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8 (1740) Lettres SEH - Z
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268 T Y R.

à l’abri de cette infortune. Car nous trouvons dans les Hiftoi-res Phéniciennes, qu’après la mort d’Itobale, qui fut tué à lalin de cette guerre, Baal lui fuccéda au Royaume & régna dixans, & que celui-ci fut fuivi de divers Magiftrats, qui n’é-toient qu’à tems, & qui gouvernèrent fucceffivement la villede Tyr fous le nom de Juges. Il eft fort apparent qu’aprèsla prife & la ruine de l’ancienne Tyr, ceux qui s’étoient re-tirez dans rifle voifine fe rendirent au Roi de Babylone à cer-taines conditions, & que ce Prince leur donna pour Roi Baal.Ce Prince régna dix ans , au bout defquels & la même annéeque Nabuchodonozor reprit fon bon fens, Baal étant mort, ouayant étédépofé, les Babyloniens, pour tenir encore plus lesTyriens dans leur dépendance , mirent le Gouvernement entreles mains des Magiftrats qui n'étoient qu’à tems , & qui au lieudu nom de Roi ne portoient que celui de Suffétes , ou de Ju-ges , nom fort connu chez les Carthaginois, qui étoient defcen-dus des Tyriens: car c’étoit ainfi qu’ils appelloient les pré-miers Magiftrats de leur République. Ce nom eft dérivé dumot Hébreu Sbopbetim , qui lignifie des Juges, & qui eft le mê-me nom que portèrent pendant pluiieurs générations les Chefsfouverains du Peuple d’Ifraël, avant qu’il eût des Rois. Cet-te efpéce de Gouvernement femble avoir fubfifté chez les Ty-riens , jufques au tems qu’ils furent rétablis dans leur prémierétat par Darius fils d’Hyftafpès. L’an 333 avant Jefus - Chrift,Alexandre le Grand aiflégea Tyr. Il démolit entièrement la vieil-le ville pour faire une chauffée qui allât de la terre jufques àPlfle; & quand il l’eut prife il y mit le feu, & fit paffer au filde l’épée, ou mit dans l’efclavage, tous les Habitans. Au facde la ville il y en eut huit mille de tuez , & il fit crucifierdeux mille de ceux qu’on fit prifonniers. Cette ville fe remitpourtant en peu de tems, de forte que l’an 314 avant Jefus-Chrift, elle fe vit en état de réfifter vigoureufement à Antigonus. Cependant elle fut obligée de capituler après quinze moisde fiége. L’Empereur Adrien la fit métropolitaine de la Phé-nicie, en faveur de Paulus Rhéteur, natif de Tyr. Depuis,cette ville fut le Siège d’un Archevêque , fous le Patriarchatd’Antioche, puis fous celui de Jérufalem, après la conquête dela Terre - Sainte par les Chrétiens. Elle eut pour Prélat Guil-laume , qui a écrit un livre de Bello Sacra. Cette ville a étéafliégée deux fois par les Chrétiens; la première en 1112, parBaudoin I, qui après un liège de quatre mois, fut obligé dequitter la place; & la fécondé en 1124, pendant la captivitéde Baudoin II, par les Princes Chrétiens, qui prenant l’occa-llon du Duc deVenife, arrivé en la Terre-Sainte avec unepuilTante flotte , chargée de quantité de Soldats , l’alüégérentpar mer & par terre. La ville étoit extrêmement forte, étantprefque toute environnée de la mer, de rochers & d’écueils,quiy font à fleur d’eau. De ce côté-là elle étoit ceinte d’un dou-ble mur & de fortes tours; & à l’orient, du côté de la terre,trois bonnes murailles la fermoient, avec pluiieurs hautes tours& un large & profond folfé. Deux tours impénétrables gar-doient l’entrée de fon port, & de tous cotez elle étoit flanquéede baftions, avec tant d’avantage, qu’on l’eftimoit la plus for-te place du Levant. Elle étoit d’ailleurs gardée au dedans parles troupes du Calife d'Egypte, qui en avoit deux parties, ôtpar celles du Soudan de Damas, qui poffédoit la troifiéme.Quatre mois & demi de liège s’étant écoulez, les Chrétiens laprirent, & en demeurèrent paifibles pofTeffeurs jufqu’en 1188,que Saladin l’ayant attaquée, employa inutilement tous fes ef-forts pour la prendre; mais enfin le dernier malheur étant tom-bé fur Saint-Jean d’Acre en I29r , les Tyriens furent li épou-vantez des cruautez horribles qu’on y avoit commifes, qu’ilsmontèrent fur leurs vaiffeaux, & abandonnèrent leur ville, queles Infidèles trouvèrent le lendemain toute ouverte. Ils la dé-molirent entièrement, fans lui laiffer une feule marque de fapremière fplendeur. Il y a deux ports à Tyr, dont le plus pe-tit étoit autrefois tout entier au dedans de l’enceinte de la vil-le, & fe fermoit avec des chaînes de fer; mais préfentementil eft tellement gâté, qu’il ne peut plus recevoir que de petitsbateaux. 11 y a dans fon entrée une muraille, où l’on voit degrandes pièces de colomnes rompues, employées pour despierres dans la maçonnerie. L’autre port, qui eft fort vafte,eft au feptentrion de la ville, qui le couvre de tous les ventsdu midi. Il a la côte de Phénicie au Levant ; & vers le Ponantune petite ifle de rochers, qui quoique fort balle, ne laiffe pasde lui rompre la mer entièrement. Cette ville a été la patriedu Philofophe Maxime, appellé communément pour cette rai-fon , Maxime de Tyr. Voyez MAXIME de Tyr. Aujour-d’hui Tyr, qu’on nomme Sur , n’eft qu’un bourg, fous la domination du Turc. * Joféphe, Antiq. Judaiq. I. 3. Eufébe, inCbron. Quinte-Curce, l. 4. Strabon, l. 17. Ferrari, in Lexico.Doubdan, Voyage de la Terre - Sainte, c. 57. Chopin, Voyage dePhénicie. Baudrand, Diü. Géogr.

CONCILES DE TYR.

Les Ariens, qui n’ofoient combattre ouvertement la Foi dtiConcile de Nicée, s’efforcèrent delà renverfer, par la perfé-cution qu’ils firent fouffrir aux Prélats Orthodoxes, & princi-palement à S. Athanafe. Iis l’accuférent de tant de crimes,quepour juger cette affaire, l’Empereur Conftantin le Grand fit af-fembler un Concile â Tyr l’an 335. Les Prélats Hérétiques s’ytrouvèrent les plus puiffans ; & quoique S. Athanafe fe fût af-fez juftifié des crimes dont on l’accufoit, il fut pourtant con-damné , privé de fon Evêché, & banni d’Alexandrie. Ibasd’EJeffe , accufé par quatre de fes Prêtres, de foutenir les er-reurs de Neftorius, fut abfous dans un Concile tenu à Tyr l’an448. Quelques Prélats y tinrent l’an 518 un autre Synode,dont nous avons les Attes dans une Epître qu’ils écrivirent.

TYR.

TYRAMBE ou TYRAMBIS, eft une ville ancien-ne de la Sarmatie Afiatique. Les Géographes tiennent que cet-te ville eft celle de Temruck ou Tomaruck, dans la Circaffie

TYRAN ou TYRANNUS, Doéteur Juif, enfeignoitdans une Ecole particulière à Ephéfe , & dans laquelle faintPaul dffputoit tous les jours fur la Religion Chrétienne : ce quidura l’efpace de deux ans. * Aâes, cb. 19. v. 9.

TYRAN, en Grec Tvpsswaj. Ce terme, dont on trouveles premières traces dans Archilochus & dans Efchyle, lignifiad’abord un Roi ou un Prince en général, & dans la fuite unRoi violent, injufte & trop attaché à fes intérêts. On donnoitprincipalement ce nom à ceux qui ufurpoient un pouvoir ab-folu, dans une République auparavant libre. Selon les loix deSolon, cet attentat devoit être puni de mort, & on avoit la cou-tume en Grèce d’étendre ce fupplice, même fur les enfans descoupables. Mais en échange ceux qui délivroient leur patried’un gouvernement tyrannique , étoient élevez jufques au Ciel.Les Athéniens, par exemple, érigérent des ftatues, & chantè-rent des Hymnes à l’honneur d’Ariftogiton & d’Harmodius, quiavoient tué Hipparque, parce qu’il tenoit trop fortement le par-ti de fon frère Hippias, qui avoit fuccédé dans le gouverne-ment tyrannique, à fon père Pififtrate. Les noms d’Ariftogiton& d’Harmodius parurent fi refpedtables au peuple d’Athènes qu’ilfut défendu de les donner aux Efclaves. Plutarque, dans laVie d’AriJlide, raconte une chofe , qui marque jufqu’où alloicla reconnoiffance des Athéniens pour leur Libérateur, & leurrefpeét pour fa mémoire. Ils apprirent que la petite - fille d’A-riftogiton étoit à c.euinos, où elle vivoit dans un état très pi-toyable , fans pouvoir fe marier à caufe de fon extrême mifére.Le peuple la fit venir à Athènes, & la mariant à un des plusriches & des plus confidérables partis de la ville, il lui donnaen même tems paur dot une terre dans le bourg de Potamos.Les Lacédémoniens ayant une fois vaincu les Athéniens, ceux-ci , au lieu de la forme de gouvernement libre dont ils s’étoientfervis jufques alors , furent obligez de fe foumettre à une Ma-giftrature de trente perfonnes, qui abuférent bien - tôt de leurpouvoir & furent appeliez les trente Tyrans. Thrafybule leschaffa. Il ne faut pas confondre ces trente Tyrans d’Athènesavec ceux qui s’élevèrent dans l’Empire Romain vers le milieudu troifiéme fiécle, & dont il fera parlé cy-deffous. * Efchy-le, in Prometbeo viniïo, & fon Scholiafte. Servius.ad Virgilii Æ-neidos l. 4. v. 320. Corn. Népos, in Mütiade, cb. dernier. Lemême, in Turajybulo. Plutarque, in Arijîide. Cicéron, pro Mi-lone , c. 29. A. Gellius, Nott. An. I. 9. c. 2. Brutus, Epift.ad Cictronem. Diction. Allemand de Bâle.

T Y R A N G I T E S (Les) font des peuples de la SarmatieEuropéenne. Ils étoient compris parmi les Baftarnes qui habi-toient les païs de la Pologne, nommez aujourd’hui la Podolieècla Volhynie. * Audiffret, Geogr. Ane. & Mod. tome 1. /. 2. p.392. édit, de Hollande , 1694.

T Y R A N N I O N, Tyrannio, Grammairien, natif d’Amife,dans l’Afie Mineure, maintenant Sinifo, dans la Natolie, s’ap-pelloit au commencement Tueophrajle ; mais à caufe qu’il tour-mentoit fes Condifciples, Heltiæus , leur commun Maître, lenomma Tyrannion. Il fut Difciple de Denys de Thrace ; &ayant été pris par Lucullus dans la guerre contre Mithridate,l’an 70 avant Jefus - Chrift, il fut donné à Muréna, à condi-tion qu’il ne feroit point traité comme Efclave Cependant Mu-réna le regardant comme tel, crut beaucoup faire de l’affran-chir. Tyrannion fut mené à Rome, où il enfeigna long tems,& amaffa de grands biens : il mourut fort vieux , miné & con-firmé de la goutte. Strabon , le fils & le neveu de Cicéron,furent Difciples de Tyrannion; & ce Grand Orateur fe fer-vit de lui pour mettre en ordre fa bibliothèque. Tyrannionfit un livre, que Poinponius Atticus admira. * Suidas. Bayle,Diàion. Critiq.

TYRANNION, natif de Phénicie , s’appelloit aupara-vant Diocle, & prit le nom de fon Maître Théophrafte fy-rannion. Il fut mené captif à Rome, après avoir été pris dansla guerre d’Oétavius, nommé depuis Augujle , avec Marc - An-toine, vers l’an 29 avant Jefus Chrift. Dymas, Affranchi deCéfar, l’acheta; enfuite de quoi Tyrannion tomba entre lesmains de lérentia, qui avoit été femme de Cicéron, laquellele mit en liberté. Il enfeigna publiquement à Rome , & com-pofa pluiieurs livres d’Humanitez; un entre autres, pour prou-ver que la Langue Latine defeendoit de la Langue Gréque. *Suidas. Bayle, ûiü. Crit.

TYRANNION (Saint) a été le plus célébré des Mar-tyrs qui fouffrirent la mort pour Jefus • Chrift en Phénicie, &principalement à Tyr, dans le tems de la perfécution de Dio-clétien. 11 étoit Evêque de Tyr, & étant en cette qualité l’ob-jet principal de la haine des Payens, il fut des premiers arrê-tez , & parut à la tête des Chrétiens au Tribunal des Juges. IIfut expofé avec eux aux bêtes féroces, qui les épargnèrent,& qui déchirèrent ceux qui les avoient lâchez. Tyrannion animatoûjours ces Confeffeurs, qui furent auiîî ■ tôt percez à coups d’é-pée. Pour lui, il n’eut pas le même fort, il relia en prifon, &fix ans après, fut conduit de Tyr à Antioche , avec faint Zé-nobe, Prêtre de la ville de Sidon. Il y confeffa de nouveaula Foi de Jefus - Chrift, & fut précipité dans les eaux dei’Oron-te. On fait mémoire de lui au 20 février. * Eufébe, Hijt. I.8« c, 7. & 13.

* T Y R A n’n ü S, Garde d’Hérode, Roi de Judée. Cher-chez l’article deJUCUNDUS.

TYRANS (Les Trente) nom qui fut donné aux Gouver-neurs des Provinces de l’Empire Romain , aux Généraux & âquelques - autres, qui, fous le régne des Empereurs Va!érien&Gallien, s’érigèrent en Souverains des Provinces qui leur étoientconfiées - vers l’an de Jefus - Chrift 2 60. Chacun d’eux fe fit

pro-