VAL.
vreux.quï fut depuis Cardinal, pour être le premier ProfeffeurRoyal en Théologie dans les Ecoles de Sorbonne; & en 1596,il fut pourvu de cette Chaire, qu’il a remplie pendant plus de40 ans. 11 fut un des plus grands adverfaires d’Edmond Ri-cher. Pendant plufieurs années il fut Supérieur Général del’Ordre des Carmélites. Il mourut le neuvième Septembre1638 , âgé de 74 ans , fept mois & 22 jours, étant alorsDoyen de la Faculté & Sénieur de la Maifon de Sorbonne.
M. Habert prononça fon Oraifon funèbre. Quelque réputa-tion qu’il ait eu de fon tems, on ne fait pas grand cas des Ou-vrages qu’il a laiffez, & qui font, Le Feu if Hélie pour tarir leseaux de Siloé ; Libelli de Eccleftafiica S 5 Politica Potefiate Elenchuspro juprema Romani Pontificis in Ecclefiam autborïtate ; Difputatioquadripartite fur le même fujet; Notes in Ecclefue Lugdunenjis li-brum de tribus Epiftolis venerabilium Epifcoporum; La Fie admirablede Sœur Marie de l'Incarnation ; C ommentarii in primam fecunda par-tis & fecundam fecumlte partis Summce D. Thomte ; Les Vies de plu-fieurs Saints de France & des Païs voifins. *Le PereNiceron,Mémoires pour fervir à l’Hifi. des Hommes Illuftres, tome 31 . p. 406.
& fuiv.
VAL (Etienne Du)
VAL (Henri Du) 'pVoyez DU VAL.
VAL (André Du) /
VAL-DES-CHOUX, Prieuré dans leDiocéfe deLangres,à quatre lieues de Châtillon en Bourgogne, eft un Chef d’Or-dre, fondé, fi l’on en croit la tradition, l’an 1193 par Wiardou Viard, Religieux de la Chartreufe de Lugny au Diocéfe deLangres ;mais cette tradition ne peut fe foutenir, 1. parce quele Val des-Choux a été fondé par Eudes, Duc de Bourgogne,a. Jacques de Vitry, qui vivoit dans ce tems-là, dit qu’ils fui-voient les ufages de Cîteaux , & non des Chartreux. 3. Lepremier Prieur du Val-des-Choux , ne fut point le FrèreWiard, mais un nommé Guy, qui eut pour fucceffeur Humbert.
* Jacques de Vitry en fait mention, Hift. Occid. c. 17. Chafla-neus , Catal. Glor. Mundi, p. 4. Conjil. 78- Le Mire, in Cbron.Cift. & in Orig. Monafi. I. 2. c. 9. Hermant, Hift. des OrdresReligieux. Voyez auffi le Supplément de Paris 173 6.
V A L-D E S-E C O LIE R S, Abbaye dans le Diocéfe de Lan-gres, à une petite lieue de Chaumont, eit Chef d’Ordre d’uneCongrégation de Chanoines Réguliers fous la Régie de SaintAuguftin. Vers l’an 1212, Guillaume Richard & quelques au-tres Dofteurs de Paris, perfuadez de la vanité des chofes dumonde, fe retirèrent dans cette folitude avec la permiflion del’Evêque Diocéfain. Leur exemple fit une fi grande impreflionfur l’efprit de l’Evêque de Châlons en Champagne, nouvelle-ment élu , qu’avant que d’être facré il renonça à fa dignitépour fe joindre à eux. Ils y furent bientôt fuivis d’un grandnombre d'Ecoliers de la même Univerfité ; & c’eft de là queleur folitude prit le nom de Val-des-Ecoliers. Leur établiflements’augmenta avec tant de fuccès, que, félon la Chronique d’Al-beric, en moins de vint ans ils eurent feize Maifons. S. Louisfonda celle de Sainte-Catherine de Paris, & en établit d’autresen France & dans les Païs-Bas. Clément Cornuol, Prieur Gé-néral de cette Congrégation , obtint du Pape Paul III, la di-gnité d’Abbé pour lui & pour fes fucceffeurs. Depuis l’an 1653,cet Inftitut a été uni à la Congrégation des Chanoines Régu-liers de la Congrégation de France. Il y a auflî à Mons enHainaut une Abbaye qui porte le nom de Val-des-Ecoliers , & quieft poffédée par les Chanoines Réguliers de l’Ordre de S. Au- •guftin. * Alberic, in Chron. Sainte-Marthe, Gall. Cbrifi. DuMolinet, Defcript. des Habits des Chanoines Régul. * Voyez auflîJe Supplément de Paris 173 6.
VAL-DE-GRACE, auparavant nommé Val profond, Ab-baye fondée dans la Paroiffe de Bièvre - le - Châtel, à troislieues de Paris , fut depuis transférée à Paris dans le faux-bourg Saint-Jacques. L’ancienne Abbaye qui étoit dans la Châ-tellenie de Bièvre, avoit été fondée dans le IX fiécle, & fub-fifta jufqu’à l’an 1300, ou environ. Dans la fuite elle vint àdécheoir, & tomba dans le defordre pour le fpirituel & pourle temporel: ce qui porta le Roi Louis XIII, à y nommerAbbe(Te,l’an 1618, la Mère Marguerite d’Arbouze, afin d’yétablir l’obfervance régulière, félon la Régie de Saint Benoît.Pour en faciliter la reforme, la Reine Anne d’Autriche, fousle bon plaifir du Roi, fit transférer le 21 Septembre 1621, lesReligieufes à Paris, où elles furent logées dans la Maifon nom-mée alors VHôtel du petit Bourbon , & auparavant le féjour desValois, que la Reine avoit acheté au fauxbourg Saint-Jacques.Quelques années après ce nouvel établiflement, les Religieu-fes commencèrent à bâtir un Monaftére, où la Reine mit lapremière pierre le troifiéme Juillet 1634. Après la mort duRoi, la Reine Régente réfolut de faire bâtir une fuperbe E-glife, dont les fondemens furent ouverts le 21 Février 164s,& le premier jour d’Avril de la même année, le Roi LouisXIV, âgé de fept ans, y pofa la première pierre. Cette E-glife fut achevée l’an 1665. Vint ans ne furent pas un troplong efpace de tems pour la conftru&ion & l’embelliffementd’un édifice dont on ne fauroit aflez admirer la magnificence,dans la ftrufture du bâtiment, dans les figures & les colomnesde marbre, dans les bas reliefs de fculpture, & dans les pein-tures excellentes. Le principal autel repréfente une étable,environnée de colomnes torfes de marbre, au milieu de la-quelle on voit la crèche où eft l’enfant Jefus, entre la Vierge& Saint Jofeph. Tous les ornemens de fculpture font de mar-bre ou de bronze doré. Les peintures du dôme fe font admi-rer de tous les Connoiffeurs. Cet ouvrage eft le plus grandmorceau qui ait été fait en France, & a acquis une gloire im-mortelle à Mignard dit le Romain. Ce fuperbe édifice a étécontinué & achevé par Gabriel Le Duc Architeéle du Roi ; &les principales fculptures font de la main de Michel Anguiére.
VAL. 7
La Chapelle de Sainte Anne qui eft du côté du grand-autel,vis à vis de la grille des Religieufes, eft le lieu où l’on meten dépôt les cœurs des Reines, & des Princes & Princefles dela Maifon Royale. * Le Maire, Paris Ancien & Nouveau.
* VAL D'A N GROGNE, nom d’une vallée du Piémonthabitée par les Vaudois. * Du Bois, Géographie Moderne, p. 174.
VAL D’AOSTE. Voyez AOSTE.
VAL-BREGNA ou VAL-BRENNA. Voyez l’Articlede BREUNA.
* VAL DE LUZERNE, nom d’une vallée de Piémont,dans laquelle eft la petite ville de Luzerne , capitale des Val-lées habitées par les Vaudois , & fervies par 18 ou 20 Mini-ftres. * Du Bois, Géogr. Moderne.
VAL DE PEROUSE. Voyez l’Article de PEROUSE.VAL DE TENA. Voyez TENA (Val de).
* VAL DE S. MARTIN, nom d’une des Vallées duPiémont habitées par les Vaudois. * Du Bois , Géogr. Mo-derne.
VAL DI COMPARE. Voyez ITHAQUE ou THEACO.VAL DI DEMONA. Voyez DEMONA.
VAL DI MAZARA. Voyez MAZARA.
VAL DI NOTO. Voyez NOTO.
VAL-HASEL. Voyez HASEL.
VAL-MADIA. Voyez MA DI A.
VAL-OMBROSA. Voyez VALOMBREUSE en Un mot*VAL-ROMEY. Voyez ROMEY.
V AL-TELLINE. Voyez VALTELINE en un mot.VAL-VERDE. Voyez VALVERDE en un mot.VALACHIE ou VALAQUIE, Principauté d’Europe,étoit autrefois une partie de l’ancien Royaume de Hongrie,
& a été divifée en petite Valachie ou Valaquie propre, & engrande Valachie ou Moldavie. La Valachie propre eft fituéeentre la Tranflylvanie, la Moldavie, la Bulgarie, la Beflara-bie & la Hongrie. La Moldavie ou grande Valachie eft entrela Tranflylvanie, la Pologne, le Danube, la Bulgarie, la Bef-farabie & la Valachie propre. Plufieurs font la Beflarabie par*tie de la Moldavie, d’autres de la Valachie. Elle enferme desmines d’or, & produit des chevaux qui font les plus eltimésde l’Europe, & a grand nombre de rivières. La ville capitalede la Valachie propre eft Tarvis ou Tergovisk, & celle de laMoldavie, eft JaJi ou Jafti. Le Prince, qui prend le nom deVayvode, c’eft à dire, Chef des troupes, eft tributaire du Grand-Seigneur. Les Turcs nomment cette Province Carabogdana,c’eft à dire, Terre de blé noir , parce qu’elle en produit beau-coup. Les plaines de la Valachie feroient extrêmement ferti-les, fi elles étoient cultivées; mais la négligence des Habitanseft caufe que la plus grande partie eft en friche. Il n’y a pref-que point de bois dans cette Province, & l’on y eft contraintde faire du feu avec du chanvre ou avec de la boufede vache.Le fable des rivières eft mêlé de quantité de grains d’or, &les mines qui font dans les montagnes rapporteroient beau-coup, fi on y travailloit; mais les incurfions fréquentes desTurcs font caufe qu’on les abandonne. La Valachie eft divi-fée en treize Comtez,qui font habitez indifféremment par lesSaxons, par les Hongrois & par les originaires du pays. LeVayvode tire cent mille écus de la dixme du miel & de la cire,dont les peuples font leur principal trafic. L’impofition qu’illève fur la malvoifie de Candie qui paffe par fes terres pourêtre tranfportée en Allemagne , lui rapporte auflî un grandrevenu. 11 n’y a que trois villes confidérables, Zénowits oùdemeure le Vayvode , Briel & Treffor. On trouve dans laValachie un certain fel de mine dur comme du marbre, dontla couleur tire fur le violet, mais qui devient blanc lorfqu’ileft bien broyé. Les peuples y font inconftans & farouches.Leur Langue a quelque rapport avec la Latine : ce qui faitcroire à quelques-uns qu’ils tirent leur origine des Romains.Dans les cérémonies de leur Religion, qui eft celle des GrecsSchifmatiques, iis fe fervent de la Langue Franque, qui eiten ufage prefque dans tout l’Orient. Le Vayvode paye ordi-nairement foixante & dix mille ducats de tribut à la Porte, &eft quelquefois obligé d’en donner jufqu’à cent mille pour fcmaintenir dans fa Principauté, lorfqu’il a quelque concurrent.11 peut mettre fur pié dix mille chevaux & mille fantaffins.Voyez MOLDAVIE. * Cluvier. Sanfon. Du Val, & Briet,Géogr. Script. Rerum Germon. & Hungar. Hift. des Troubles de Hon-grie , dans la Préface.
VALADE (Diégo) Religieux Efpagnol de l’Ordre de S.François vers l’an 1570, après avoir été Procureur de fonOrdre, fut envoyé par fes Supérieurs aux Indes, y travaillalongtems à la converfion de ces peuples, & fut enfuite rap-pelié en Europe. 11 eft mis au nombre des Savans de fon Or-dre, & a compofé les Livres intitulez, Epitome Magiftri Senten-tiarum ; Rhetorica Cbriftiana. * Eibliotheca Hijpan.
VALAIS (le) en Latin Valefta, païs allié des Suifles quis’étend depuis la fource du Rhône toûjours entre de hautesmontagnes jufques à l’embouchure de ce fleuve dans le Lacde Genève,& a environ 14 lieues de longueur. Il confine versle levant avec le Canton d’Uri, vers le fud avec le Milanez& la Savoye, & vers le couchant & le nord avec le Cantonde Berne. Le haut de fes montagnes nourrit un grand nombrede bétail, & le milieu de fes vallées porte des amandes, desfigues, des grenades, du blé & du vin en abondance. Autre-fois ce païs étoit habité par les Viberiens.les Séduniens & lesVéragriens. Jules Céfar y envoya la 12 Légion & quelque Ca-valerie, fous le commandement de Servius Galba, pour fubju-guer ces montagnards, & pour affûrer, en même tems,le paf-lage en Italie de ce côté là; mais les Habitans fe défendirentfi vigoureufement, que Galba fut obligé de fe retirer. L’Em-pereur Augufte s’y prit plus férieufement, & les mit fous le