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8 (1740) Lettres SEH - Z
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e66 TUT. TUV. TUY. &c.

achat, il a deux jours entiers pour le remettre au Vendeur.Comme cette ville étoit autrefois remplie de Payens, il y avoituntemple d’idoles, avec un char de triomphe d’une grandeurfi extraordinaire, que vint chevaux n’auroient pu le remuer.11 étoit tiré dans les jours de Fêtes par des éléphans & par ungrand nombre d’hommes. Au plus haut du chariot on voyoïtun fuperbe tabernacle où étoit l’idole : les femmes du Roi pla-cées au deffous chantoient quelque chofe à fa louange : & pen-dant que le charmarchoit, plufieurs fe coupoient des morceaux dechair, & les jettoient à l’idole. Il y en avoit même qui fe met-toient fous les roues, afin d’être écrafez, & ceux-là étoientrëputez pour Saints. * Davity, Etats du Roi de Portugal.

T U T U L I N E , Tutulina, Déeffe adorée des Anciens Gen-tils, étoit invoquée dans leurs prières pour la confervation desmoiffons déjà recueillies, afin qu’elles pufïent être gardées enfureté , tuto , d’où vient le mot de Tutuline. C’étoit une deces Divinitez, que les Payens appelloient à leur fecours dansles fouffrances, & que les Grecs nomment SwTîjps? & les La-tins Dii Tutelares ou Securi. On voit encore à Rome dans lepalais des Urfins cette Infcription, Dits fecuris. * Nonius. Ma-crobe. S. Auguftin, de Civit. Dei, l. 4.

T U VE R. Foyez TWERouTff E'R E.

TUY, ville épifcopale de la Galice, bâtie fur une monta-gne, dont le Minho mouille le pié, avec de bons remparts, defortes murailles, & beaucoup d’artillerie. On y tient toûjoursgarnifon , parce que c’eft une place frontière, oppofée à Va-lencia, qui eft dans le Portugal. Ces deux villes font fi prochesl’une de l’autre, qu’elles peuvent fe battre à coups de canon.L’Evêque ell Seigneur de la ville , dont la campagne eft tres-agréable & bien cultivée. * Colménar, Del. d’Efpagne-,p. 130.

T W E. T W I.

TYA, T Y B. TYC. TYD,

enfin, qui en tirèrent cette conféquence qu’il étoit plus proprsà décider les controverfes de l’Ecole que des matières de la na-ture de celles dont il s’agifloit alors. Dans le ttms qu’il étoitdans cet emploi, il fut aufll nommé un des Minijlres en J'econdde l’Eglife de Saint André à Holburn près de Londres. Il mou-rut à Holburn en 1645, âgé de 71 ans , & fut enterré le 24 juil-let. 11 avoit la réputation d être bon Prédicateur, & encoremeilleur Controverfifte. En effet il étoit fort verfé dans laThéologie, pénétrant, & exaét; & il eft, peut-être, celui quia pouffé le plus loin la fubtilité. Il employa une bonne partiede fon loifir & de fes talens aux controverfes de la moralité dutSabbat : il tenoit pour l’affirmative. Il étoit encore plus atta-ché à l’article de la Prédeftination qu’il défendit avec une vé-hémence extrême, non feulement félon les fentimens ordinai-res des Réformez; mais félon ceux des Supralapfaires les plusrigides. C’eft ce qui donna occafion à quelques difputes entrelui & les Dofteurs Jackfon & Hammond. Quelques-uns le re-gardoient comme le plus zélé défenfeur de la Prédeftination ab-solue contre tous les Pélagiens, & d’autres au contraire regar-doient fes fentimens comme blafphématoires. Ce qu’il y ade certain c’eft qu’il eut très peu de Seiftateurs pendant fa vie,& qu’il en a encore beaucoup moins aujourd’hui. Voici la li-fte de fes Ecrits, Vindicice Gratis, Potejlatis £? Providentiæ Dei,in folio ; Difcovery of Dr. Jackfons Vanity ; Quatuor Dijfertatio-nes de feientia media, in folio; Of tbe Morality of fourtb Commen-dement ; Treatife of Réprobation ; Animadverjiones ad CollationemArminii cum F. funio; Riches of Gods Love, &c. Two TraÜsagainjt D. Hammond ; Scriptures fufficiency ; Cbrijlian Sabbat de-fended. * Wood, Hijl. & Athènes Oxonienf. Dlüion. Allemandde Bâle.

TYA. TYB. TYC. TYD. TYII. TYL. TYM. TYN. &c.

T W E' D A L E ou T W E' D AI L, en Latin Tuedia & Tue-davallis, eft une province d’Ecoffe, ainfi appellée de la ri-vière de Twéde, qui la coupe par le milieu. Ell a environ 28milles de long & 18 de large. Elle eft entre les provinces deLothiane & de Cluydefdale ou Cluyfdail, & eft l’une des plusriches & des plus fertiles de l’Ecoffe méridionale. Le trafic quefes peuples font de leur beurre & de leurs fromages, eft d’ungrand rapport pour eux, outre qu’on en tire une très-grandequantité de laine fort recherchée dans les païs étrangers. Pé-blis & Selkirk font les bourgs royaux de cette province. Cedernier a titre de Comté. * Audiffret, Géogr. Ane. c? Mod. tome 1.

Le lac que l’on appellé Weft-Water-Lake, eft tellement rem-pli d’anguilles & d’autres poiffons au mois d’août que le nom-bre prodigieux qui en fort, par une petite rivière, lorsque levent d’Oueft régne, renverfe quelquefois les petits bateaux deceux qui y vont pour les prendre. Twédale donne le titre deMarquis à une branche de l’ancienne & noble famille de Hay,Comté d’Errol. Etat de la Grande Bret. fous George II. tome 2.p. 235.

T W E' D E, en Latin Tueda, Tueftis & Tuæjis , rivière del’Ecoffe, defeend des montagnes de ce Royaume vers les confinsd’Annandale & fait plufieurs détours , avant que d’arriver aubourg de Carre, où il en fait les limites avec l’Angleterre. Cet-te rivière , groffie des eaux du Till & de celles du Péblis, vafe décharger dans l’Océan au deffous de Barwick, après avoirtraverfé le païs de Twédale & de Merche , & le Comté deNorthumberland. * Coulon, Defcript. de l’Angleterre. ,

TWENTE, contrée de l’Overiffel, une des Provinces-Unies des Païs-Bas. Elle eft entre le Païs deSalland, l’Evê-ché de Munfter, & les Comtez de Zutphen & de Benthem.C’eft un païs plein de marais. Oldenzael ou Oldenzeel, Oot-merfom ou Otmarfum , Delden & Enfchedée, en font les lieuxprincipaux. * Maty, Dift. Géogr.

T W E R ou T W E'R E, en Latin Tavera, ville, Evêché &Duché de Mofcovie. Cette ville eft très - riche & fort marchan-de , ornée de 163 églifes. La province qui compofe ce Du-ché, fournit feule 40000 Boyars ou Gentilshommes, qui fontprêts à monter à cheval au premier ordre du Czar, & pour lemoins un aufll grand nombre de gens de pié. C’étoit ancienne-ment un Etat très floriffant de la Ruffie, dont les Princes de-feendoient du Grand Duc Jéroflas Sevolodies. Le Prince Mi-chel en fut dépouillé par Jean, fils de Bafile l’Aveugle, mari defa tour qui unit cette Principauté à la Mofcovie en i486. *Jordan, Foyages Hiftoriques, tome 7. Maty, Dict. Géogr. Th.Corneille, Diü. Géogr.

TWISSE, (Guillaume) fameux Théologien Anglois.iffude parens Allemands, naquit à Speenhainlands près de Newbu-ry en Berkshire. Ses parens étoient d’un rang fort peu confi-dérabie; mais affez bien pourvus des biens de la fortune. Aprèsavoir commencé fes études au Collège de Winchefter , il futenvoyé dans le nouveau Collège à Oxford , dont il fut reçuMembre en 1598. Il y prit le dégré de Maître - ès - Arts & lecara&ére de Miniftre. En 1614 , il obtint le dégré de Do&euren Théologie, fuivit, en qualité de Chapelain, laPrinceffe Eli-zabeth, fille de Jaques I, en Allemagne, & eut par là occafionde faire connoiffance avec les Théologiens de ce païs-là. A fonretour il accepta la Cure de Newbury, au lieu de la charge deReéteur de Newton-Longevill, qu’il avoit eue auparavant. Onlui offrit divers autres emplois & entre autres la Chaire dePro-feffeur en Théologie à Franecker ; mais il les refufa tous. Aucommencement de la guerre inteftine en 1641 & 1642, il fe dé-termina pour le parti des Presbytériens, & fut nommé Orateurdans l’affeinblée des Théologiens. Il parla fort peu dans cettefonction ce que les uns attribuèrent à une grande modeftie,d’autres à un manque de zélé pour la caufe commune; & destroifiémes à une diminution réelle de fes talens. Il y en eut

T Y. NB. Ce que l’on ne trouve par fous T Y, doit fe cher-cher fous TI.

T Y A N A. Foyez T I A N A.

TYB El N, en Latin Duinum , ville du Cercle d’Autri-che en Allemagne.

T Y B IL E' N E, Tybilenus, eft le nom d’un Dieu des Sa-xons. Ces peuples, qui comme les Sclavons, reconnoiffent unbon & un mauvais Dieu , appelloient le mauvais Dieu Tybiléne.Beatus Rhenanus & quelques Savans croycnt que Tertullien ,dans fon Apologétique , c. 24. parle de ce Dieu, & qu’il eft celuiqu’il appelle Norici Tybelenus. Pithou , Baudouin , & aprèseux Pamélius, fondez fur deuxManufcrits des Païs - Bas , & undu Vatican, veulent qu’on life Norici Belenus, qui eft un fur-nom d’Apollon. D’autres lifent Dius Belenus. l)’où l’on peutinférer que Tybilenus n’étant point connu^ on auroit peut-êtrechangé ce nom en Belenus, qui l’étoit plus. *F’abricius, Origin.Saxon. I. 1. Aithamerus, in Comment. Taciti de Germania. Vos-fius, de Idolol. I. 1. c. 38.

T Y B R E. Foyez TIBRE.

T Y B U R N, anciennement nommée Elms, eft une placeà 400 ou 500 pas hors de Londres où l’on exécute les malfai-teurs. Comme un grand nombre de Catholiques ont perdu lavie fur cette place, ceux de leur communion l’ont regardéecomme étant digne d’y aller en pèlerinage. La Reine Henriet-te Marie y en lit un en 1626 , au grand mécontentement deCharles I, fon époux. * Tbe Compleat Hift. of Engl, tome i.p.213. tome 3. p. 27. Diction. Allemand.

T Y C H E', Nymphe marine, fille de l’Océan & de Téthys.C’eft le nom de la Fortune, peut-être à caufe des dangers quife rencontrent fur mer, où la fortune domine le plus. * An-tiquit. Gréq. è? Rom.

T Y C H E’ S , Dieu domeftique des Egyptiens. CherchesANACHIS.

TYCHIQUE (Saint) Difciple de faint Paul, étoit de laprovince d’Afie. On ne fait s’il étoit Juif ou Gentil lorsqu’ilfut converti à la Foi de Jefus- Chrift. 11 fut fort attaché à cetApôtre, qui l’appelle fon cher frère, un Miniftre fidèle duSeigneur, & le Compagnon de fon travail. On voit que cetApôtre fe fervoit de lui pour envoyer fes lettre?, & même pourdonner des avis aux églifes. Il avoit deffein de l’envoyer dansrifle de Crète à la place de Tite, & à celle d’Ephéfe en l’ab-fence de Timothée, pour gouverner ces églifes. On n’a pointde monumens certains qui nous apprennent ce qu’eft devenudepuis Tychique. Quelques Grecs difent qu’il fut Evêque deColophon; d’autres le font Evêque de Chalcédoine : il y en aqui croyent qu’il n’a jamais été que Diacre. L’Eglife Gréque faitmémoire de lui au huitième ou neuvième de décembre, les an-ciens Martyrologes Latins au 19 d’avril, & le Romain moderneau 29 du même mois. * Actes des Apôtres, cb. 20. v. 4 : Epi -tre de S. Paul aux Epbéftens, cb. 6 . v. 21 : aux Coloffiens, cb. 4.v.~i : à Timothée, Epitre 2. ch. 4. v. 12 : à Tite, cb. 3. v. 12.A ut a apud Bollandum. Tillemont, Mémoires Ecclef. tome 1.TYCHO B R A H E'. Foyez T I C H O B R A H E'.TYCKOCZYN, petite ville avec Châtellenie en Po-logne, dans la Polaquie, furleNarew, à treize lieues de Biels-ko, vers le feptentrion occidental. Tyckoczyn eft forte, prin-cipalement par fa fituation dans un marais. * Mat y, Dict. Géogr.

TYDE'E, Tydeus , fils d’Oenée, Roi de Calydon dansl’Etolie, & d’Eurybée ou d’Althée, ayant été chaffé du païs,pour avoir tué fans y penfer , fon frère Ménalippe, fe réfugiavers Adrafte, Roi des Argiens, qui lui donna fa fille Déïphileen mariage. Polynice, qui avoit époufé Argie, tour de Deï-phile, avoit envoyé Tydée vers Etéocle, pour le fominer delui rendre le Royaume de Thébes, fuivant leur accord. Tydéeen ayant été mal reçu, le défia avec tous ceux de fa trou-pe, à toute forte de combats, dans lefquelsil les vainquit. Les

Thé-