Druckschrift 
8 (1740) Lettres SEH - Z
Entstehung
Seite
424
Einzelbild herunterladen
 

424 S Y N.

tffuiv. Jurieu, Hijloire des Dogmes, &c.p. 123. Bafnage, Hijl. 1des Juifs, àffuiv. tome 3. p. 539 & c - Voyez OISEUX DELA SYNAGOGUE. ,

S YNAXAKION, eft le nom d’un livre eccléiiaftique desGrecs, où ils ont recueilli en abbrégé la Vie de leurs Saints, &où ils expofent en peu de mots le fujet de chaque Fête. Ce li-vre eft imprimé, non feulement en Langue Gréque ordinaire,mais aufli en Grec vulgaire; car on en a fait une Veriion en cet-te Langue, afin qu’il fût lu du Ample peuple. Il y a bien deschofes fauffes dans ce livre, qui a été augmenté; & l’on peutvoir dans les deux Differtations que'Léo Allatius a compoféesfur les livres eccléfiaftiques des Grecs, ce qu’il dit contre Xan-thopule, qui a inféré beaucoup de fauffetez dans les Synaxares.C’eft pourquoi l’Auteur des cinq chapitres du Concile de Floren-ce, attribuez au Patriarche Gennadius, rejette ces additions deXanthopule, & aiTûre que ces fortes de Synaxares, qui fontremplis d’erreurs, ne fe lifent point dans l’Eglife de Conftanti-nople. Il faut remarquer qu’on trouve au commencement ou àla fin de quelques Exemplaires Grecs manufcrits du NouveauTéfiament, des indices ou catalogues, appeliez aufli Synaxaria ,qui répréfentent les Evangiles qu’on lit dans lesEglifes Gréquespendant les jours de toute l’année: ce qui eft tiré de leur Evan-géliftaire, qu’on a accommodé aux Evangiles, marquant au hautdes pages les jours que chaque Evangile fe doit lire; St par cemoyen on fupplée au livre de l’Evangéliftaire.

SYN CELLE, Officier de l’Eglife de Conftantinople,étoitJe Clerc qui demeuroit continuellement avec le Patriarche. Ily en avoit plufieurs qui fe fuccédoient, dont le premier s’appel-loit le Proto - Syncelle, qui étoit le témoin de toutes les aftionsdu Patriarche. Cette charge a commencé a être établie dans leneuvième fiécle. Ces Proto-Syncelles, comme les Archidia-cres de Rome, avoient beaucoup de part au Patriarchat, quandil devenoit vacant. Les autres Patriarches, & même les Evê-ques, avoient des Syncelles, & l’on a même donné ce nom iquelques Officiers de Rome ; mais il y a longtems qu’il n’y en aplus en Occident, & que ce n’eft qu’un vain titre en Orient.

* Zonaras, Annal, tome 3.

S Y N C H U N. Voyez S U C C U I R.

SYN CLE’TIQUE, Vierge illuftre par fa fainteté, na-quit de parens'originaires deMacédoine; mais qui vinrent s’éta-blir à Alexandrie en Egypte. Après leur mort, elle donna fonbien aux pauvres, & fe retira dans la folitude, où elle eut laconduite d’un grand nombre de filles, aufquelles elleenfeignala perfeétion de l’état religieux, par fes inftruétions & par fesexemples. Elle vécut auprès de fainte Bafilifle, qui forma uneCommunauté de Religieuses vers la fin du troifiéme fiécle: c’eftpourquoi elle ne fut pas la première qui établit un monaftére defilles; mais elle donna d’excellentes inftruétions aux Vierges, &elle eft mife pour ce fujet en parallèle avec faint Antoine. Lors-qu'elle voulut quitter le monde, elle fe coupa les cheveux enpréfence d’un Prêtre; car en Egypte & dans la Syrie, les fillesou les veuves qui fe vouoient au fervice de Dieu, fe privoientde cet ornement, & prenoient un voile. C’étoit ordinairementla Supérieure du monaftére, ou quelques Religieux, dont onconnoiffoit la vertu, qui leur coupoient les cheveux. Elle mou-rut âgée de 83 ans. L’Original Grec de la Vie de cette Sainte,g’étoit perdu dans l’Occident. Le Cardinal Baronius l’ayantcherché fans le trouver, déplora cette perte. Cependant on l’afinalement découvert dans la bibliothèque de l’Efcurial du Roid’Efpagne, & il a été traduit en Latin par les foins de DavidColville, Ecoflois. C’eft fur cette Traduélion Latine que M.Arnaud d’Andilly a fait fa Traduélion Françoife, inférée dansle fécond volume des Vies des Pères du défert. Il ne faut pas con-fondre cette Sainte avec fainte Apollinaire Syncle'tique, la-quelle ayant pris un habit d’homme, s’en alla dans le défert deScétis , & y fervit Dieu dans le monaftére de faint Macaire d’A-lexandrie. Toute cette Hiftoire eft tirée de la Vie de cetteSainte , attribuée à faint Athanafe ; mais qui fûrement n’eftpoint de ce Saint, & qui approche fort de la Fable. On faitnéanmoins la Fête de fainte Synclétique au cinquième de jan-vier. * Bolland, cinquième janvier.

SYN CRE'T I S T E S : c’eft ainfi qu’on nomme ceux quiveulent réunir différentes Religions enfemble, ou du moins éta*blir la paix & l’amitié entre ceux qui, en matière de Religion ,ont des fentimens différens, même en ce qui regarde les articlesfondamentaux. Quoique ce nom pourroit aufli défigner une per-fonne qui travailleroit à concilier des Philofophes qui ont desfentimens oppofez, on ne l’employe cependant que pour des af-faires de Religion. On en déduit l’origine des Crétois, qui,quoique défunis entre eux, fe réünifloient, aufli-tôt qu’un en-nemi étranger vouloit les attaquer, pour luiréfifter tous enfem-ble. Cette union cependant ne durait entre eux qu’autant quela guerre contre l’ennemi commun; laquelle étant terminée, ilsrecommençoient à tourner leurs armes les uns contre les autres.On donna donc aufli le nom de Syncrétiftes à ceux qui cher-choient à réunir diyerfes Religions, fans qu’aucun des partisfût obligé d’abandonner entièrement fes fentimens. Il n’y a pasde doute que de tout tems il n’y ait eu des perfonnes qui ont tâ-ché de réünir la lumière avec les ténèbres & la vérité avec leserreurs. L’Hiftoire du peuple d’Ifraël nous en fournit des exem-ples mémorables. Jéroboam, Roi d’Ifraël, établit un culte ido-lâtre à Dan & à Béthel, fans rejetter cependant publiquementle vrai culte rendu à Dieu à Jérufalem; croyant fans doute queles deux pourraient fubfîfter enfemble. Les Samaritains nousfourniflent aufli un exemple d’un Syncrétifme déteftable; car leRoi d’Aflyne ayant emmené le peuplé d'Ifraël & rempli les villesde Samarie d Habitans Payens, l’Eternel envoya parmi eux deslions qui les déchiraient. Les Idolâtres attribuoient cet évé-nement à leur ignorance du culte du Dieu du païs : c’eft pour-

S Y N.

quoi le Roi d’Aflÿrie leur envoya un des Sacrificateurs captifs,lequel s’étant établi à Béthel leur enfeigna comment il talioitcraindre l’Eternel. Nonobilant cela, chaque peuple confeiva fesidoles, & ils prétendoient cependant fervir en même tems le vraiDieu & les fauffes Divinitez. De là eft venu , que le Syncréti-fme eft fouvent nommé le Samaritani/me. Comme donc depuisTefus ■ Chrift, il s’eft élevé un grand nombre de Controverfes deReligion , on n’a jamais manqué de perfonnes qui ont tâché denégocier entre les partis oppofez une union préjudiciable à lavérité. Dans l’Eglife naifiante, il fe trouva de faux Apôtres,dont le but étoit de réünir le Judaïfme avec le Chriftianifme, &de conferver fous l'Evangile, l’obfervation de la Loi de Moïfe.D’autres ont tâché d’allier le Chriftianifme avec le Paganifme, &la doflrine de la Vérité éternelle avec les erreurs des PhilofophesPayens. Lorsque l’Eglife fut fur tout inquiétée par les Ariens,les Neftoriens & les Eutychiens dans le quatrième fiécle & danslesfuivans, ilfe trouva plufieurs particuliers, qui propoférentdes projets de réünion. On rapporte ici 1 ’Heiwticum ou 1 ’Epltrtde pacification que l’Empereur Zénon publia en 483, pour réu-nir, à ce qu’il difoit, les efprits émus par le Concile de Chalcé-doine. Car quoique dans cette Epître on n’avançât que la vrayedoétrine de l’Eglife, tirée des Symboles précédens, & des îzAnathèmes de S. Cyrille, le grand but en étoit pourtant d’abo-lir le Concile de Chalcédoine & de réünir les Eutychiens avecles Orthodoxes. Vers le commencement du fixiéme fiécle l’Em ■pereur Anaftafe I entreprit la même chofe, s’en rapporta à l’Hé-noticum de Zénon & exerça une grande févérité contre ceux quis’oppofoient à fes projets de paix & de réünion. Dans les temspoftérieurs on a de fois à autres vu des gens qui ont travaillétantôt à réünir les Luthériens avec les Catholiques Romains &tantôt les Réformez avec les Luthériens. D’autres encore al-lant plus loin, ont voulu réünir toutes les différentes Seétes, quife difent Chrétiennes ; mais on a fur tout travaillé à réünir lesRéformez avec les Luthériens, parce que l’on a cru, & avec rai-fon, que ces deux partis conviennent entre eux des articles fon-damentaux. Paræus, Duræus & d’autres, ont montré un grandzélé pour cet ouvrage, & ont évité avec foin de prendre le nomde Syncrétiftes, qui, depuis longtems, eft devenu odieux &ne fignifie prefque plus qu’un Solliciteur de réünion préjudicia-ble. Mais ceux qui étoient oppofez à cette réünion n’ont pasmanqué de leur donner le titre de Syncrétiftes. Les Théolo-giens de Helmftadt & tous ceux qui difoient avec George Calix-te que les Catholiques & les Réformez étoient du même fentî-ment dans les articles fondamentaux avec les Luthériens , &qu’ainfi la réünion pouvoit avoir lieu entre ces trois partis, fu-rent fur tout défignez par le nom de Syncrétiftes. Calovius,Hulfemannus , Dorfchaeus, Danhauerus & plufieurs autres fefont oppofez à eux dans leurs Ouvrages. * Plutarque, de Am-re fraterno. Suidas, in voce Creta. Athénée, Deipnofophifiarum ,l. 3. Evagre, Hijl. Eccl. I.3.C. 14. Paul Diacre, Hijl. Mifcell.I. 15. Nicéphore,/. 16. c. 35. Rango, in Hijl. Syncretijmi a mun-do condito. Calovius, in Hifioria Syncretijl. DiB. Allemand. Hijl.de l’Edit de Nantes, où l’on voit les efforts & les menées de plu-fieurs Eccléfiaftiques & Laïques pour la réünion des Religions.

SYNERGISTES: c’eft ainfi que l’on nomma au XVIfiécle quelques Théologiens d’Allemagne qui trouvant trop durel’hypothéfe de Luther fur le Franc Arbitre, enfeignérent que laGrâce de Dieu ne convertit point les hommes fans la coopérationde la volonté humaine. Ce fut le cinquième Schifme qui s’éle-va dans la Communion des Luthériens. Mélanchthon en jetta lesfondemens, car Viftorin, Strigélius, & quelques autres Miniftresqui avoient de la déférence pour fon autorité, firent attention àcertaines phrafes qu’ils trouvèrent dans fes livres, & qui don-noient beaucoup de forces à la volonté de l’homme. C’eft pour-quoi ils foutinrent que les forces nouvelles du Franc Arbitreconcouroient avec la Grâce dans la.converfion du Pécheur.George Major, Paul Eber, Paul Crellius & Piperin furent lesautres principaux Défenfeurs de ce parti, & ils furent perfécutezpar la faftion d’Illyricus. Il eft certain que Mélanchthon ne s’ac-commodoit point de la méthode de Luther & de Calvin fur lesmatières de la Grâce, qui lui paroiffoit trop rigide, & l’on allé-guerait en vain , comme une preuve de fon accord avec eux,quant à cet article, les louanges immenfes qu’il donnoit à leurpiété ; car c’étoit un homme qui favoit fort bien éviter les mau-vaifes fuites de la préoccupation. Il croyoit qu’on pouvoit er-rer par de bons motifs. * Micrælius , Syntagma Hijl. Ecclef.Bayle, DiB. Crit.

SYNESIUS, Evêque de Ptolémaïde ou de Cyréne, étoitun des plus doétes & des plus éloquens Prélats du cinquième fié-cle. Il avoit été Difciple de la fameufe Hypatia d’Alexandrie ,fille de Théon, & faifoitprofefllon de la Pbilofophie de Platon.Comme fes mœurs étoient très-innocentes, les Fidèles lui per-fuadérent de fe faire Chrétien. Il étoit marié, & avoit quatrefilles, qu’il fe donna lui - même la peine d’inftruire. L’an 400,il fut envoyé à Conftantinple, & y compofa ce Traité fi judi-cieux & fi favant, qu’il a intitulé De la Royauté, qu’il préfentaà l’Empereur Arcadius, avec des couronnes d’or, qu’il portoitavec les Députez de fa province. Peu de tems après il fut faitPrêtre; & l’Evêque de Ptolémaïde étant mort en 410, il fut élupar le peuple pour fon fucceffeur, & fut confacré par Théophi-le d’Alexandrie. Son amour pour le repos & pour l’étude, luifit refufer autant qu’il put cette dignité. Dans la lettre qu’ilécrivit à fon frère (c’eft la 10s.) il fe dépeint comme un hommeincapable de ce rang; car il s’accufe d’aimer le jeu & la chafle:il protefte qu’il ne veut pas quitter fa femme ; & il ajoûte qu’ilne laiffera jamais fes opinions, qui n’étoient pas conformes auxfentimens de l’Eglife. Baronius dit qu’il parloit de la forte, pourrejetter l’élévation qu’il appréhendoit. D’autres affurent avecles Anciens, qu’il étoit véritablement dans ces fentimens, non-