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8 (1740) Lettres SEH - Z
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^6 X E R.

Ils habitent les montagnes de Solyme, le long defquelles il y aun grand Lac . Comme Jérufalem avoit aulfi le nom de Solyme ,que le païs des environs étoit montagneux, & qu’il étoit fituéle long du Lac Afphaltite, appellé communément le Lac de So-dome, cette Defcrlption femble convenir aux J uifs, fur tout parcette circonftance qui y eft marquée, que ces gens-là parloientla Langue Phénicienne, le Syriaque étant alors la Langue vul-gaire des Juifs. Mais Scaliger, Cunæus, & Bochart l’entendentdes Solymes de Pifidie. Cependant Saumaife foutient l’opinioncontraire & juflifie Joféphe. En effet, il n’eft nullement appa-rent, que Xerxès, ayant ordonné à toutes les nations de fonEmpire de le fuivre dans fon expédition, il n’y eût eu d’exem-ption que pour les Juifs. Xerxès, après avoir fait la revue defon armée de* mer & de terre, marcha à travers la Thrace, laMacédoine, & la Theffalie vers l’Attique, & ordonna à fa flot-te de le fuivre le long de la côte & de régler fes mouvemens furles liens. Tout plia devant lui, jufques au détroit des Thermo-pyles, où il trouva Léonidas , Roi de Lacédémone , réfoluavec trois - cens Spartiates & quelques autres Grecs qui faifoienten tout un Corps de 4000 hommes, de lui difputer le paffage.En effet il maintint ce polie pendant deux jours contre toutel’armée des Perfes, il les repouffa plus d’une fois & en fit ungrand carnage. Mais le troiliéme jour, les Grecs étant fur lepoint d’être enveloppez par les ennemis, par la trahifon d’uncertain Grec, qui leur montra un chemin à travers les monta-gnes par où ils pouvoient les prendre à dos, ils fe retirèrent à laréferve de Léonidas & de fes trois cens Spartiates & d’un petitnombre d’autres, qui s’opiniâtrèrent à défendre leur polie & quifurent tous tuez fur la place. Mais cette victoire coûta fort cheraux Perfes, qui y perdirent 20000 hommes, du nombre defquelsfe trouvèrent deux frères de Xerxès. Après cela, Xerxès entrapar la Béotie dans l’Attique qui elt le païs des Athéniens, ayantété quatre mois en marche depuis l’Hellefpont jufques là. LesAthéniens, ne fe trouvant pas en état de réfifter à une 11 grandepuiffance, abandonnèrent leur ville, fe jettérent dans leurs vaif-feaux & mirent en fûreté leurs femmes & leurs enfans à Salami-ne, à Egine, & à Trézéne, villes voilînes, qui par l’interpofitionde la mer étoient hors de la portée de l’armée de Xerxès, deforte que lorsqu’il arriva à Athènes, il s’en rendit maître fansaucune oppolltion. Dans ces entrefaites, la flotte des Perfes& celle des Grecs étant près l’une de l'autre, la première auxAphétes, & l’autre à Artémifium, au deffus de l’ille d’Eubée,eurent plulieurs rencontres, dont l’avantage demeura aux Grecs;& quoiqu’il ne fût pas fort conlîdérable, il fervit du moins à leurfaire voir que les ennemis, malgré leur grand nombre, pouvoientêtre vaincus; ce qui les encouragea enfuite à combattre contreeux avec plus de fermeté & de réfolution. Cependant leurs vaif-feaux ayant beaucoup fouffert dans ces combats réitérez , ilstrouvèrent à propos de fe retirer dans un endroit plus fur pourfe radouber. Dans ce deffein ils vinrent dans le détroit de Sa-lamine, où, non feulement, ils donnèrent le radoub à leursvaiffeaux, mais reçurent un renfort d’un grand nombre d’autresvaiffeaux qui les vinrent joindre de divers endroits delà Grèce,pour agir contre l’ennemi commun, de forte que la flotte fetrouva de plus de trois cens voiles. Pendant qu’elle étoit là,Xerxès entra daps Athènes, où fa flotte fe rendit & jetta l’ancreà Phalére, qui étoit un port de cette côte. Le détroit de Sala-mine, étoit de tous les lieux que les Grecs euffent pu choilir leplus avantageux pour combattre la nombreufe flotte des Perfes.Car le paffage étant lï étroit, les Perfes ne pouvoient affez é-tendre leur front pour envelopper la flotte des Grecs, de fortequ’ils ne pouvoient tirer aucun avantage de leur nombre, & que,quoiqu’ils fuffent quatre fois plus forts en vaiffeaux, ils en é-toient réduits à combattre à égales forces. Thémiftocle, Géné-ral des Athéniens, l’ayant fagement remarqué, fit fi bien, parfa prudence & par fa dextérité, qu’il engagea le combat avec lesennemis, dans lequel les Grecs, favorifez par lafituation, eu-rent tout l’avantage, & remportèrent fur les Perfes une victoirefi complette, qu’ils firent entièrement échouer les projets decette expédition, une des plus grandes en frais & en nombred’hommes, qui jufques là eût été formée. Car ayant détruitdeux cens vaiffeaux ennemis, fans compter ceux qu’ils prirent,le relie de la flotte Perfanne fe retira vers la côte d’Afie, où elleentra dans le port de Cyme, ville d’Eolie, & y paffa l’hiver ,fans jamais revenir en Grèce. A cette nouvelle, Xerxès, crai-gnant que les Vainqueurs ne fiffent voile vers l’Hellefpont, &ne lui fermaffent le chemin de la retraite comme Thémiftocleavoit trouvé le fecret de le lui faire accroire, y retourna avecprécipitation ;& ayant laiffé à Mardonius 300000 hommes pourcontinuer la guerre contre les Grecs, il ramena le relie de festroupes à Sardes, où il prit fon quartier d’hiver pour l’annéefuivante. On peut dire que ce fut une chofe bien remarquable,de voir que ce Monarque ayant trouvé, à fon arrivée à l’Helle-fpont, le pont de bateaux, qu’il y avoit laiffé, rompu par latempête, fut obligé de repaffer dans un miférable efquif ce brasde mer, que peu de mois auparavant il avoit paffé avec tant defade & de magnificence. Dans le même tems les Carthaginois,fes Alliez, effuyérent le plus grand des revers, ayant été défaitsen Sicile & par mer & par terre avec la perte de leur Général.Les Grecs en étant venus aux mains avec les Perfes auprès delàville de Platée, Mardonius fut tué& toute fon armée taillée enpièces. 11 n’y eut qu’Artabaze, qui, prévoyant ce malheur parla mauvaife manceure qu’il voyoit faire à Mardonius, fe fauvade bonne heure avec 40000 hommes qu’il commandoit, & pré-venant par fa prompte marche, le bruit de la défaite, arriva en fû-reté à Byzance, & paffa de là en Aile. De tout le refte de l’ar-mée il n’y en eut pas 4000 qui échappèrent au carnage de cettejournée ; tous furent tuez & mis en pièces par les Grecs, qui fedélivrèrent par là une bonne fois des invallons de ces peuples ,

XER. XET. X1C. XIH. XIL.

aucune armée Perfanne ne s’étant plus fait voir, depuis ce tems-là, en deçà de l’Hellefpont. Xerxès, ayant appris ces grandesdéfaites, abandonna Sardes avec précipitation, & fe retira enPerfe avec toute la diligence poflible, Mais avant que de partiril donna ordre de brûler & de démolir tous les temples des villesGréques d’Afie; ce qu’il fit parce qu’il étoit dans les principesde Zoroaftre qui déteftoit le culte des fimulacres. L’ordre futexécuté, excepté à l’égard du temple de Diane d’Ephéfç. Parla deftruélion de tant de temples, où il y avoit de riches thré-fors, il amaffa des richeffes immenfes. Xerxès s’étant livré à ladébauche fe rendit méprifable à fes Sujets. Artaban, Capitainede fes Gardes, confpira contre lui & le tua pendant qu’il dor-moit, l’an 465 avant Jefus-Chrift. Artaxerxès Longue-main luifuccéda. * Prideaux, Hijloire des Juifs , tome 1. p. 379. Héro-dote, l. 7 6? 8. Diodore de Sicile. Juftin. Plutarque. CornéliusNépos, &c.

XERXE’S II, Roi de Perfe, fils d’Artaxerxès Longue-main,lui fuccéda l’an du monde 3610, & le 425 avant Jefus-Chrift.Un an après il fut affaifiné par fon frère Sécundien ou Sogdien*qui s’empara du thrône. * Diodore de Sicile , ad Olympiad.LXXXVIII. Ctéfias.

* XE'TAF ou XE'TE'FE , village d’Efpagne dans laNouvelle Caftille au fud de Madrid, dont il ell; éloigné d'envi-ron quatre lieues.

XIC. XI H. XIL. XIM. XI N. XI P- XIX.

X I CCORICIUS POLE'TONUS ou SICCOPOLLEN T O, célébré par fon favoir dans le XV fié-cle, exerça des charges honorables à Padoue, qui étoit le lieude fa naiffance. Il compofa des argumens fur les Oraifons deCicéron; un volume des Illuftres Ecrivains Latins; & d’autresTraitez. * Bernardin Scardéoni, de Reb. Patav. I. 2. Voffius,de Hift. Lat.

XI C O C O, eft une ifle du Japon, dite aulfi C H I C O K O,ou quatre Royaumes, parce qu’il y en a autant,favôir, Avo,Ivo,Sanuqui & Tofa; mais il n’y a point de villes confidérables.Elle eft à l’orient de la grande ifle ou prefqu’ifle de NIphon.

X I C O N A. Voyez X I X O N A.

XI-HOAM-T 1 ou XIUS, Empereur de la Chine, ré-gnoit vers l’an 246 avant la naiffance de Jefus - Chrift. Aprèsavoir conquis toute la Chiije, dont il ne poifédoit auparavantqu’une partie, il porta fes armes vi&orieufes contre les Tarta-res ; &, pour empêcher leurs irruptions, il fit bâtir cette fameu-femuraille, qui fépare la Chine de laTartarie, la vint-deuxiè-me année de fon régne, qui étoit l’an 215 avant la naiffance deJefus - Chrift. On dit que cette muraille a trois cens lieues d’Al-lemagne de longueur, à commencer du fond du Golfe de Nan-quin, autrement appellé Golfe du Gang, jufqu’au fleuve Hoang,ou fleuve Jaune, dans la partie occidentale de la province deXenfi, fans aucune interruption, fi ce n’eft du côté du fepten-trion, proche de la ville de Sivin, dans la province de Péking,où il y a des montagnes inacceifibles, qui tiennent lieu de mu-raille. Elle n’eft pas tout à fait droite; mais elle eft conduitepar plufieurs détours, fuivant la différente fituation des lieuxqu’elle renferme. Ce rempart eft haut de trente coudées, &large de douze, & en quelques endroits de quinze. Sa hauteureft égale par tout, fur le penchant des montagnes, & fur lefommet, aulfi -bien que dans les plaines. Elle eft fortifiée deplufieurs tours, également diftantes l’une de l’autre. Il y a aulfides portes pour fortir & pour entrer, félon les occafions qui s’enpréfentent, proche defquelles on a bâti des fortereffes pour ladéfenfe des portes, & pour les logemens des Soldats qui les gar-dent. On y voit beaucoup d’arcades ou voûtes, qui font ouvertesdans la muraille pour le paffage des rivières. Les Chinois ap-pellent ce boulevard, Vandi Chingi, c’eft à dire, muraille de dixmille Jlades, marquant par cette expreflion, fa longueur prodi-gieufe. Ce bâtiment fut achevé en cinq ans: ce qui n’eft pasdifficile à croire, puisque l’Empereur Xi-Hoam-Ti ordonna quede dix hommes de fon Royaume, il y en auroit un quiferoitchoifi pour y travailler; & qu’employant ainfi la dixiéme partiedes hommes de ce vafte Empire, un fi grand nombre d’Ouvriersétoit fuffifant pour achever en peu de tems la conftruétion decette muraille. Les Chinois ont encore écrit que l’on enfonçadans le Golfe de Gang plufieurs navires chargez de fer, pourfoutenir les fondemens de la muraille, que l’on a bâtie dix fta-des avant dans cette mer. * Iiircher, de la Chine.

XI LI, bourg de la Zaconie en Morée. Il eft à quatre lieuesde Caftel-Rampano, vers le Levant, fur le Cap de Xili, quiregarde l’ffle de Cérigo, & qui étoit appellé anciennement,Promontorium Cyneetorium & Onugmtos, * Fiat y, DiB. Géogr.

XILOCA ou XILOA, rivière du Royaumed’Aragoaen Efpagne. Elle baigne Daroca, & fe décharge dans le Xa-lon, à Calatajud. * Maty, DiB. Géogr.

XILOCAS T RO, bourg du Duché de Clarence en Mo-rée. On le prend pour l’ancienne ville de l’Achaïe, nomméeÆgira. * Maty, Di®. Géogr.

XILOTE'PE’Q UE, province du Mexique. Elle eft ré-parée des villages de Méchoachan vers le nord-oueft, & l’airen eft extrêmement tempéré. II y a plufieurs bourgs & grandsvillages, & fur tout la bourgarde de Quérétaro, renommée pourfa fontaine d’eau chaude. Il y en a une autre dans cette mêmeprovince qui eft remarquable en ce qu’elle coule quatre ans defuite, & demeure enfuite quatre ans fans couler, après quoielle recommence comme auparavant. Ce qu’il y a encore departiculier c’eft qu’au tems des pluyes elle jette peu d’eau, maisquand le tems eft beau, elle coule abondamment. ^ Les Sauva-ges , nommez Otomis , habitent cette contrée. * Laët, Defcript.des Indes Occidentales, /, 5 .ch. 7. Th. Corneille, Di®. Géogr.