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8 (1740) Lettres SEH - Z
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X E Q. X E R.

cens trente & un mille cinquante & une familles,- & près dequatre millions de perfonnes. La provinces-paye tous les ansun million neuf-cens vint-neuf mille cinquante-fept facs degrains, trois cens foixante livres defoyecrue, neuf mille deuxcens vint-huit pièces d’étoffes de foye, dix-fept mille cent foi-xante & douze livres de cotton, & un million cinq cens quator-ze mille fept cens quarante - neuf bottes de foin & de paille. Larhubarbe y vient en quantité & on l’y cultive avec grand foin.Elle donne aufli beaucoup de mufc, qui n’eft autre chofe qu’unabfcès qui fe forme au nombril d'un animal de la grandeur d’unchevreuil que les Chinois nomment Xe, d’où s'eft fait le mot deXebiang, qui veut dire la bonne fenteur de cet animal. On faitdans cette même province une étoffe fort jolie de laine de bre-bis ou de poil de chèvre, de très riches tapifferies & des cha-peaux pointus fans bords & fans ailes, dont les hommes ont ac-coutumé de fe fervir en ce païs -là. * Amba[fade desHollandoisà la Chine, ch. 52. Th. Corneille, DiB. Géogr.

X E' Q U E'- A Y D A R, Roi de Perfe, & père d’Ifmaël So-phi, étoit natif d’Ardebii, dans la province de Chirvan ouSchirvan, proche de la Merde Tabariftan. Cette ville eft le lieuordinaire de la fépulture des Rois de Perfe, & des Princes dufang royal. La principale mofquée renferme le tombeau de Cha-Séphi, travaillé en bois de marqueterie, & environné de chan-deliers d’or & d’argent, avec les lumières qui l’éclairent auxjours folemnels. * Deflandes, Beauté delà Perfe.

XE'RA ou XE'RE'A, ville des Colomnes d’Hercule.Voyez X E'R ES DE LA FRONT E'R A.

♦XE'RE'S ou CH UL A T E'C A, ville de l'Amériquefeptentrionale dans l’Audience de Guatimala, & dans la provin-ce de Nicaragua, vers les confins de celle de Guatimala. * M.Delifle, Carte du Mexique cf de la Floricle.

XE'RE'S DELA FRONT E'R A , ville d’Efpagnedans l’Andaloufie, à deux lieues du port de Sainte-Marie, àtrois lieues de Rota & deSan-Lucar, à cinq d’Arcos, deLéo-ïixa &de Médina-Sidonia, à llxdeCadiz, à quinze de Séville& à vint-neuf de Cordoue, en Latin Xera. On la prend pourla Cœfariana des Anciens, & on tient qu’elles’eft accrue des rui-nes de l’ancienne Afla Regia. Elle eft célébré pour les bonschevaux que l’on y trouve & pour les pâturages nourriffans desenvirons, quoique l’herbe en foit fort féche. Ce fut près decette ville que les Maures défirent le Roi Dom-Rodrigue. LesEfpagnols appellent cette défaite^la Ptrdida d'EJpafia. A demilieue de Xérès eft un couvent de Chartreux, appeilé la Cbar-treufe de Xérès. C’eft un particulier de la ville qui l’a fondé.L’églife en eft fort propre, & il y adefortbellemenuiferie, fai-te de bois de cèdre. Derrière l’autel eft une chapelle toute do-rée. Il y a aufli trois ou quatre beaux cloîtres, fur tout le pe-tit, dont les colomnes font de marbre blanc avec une fontaineau milieu. Le portail de l’entrée de la maifon eft fort magnifi-que. On la trouve au haut d’un pont, qui eft fur la rivière deGuadaléte. C’eft le fleuve de Letbé des Anciens. Les Mauresy ont ajoûte Guada, qui veut dire rivière, comme on le voit enGuadalquivir, Guadiana , Guadiaro, Guadalimar, & autres.Florus rapporte que Décius Brutus, allant en ce païs - là avecdes troupes, fut quelque tems arrêté par le refpeâ; qn’il avôitpour le lieu, que l’on difoit être la demeure des Bienheureux,jufques là que fes Soldats n’ofoient paflër ce fleuve , formida-tum Militibus flumen oblivionis, de peur d’oublier toutes chofes,& de paffer parmi les morts. * Journal du Voyage d’Efpagne. Th.Corneille, DiB. Géogr.

XE'RE'S, petite ville de l’Amérique feptentrionale. Elleeft dans la province de Guatimala, à trente lieues de Léon deNicaragua vers le Couchant. * Maty, DiB. Géogr.

XE'RE'S DE LOS CAVALE'ROS ou D E B A-D A J O S , ville de l’Eftrémadure d’Efpagne, fur la rivièred’Ardita, à fix lieues de Badajoz vers le midi. C’eft la patriede Vafquès Nunne de Balboa, qui entreprit le premier de fairevoile dans la Mer du Sud l’an 1513. Elle appartenoit autrefoisaux Templiers, d’où lui vient fon nom de Los Cavalleros: après lafuppreflion de leur Ordre le Roi Alfonfe XII réunit Xérès à laCouronne, & Charles - Quint l’honora du titre de cité. *Maty,DiB. Géogr. Baudrand.

XE'RE'S DE GUADIANA, bourg d’Efpagne, fituédans l’Andaloufle, près de l’Algarve, fur la Guadiane, environà huit lieues de fou emboûchure. * Maty, DiB. Géogr.

* X E' RI C A, petite ville d’Efpagne, dans le Royaume deValence, eft au nord-oueft de la ville de Valence, dont elleeft éloignée de treize à quatorze lieues.

X E'R I P H E. Cherchez ZE'DAMET.

X E' R O P H A GI E S, jours de jeûne dans les premiers fié-cles de l’Eglife, aufquels on ne mangeoit que du pain avec dufel, & on ne buvoit que de l’eau. Ce nom vient des mots Grecs

b* fec, & (pdytiv manger; comme qui diroit jeûnes où l’en nemange que des cbofesfécbes. Enfuite on y ajoûta des légumes & desherbes, ou quelques fruits. Ces grands jeûnes fe faifoient lesfix jours de la femaine- fainte, par dévotion, & non point parobligation. L’Eglife condamna les Montaniftes, qui de leur au-torité privée vouloient obliger tout le monde à obferver, nonfeulement la Xérophagie pendant la femaine - fainte; mais enco-re d’autres qu’ils avoient établies, aufli-bien queplufieurs ca-rêmes. Les Efféens, dont parle Philon, obfervoient des Xéro-phagies en certains jours ; car cet Auteur dit qu’alors ils n’ajoû-toient au pain & à l’eau que du fel & de l’hyflope. Les Athlè-tes, parmi les Payens, ne mangeoient que des chofes féches ;mais cette efpéce de jeûnes n’étoit qu’un régime de vivre, pourconferver leur fanté & leurs forces. * Saint Epiphane, in Ex-pojit. Ftdei. Eufébe, Hiji.l. 2. Tertullien, adverf. Pfycbicos.

*X Ii R T E,petite rivière d’Efpagne, furlaquelle eft fituéePla-centia dans l’Eftrémadure. * Colménar, Délices ttEfpagne, p. 355,

X E R. ig

X E R X E’S ou B A L E'U S, Roi d’Aflÿrîe, fut ie fixiéme*après Bélus, & eft nommé dans le catalogue d’Eufébe. Voyez-ASSYRIE.

XERXF.'S I, étoit fils de Darius fils d’Hyftâfpe & d’Atof-fe, fille de Cyrus. Darius, l’an 35 de fon régne, & l’an 487avant Jefus-Chrift voulut nommer fon fucceffeur avant que demarcher contre les Grecs. Artobazane, étoit l’aîné de fes fils, maisde la fille de Gobrias, fa première femme, & il étoit né pendant queDarius étoit encore Ample particulier. Xerxès au contraire é-toit l’aîné des enfans d’Atoffe, nez depuis l’avéneiuent à la Cou-ronne. Ce fut le tître principal par lequel il difputa le thrôneà fon frère Artobazane & il l’emporta. Ce qu’il y eut de très-remarquable dans cette conteftation, ce fut la manière d’agirdouce & amiable des deux prétendans. Ils ne cefférent point niavant ni après de fe donner les témoignages les plus tendres d’u-ne amitié fraternelle. Xerxès, I. du nom, monta fur le thrôned’abord après la mort de fon père, arrivée l’art 486 avant Je-fus Chrift. Le nouveau Roi employa la première année de fonrégne à continuer les préparatifs, que fon père avoit commencezpour la réduction de l’Egypte. Il confirma aux Juifs de Jérufa-iem tous les privilèges qui leur avoient été accordez par fon pè-re , & particuliérement celui qui leur aflïgnoit le tribut deSama-rie pour fe fournir de viétimes, dans le culte qu’ils rendoient àDieu dans fon temple. La fécondé année de fon régne il mar-cha contre les Egyptiens, & après avoir vaincu & fubjugué cesRebelles, il appefantit le joug de leur fervitude,puis ayant don-né le Gouvernement de cette province à fon frère Acbæménès,il revint vers la fin de l’année à Suze. Xerxès enflé du fuccèsqu’il avoit eu contre les Egyptiens, par le confeil & à l’inftiga-tion de Mardonius, fils de Gobrias, qui avoit époufé une defes fœurs, réfolut de faire la guerre aux Grecs. Dans ce def-fein il fit de grands préparatifs trois années de fuite dans toutesles provinces de fon Empire. Il entra en confédération avec lesCarthaginois, & convint avec eux que pendant que les Perfesenvahiroient la Grèce, les Carthaginois tomberoient furies na-tions Gréques qui étoient en Sicile & eh Italie, pour les empê-cher de venir au fecours les uns des autres. Les Carthaginoisélurent pour Général Hamilcar, qui non feulement leva autantde troupes qq’jl put en Afrique, mais encore avec l’argent queXerxès lui envoya, engagea à fon fervice un grand nombre deMercénaires d’Efpagne, de la Gaule, & de l’Italie, de fortsqu’il affembla une armée de 300000 hommes & des vaiffeaux àproportion, pour exécuter les projets de la ligue. Xerxès, l’ancinquième de fon régne, qui étoit le dixiéme depuis la bataillede Marathon, partit de Suze, pour commencer la guerre, &ayant marché jufqu’à Sardes, il y pafla l’hiver. Dès le com-mencement duprintems, il partit pour l'Hellefpont qu’il traver*fa avec toute fon armée fur deux ponts de bateaux qu’il avoit faitdreffer, l’un pour fes troupes, l’autre pour le bagage & les bêtes decharge. Cepaffage dura fept jours, pendant lefquels l’armée neceffa pas de paffer le jour & la nuit, tant étoit grand le nombrede ceux qui le fuivoient dans cette expédition. De là prenantfa marche au travers de la Cherfonnéfe de Thrace, il arriva àDorifque, ville fituée à l’emboûchure de l’Hébre dans la Thrace,où ayant fait camper fon armée & ordonné à fa flotte de le fui-vre le long du rivage, il fit la revue de l’une & de l’autre. IItrouva fon armée de terre forte de 1700000 hommes de pié & de80000 chevaux , qui joints à 20000 hommes qu’il falloit dumoins pour la garde & la conduite des chariots & des chameaux,faifoient en tout 1800000 hommes. Sa flotte confiftoit en 1207vaiffeaux de combat, fans compter les galères, les vaiffeaux detranfport, ceux qui portoient les vivres & autres fortes de bâti-mens, qui faifoient plus de 3000. On comptoit fur tous cesvaiffeaux 517610 hommes , de forte que toutes les forces deterre & de mer que Xerxès mena avec lui d’Afie pour envahirla Grèce, morrtoieat à 2317610 hommes. Encore lorsqu’il eutpaffé l’Hellefpont, les nations qui fe fournirent à lui, fortifièrentfon armée de 300000 hommes, & fa flotte de 220 vaiffeaux, àbord defquels il y avoit 20000 hommes. Ainfi toutes fesforces de terre & de mer, dans le tems qu’il arriva au Détroitdes Thermopyles,faifoient enfemble le nombre de 263i6iohom-mes, fans compter les valets, les Eunuques , les femmes, lesVivandiers, & ces autres fortes de gens qui fuivent l’armée, quin’étoient guéresmoins, fi même ils n’étoient pas en plus grandnombre : de forte que le nombre des perfonnes de toute fortequi fuivirent Xerxès dans cette expédition, étoit pour le moinsde cinq millions. C’eft ce calcul que nous en donne Hérodote,en quoi Plutarque & Ifocrate s’accordent avec lui. Mais Dio-dore de Sicile, Pline, Elien & d’autres rabattent beaucoup dece nombre, & font l’armée de Xerxès, avec laquelle il paflal’Hellefpont, beaucoup moindre, que celle avec laquelle Da-rius , fon père, avoit paffé le Bofphore pour faire la guerre auxScythes. Il eft apparent qu’ils ont pris l’un pour l’autre. Lesvers que l’on grava fur le tombeau de ces Grecs qui furent tuezaux Thermopyles s’accordent mieux avec le récit d’Hérodote.Ils portent que ces braves avoient combattu contre deux millionsd’hommes. En effet, comme cet Auteur eft le plus ancien detous ceux qui ont écrit de cette guerre, qu’il a vécu dans le fié-cle où elle arriva, & qu’il en a traité dans un plus grand détail& avec une plus grande apparence d’exactitude qu’aucun autre,on doit, ce femble, faire fond fur fon calcul, d’autant plus queç’a été l’opinion générale des Anciens tant Grecs que Latins,que l’armée de Xerxès étoit la plus grande qui eût jamais étémife en campagne. Joféphe dit qu’il y avoit un Corps de Juifsdans l’armée de Xerxès. Il le prouve par un paffage du PoëteChérilus, qui décrivant la marche des diverfes nations dont l’ar-mée de Xerxès étoit compofée, dit, après cela fuivoit un peuplequi avoit quelque cbofe d'extraordinaire dans fa mine è? dans fon ha-billement. Leur DialeQe efi le même que celui des Phéniciens.

K * R?