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M, Vaillant, qui redoutoit les miféres d’un nouvel efclavnge,avala les médailles d’or qu’on lui avoit rendues à Alger, Uncoup de vent les éloigna prefque aufli tôt du Corfaire, & lesjetta fur les côtes de Catalogne, où ils faillirent à échouer. Ilsvinrent enfuite s'embarafler entre les bancs de fable, qui fontvers l'embouchure du Rhône. M. Vaillant s’étant mis dansl’efquif, aborda lui cinquième au rivage le plus prochain. Ce-pendant les médailles qu’il avoit avalées, & qui pouvoient pe-ler cinq à fix onces, l’incommodoient extrêmement. Il confulta deux Médecins fur ce qu’il avoit à faire. L’accident leurparut finguüer, mais ils ne demeurèrent pas d’accord du remè-de, & dans l’incertitude M. Vaillant ne fit rien, & la naturele foulagea d’elle-même de tems à autre. Il avoit recouvréplus de la moitié de fon tréfor lorfqu’il arriva à Lyon. 11 yalla voir un Curieux de fes amis, à qui il conta fes avantures,& n’oubüa pas l’article des médailles; il lui montra celles quiétoient déjà revenues,& lui fit la defcription de celles qu’il at-tendoit encore : parmi ces dernières étoit un Otbon, qui fittant d’envie à fon ami, qu’il lui propofa de l’en accommoderpour un certain prix. M. Vaillant y confentit pour la raretédu fait, & heureufement il fe trouva le jour même en état detenir fon marché. 11 revint à Paris, prit d’autres inftru-ftions ,repartit,& fit un voyage plus heureux. II pénétra dans le fondde l’Egypte & de la Perfe, où il trouva tout ce qui pouvoitdédommager un Antiquaire de fes peines & de fes fatigues, &d’où il rapporta de nouveaux tréiors. Lorfqu’il plut au RoiLouïs XIV , de donner une nouvelle forme à l’Académie desInfcriptions, en 1701, M. Vaillant y fut d’abord appellé enqualité d’Aflbcié, & eut l’année fuivante une place de Pen-lionnaire, vacante par la mort de M. Charpentier. Au refte,M- Vaillant avoit été marié deux fois, & par une difpenfeparticulière du Pape il avoit époufé fuccefifivement les deuxfceurs; difpenfe d'autant plus finguliére , qu’il avoit eu un en-fant de la fécondé, du vivant de la première: aufli eut-il biende la peine à l’obtenir, & on ne l’accorda qu’à fes inftances &à fes importunitez., & il fut obligé avant que d’en venir là, detravailler pendant quelque tems comme un fimple Manœuvreà l’Eglife de S. Pierre de Rome. Il a eu plufieurs enfans, &fur tout un fils qui fuit. 11 mourut le 23 Oétobre 1706, d’uneapoplex e de fang, dans la 75 année de fon âge. La force defon tempérament fembloit lui promettre une vie encore pluslongue. On a de lui les Ouvrages fuivans, Numifmata Impera-torum Romanorum praftantiora à Julio Cœfarc ad Pojlumum & Ty-rannos; Sckucïdarum Imperium, Jeu Ht florin Regum Syria, ad fidemNumifmatum accommodata, in quarto ; NumiJ'mata terea Imperatorum,Auguftarum, 6? Cefarumin Coloniis, Municipiis, & Urbibus,ju-re Latio donatis,ex omni modulo percujfa, in folio, en deux tomes;NumiJ'mata Imperatorum, Augujlarum & CdJ'arum à populis Roman/edîtionis Gr<ecè loquentibus ex omni modulo percujfa, Paris, 1698, inquarto, ejufdem operis altéra editio recognita , feptingentis nummisauRa, AmfleloJami, 1700, in folio; Hiftoria Ptolemaorum Ægyp-tï Regum ad fidem NumiJ'matum accommodata, Amltelodami, 1701,in folio ; Nummi antiqui Famliarum Romanarum, perpetuis interpre-tatitmibus illuftrati, Amltelodami, 1703, in folio, en deux tomes;Arftcidarum Imperium, ftve Regum Partborum Hiftoria ad fidem Nu-mifmatum accommodata, Paris, 1725, in quarto ; AcbtmenidarumImperium, Sive Regum Ponti, BoJ'pbori , Tbracia, & Bilhyni* Hi-ftoria ad fidem Numijmatum accommodata, Paris, 1725, in quarto',SeleRa NumiJ'mata antiqua ex Fujico Pétri Seguini, cum ipfius Ob-fervationibus, editio altéra auRior, Paris, 1684, in quarto; Sele-Riora NumiJ'mata in are maximi moduli è Mufeo Illuftr. D. Francifcide Camps, illuftrata per D. Vaillant, Paris, 1695, in quarto. Ona outre cela quelques Pièces de fa façon dans les Mémoires del’Académie des Infcriptions & des Belles-Lettres. M. de laMonnoye a mis ces quatre vers au bas du poitrait de M.Vaillant:
Cernitis ! bic vir hic eft fpoliis Orientis onuftusRomanas & 1 opes, Argolüafque vebens.
Tôt colleffa mort cur non monument a vUabant,
Tôt colleRa vetat qui monumenta mon I
* Son Eloge par M. Gros de Boze, dans l’Hiftoirede /’ Académiedes Infcriptions & des Belles- Lettres. Le Père Niceron, Mémoi-res pour J'crvir à l’Hift. des Hommes Illujlres , &c. tome 3. p.
281 0P Juiv. Ménagiana de 1715, tome 4. p. 160.
VAILLANT (Jean François-Foy) fils du précédent, na-quit à Rome le 17 Février 1665, dans le tems que fon père yexerçoit la Médecine, & qu’il s’y appliquoit à la recherchedes Monumens antiques. Après avoir fait fes Humanitez, &deux Cours de Philofophie à Paris, fon père commença à l’i-nitier dans la connoilTance des Médailles, en l’admettant pourfpeélateur du nouveau travail dont il étoit chargé de mettreen ordre les médailles du Cabinet du Roi, & d’en faire le Ca-talogue. Ce fpeftacle donna du goût au jeune Vaillant pourcette forte d’étude, & il y fut confirmé dans le voyage quefon père lui fit faire avec lui en Angleterre, où le Roi lui avoit ordonné de fe rendre, pour acheter des médailles qui yétoient entre les mains de quelques Curieux. Le jeune Vail-lant fit à fon retour fon Cours de Médecine, & pendant qu’ilétoit fur les bancs, il compofa un Traité de la Nature 0P de l'U-fagé du Café, & il trouva encore des momens pour l’étude dela bonne Antiquité. En 1691, il fut reçu Dofteur Régent dela Faculté de Paris;& en i7ol.on l’admit à l’Académie Royaledes Médailles & des Infcriptions,où en différenstems il donnaplufieurs DiJfertations curieufes fur les Médailles. Il compofaaullî une Explication de certains mots abbrégez ou lettres ini-tiales, qui fe trouvent à l’exergue de prefque toutes les médailles d’or du Bas Empire, au moins depuis les enfans du
grand Conftantin jufqu’à' Léon Ifaurien. Son père avoit eudeffein d’y travailler, mais la mort l’en avoit empêché. 11 htencore fur les Dieux Cabires une Diflfertation, par laquelle iltermina fa courfe littéraire, n’ayant eu pendant les deux ansqu’il lurvécut à fon père, qu’une fanté fort dérangée. Il mou-rut le 17 Novembre 1708, en fa 44 année. * Mémoires duTems. Le Père Niceron, Mémoires pour Jervir à l’Hift. des Hom-mes Illuftres, tome 22. p. 234 & juiv.
VAILLANT (Clément) natif de Beauvais, & Avocatau Parlement, eft Auteur de trois Ouvrages fur des matières fiintéreffantes, qu’on ne peut fe difpenfer de lui donner placeici. Le premier elt un Traité de la commodité de l’appanage& panage de Meilleurs les Enfans de France , qui parut àParis en 1598. Le fécond, qui parut la même année, elt in-titulé Opujcules par contre-opinion, &c. où entre autres chofes ils’efforce de prouver que par l’élévation du VaffaI à la dignitéroyale,ces fiefs ne font point unis au Domaine royal; ce qu’ilfoutint fans doute en faveur de Henri IV, qui fe prétendoicen droit d’aliéner les biens dont il jouïffoit, avant que d’êtreparvenu à la Couronne de France, & aux prétentions de quile Parlement n’eut point d’égard. Enfin le troifiéme eft de lafource du Fief ou ancien état de la France, déclaré par le fer-vice perfonnel dû par le VaffaI à fon Seigneur; & de l’état pré-fent de la France: celui-ci ne parut qu’en 1605, & on ne con-noit cet Auteur que par fes Livres.
* VAILLANT (Wallerant) né à Lille en 1023, appritla Peinture à Anvers, & eut pour Maître Erafme Quellinus. Ildevint fort habile à peindre des portraits. Il fit au couronne-ment de l’Empereur Léopold à Francfort,ceux de l’Empereur,de plufieurs Ambaffadeurs, & de Princes d’Allemagne, qui af-filièrent à cette folemnité. Le Comte de Grammont l’emmenaen France & le produifit à la Cour, où il peignit le Roi, laReine Mère, le Duc d’Orléans, & tous les principaux Seigneursde la Cour. Après un féjour de quatre ans en France, il vints’établir à Amfterdam.où il mourut en 1677. *Gr. DiÂ. Univ,Holl. Iioubraken, Théâtre des Peintres des Raïs-Bas.
* VAILLANT (Jacques) frère puîné du précédent, futauffi un habile Peintre. La réputation qu’il s’étoit acquife l’at-tira à Berlin, où il eut l’honneur d’être le Peintre de fon Al-tefle Electorale, qui dans la fuite l’envoya à la Cour de Viennepour y faire le portrait de l’Empereur, duquel il reçut en prê-tent une médaille d’or avec une chaîne du même métal. Aprèscela il retourna à Berlin,où il mourut eftimé de tout le monde.
* VAILLANT (André) Chanoine Régulier de l’Ordrede S. Auguftin au Mont-Saint-EIoy, & Prieur de fon Monafté-re, en a donné l’Hiftoire au Public,avec une lifte de tous fesAbbez. * Valére André, Bibliotb. Belgica, p. 56.
* VAILLANT (Dom Guillaume-Hugues) Bénédiélin dela Congrégation de S. Maur, né à Orléans en 1619, a fait pro-feffion le 18 Septembre 1638, & eft mort le 15 de Mars 1678,âgé de 59 ans. C’étoit un habile Rhétoricien & un bon Poè-te Latin. Il a fait un Poème Latin fur la tranflation du corpsde S. Benoît à l’Abbaye de Fleury, dite S Benoît-Jür-Loire ; troisOdes Latines fur le même fujet.w quarto , en 16631 les Plain-tes de la France fur la mort de la Reine Anne d’Autriche; laRéponfe de l’Efpagne à la France, en vers Latins, en 1663;Un Recueil d’Epigrammes à la louange des Saints de toutel’année, fous le titre de Fafti Sacri,e n deux volumes in oRavo,en 1674, chez Des Prez; les Hymnes à l’honneur des princi-paux Saints de l’Ordre de S. Benoît. Dom Vaillant étoit Profef-feur de Rhétorique à Pont-Le-Voi, lorfqu’il mourut. * Doin.Le Cerf, Bibliotb. des Auteurs de la Congrégation de S. Maur.
VAILLANT (Sébaftien) naquit le 26 Mai 1 669, à Vi-gny, lieu fitué à trois lieues au deffus de Pontoife, de DenysVaillant, Marchand, & de Marguerite Pinl'on, Dès l’âge decinq ans fon inclination naturelle le porta à contempler lesplantes,qu’il trouvoit aux environs de fon lieu natal,& à ramaf-fer celles qui lui paroifToient les plus belles &qui le frappoientdavantage. Non content de cela il en apportoit tous les joursde nouvelles dans le jardin de fon père, qui ne voulant pascontrarier l’inclination de fon fils, ni cependant fouffrir qu’ilremplît fon jardin de plantes fauvages, lui marqua un endroitoù il lui permit de cultiver ces plantes. A l’âge de fix ans, ilfut mis en penllon chez un Prêtre habitué de la ParoiiTe de S.Pierre de Pontoife, pour y apprendre à lire & à écrire, &pour être inftruit dans fa Religion. Le jeune Vaillant employatous fes foins à fatisfaire fon Maître,dont la févérité l’effrayoit;& de peur de n’avoir pas aflez de tems pour apprendre fes le-çons, il mettoit tous les foirs fous fa tête en fe couchant unfoufflet, garni dans fon milieu d’un gros clou de cuivre fortrelevé. Couché fur ce chevet dur & incommode il dormoitmoins, & gagnoit par-là du tems pour étudier. Le Maître a-voit coutume les jours de congé de mener promener fes Eco-liers à la campagne. Vaillant profitant de cette occafion cou-roit de tous côtez, pour découvrir quelques plantes , qu’iln’eût point encore vues. Le père, qui avoit peu de bien, &à qui cette inclination pour les plantes ne paroifToit pas unechofe qui pût être utile à fon fils, voulut qu’il apprît la Mu-fique & à jouer du clavecin, pour être enfuite en état de tou-cher de l’orgue. Il lui donna pour Maître l’Organifte deS. Macloud de Pontoife,& le Difciple profita fi bien de fes le-çons,qu’il fut en peu de tems aflez habile pour toucher l’orgueen fon abfence. Cet Organifte étant mort en 1680, Vaillant,qui n’étoit âgé que de douze ans, fut trouvé capable de luifuccéder, & il remplit fa place avec tant de fuccès, que lesReligieufes Hofpitaliéres de cette même ville le follicitérentde venir toucher leur orgue,lui offrant pour cet effet fa nour-riture & fon logement, ce qu’il accepta avec plaifir. A fesheures de loifir,il alloit dans l’Hôpital voir panfer les malades;