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8 (1740) Lettres SEH - Z
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S Y M. S Y N.

que la villoire dont ils difputoient. Ce Préfet s’adrefia une au-tre fois à Valentinien, & fe tira de cette tentative avec moinsd’honneur. 11 avoit autrefois ioué le Tyran Maxime, par unPanégyrique rempli de flatteries, indignes d un homme de faréputation & de fa qualité. Pour réparer cette faute, il donnaà Théodofe le Grand des louanges plus juftes. Comme il y mêlala demande du rétabliflement de l’Autel de la Villoire, il offenfal’efprit du Prince,déjà prévenu contre lui: ce qui le fit bannir deRome. Toutefois il appaifa l’Empereur quelque tems après parla lelture de i’Apologie qu’il lui envoya. 11 fut même reçu aunombre de fes amis; & quelque tems après il fut fait Conful,l’an 391. Nous avons encore fes Epîtres en dix livres. Le Poè-te Prudence en écrivit deux contre lui, au fujet de la ftatue dela Viéloire, dont Symmaque demandoit le rétabliflement. Ma-crobe, qui vivoit du tems de Symmaque , aflïïre qu’il fut imita-teur de Pline, Saturn. I. 5. c. 5. Ses lettres ne font pas dignesde fa réputation: on n’y trouve, ni flile, nichofes qui ayentmérité d’être confervées. * S. Ambroife, Epift.30. Profper &Calïïodore, in Cbron. Baronius. Godeau , Hift. Eccl. Symma-que, l. 1. Epift. 2 3.

SYMMAQUE, Préfet de Rome, & Conful l'an 522, futle premier homme du Sénat par fa fcience, fa probité, fon ex-périence & fa fagefle. Il étoit beau-père de Boëce, & fut misà mort par ordre de Théodoric, fur de Amples foupçons, l’an526. Cherchez THE'ODORIC.

SYMMAQUE, Auteur d’une Hiftoire, dont Jornandèscite le cinquième livre, in Geticis, c. 15.

SYMMAQUE, Auteur, qui avoit écrit l’Hifloire desMédes & des Aflyriens, & dont parle Agathias, l. 2.

SYMPHOROSE, Martyre à Tivoli près de Rome, dansle fécond fiécle, étoit, à ce qu’on prétend, femme de faint Gé-lule Martyr, fous l’empire d’Adrien. Elle fe trouva après famort chargée de fept enfans, & fe retira à la campagne. Adrienayant fait bâtir un temple près de Tivoli, & voulant en célébrerla dédicace, fut averti par les Prêtres des idoles, à ce qu’onrapporte , que Symphorofe en empêchoit la dédicace par fesprières. Il la fit arrêter & amener devant lui, pour l’obliger defâcrifier aux Dieux: elle lerefufagénéreufement; & après avoirété fouffletée & pendue par les cheveux, elle fut jettée dans larivière avec une pierre au cou. Ses fept enfans, fuivant l’exem-ple de leur mère, refuférent aufli de fâcrifier aux idoles, & fu-rent attachez à des poteaux, où ils furent tuez. Leur martyrearriva vers l’an 120 de Jefus - Chrifl, & l’Eglife Romaine fait mé-moire de ces Martyrs au 18 de juillet. * Aüa apud Bollandum.Baillet, Fies des Saints.

SYMPLE'GÀDES, appellées aufli Cyanées, maintenantlePavonare, font deuxifles, ou plutôt deux écueils, fituezprèsdu canal de la Mer Noire, ou Détroit de Conftantinople, lef-quelles font éloignées l’une de l’autre d’un fi petit intervalle,qu’elles femblent fe toucher: ce qui a donné fujet aux Poètesde dire qu’elles fe heurtoient enfemble, dont elles ont pris leurnom du verbe Grec Zvpirr\*i<rtTetv, c’eftà dire, heurter. * Ovide,Metam. 1 . 15. Strabon. Pline, & autres.

* S YMPOSIUS. Ilyaeu plufieurs perfonnages illu-ftres de ce nom, entre autres Sympofius, Evêque de Séleucied-ns l’Ifaurie, lequel fe trouva au Concile de Conftantinopleen 381; Sympofius, Evêque Efpagnol qui fut préfent à celuide Saragoce en 380, & à celui de Tolède en 400, & plufleursautres. Mais le plus célébré, quoique peut - être Auteur imagi-naire , eft celui fous le nom duquel on a des Enigmes en vers La-tins. Il y a des Savans qui ne reconnoiflent point cet Auteur,& qui prétendent qu’au lieu de Sympofius, il faut lire Sympofion.Ils ajoûtent que cet Ouvrage n’eft autre que celui de Laitance,que l’on croyoit avoir perdu, & que l’on poflêdoit néanmoinsfous une figure étrangère. * Voyez le Supplément de Paris 1736.

SYNAGOGUE (Swayayij) fignifie en général Congréga-tion ou AJfemblée , & fe prend en particulier pour le lieu où lesJuifs s’alfemblent pour faire leurs prières. Léon de Modéne,Rabbin de Venife, en a fait la Description: voici en Abbrégéce qu’il en dit. Les Juifs tiennent leurs Synagogues, qu’ils ap-pellent aufli Ecoles, dans unemaifon, ou dans un lieu féparé,félon qu’ils le peuvent, lorsqu’ils n’ont pas le moyen de fairedes édifices élevez & fomptueux. Les murailles font blanchiesau dedans, boifées ou revêtues de tapifleries, avec des fenten-ces, qui font fouvenir d’être attentifs à la prière. Il y a toutautour des bancs pour s’afleoir; & en quelques-unes, de peti-tes armoires, où l’on enferme les livres, lesvêtemens, Vau-tres chofes. Au milieu on fufpend des chandeliers & des lam-pes , ou bien on en applique contre les murailles où l’on met del’huile & de la cire pour éclairer le lieu. L’on voitdes troncsaux portes, où l’on peut exercer la charité, & cet argent eft di-stribué aux pauvres. Ils ont dans chaque Synagogue, du côtéd’orient, une armoire, qu’ils nomment Aron, c’eft à dire, Ar-che, en mémoire de l’Arche d’Alliance qui étoit dans le temple.Us y enfermentJes cinq livres de Moïfe, écrits à la main fur duvêlin, avec de l’encre faite exprès. Au milieu ou à l’entrée dela Synagogue, il y a comme un long autel de bois un peu éle-vé, fur lequel on déroule le livre de la Loi quand on y lit: onl’appuye fur cette efpéce de table ou de pupitre, lorsqu’on yprêche. Il y a un lieu à côté de la Synagogue, au haut duqueleft une galerie, fermée de jaloufies de bois, où les femmes femettent pour prier. Elles voyent de là ce qui fefait; mais ellesne peuvent être vues des hommes, & nes’affemblent point aveceux, pour ne pas caufer de diffraction dans les prières. Néan-moins la fituation & les particularitez de ce lieu où fe mettentles femmes, font différentes, fuivant le païs & les peuples chezqui on fe trouve; mais la difpofition eft par tout de la manièreque je viens de le dire. De ces Synagogues, il y en a plus oumoins dans chaque ville, félon la quantité & la diverfité des

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Juifs qui s’y rencontrent : car les Juifs Lévantins, las Alle-mands & les Italiens, différent entre eux dans leurs prières; &chacun eft bien aife d avoir pour cela un lieu particulier, & quine foit commun qu’à ceux de fa nation.

Autrefois il y avoit aufli plufieurs de ces Synagogues dans lesvilles & â la campagne , pour la commodité des peuples; && lorsque la ville de Jérufalem fut détruite par les Romains, ony en comptoit jufqu’à 480 dont plufieurs bâties par les Juifs é-trangers, fervoient à ceux de leur nation; comme on le peucvoir dans le fixiéme chapitre des Ailes des Apôtres, où il eftparlé des Synagogues des Libertins, des Cyrenéens & des Ale-xandrins , à peu près comme on voit à Rome plufieurs églifes dedifférentes nations, deffervies par des Prêtres de la nation dontelles portent le nom. Chaque Synagogue des Juifs avoit unChef, qu’ils appelloient le Prince de la Synagogue, & fous luiplufieurs Miniftres, dont les uns étoient employez à prêcher, &les autres à faire des prières, & plufieurs autres cérémonies deReligion, à la referve des facrifices, qui fe faifoient feulementdans le temple de Salomon. * Rabbin Léon de Modéne, partie1. cb. 10. Goodwin, de Ritibtts Hehrmrum.

Il eft clair que les Juifs n’avoient point de Synagogue avant lacaptivité, non feulement par le profond filence de l’Ecriture duVieux Teftament, mais même par plufieurs paflages qui prou-vent évidemment qu’il falloit qu’il n’y en eût point alors. Carla maxime des Juifs, que là où il n’y a point de livres de la Loi, ilne peut pas y avoir de Synagogue, eft une propofition que lebon fens diète; puisque le fervice effentiel de la Synagogue con-fiftant à lire la Loi au peuple, il ne pouvoit pas y avoir de Sy-nagogues, & quantité de paflages de l’Ecriture nous marquentcombien le livre de la Loi étoit rare dans la Judée avant la capti-vité. Quand Jofaphat envoya des Millionnaires dans le païspour inllruire le peuple dans la Loi de Dieu, ils portèrent unexemplaire de la Loi, précaution fort inutile s’il y eût eudes Synagogues. Car il feroit aufli ridicule de fuppofer parmiles Juifs une Synagogue fans un exemplaire de la Loi, que par-mi les Réformez une églife paroifliale fans Bible: ainfi cette par-ticularité prouve également, qu’on manquoit alors en Judéed’exemplaires de la Loi, & qu'il n’y avoit point non plus de Sy*na S°8 ues » & quand Hilkia trouva la Loi dans le temple, fi elleeût été fi commune, d’où venoit donc fa furprife & selle du RoiJofias? L’effet que produifit fur tous deux cette Loi trouvée,prouve fufEfamment qu’il ne l’avoit jamais vue auparavant, &s’il y en eût eu entre les mains du peuple, ces deux hommes flpieux, & fi zélez n’auroient pas manqué de l’avoir. Commentdonc y auroit-il eu alors des Synagogues, fi on n’y avoit pas laLoi , pour la tellure de laquelle elles étoient faites? Il n’y enavoit donc point avant la captivité, cela eft clair. Il y a toutesles apparences du monde, que ce fut â la lelture qu’Efdras fit dela Loi en public après la captivité, qu’on eft redevable de l’é-rellion des Synagogues, auflï la plupart des Savans font aujour-dhui de cette opinion; quelques Juifs même en conviennent.Pour les lieux ou l’on devoit ériger des Synagogues, voici la ré-gie qu’on obfervoit : par tout où il y avoit dix Batelnim, c’eft âdire dix perfonnes d’un âge mûr, libres, qui puffent aflîfter con-stamment au fervice, on devoit y établir une Synagogue; féloneux, il falloit dix perfonnes telles qu’on vient de dire pour for-mer une affemblée légitime: & là où le nombre n’étoit pas com-plet, on ne pouvoit faire légitimement aucune partie du fervicede la Synagogue, mais par tout ou l’on pouvoit s’affûrer de dixperfonnes en état d’aflifter aux affemblées avec les qualitez re-quiles, il falloit bâtir une Synagogue: cela ne fe trouvoit que dansun endroit affez peuplé, & on ne vouloit pas en avoir ailleurs.D’abord il n y eut que fort peu de ces Synagogues, mais dans lafuite du tems elles multiplièrent extrêmement, & devinrentaufli communes que le font en Angleterre les églifes paroifliales,aufquelles elles fe reflemblent beaucoup, jufques là que du temsde notre Seigneur il n’y avoit point de ville de Judée, quelquepetite qu’elle fût, qui n’en eût pour le moins une. Les Juifsnous difent qu’environ ce tems - là, la feule ville de Tibérias enGalilée en avoit douze; & celle de Jérufalem quatre cens qua-tre -vints; mais on regarde ceci comme une hyperbole, car flon prend ce nombre à la lettre, ilfaudroit, pour plufieurs deces quatre cens quatre-vints Synagogues, avoir recours à l’ex-pédient de quelques Savans, qui prétendent que cesdixRéfl-dens de Synagogue, qu’on nomme Batelnim, étoient des perfon-nes gagées. Car fans cela, comment s’affûrer pour tant de Sy-nagogues, d’un nombre fuffifant de gens affez de loifir fur fe-maine pour former les affemblées? Car il y avoit du moins deuxde ces jours qui en demandoient une folemnelle, aufli bien quele Sabbath. Le fervice de la Synagogue confiftoit dans la priè-re, la lellure de l’Ecriture & la prédication. Le tems des affem-blées de la Synagogue pour le fervice étoit trois jours par fernai-ne, fans compter leurs Fêtes & leurs jeûnes, & trois fois le jour,chacun de ces jours là; le matin, après midi & le foir. Les troisjours de Synagogue étoient le Lundi, le Jeudi, & le Samedi.Les Miniftres, de la Synagogue étoient, 1. Les Anciens, quigouvernoient toutes les affaires, & régloient les exercices. 2.L’Ange ou le Miniftre de la Synagogue qui prononçoit les priè-res au nom de l’affemblée & que l’on nommoit Sbeliacb Zibbor •

3. Les Diacres Chazanim, qui avoient foin de plufieurs chofes,comme de garder les livres facrez, les Liturgies, &c. 4. L’In-terpréte, dont l’office étoit de traduire en Chaldéen les leçonsqu’on lifoit au peuple en Hébreu. Pour la bénédiltion, s’il yavoit un Prêtre dans I’affemblée, c’étoit lui qui la donnoit; maiss’il n’y en avoit point, c’étoit le Sheliach Zibbor, qui le faîfoitpar un Formulaire qui lui était particulier. M. Jurieu, aprèsSigonius, croit que les Juifs commencèrent à avoir des Synago-gues en Babylone, & qu’ils confervérent cette pratique aprèsleur retour. * Prideaux, Hiftoire des Juifs, fcfc. tome 2. p. 214-