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X E'N O C R A T E . Xenocrates, de Chalcédoine, Philofo-phe, fils d’Agathénor, & Difciple de Platon, étoit célébré parfa probité, par fa prudence & par fa chafteté. Il paroiffoit avoirl’efprit lent: ce qui faifoît dire à Platon, qu ' Arijhte avoitbefoinde bride, & Xénocrate d'éperon. Ce Philofophe enfeigna dans l’A-cadémie d’Athènes, & fùccéda à Speufippe, fucceUeur de Pla-ton, l’an 339 avant Jéfus-Chrift. Les Athéniens l’envoyèrenten ambafïade vers Philippe, Roi de Macédoine , & longteinsaprès vers Antipater. Il fut fi fort eftimé d’Alexandre le Grand,que ce Prince lui fitpréfent de trente talens d’or. Mais Xéno-crate lui renvoya ce préfent, & lui fit dire que l’argent étoit né-ceflaire aux Rois, & non pas aux Philofophes. Après avoirtraité fes Ambafladeurs, fans leur donner d’autre repas que fonordinaire, Fous voyez bien, dit-il, que je n'ai pas befoin de ce quevous mepréfentez, à? que je me contente de peu. 11 difoit, qu’aus'étoit Jouvent repenti déavoir parlé, mais jamais de s’être tu. UnEcolier le voulut venir entendre, fans avoir appris les Mathé-matiques: Xénocrate le renvoya, parce qu’il n’avoit pas, dit-il, la Clef de la Pbilofopbie. Les Athéniens avoient une fi hauteidée de fa probité, qu’un jour qu’il étoit venu devant les Magi-ftrats pour rendre témoignage de quelque chofe, comme il s’ap-prochoit de l’autel pour jurer, félon la coutume du païs, quetout ce qu’il avoit dit étoit vrai, les Juges fe levèrent & ne vou-lurent pas foufFrir qu’il jurât, lui difant qu’ils le croyoient fur fafimple parole. Poîémon, fils de Philoftrate d’Athènes, jeunehomme fort débauché, étant un jour entré à deflein, ivre & unecouronne fur fa tête, dans l’Ecole de Xénocrate, qui parloitpour lors de la tempérance, le Philofophe continua fon Difcoursavec tant de force, que Polémon en prit furie champ la fermeréfolution de fe corriger; & il l’exécuta fi bien, qu’en peu deteins il devint très-habile & fuccéda à Xénocrate, fon Maître.Xénocrate avoit écrit fix livres de la Nature; fix de la Philofo-phie; un des RichefTes, &c. On dit que s’étant heurté denuit à un vaifleau de cuivre, il mourut à l’âge de 8a ans, l’an314. avant Jefus- Chrift.
11 y a encore un Philofophe de ce même nom, dont il eft faitmention dans Suidas; un Xe'nocrate Chalcédonien, Difciplede Platon , qu’il accompagna en Sicile , Auteur des Vies dequelques hommes illufires; un Xe'nocrate d’Ephéfe, que Pli-ne cite quelquefois , de manière à faire entendre qu’il avoit tra-vaillé à l’Iiiftoire Naturelle, & qu’il vivoit fous Néron; & unXe'nocrate d’Aphrodifa, qui avoit écrit l’Hifioire des animaux,tous Philofophes; fans parler d’un Xe'nocrate, habile Peintre& Sculpteur, quf avoit été Difciple d’Euthycrate , lequel avoitpris lui-même les Leçons de Lyfippe. Ce Xénocrate compofaun Traité de la Peinture. * Pline. Diogène Laërce. Volfius,de Hift. Grcec. Abbrègè des Fies des anciens Pbilofopbes, p. 180Juiv.
XE'NOCRATE, Médecin Grec du tems de l’EmpereurTibère, étoit natif d’Aphrodifia en Cypre. Il a écrit De Ali-mento ex aquatilibus que Gefner publia en Grec. Mais commefon édition étoit fort défe&ueufe, M. Fabricius a inféré de nou-veau cet Ouvrage tout entier dans le tome g. déjà Bibliothèque Gré-, que. Galien, Aëtius, Clément Alexandrin & plufieurs autresfont mention de cet Auteur avec de grands Eloges. * Did.Allemand de Bâle.
♦XE'NOCRITF,, Lydien de naillance, fut, malgré laperte de fa vue, un Poëte renommé. *Cellarii Dijfert.
XE'NODAME, Citoyen d’Anticyre, ville célébré de laPhocide, remporta le prix du Pancrace aux Jeux Olympiquesdans la claffe des hommes. On voyoit du tems de Paufanias âAnticyre une ftatue de ce Xénodame, avec une Infcription quimarquoit fes qualitez, & félon laquelle il paroît qu’il avoit reçula couronne d’olivier en la CCXI Olympiade, la feule, ditPau-fanias, qui ne foit pas marquée dans les régîtres des Eléens. *Paufanias, DJcriptian de la Grèce, l. 10, £?c.
* X E'N O M E DE, né dans l’Ifle de Chio, fut un Hifto-rien Grec. * Fabricii Bibliotb. Grceca.
XE'NOPIl ANE, de Colophon , Philofophe célébrévers la I.X Olympiade, l’an 54c avant Jefus-Chrift, ayant étéchaiTé de fon païs, alla demeurera Zanclé, que depuis on ap-pella Mejftne, & à Catane en Sicile, & y compofa un grandnombre de vers, entre autres, deux mille fur la fondation deColophon , & quantité d’autres fur des fujets de Philofophie. IIadmettoit quatreElemens, & une infinité de mondes, croyoitque la Lune étoit un païs habité, & avoit plufieurs autres Prin-cipes impies, que l’on peut voir dans Bayle. Clément d’Alexan-drie cite un pafiage de Xénophane par où ce Philofophe dit quele Souverain Dieu des hommes & des Habitans des Cieux ejl unique ,£? qu'il ri eft femblable aux hommes, ni de corps, ni d’efprit. Etpour montrer combien les hommes avoient tort de peindre Dieufous la figure humaine , il difoit, que fi les bœufs £? les lionsavoient des mains ÇJfavoient peindre, ef i u ' iis voulurent peindre lesDieux, ils leur donneraient la figure de lion ou de bœuf. * DiogèneLaërce. Bayle, Diiï. Crit. Jurieu, Hifioire des Dogmes, fcfc. p.414.
X E'N O P H A N E , Poëte de Lesbos, compofa des versïambiques. * Diogène Laërce, Ftæ Pbilofopb. I. 9. Sextus, &c.
X E' N O P H I L E, un des Capitaines d’Alexandre le Grand,que ce Prince fit Gouverneur de la Sufîane. * Quinte - Curce,l.5c.z.
’XE'NOPHILE, Xenopbilut, Muficien & PhilofophePythagoricien, eft renommé pour avoir vécu 105 ans, en par-faite fanté & en grande réputation. * Pline, l . 7- c, 52. Valé-1e Maxime, l. 8. c. 13. Ext. 3.
X E'N O P H I L E, Statuaire célébré, qui n’eft cependantconnu que par Paufanias, qui en parle, Defcription de la Grè-ce, l. 2. C’eft fans doute parce qu’il n’avoit fait que peu d’ou-vrages. Paufanias parle de la ftatue d’Efculape à Argos. „ C’eft,
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„ dit - il, une ftatue de marbre blanc, qui répréfente le Dieu„ affis. 11 eft accompagné, ajoute-t’il, de la Déefle Hygéïa. ”C’étoit Straton qui avoit fait celle de cette prétendue Déefie, &ce Statuaire n’elt connu non plus que par Paufanias.
XE'NOPHON, Capitaine, Philofophe & Hiftorien, néà Athènes & fils deGryllus, s’attacha à Socrate, & fut un desplus illuftres Difciples de ce Philofophe. Depuis, ayant pris leparti des armes, il entra à la tête des troupes, dans la ville deByzance; & empêcha par fon éloquence, qu’elle ne fût pillée,fous la XCV Olympiade, & l’an 400 avant jefus-Chrift. Il allatrouver le jeune Cyrus, Sc l’accompagna avec dix mille Grecsdans l’expédition que fit ce Prince en Perfe, contre fon frèreArtaxerxès. Cyrus ayant été vaincu & tué, il fut le Chef de lafameufe retraite de ces dix mille Grecs dont il a écrit i’Uiftoire.Quand il les eut ramenez & mis entre les mains des Lacédémo-niens, il fuivit Agéfilaüs en Afie, & fe trouva avec lui à la ba-taille de Chorfonée, d’où il fe retira à Scillonte, qui appartenoitaux Lacédémoniens; parce qu’il avoit été banni d’Athènes, à lafollicitation d’Artaxerxès. il s’appliqua pour lors à l’étude de laPhilofophie, compofant divers Traitez de Morale & d’Hiftoire,& fe divertiflant dans l’entretien de fes amis, & à la chaflfe.Mais lorsque l’Empire des Lacédémoniens fut abattu par Epami-nondas, il fe retira à Corinthe, après la prife de Scillonte, &y mourut âgé de 90 ans, fous la CV Olympiade, & vers l’an 360avant Jefus-Chrift. Un jour dans le tems qu’il facrifioit, on luiapporta la nouvelle de la mort de fon fils ; alors il ôta le chapeaude fleurs qu’il avoit fur la tête, mais il le remit après avoir apprisqu’il étoit mort en homme de cœur. Ce fut ce généreux fils quitua Epaminondas à la bataille de Mantinée. Xénophon eutprefque tout l’honneur de la mémorable retraite des dix milleGrecs qui étoient allez donner du fecours à Cyrus le Jeune, &nous en a laiiTé une Hifioire très-exa&e. Depuis, il publiacelle de Thucydide & la continua, ayant été le premier des Phi-lofophes qui ait entrepris cette forte de travail. 11 a aufiï écritde l’Inftitution de Cyrus l’Ainé, qui félon Cicéron, n’eft pastant une Hifioire véritable, qu’un Ouvrage Moral, pour décri-re l’éducation d’un Prince. Ces produirions ont fait mériter àfon Auteur, le furnom d 'Abeille Gréque, & de Mufe Athénien-ne, qu’on lui a donné, pour exprimer la beauté de ton langage,& la douceur de fon ftile. Quant au livre des Equivoques, im-primé dans le XVI fiécle, fous le nom de Xénophon, c’eft lefruit d’une impofture à laquelle Annius de Viterbe s’eft laiiTé fur-prendre, & c’eft de lui que nous tenons ce mauvais Ouvrage,ainfi que le faux Bérofe, & quelques autres, compofez avantfon tems. Au refte, Xénophon ne vécut pas toûjoùrs d’intelli-gence avec Platon. Diogène Laërce nous apprend qu’il y eut en-tre eux une jaloufie d’efprit, & une émulation de Gens de Lettres.Les meilleures éditions des Oeuvres de Xénophon, font cellesde Francfort en 1674, & d’Oxford en cinq tomes, inoüavo en1703. * Diogène Laërce, Vit ce Pbilof. I. 2. Voflïus, de Hift.Grœc. La Mothe Le Vayer, Jugement des Hift or. Diogène Laër-ce parle de fix autres Auteurs de ce nom; Suidas en fait auffimention; & nous pouvons en ajoûter un de Lampfaque, quiavoit écrit une Géographie, félon Pline, l. 4, c. 13: /. 6.c. 31.£? Solin, c. 22 £? 50
XE'NOPHON, Statuaire d’Athènes, dont parle Paufa-nias, Defcription de la Grèce, l. 9. Les Thébains difoientautems de cet Hiftorien, que ce Xénophon avoit fait feulement levifage & les mains de la ftatue de la Fortune & que le refte étoicde Calliftonicus, un de leurs Citoyens. Dans cette ftatue laprétendue Déefie tient Plutus entre fes bras fous la forme d’unenfant; & c’eft, dit Paufanias , une idée affez ingénieufe demettre le Dieu des richeffes entre les mains de la Fortune, com-me fi elle étoit fa nourrice ou fa mère.
XE'N OP H ON, Médecin de l’Empereur Claude, fe di-foit forti de la famille d’Efculape: il fit exempter l’Ifle de Coosde toute impofition. L’on crut à Rome qu’il avoit empoifonnéfon Maître, en mettant fes doits dans fa bouche pour l’aider àvomir, & lui gliflant dans la gorge unepillule empoifonnée. *Tacite, Annal. I. 12. c. 6r.
XE'NOXUA ou ZE'NORVA, petite ville de Grècedans la Macédoine. Elle eft à quatorze lieues de i’Ocrida versle Couchant. On la prend pour l’ancienne Heraclea Lynceftidis,qui étoit une ville épifcopale. * Maty, Did. Géogr.
X E N S I, l’une des quinze provinces de la Chine, qui pour-roit à jufte titre difputer en grandeur & en antiquité avec tou-tes celles de la Haute Afie, en Latin Xinxia. Les Empereurs dela Chine y ont prefque, de tout tems, tenu leur Cour, depuisle Déluge univerfel jufqu’au régne de la famille de Hana. Ellea pour bornes à l’occident, les Royaumes du Prête-Jean, de Caf-car & de Tibet, nommé des Chinois Sifan. Cette province vaau delà des bords du Royaume de Tanyu en Tartarie , quiprend depuis le nord jufqu’au Couchant, dont la grande murail-le & quelques forterefles , qui en font voifines, la féparent.Quoique toute la province ne foit pas traverfée par la grandemuraille, qui ne va que jufqu’aux bords de la rivière faffranée,elle ne laifife pas d’être en fûreté, à caufe qu’elle eft défendued’un grand nombre de campagnes & de Vallées arides & fablon-neufes. La terre y eft fertile en toutes fortes de grains & defruits, l’air doux & bénin, & les mines d’or y abondent. Quoi-que les loix du païs défendent de faire aucune ouverture dans laterre, les Habitans y vivent fort à leur aife, par le gain qu’ilsfont à amafler le fable d’or que les ruifleaux, lestorrers& lesrivières entraînent. Le peuple y eft débonnaire, aime allez lesEtrangers, & fe montre plus propre â l’étude que les autres Chi-nois plus feptentrionaux. La province de.Xenfi a huit villescapitales, favoir , Sipan , Fungciang, Hanchung, Pirglean ,Cungchang, Linyao, Kingyiang & Jergan , fous lesquelles fontcent fept autres villes médiocres. Ces villes comprennent huit
cens