthus le Lydien ; & fi l’on veut que le premier ait,, été le Fondateur de la Seftedes Mages, & que le fécond n’en,, ait été que le Réformateur, à qui on ait donné par cette raifon„ le même nom, je ne difputerai avec perfonne fur cette conje-,, fture; car il fepourroit fort bien qu’elle fût conforme à la vé-„ rité. ” Les Difciples de Zoroaftre, qui font encore en Perfe, yfont appeliez Gaures ou Infidèles. Voyez G A U R E S. * Hijl.des Juifs, par M. Prideaux, tome 1. p. 383 g 3 faiv. g 3 tome 5.P- 3 2 3 fc? fuiv.
Z OR O B A B E L, de la Maifon des Rois de Juda, étoitfils de Salathiel, & fut nommé Sarbasar à la Cour de Cyrus,Roi des Perfes. Après la captivité des Juifs, ii fut Chef deceux qui retournèrent en Judée fous ce Prince, & commença àrebâtir le temple l’an du monde 3500, & le 535 avant JefusChrift. Les Samaritains empêchèrent cet ouvrage, qui ne s’a-cheva que fous Darius fils d’Hyftafpe. Zorobabel, qui étoit con-nu de ce Prince, vint à la Cour, fit obtint tout ce qu’il voulut
pour le bâtiment du temple, qui fut achevé vint ans après. Làdédicace s’en fit foiemneilement Vers l’an 3520 du monde, fit le51S avant Jefus Chrilt. On ne fait pas quand Zorobabel mou-rut. Il elt différent d’un autre Zorobabel, qui étoit fils de Pha-daïa. * Joféphe, Antiquit. Judaïq. I. îu Tomiel, A. M. 34.72.num. 3. 3530. num. 1. 3532. num. 4.
Z O R O Y S étoit femme de Mahomet Boabdelin, dernierRoi des Maures de Grenade. Voyant fon mari, & les princi-paux Officiers de fa Cour , qui faifoient éclater leurs gémilièinensfit leurs plaintes, pendant qu'on leur crevoit les yeux par ordrede Ferdinand d’Aragon, Pleurez comme des femmes, leur dit-el-le , puisque vous ritmez pas J'fu combattre comme des hommes.
* Pierre Matthieu, Hijl. de Henri IP, Roi de France.
*ZORZlou GjORCI, nom d’une des plus anciennes
familles nobles de Venife. Dès l’an 1311, on trouve MarinZorzi, qui fut fait Doge à l’âge de 80 ans. Il fonda l’églife deS. Dominique à Venife & mourut dans l’onzième mois de fa Ré-gence- * Gr. DiÜ. Univ. Holl.
\ Z O S I M E, Pape, Grec de nation, à ce qü’dn croit, fuc-céda au Pape Innocent I, ie 18 mars de l’an 417. Céleftius,Difciple de Pélage, qui avoit été condamné dans le Synode deCarthage, allemblé l'an 412, fit qui avoit appelié de ce juge-ment au faint Siège, vint â Rome au commencement du pontifi-catde Zofime, pour prévenir en fa faveur l’efprit de ce nouveauPape, en te faifant Juge de fa caufe. Zofime affembla un Syno-de dans l’églife de faint Clément, pour examiner les chefs d’ac-eufations qu’on avoit formez contre Céleftius. 11 fe fit informerde la qualité des accufateurs, qu’il trouva être deux Evêquesmal ordonnez, chaffez de leurs Evêchez, fit féparez de la com-munion des autres, & qui difparurent de Rome, lorsqu’ils s’yvirent connus, au lieu depourfuivre leur accufation. En mêmetems Céleftius lui préfenta une profeffion de foi qui n’étoit pasentièrement exemte d’erreur; mais comme il y déclaroit qu’il fefoumettoit fans réferve, & qu’il ajoûta encore de vive voix qu’ilcondamnoit tout ce que les Evêques d’Afrique avoient con-damné, Zofime crut devoir ufer d'indulgence à fon égard. Ilne voulut pas néanmoins abl'oudre Céleftius, fans en écrire auxEvêques d’Afrique. Qutlque tems après, il reçut une lettre dePraïie, Evêque de Jérufaiem , favorable i Pélage fit à Céleftius.Sur ce témoignage, il en écrivit une fécondé aux Evêques d'A-frique, par laquelle il déclare Pélage St Céleftius innocens. LesEvêques d’Afrique, touchez de la prévention de Zolime, luirécrivirent pour le détromper. Zofime étant revenu de fa pré-vention , fit citer Céleftius, pour venir condamner nettementles erreurs qui lui étoient imputées; mais Céleftius n’ofa com-paroltre, fit s’enfuit même de Rome. Alors Zofime confirma lejugement rendu par fon prédéctffeur innocent, contre Pélagefit Céltftius, 8t écrivit fur ce lujet aux Evêques d’Afrique unelettre, qu'il publia en Italie. Zofime eut un autre différentavec les Evêques des Gaules, fur la conteftation qui étoit en-tre les Eglifes d’Arles & de Vienne touchant le droit de métro-pole fur ies provinces Viennoife &’ Narbonnoife, Il fe déclaraen faveur de Patrocle, Evêque d’Arles, â qui il ajugea les droitsde métropole, avec des privilèges particuliers. Il eut enfin untroifiéme démêlé avec les Evêquts d’Afrique, touchant l'appel-lation du Prêtre Apiarius, qu’il foutenoit valable contre ledroit que les Africains prétendoient, déjuger les Clercs fit mê-me ies Evêques en dernier reffort. 11 mourut le 2 6 décembrede l’an 418. On a de ce Pape treize Epîtres écrites avec beau-coup de vigueur fit d'autorité. Boniface lui fuccéda. * EpijlolteZoJimL S. Augultin, contra duas Epijloias Pelagian. I. 2. c. 3. DePeccato üriginali, c. 17. i. 1. in Julian, c. 4 i. 6. c. 12. Epifiol.44 g 3 209. Marius Mercator, in Commonitor. Anaftafe, inZofi-mo. Baronius, in Annal. Louis Jacob, Bibliotb. Pontif. M. DuPin, Bibliothèque des Auteurs Ecclijtajliques du cinquième fiécle.Baillet, Vies des Saints, 26 décembre, jour auquel on fuit mémoiredu Pape Zofime.
Z O S 1 M E, Sophifte fit Rhéteur, natif de la ville d’Ale-xandrie en Egypte , étoit attaché particuliérement aux opinionsde Platon, & commença de fe faire connoître par la vie de cePhilofophe qu’il mit en lumière. 11 entreprit enluite d’autresOuvrages de Phyfique, qu’il continua par ordre alphabétiqueen 21 livres, ou félon Suidas en 28, fit qu’il donna au Public,après les avoir adreflez à fa fœur Théodofie, qui étoit très-favante: Suidas l’appelle Tbéofebie. On croit qu’il vivoit versl’an 300 avant Jefus Chrift, & 50 ans ou environ après Platon.
* Conrad Gefner.
ZOSIME ou XOSIME, femme de Tigrane, Roi d’Ar-ménie, fut menée en triomphe devant ie grand Pompée. * Plu-tarque, Vie de Pompée.
ZOSIME, Hiftorien Grec, Comte fit Avocat du Fifc, vi-voit du tems de Théodofe le Jeune, vers l’an 410 de JefusChrift, fit écrivit une Hiftoire des Empereurs en VI livres. Lepremier qui comprend la fuite de ces Princes, depuis Auguftejufqu’à Probus, fit qui alloit autrefois jufques à Dioclétien, eftextrêmement abbrégé. Les cinq autres lont plus étendus, furtout dans ce qui regarde le tems de Théodole le Grand, ôedefes enfans. Zofime n’a pas vécu au delà du fécond fiége qu’A-laric mit devant la ville de Rome. D’ailleurs nous n’avons quele commencement du VI livre; car la fin ne fe trouve plus. Si-gonius foutlent que Zofime avoit fait un feptiéme livre; maisc’eft contre le fentiment de tous les Critiques. Photius vantefon ftyle, fit ajoùte que fon Hiftoire fembloit être un abbrégéde celle d’Eunapius, excepté les endroits qui regardent Stiii-con, que ce dernier diffamoit, au lieu que Zofime ie défendcontre Olympius, qui fut caufe de fa ruine. Quoiqu’il en foit,cet Hiftorien eût acquis plus de louange, s’il eût eu plus demodération. Mais il eft animé d’une haine fi ouverte contreles Chrétiens, qu’il ne peut s'empêcher de la rendre fenûble,
en.