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V A I.
VAIS. (Guillaume Du)Evêque deLifieux en Normandie,& Garde des Sceaux de France, né à Paris le 17 Mars 1556,y fut reçu Confeiller au Parlement le deuziémeMay 158+, Maî-tre des Requêtes le cinquième Avril 1594, dont il le démit aumois de Mars fuivant, & fut fait Premier Préfident du Parle-ment de Provence, où il fit amitié avec Nicolas Peirefc , &travailla â une partie des Ouvrages que nous avons de lui. LeRoi Louis XIII le fit Garde des Sceaux de France , dont ilprêta ferment le 16 May 1616. II les remit le 25 Novembrefuivant; mais ils lui furent rendus le 25 Avril 1617. Le mêmeRoi l’éleva fur le Siège de Lilieux, dont il fut facré Evêqueen 1618: il mourut le troifiéme Août 1621, âgé de 65 ans,à Tonneins en Agénois, où il étoit à la fuite du Roi pendantle fiége de Clérac, & d’où fon corps fut porté dans l’Eglifedes Bernardins de Paris, où l’on voit fon Epitaphe qu’il avoitcompofée lui-même. On lui a appliqué ce que Claudien, Carm.17 , v. 36. &fuiv. dit à l’honneur de Mallius Théodore.
O racula RegisÈloquio cfevere tuo, nec dignius unquamMajeftas meminit Francorum fe cjfe locutam.
Voici de quelle manière il parle de lui-même dans le teftamentholographe qu’il fit à Villeneuve-le-Roi, le Mercredi dixiémeJuin 1620. Né que j'étais avec une fanté fort infirme , avec un corps& un efprit peu laborieux , une mémoire grandement imbécïlle, ayantpour toute grâce de nature me fugacité à la vérité fi grande , que je nefâche jamais, depuis que j'aj été en âge d’homme, être arrivé riend’important, ni à l'Etat, ni au public, ni à mon particulier, que je neïaye prévu. Outre cela mes père & mère fort infortunée, ne m'a-yant laijfé pour tout bien qu'un Office de Confeiller d'EgliJ'e & une Pré-bende de Meaux , chargé de la décrépitude de mondïl père, & du foinde fa maifon grandement défilée, au tems que l’on crojoit que l'Etat s’enallât tomber en ruine : Dieu néanmoins m'a fi miraculeufement ajfifté 6Pfavorifé, que je me vois élevé aux plus grands honneurs du Royaume ,avec des biens abondamment, & quafi plus que je n'ai defiré, ëf la ré-putation 0* la bienveillance commune, telle que je l'ai pu défirer : enquoi je reconnais que fa divine bonté a voulu choifir mon infirmité pourfaire paraître fa puijfanct & bénéjicence. Ce Prélat a laiffé diversTraitez; des Médiations fur lesPfeauines; de la Sainte Phi-lofophie, &c. On a recueilli toutes ces Pièces en un volume,in folio, à Paris, l’an 1641. 11 a traduit quelques Oraifons deDémofthéne, d’Efchine , & de Cicéron, & le Manuel d’Epi-ététe. Quoiqu’il ait fort peu traduit, il s’elt diltingué de tousles autres par l’élévation & la dignité de fon flyle, & on peutdire qu’après Malherbe notre Langue n’avoit point alors demeilleur Ecrivain. Il a eu même quelque avantage fur lui pourla Traduétion; car fans s’arrêter aux différens goûts de la Cour& du peuple de ces tems-là, il s’eft attaché à fuivre religieu-fement fon Auteur, à fe refferrer dans fes bornes, fans fedonner les libertez que Malherbe a prifes, & cet affujetiffe-ment n’a rien de bas ni de forcé dans fon llyle. Son pèreJean Du Vair, Chevalier, fut Procureur-Général de la ReineCatherine de Médicis & de Henri de France, Duc d’Anjou,Maître des Requêtes de François, Duc d’Alençon, puis Maî-tre des Requêtes de l’Hôtel du Roi depuis le 15 Janvier 1573,jufqu’en 1584, qu’il rendit cette charge au Roi, avec facultéd’en pouvoir conferver la qualité. Il mourut le 16 Juin 1592,& fut enterré au cimetière de Saint André des Arcs avec Bar-be François fa femme, dont il eut, outre le Garde des Sceaux,qui a donné lieu à cet article, Pierre du Vair, Evêque de Vence ,mort en 1638 ; Antoinette, mariée à Nicolas Aleaume, Confeillerau Parlement; & Philippe du Vair, morte jeune. *Gramond,l. 9. Hift. G ail. Sainte-Marthe, de Epifc. Lsxov. Charles Sorel,Biblioth. Eranç. du Progr. de la Lang. Franc. Pierre Daniel Huet,de Claris Interpretibus, l. 2. Du Chefne, Hift. des Chance!. Blan-chard, Hifi. des Maîtres des Requêtes. Le Père Anfehne , Hift.des Grands Offisiers de la Couronne.
Guillaume du Vair écrivant à Grotius en date du huitièmeJuin 1621, lui dit: „ Depuis que j’ai ouï parler de vous, j’ai„ admiré votre excellent efprit, & votre favoir peu commun.„ J’ai aullî déploré votre mauvaife fortune & vos fouffrances,„ à caufe de votre grand amour pour la liberté de votre patrie,„ & pour ceux qui travaillent à y rétablir la vérité. J’ai tâché„ autant que les circonitances de ma charge, & le fervice du„ Roi mon Maître, me l’ont permis, d’adoucir votre malheur,„ & de procurer votre délivrance. Mais il a plu à Dieu que„ vous lui en fufiiez uniquement redevable fans l’intervention„ des hommes.” Enfuite l’Evêque exhorte Grotius d’em-ployer les talens que Dieu lui a donnez à procurer la réu-nion des Chrétiens, Ouvrage, difoit-il, très agréable à la Ma-jefté Divine. On trouve dans le tellament de M. Du Vair cesparoles. „ J’ai vécu, & je déclare que je meurs dans la com-„ munion de l’Eglife Catholique Apoltolique Romaine, & dans,, la participation de l’interceffion de la glorieufe Vierge , de„ tous les Saints & des Fidèles vivans. Néanmoins j’ai été„ fenfiblement affligé (& cette affliftion m’accompagne jufques,, au tombeau,) de ce que la Réformation de l’Eglife de Dieu,,, & l’édification de fon peuple, ont été négligées à caufe de,, l’avarice & de l’ambition de ceux qui auroient dû y travail-„ 1 er. Je fupplie la bonté divine de les exciter puiffamment ’&,, efficacement à cette Réformation.” * G. Brandt, Hift. de laRéform. tome 2. p. 306. & 307.
VAISON fur l’Oréze, ville du Comté Vénaiffin en Pro.vence avec Evêché fuffragant d’Avignan, appartient au Pape,& eit la Vafio Vocontiorum, dont Ptolomée, Pline, PomponiusMêla & d’autres Auteurs anciens font mention. Elle a été fou-vent ruinée par les Goths, par les Vandales, & par les Sara-zins; & depuis elle a été rebâtie fur le penchant d’une colline.
y A I. VAL.
Anciennement elle étoit fituée dans une plaine, oà il y a uneEglife de Notre-Dame, qu'on reconaoit pour l’ancienne Ca-thédrale. Celle qui eft dans la ville a un Chapitre, où l’oncompte quatre Dignitez. Les Chanoines qui étoient de l’Or-dre de Saint Augultin , ont été fécularifez. Le plus ancien E-vêqne de Vaifon, dont nous ayons connoilfance, eft Damusou Damas, qui a fouferit au Concile d’Arles en 314. Ses fuc-ceffeurs ne font connus que depuis Aufpice, qui fe trouva auConcile de Riez en 429, & à celui d’Orange en 441. * Ptolo-mée, l. 2. c. 10. Pline, l. 3. c. 4. Pomponius Mêla, defitu or-bis, 1 . 2. c. 5. Apollinaire Sidoine, I. 5. Epift. 7. & l. 7. Epift,4. Colombi, de Epifc. Vafiton. Sainte-Marthe, G ail. Cbrift. &c.
CONCILES DE VAISON.
Le Père Sirmond ne met que deux Conciles de Vaifon. Bi-ni, & quelques Auteurs en mettent trois. Selon eux, le pre-mier fut célébré l’an 337, fous l’empire de Confiance, & Ne-ctaire Archevêque de Vienne y prélida. On autorifa l’additiondes paroles, peut erat in principio, &c. au Cantique GloriaPatrï,comme nous l’apprenons d’Adon de Vienne, in Chron. A. C. 335.&c. Les Evêques de la Gaule Narbonnoife s’affemblérent âVaifon en 442, après la célébration du premier Concile d’O-range , & y firent pour leurs Diocéfes, des Réglemens que nousavons en dix Canons. Gabriel de l’Aubefpine, Evêque d’Or-léans , a fait de fa vantes remarques fur le 11 & le VIII. Le IVexcommunie ceux qui retiennent des oblations faites pour lesmorts, ou qui différent de les rendre à l’Eglife. Ce Canon eftcité dans le 47 du fécond Concile d’Arles, & dans le quatrièmedu premier Concile de Mâcon. En 529, les Pîvêques célébrè-rent le troifiéme Concile de Vaifon, où Céfaire d’Arles préfi-da. On y fit cinq Canons. Divers Auteurs ont cru que cesConciles avoient été tenus à Bazas dans la Guyenne. Mais fil’on obferve que les Aéteadu fécond parlent de la ville oùAufpice étoit Évêque, on fera perfuadé qu’ils ont été affem-blez à Vaifon.
V A 1 V O D E , Prince ou Gouverneur. Cherchez V A Y-VODE.
VAJUSSA. Voyez ÆAS.
V A L.
V AL (Jean de La) Jurifconfulte d’Arras, & Confeiller duRoi à Valenciennes, a traduit en Latin les Pfeaumes deDavid, & les a rendus en vers élégiaques. On a encore de luiun Poëme en vers héroïques, lequel eft intitulé Anna, Maria,Jésus. * Valére André, Biblioth. Belgica, p. 572.
VAL (Pierre Du) Evêque de Séez en Normandie , avoitété Précepteur des Enfans de François I, & fut depuis Cha-noine de Rouen. Après fon élection à l’Epifcopat,il allifta auConcile de Trente, & au Colloque de Poiffy. Il écrivit diversOuvrages, & mourut en 1564. ♦Sainte-Marthe, Gall. Chrift.
VAL (Nicolas Du) Confeiller au Parlement de Paris, &enfuite au Parlement de Rennes, eft Auteur d’un Livre de Ju-rifprudence, qui eft affez eftimé. 11 a pour titre de Rebus dubiis& Quaftionibts in jure controverfts Traêiatus viginti, & fut impri-mé pour la première fois en 1564. Il s’en eft fait pour lemoins cinq éditions. La cinquième eft d’Arnhem 1638, inquarto. 11 dit dans fonEpître dédicatoire au Chancelier de l’Ho-pital, que depuis 1523, il s’étoit appliqué à l’étude du DroitRomain; que jufques à l’an 1542, il avoit fait la fonction d’A-vocatj & enfuite de Sécretaire du Roi: & qu’enfin il avoit étéConfeiller aux Parlemens de Paris & de Bretagne. Il faitauifimention de fon gendre , qui s’appelloit Jacques Capel, & quiétoit Confeiller au Parlement de Bretagne. C’eft lui-mêmequi parut lufpect de Luthéranifme dans la fameufe Mercurialede l’an 1559, & qui évita par la fuite le danger qui le mena-çoit alors. 11 fut affaffiné vers l’an 1570. * De Tbou, I. 22.
VAL (Godefroy Du). Voyez VALLE'E (Godefroy deLa).
VAL (Jean Du) Médecin à Iffoudun fa patrie, a traduit enFrançois l’Antidotaire, ou le Difpenfaire de Jean Jacques Wé-cher, Médecin à Bûle,& y a joint diverfes chofes de fa façon.Ce Livre fut imprimé â Genève, in quarto, l’an 1609. La nou-velle édition de Vander - Linden de Scriptis Médicis n’en faitaucune mention, non plus que de Jacques du Val Médecind’Evreux , qui publia un Livre François des Hermaphrodites &Accouchemens des femmes, l’an 1612. Il avoit déjà publié un Livredes Fontaines médicinales des environs de Rouen, & une Méthode nou-velle de guérir les Catharres. * Bayle, Diftion. Crit.
V A L ( Pierre Du ) Géographe, fils de Pierre du Val, & deMarie Sanfon, fœur de Nicolas Sanfon, Géographe, nâquit àAbbeville en Picardie, le 19 de Mai de l’an 1619. Après avoirfait fes études, il vint à Paris, où il fe mit auprès de M, Jean-Baptifte Gault, qui fut depuis Evêque de Marfeille, & lui en-feigna la Géographie, qu’il favoit très bien. Après la mort dece Prélat, il fut fait Homme de chambre de M. Henri de Sa-voye , Abbé de S. Sorlin , depuis Duc d’Aumale & de Ne-mours; & après l’avoir quitté , il fut Sécretaire de M. GillesBoutaut, Evêque d’Aire, puis d’Evreux. 11 compofa plufieursTraitez de Géographie, & diverfes Cartes allez exactes, &mourut à Paris le 29 Septembre 1683» âgé de 65 ans. * Mé-moires Hiftoriques.
VAL (André du) naquit à Pontoife le 18 Janvier 1594.Après avoir fait fes études à Paris, il s’y fit recevoir DoCteurde la Mai fan & Société de Sorbonne le 13 Mars 1594. Quoi-qu’il eût été grand Ligueur, le Roi Henri IV le choifit deuxans après à la recommandation de M. Du Perron, Evêque d’E-vreux,