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8 (1740) Lettres SEH - Z
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VAI.

il y fit connoiffance avec les Chirurgiens qui y travaillaient, &forma enfuite le deffein d'apprendre la Chirurgie. Pour celail emprunta des Livres d’Anatomie & de Chirurgie, il les lutavec application, & après s’être fait inltruire, il fut reçu Al’Hôtel-Dieu de Pontoife en qualité de Garçon Chirurgien. Ils’attacha alors entièrement a panier les malades, & pour feperfectionner dans la Chirurgie, il paiToit une partie des nuitsà faire des diffe&ions dans fa chambre. Il demeura ainfi à Pon-toife jufqu’à l’année 1688, qu’il en fortit âgé de 19 ans, pouraller à Evreux en Normandie exercer la Chirurgie fous unMaître. Deux ans après, c’eff à dire en 1690, il quitta E-vreux par complaifance pour M. le Marquis de Goville, Ca-pitaine dans le Régiment des Fufiliers du Roi, qui voulutl’avoir avec lui à l’Armée, en qualité de Chirurgien de faCompagnie. Pendant fon féjour à l’Armée il donna des preu-ves de fon courage. 11 fe trouva à la bataille de Fleurusle premier Juillet 1690 , & M. le Marquis de Goville yayant été tué , il fut chercher fon corps fous un monceaude cadavres & le fit enterrer. Il ne fongea plus après celaqu’à retourner à Evreux, & profita de l’occafion de fon re-tour pour voir piufieurs villes de Flandre. 11 continua àexercer la Chirurgie à Evreux jufqu’en 1691 , qu’il en par-tit pour venir à Paris, dans le deifein d’y travailler dansl’Hôtel-Dieu en qualité d’Externe. Il ne fut pas plutôt ar-rivé dans cette ville, qu’il apprit qu’un des plus grands Bo-taniltes de France , qui étoit le célébré M. Tournefort, ydémontroit les plantes toutes les années dans le Jardin duRoi. Il n’en fallut pas davantage pour réveiller fa premiè-re inclination pour la Botanique ; il s’empreffa d’alfiiter àfes leçons, & le fit avec tant d’alliduité , que M. Tourne-fort en conçut de l’eltime pour lui, & jugea qu’il devien-droit un jour très habile Botaniite. En 1692, un Chirur-gien de Neuilly près de Paris, l’engagea à venir demeureravec lui pour exercer la Chirurgie. Quelque occupation quelui donnât cet exercice, & quelque éloigné qu’il fût du Jardindu Roi , ii 11e iaiifa pas d’aller aflidûment aux démonllra-tions de M. Tournefort. Il arrivoit tous les jours au Jardindu Roi à cinq heures du matin , & y apportoit quelquefoisde la campagne des plantes qui y manquoient, & qu’il pla-çoit chacune félon fon genre. Après la démonfiration ilalloit à l’Amphithéâtre, pour y écrire les vertus des plantesqu’un Profeflfeur y didtoit. L’après - midi il aflifioit aux le-çons d’Anatomie de M. Du-Verney, & fe trouvoit enfuite àcelle de Chyinie de M. Saint-Yon. Après ces exercices ilretournoit le foir à Neuilly, & en chemin il vifitoit piufieursmalades. Comme M. Tournefort fongeoit à donner au pu-blic l’Hiffoire des plantes qui naiifent aux environ* de Pa-ris , il pria M. Vaillant de lui faire part de fes découvertes,ce que celui-ci lui accorda avec plaifir : cela engagea M.Tournefort à le citer dans piufieurs endroits de fon Livre.11 quitta enfuite Neuilly, & entra en qualité de Sécretairechez le Père le Valois, Jéfuite, alors Confeffeur de M. leDuc de Bourgogne. Ce fut là que M. Fagon, premier Méde-cin du Roi Louis XIV, l’ayant un jour apperçu qu’il difpofoitdes plantes fur un Herbier, admira l’ordre & la propreté defon travail, & lui dit quelques jours après, qu’il étoit bien in-tentionné pour lui, & qu’il n’avoit qu’à lui marquer en quoiil pourroit lui rendre fervice. M. Vaillant lui répondit fur lechamp, qu’il ne fouhaitoit rien avec tant d’ardeur que de voya-ger dans les pais étrangers, pour y découvrir des plantes in-connues. M. Fagon lui ayant fait entendre qu’il auroit foinde cette affaire, il pria le Père le Valois de lui permettre defe retirer, & il loua à Paris un petit appartement pour y fairefon unique occupation de la Botanique. M. Fagon, qui con-nut bientôt tous les talens de M. Vaillant,l’appella peu detemsaprès auprès de lui, le fit ion Sécretaire , & lui obtint du Roila perinifiion d’entrer dans tous les Jardins de fa Majeffé poury herborifer. Il ne borna pas là le bien qu’il vouloit lui faire,il lui donna de plus la direttion du Jardin du Roi. M. Vaillantne fut pas plutôt revêtu de cette charge, qu’il fe donna beau-coup de mouvement pour enrichir ce Jardin ; ce qu’il fit avectant de fuccès,qu’on ne l’a jamais vu fi rempli de plantes, quedans le tems qu’il en a eu la direftion. Au commencement del’année 1708, M. Fagon, perfuadé plus que jamais de l’habiletéde M. Vaillant, lui réfigna la charge de Profefleur & de Sous-Démonflrateur des plantes du Jardin royal, qu’il avoit lui-mê-me exercée. Il lui donna outre cela la direétion duCabinet de dro-gues, qu’il fit bâtir par la libéralité du Roi Louis XIV, & M. Vail-lant fit venir des païs étrangers pour le remplir les drogues lesplus rares,& les enferma dans des bocaux de crifialqu’ilrangeafe-lon l’ordre où l’on les voit aujourd’hui. Dès qu’il eut mis ce beauCabinet en ordre,il futfaitGarde duCabinet des droguesduRoi,&ce fut lui qui en cette qualité en expliqua toutes les raretez auCzar. Au commencement de l’année 1716, il entra à l’Aca-démie des Sciences, fans avoir follicité cette place, & aux in-Rances preffantes de fes amis,qui eurent bien de la peine à lalui faire accepter. Il étoit d’une conilitution forte & robuRe ;mais il altéra fa fanté par des fatigues excellives. L’ardeur qu’ilavoit de découvrir de nouvelles plantes, lui faifoit quelque-fois entreprendre des voyages à pié. Il en fit un de cette ef-péce avec un de fes amis Botaniltes, depuis le 17 Septembre1707 jufqu’au 18 Oftobre de la même année, & parcourutpendant ce tems-Ià les côtes de la Normandie & de la Breta-gne. ^ Il efi mort le 26 Mai 1722, âgé de 53 ans. Il avoit é-poufé le 14 Oétobre 1701, Françoije-Nicole Bojfonet , dont il n’apoint laiffé d’enfans. II avoit ramafTé un Cabinet fingulier descuriofitez de la Nature, que le Roi a fait acheter de fa veuve.I! étoit fort defintéreifé. On a de lui les Ouvrages fuivans,Dlfcours fur la ftruBurc des Fleurs, leurs différences & l’ujdge de

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leurs parties , prononcé à T ouverture du Jardin royal de Paris, ledixiéme Juin 1717 , & l’établijfement de trois nouveaux genres dePlantes, ïAraliajlrum, la Sherardia, la Boerhaavia , avec la de-feription de deux nouvelles , rapportées au dernier genre , par S.Paillant, en François & en Latin-, (Il établit dans ce Difcours lefexe des plantes) Novum plantarum genus , Araliaflri nomine ,cujus fpecies eft celebratiffimum illud Nmzin , five Ginfeng Sinen-Jium , affertum à Valente in litteris ad amicum Hanovcranum ; Eta-blijfement de trois nouveaux caraBéres de trois familles ou claffes deplantes à fleurs compofées, /avoir des Gynarocepbales, des Corymbi-féres , & des Cbicoracées, inféré dans les Mémoires de l’Académiedes Sciences , années 1718, 1719, 1720, 1721; Caracières dequatorze genres de plantes, ^dénombrement de leurs efpéces, les de-J'criptions de quelques unes, & les figures de plujicurs, inférées dansles Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1719 ; Suite del'établi(fcmcnt de nouveaux caraBéres de plantes , ClaJJ'e des Dipfa-cées, inférée dans les Mémoires de l’Académie, année 1722; Re-marques fur la Méthode de M. Tournefort , inférées dans les Mé-moires de l'Académie, année 1722; 6'. Paillant Botanicon Pariffen-Je, Operis Majoris prodituri Prodromur, Botanicon Pariftcnfe, ouDénombrement par ordre alphabétique des plantes qui Je trouvent auxenvirons de Paris , compris dans la Carte de la Prévôté & l’E-leBion de ladite Ville par le Sieur Danet, Gendre du Sieur de Fer,année 1722 , avec piufieurs deferiptions des plantes , leurs jynony-mes, le tems de fleurir & de grainer, & une Critique des AuteursBotaniques , enrichi de plus de 300 figures. * Son Eloge par M;Boerhave dans la Préface du Botanicon Parijienfe. Le Père Ni-ceron, Mémoires pour fervir à l'Hifl. des Hommes Illuflres, &c,tome 8. p. 234 & 10.

VAILLY (Jean de) Préfident au Parlement de Paris,dûtems de Charles VI & de Charles Vil, fe fignala par fa fidé-lité inviolable pour fes Souverains. Elle lui rit abandonner famaifon & fes biens, & lui fit préférer l’exil aux offres du Roid’Angleterre & du Duc de Bourgogne, ennemis de la MaifonRoyale. Ce grand homme qui étoit de Paris, & fils de Ri-chard de Vailly, Notaire au Châtelet, s’étoit avancé dansle barreau par fon éloquence. Il fut nommé par le Dauphinpour être fon Chancelier, & répondit à l’honneur de ce choix,par un fi grand zélé pour le Prince, que le Duc de Bourgognefe trouvant le plus fort à Paris, le fit arrêter prifonnier dansle château du Louvre. Il fut délivré peu de tems après; &pour récompenfe de fes fervïces,il fut pourvu de la charge dePréfident à Mortier dans le Parlement de Paris en 1413. De-puis il fervit avec la même ardeur, & fuivit au delà de la Loi-re le Dauphin, qui fut depuis le Roi Charles VII, qui l’em-ploya dans diverfes commiflions, & le fit Préfident au Parle-ment de Paris transféré à Poitiers. On met la mort de ce Ma-gifirat au neuvième Mars de l’an 1433. Il laiffa un fils de mê-me nom, qui fut Confeiller-Clerc dans le même Parlement, &qui fut nommé Evêque d’Orléans l’an 1431. Un autre empor-ta cet Evêché par Arrêt de la Cour.

VA INI, famille Romaine, a donné de grands hommes endifférens tems. Guy Vaini fut Général des troupes de l’Egli-fe fous les Pontificats des Papes Jules II & Jules III, & fousl’Empereur Charles-Quint, dans le XVI fiécle. Ene’e Vai-ni , fon fils, fut premier Maître d’Hôtel du Grand-Duc deTofcane. Guy, II du nom, fils de ce dernier, fut Capitainedes Gardes du Grand-Duc Ferdinand, & Vice-Gouverneur duChâteau S. Ange. 11 avoit époufé Marie Magalotti, fœur deLaurent Magalotti, Cardinal, & de Confiance Magalotti, al-liée à Charles Barberin, Général de la Sainte Eglile, frère duPape Urbain VIII, dont il eut 1. Dominique qui fuit; 2.Enée, II du nom, Chevalier de l’Ordre de Saint Etienne, Cha-noine de Saint Jean de Latran, Référendaire de l’une & l’autreSignature, Vice-Gouverneur de Tivoli, Gouverneur de Fa-briano, de San-Sévérino, de Jéfi, d’Orviette, de Fermo &de Viterbe, où il mourut en 1633, âgé de 29 ans, fur le pointd'être élevé au Cardinalat; & 3. Jean-Jérome, Chanoine de S,Jean de Latran, mort avant l’an 1665.

Dominique, Marquis de Vaini, & de Vacohé, épbufaMarguerite Mignanelli, dont il eut entre autres enfans Gu Y'Vaini, III du nom, Prince de Cantaloupe,Duc de Selci,Mar-quis de Vacone,&c. qui fut fait Chevalier de l’Ordre du SaintEfprit le feptiéme Juin 1699, & mourut à Rome le 13 Avril1720. 11 avoit époufé en 1672, Anne Ceuli, fille de TibèreCeuli, d’une ancienne famille Romaine, dont il a eu N...Prince de Cantaloupe, qui a époufé en Septembre 1707 * N.^fille du Duc de Cerri; &. N... Vaini, mariée 1°. au ComteLitta , Milanois: 20. à Louis Lanti-La-Rovére , Prince de Bel-mont. * Jufiiniani, Hijt. des Gouverneurs de Tivoli-, Le PérëAnfelme, Hijl. des Grands Officiers de la Couronne.

V AIPIC O T A ou C H A N O T A, ville des Indes dans leRoyaume de Cochin. Elle n’eR éloignée de Cranganor qued’une lieue. Ce fut en ce lieu que le Viceroi des Indes fondal’an 1587 un Collège de Jéfuites, avec la permiflion du Roide Cochin. On y enfeigne la Langue Syriaque, là Chaldaï-que, la Latine, & les Sciences néceffaires à un Prêtre & à unPrédicateur. Cet établiffement fut de quelque utilité; mais ilne produifit pas tout ce qu’on en avoit d’abord efpéré. LesIndiens infiruits par les Jéfuites, & promus aux Ordres parleurs foins, n’ofoient prêcher contre leurs anciens Prélats, &les Jéfuites avoient fouvent le chagrin de les entendre dans leCollège même foûtenir leurs anciennes opinions, & faire men-tion du Patriarche de Babylone dans leur Liturgie, * Davity,Royaume de Cochin. LaCroze, C hriflianifme des Indes, p 56,

* VA 1PIN, petite lfle d’Afie, dans la Prefqu’lile deçà ieGange, fur la côte de Malabar, entre le Royaume de Cranganorau nord & celui de Cochin au fud. * Carte des Côtes de Malabar©> de Coromandel par M. Delille. ,

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