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obftant lefouels il fût ordonné, dans l'efp^ance qu'étant Evê-
que, ii fe conformeroit aux fentimens delEglife: 1 année lui-vante il célébra un Concile. Nous ne favons pas précifément letems de fa mort. Son frère Evoptius lui fuccéda i l’Epifcopat.Le Père Denys Pétau a publié les Ouvrages de Synefius l'an 1622& 1633, avec de favantes Remarques, & la Vie de ce Prélat.Ses livres ne font pas en grand nombre; mais en récompenfe ilsfont extrêmement travaillez. Outre le Traité de la Royauté,dont nous avons parlé, il y a celui de la Providence en deuxlivres, qui eft plus Oratoire que Chrétien. Ses 155 Epîtres fontélégantes & fpirituelles. Les autres font, Dio feu devitœfux ra-tione; Calvitii Encomium; Cataftafis in Barbarorum excurftonem;Ca-taftafis in huilent Anyjii; De dono AJlrolabii; des Homélies quifont parfaitement belles. Nous avons parmi les Oeuvres de cetEvêque, dix Hymnes de fa façon, par lefquelles il a montrécombien il eft facile d’exprimer en vers, & d’inünuer par cemoyen dans les efprits, ce que la Théologie a de plus élevé, &la piété de plus tendre. Tout Chrétien ôc tout Philofophe qu’é-toitSynefius, il ne pouvoit s’imaginer que l’efprit humain pûtabfolument fe pafifer de plaifîrs ôc de divertilTemens. Il croyoitque Dieu avoit attaché l’ame au corps par le fentiment du plai-fir, afin qu’elle ne s’ennuyât pas d’un fardeau fi pefant 6c fi peuproportionné â fa nature intelleftuelle. Or le plaifîr le plus in-nocent qui rabaiffe le moins la dignité de l’ame, & qui lui laiffele plus de liberté de s’élever vers le Ciel, c’eft, félon Synefius,celui qu’on goûte dans l’étude de la Philofophie ôc des autresconnoilîances humaines. Mais quoique cet Evêque ait préten-du renfermer dans fes Vers les Maximes de la Théologie ôc lesfentimens de la piété Chrétienne, ils ne font pourtant pas en-core entièrement exemts de cet air de la Philofophie Payennequ’il avoit contracté avant fa converfion. Il a inféré dans fesHymnes des manières de parler ôt de penfer qui font encore tou-tes Platoniciennes & toutes Pythagoriciennes; 6c la nécelfité degarder la inefure des vers, ne lui a point permis d’être aulïï exaétfur la Trinité, qu’un Théologien qui écriroit en profe. * Eva-gre , Hijl. I. 1. c. 15. Jean Mofch, Prat. Spirit. c. 195- Photius,Bibliotb. Cad. 26. Suidas. Nicéphore. Baronius. Bellarmin. Go-deau. Poftevin & Pétau, in Notis adSynefmm. Louis Thomaifin,de la Manière d’étudier d’enfeigner chrétiennement les Poètes, pré-face. Joan. Maria Brafichellanus, in Decr. Sac. Congreg. Indic.Expurg. Philippe Labbe, Dijfert. de Scriptor. Ecclef. tome 2.
SYNNADE, ville de Phrygie, fut le lieu où quelquesPrélats s’aftemblérent vers l’an 235. Ils déclarèrent que le Ba-tême conféré par les Hérétiques étoitnul, & qu'il le falloit denouveau adminiftrer à ceux qui fortoient de leur erreur. * Eu-'fébe, Hifl. I. 7. Baronius, in Annal.
SYNODES NATIONAUX DES EGLISESREFORMEES DE FRANCE. C’eft ainfi qu’on aappellé ces affembiées eccléfiaftiques formées des Miniitres Sedes Anciens que les provinces, où il y avoit des Religionnai-res, avoieftt nommez pour cet effet dans les Synodes Provin-ciaux. Le Synode National tenu à Paris en 1565, régla quechaque province n’envoyeroit que deux Miniitres 6c deux An-ciens; mais le Synode National de Montpellier, affemblé en1598, ordonna qu’on feroit choix de trois ou quatre Miniitrespour les députer , afin que fi quelqu’un étoit empêché, les au-tres puffent au moins fe trouver au Synode. Les Réformez onttenu en France 29 Synodes Nationaux, depuis l’an 1559» juf-ques à l’année 1659.
I. Le premier fe tint à Paris le 25 mai 1559, aux fauxbourgS. Germain. François Morel, dit de Collonges, Miniftre de l’é-glife de Paris, préfida. Une affemblée faite à Poitiers l’annéeprécédente, où fe trouvèrent quelques Miniitres 6c entre autresAntoine de Chandieu, un des Miniitres de l’églife de Paris, for-ma la première idée de la néceffité des Synodes Nationaux, pourrégler la Difcipline eccléfiaftique. Ce fut dans le premier Syno-de National que l’on dreffa la Confeflion de Foi en 40 articles,& un projet de Difcipline qui fut fouvent retouché par les Sy-no les fuivans. L’édition procurée par J. d’Huiffeau, Miniftrede Saumur, eft la plus complette. On peut joindre à cet Ou-vrage celui de M. Larroque, qui a pour titre, Conformité de laDifcipline ecdefiajlique des Proteftans de France, avec celle des anciensChrétiens.
II. Le fécond Concile National fe tint à Poitiers, le dixiémemars 1560. Le Bailleur fut Préfident 6c Roland Sécretaire. Ony fit quantité d’additions 6c de correétions à la Difcipline.
III. Le troifiéme fe tint à Orléans le 25 avril 1562; Antoinede Chandieu, Miniftre de l’églife de Paris, préfida. Il n’étoitâgé que de 23 ans. Robert Maffon, Miniftre d’Orléans, 6cPierre Sévin, Diacre de l’églife de Paris, furent les Sécretaires.On y défendit entre autres aux Imprimeurs 6c aux Librairesd’imprimer & de vendre des livres concernant la Religion, fansles avoir auparavant communiquez aux Confiftoires.
IV. Le quatrième fut affemblé à Lyon, le dixiéme août 1563.Pierre Viret, alors Miniftre de l’églife de Lyon, fut le Modéra-teur Se le Sécretaire du Synode. On y décréta de prier Théo-dore de Béze, de mettre en Latin 6c en François les caufes 6cproteftations de nullité contre le Concile de Trente, pour lesfaire tenir enfuite aux Miniftré’s qui font en Cour, afin qu’ilsles préfentent au Roi. On divifa auffi delà manière fuivanteles provinces de France, par rapport aux églifes Réformées, x.L’Ifle de France, Picardie, Brie, Champagne: 2. BourgogneLyonnois, Foreft, Sc Auvergne: 3. Dauphiné, Languedoc,
& Provence: 4- Poitou 6c Xaintonge: 5. Gafcogne, Limofin,
& Agénois : 6 . Bretagne, Touraine, Anjou 6c le Maine: 7.Normandie: 8- Berry, Orléans, 6c le Comté de Chartres. LesMiniitres de Genève députèrent à ce Synode quelques-uns deleur Corps pour y faire les réponfes concertées à Genève auxQueftions que les églifes de France leur avoient propofées.
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V. Le cinquième fut tettu à Paris, le 25 décembre 1565. Ni-colasdes Galards, Miniftre d’Orléans, préfida; Louis Cappel,Miniftre de Meaux, 6c Pierre Lt Clerc, Ancien de l’églife deParis, furent Sécretaires. On y avertit les églifes de fe donnerde garde au livre de Charles Du Moulin, intitulé Uniô quatuorEvangeiiftarum, parce, dit - on, qu’il renferme plufieurs erreurs,6c 1 on avertit les Fidèles de ne pas alîifter aux exhortations du-dit Du Moulin, ni à la participation desSacremens qu’il admi-niftre contre l’ordre eccléfiaftique des affembiées de piété des é»glifes Réformées.
VI. Le fixiéme fut tenu à Verteùil en Angoumois, durantles fept premiers jours du mois de feptembre 1567: De Lettrefut Modérateur. # On y lut les décidons de quinze Cas de Con-fcience données'par Jean Calvin, Pafteur & Profeffeur à Genè-ve. Le même Jean Calvin, à la Requête du Synode, dreffales Status 6c Décrets concernant le Mariage.
VII. Le feptiéme fut affemblé à la Rochelle, le deuxièmeavril & les neuf jours fuivans de l’an 1571. Théodore de Béze,Miniftre de l’églife de Genève, en fut le Modérateur, 6t Ni-colas des Galards 6c Jean de La Rocheraye, Scribes. Ce Syno-de fut honoré de la préfence de Jeanne, Reine de Navarre^; deHenri, Prince de Navarre; de Henri de Bourbon, Prince deCondé; de Louis, Comte de Naffau; de Gafpard, Comte deColligny, Grand-Amiral de France, & de plufieurs autres Sei-gneurs. Henri de Bourbon ôt l’Amiral de Châtillon, 6tc. invi-tèrent Théodore de Béze, par des lettres addreffées aux Sei-gneurs de Genève, datées à la Rochelle le fixiéme janvier, d’af-fifter au Synode. Il rapporta une copie de la Confeflion de Foiqui fut dreffée 6c fignée, 6c l’on mit cette copie dans les Archi-ves publiques , où elle eft encore aujourd’hui, Sec.
VIII. Le huitième fut tenu à Nîmes, le fixiéme mai 1572»Jean de La Place fut Modérateur 6t Sécretaire.
IX. Le neuvième fe tint à Sainte-Foi, depuis le deuxièmefévrier jufques au 14 de l’an 1578. Pierre Merlin fut élu Mo-dérateur, &les Sécretaires furent François Loifeau, ôt Guillau-me de La Jaille. Henri de La Tour, Duc de Bouillon, 6t Ma-réchal de France, y aflïfta de la part du Roi de Navarre. LesJuges, les Magiftrats 6c les Confuls de Sainte-Foi y affilièrentaufli. L’on y défendit à ceux qui voudroient mettre en vers desHiftoires Sacrées, d’y introduire les noms des Dieux du Pagani-fme; 6c aux Miniftres d’exercer la Médecine. Comme ii s’étoittenu à Francfort fur leMein, au mois de feptembre 1577, uneaffemblée de plufieurs Députez de différentes églifes Réformées,à la follicitation de l’Eleâeur Jean-Cafimir, Prince Palatin, 6cDuc de Bavière , pour examiner par quel moyen eh pourroit réu-nir tous les Proteftans, on Invita les Miniitres des églifes Réfor-mées de France, qui avoient député Ernard, pour affilier auSynode de Francfort, de vouloir tenir des Députez prêts pourfe rendre avec ceux de différens Etats Réformez & Proteftansdans le lieu qui feroit marqué. En conféquence de cette invita-tion, on nomma quatre Députez, Antoine de Chandieu, Jean deLeftre, Pierre Merlin ôt Gabert, qui avoit été Miniftre de l’é-glife Françoife de Francfort. Le Vicomte deTurenne devoitles accompagner.
X. Le dixiériie s’èft tenu à Figeac dans le Quercy le deuxiè-me août 1579. La Faye , Miniftre de l’églife de Paris, futchoifi Modérateur: il eut Couet, pour Ajoint, ôt François deLa Nbuaille fut le Sécretaire. Antoine de Puramelle, Viguierde Figeac, affilia auffi au Synode. On y établit que les Syno-des Nationaux fe tiendroient chaque année une fois. Mais onverra que cet ordre n’eut pas lieu. Voici ce que pofte l’article38 des matières générales, qui a du rapport avec ce qui fe fitdans le Synode précédent, au fujet de la réunion des Proteftans.,, La Confeflion de Foi préfentée par les Eglifes des Pals-Bas,, tant Flamandes que Wallonnes, a été approuvée par ce Sy-„ node, 6c tous les Députez des Eglifes de France ont promis,
„ au nom de leurs Eglifes, d’yfoufcrire quand befoin fera. Et,, il a été réfolu par cette Compagnie de rechercher 6c de procu-„ rer tous les moyens propres & convenables pour réünir tous les„ Fidèles des Confeffions particulières des nations Proteftantes,, en une feule Confeflion commune, laquelle puiffe enfuite être„ approuvée par toutes les dites nations ôt félon les avis 6t ré-„ folutions de la Conférence qui a été faite cy-devant pour ce„ fujet à Neuftad au mois de feptembre 1570. ”
XI. Le onzième a été formé à la: Rochelle, le 28 juin rs8f*De Nort, Miniftre de la Rochelle en fut le Préfident, de LaPlante Ajoint ; de Leftang-Godion, 6c de Chauvefton, Seigneurde Beauvais, Miniftre de S. Martin, Sécretaires. On y con-damna deux Ouvrages, une Pliflaire de France, imprimée à la Ro-chelle, & un livre Latin fur la Genéfe d’un Jacques Broccard,Piémontois imprimé au même lieu. Ils étoient, dit le Synode,remplis d’erreurs 6c de profanations.
XII. Le douzième eft celui de Vitré en Bretagne, affembléle 25 mai 1583: Pierre Merlin en fut le Modérateur, MatthieuVirelle, Ajoint, René Pineau, & JérômeFarreau, Scribes. IIfe tint au château du Sieur de Laval. Les Eglifes Réformées desPals - Bas ayant demandé, pour établir une plus grande unionavec celles de France, de pouvoir affilier par leurs Députez auxSynodes Nationaux de France, 6c quon leur envoyât auffi desDéputez pour aflifter à leurs Affembiées Synodales, il fut réfo-lu qu’on chargeroit deux provinces d’envoyer chacune deux Mi-niftres & un Ancien lorsque les Frères des Pals - Bas s’affemble-
r °XIII. Le treiziéme eft de Montauban, où il fe tint depuis le15 jufques au 28 du même mois, l’an 1594. Michel Bérauld,modéra l’affembiée, Jean - Batifte Rotan fut Ajoint, ôc Jean Gar-defl 6c Jacques Thomas, Sécrétaires. On introduifit la leéturede la Bible fuivant la Verlion de Genève, qui avoit été faite àla Collicitation des Eglifes de France. On donna ordre d’ex-Hhh bor-