Druckschrift 
8 (1740) Lettres SEH - Z
Entstehung
Seite
421
Einzelbild herunterladen
 

S Y L.

tation duquel on faifoit une forêt artificielle dans le Cirque , oùles Soldats apportoient de grands arbres, qu’ils replantaient,pour répréfenter un bois. On y lâchoit quantité de bêtes,que le peuple pourfuivoit, comme dans une chaffe, & quiltâchoit d’attraper à la courfe; car il n’avoit point d armes, & ilfalloit prendre les bêtes vives. C’eft pourquoi on y enfermoitpeu d’animaux farouches, &quipuflent blefler dangereufementles ChalTeurs. L’Empereur Elagabale, au lieu des pièces d’ar-gent qu’on jettoit au peuple, & des petits animaux qu’on luiex-pofoit, fit mettre dans le Cirque, des bœufs, des chameaux &des cerfs. L’Empereur Gordien donna une Sylve, qui eft fa-meufe dans l’Hiftoire, & où il y avoitdeux cens cerfs, trentechevaux farouches, cent chèvres, dix élans, cens taureaux,trois cens autruches, trente ânes fauvages, & deux cens daims.Depuis Conftantin, l’Hiftoire ne parle plus de ces Sylves; maisil eft encore fait mention du Pancarpe, qui étoit un autre Spe-étacle. Voyez PANCARPE. * Saumaife. Jules Capitolin.F. Pithou. Cafaubon. Caffien.

SYLVEIRA (Gonfalve de) fils deLouïs de Sylveira, pre-mier Comte de Sortelha, naquit à Almeyrin dans le diocéfe deLisbonne, & entra dans la Compagnie de Jefus, âgé de 18 ans,le neuvième juin 1543. Son mérite le fit employer de bonneheure à la prédication ; tant à Rome qu’à Valence; & fa vertului procura des emplois confidérables dans fon païs. En 1556,il obtint la permiflion d’aller aux Indes, fut fait Provincial» fonarrivée à Goa, & follicita li vivement le confentement des Su-périeurs d’Europe, pour aller prêcher dans l’Ethiopie, qu’on lelui accorda. Ce fut dans le Monomatapa que ce pieux Reli-gieux termina fa courfe, qui ne fut pas longue; il avoit conver-ti un grand nombre d’Inddéles dans ce pais, & même il avoitbatifé le Roi; mais ce Prince fe laiffa féduire, perfécuta les nou-veaux Chrétiens, & fit mourir d’une manière très-cruelle le Pè-re Sylveira, le 15 mars 1561. Il n’avoit alors que 36 ans, &18de Religion, & l’on remarque qu’aux travaux Apoftoliques, iljoignoit des auftéritez furprenantes. On a imprimé à Venife enIS5S &en 1562, diverfes lettres qu’il avoit écrites de Goa & duMonomotapa. * Mémoires de Portugal.

SYLVEIRA (Jean de) Portugais, natif de Lisbonne,d’une famille noble , entra dans l’Ordre de Notre-Dame duMont- Carmel le 21 oftobre 1605, fut reçu Doéteur en Théolo-gie dansl’Univerfité de Coïmbre, préfida trois fois dans les Cha-pitres de fa province, dont il fut Définiteur perpétuel, & futProcureur de l’immunité eccléfiaftique à la Cour de Madrid. IljouïiToit d’une penfion de mille ducats, que fa fœur lui avoitlaiifée, & retiroit encore un produit coniidérable de fes Ouvra-ges ; ce qui le mit en état de faire beaucoup de bien aux mai-fons de fon Ordre. Il avoit publié dès l’an 1640 à Lisbonne, fonpremier volume des Commentaires fur le texte des Evangiles,mais depuis il donna cet Ouvrage entier en fix volumes de l’im-preiîîon de Lyon en 1645, 1649, 1668 & 1672. Deux tomes deCommentaires fur l’Apocalypfe ; parurent dans la même ville en1663 & 1669 , & fes Opufcules en 1675. Ce Religieux eftimégénéralement dans le Portugal, mourut à Lisbonne le 17 juillet1687. * Mémoires de Portugal.

SYLVE'RIUS. Cherchez S I L V E'R I U S.

SYLVES, ville de Portugal dans l’Algarbe, au nord - nord-eft de Lagos, dont elle eft éloignée de cinq lieues. Elle étoitépifcopale, mais fon Evêché fut transféré à Faro, l’an 159c, &la ville eft préfentement réduite en village, à caufe du mauvaisair qu’on y refpire. On croit que c’eft l’ancienne OJfonoba. Jé-rôme Oforio qui a écritl’Hiftoire du Roi Emmanuel, en a étéEvêque. L’an 1190, leMiramolin, Roi des Sarafins de l’Afri-que occidentale, entra en Portugal avec une puiffante armée,& il s’étoit déjà emparé de la plupart des villes, quand neufvaifteaux Danois & Flamands qui alloient à la Terre-Sainte,furent obligez par la tempête à relâcher dans la rivière de Lis-bonne. Sanche I, Roi de Portugal, qui fe voyoit dans unetrès - grande extrémité, envoya demander du fecours à fes Croi-fez , qui détachèrent cinq cens hommes qu'on jetta dans Santa-ren, & qui envoyèrent à Sylves quatre -vints hommes qu’ils ti-rèrent de deiïiis le vaiiTeau de Londres, qui avoit mouillé l’an-cre près du Cap de Saint - Vincent, vis à vis de Sylves. La mortinopinée du Miramolin qui arriva, écarta les Barbares & inter-rompit le fiége que les Sarafins avoient mis devant Sylves ; maiselle ne les détourna pas du defiein de venir une fécondé fois at-taquer la place, ce qu’ils firent fi vivement qu’ils s’en rendirentles maîtres. Les Croifez qui rangeoient les côtes d’Efpagnel’ayant appris, reconquirent cette ville fur les Sarafins, & pourempêcher qu’elle ne tombât en leur pouvoir, ils en ruinèrentjufqu’aux moindres fortifications. * Le Quien de la Neufville,Hiftoire générale de Portugal. Maty, DiEt. Géogr.

SYLVESTRE. Cherchez SILVESTRE.

S Y L V I A, autrement appellée R H E'A & I L I A, étoitfille de Numitor, Roi d’Albe. Amulius , après avoir chalféNumitor & tué fon fils, renferma fa nièce Rhéa parmi les Vier-ges Veftales, afin que, fous ce voile de virginité, elle ne pûtavoir de lignée. Néanmoins étant allée puifer de l’eau dans leTibre, elle s’endormit fur fes bords; & en dormant, elle fon-gea que le Dieu Mars étoit couché avec elle. Enfuite elle ac-coucha l’an 770 avant Jefus - Chrift, de Romulus & de Rémusqui, par le commandement d’Amulius, furent expofez. Rhéafut enterrée toute vive près du Tibre. Plutarque dit qu’on luiconferva la vie, & raconte cette Hiftoire diverfement, commebeaucoup d’autres Hiftoriens. * Eutrope. Tite - Live’, Décade1. Plutarque, Vie de Romulus. *

SYLVIUS POSTHUMUS , Roi des Albains, filsd’Afcanius, & petit-fils d’Enée, fut nommé Sylvius, parce qu’ilnaquit dans une forêt, dite Sylva par les Latins. C’eft de luique les fucceffeurs au Royaume d’Albe furent appeliez Sylvius ,

S Ÿ L. 4*1

comme les Empereurs Romains Cefars, & les Rois des Parthes ;Arfacides. Il fut auifi nommé Pojlbumus , parce qu’il naquitaprès que fon père eut été inhumé, c’eft à dire après fa mort. Hmonta fur le thrône 1 an du monde 2907, & le 1128 avant ïefus-Chrift. * Génébrard, en fa Chronique.

* SYLVIUS (Ænéas) fixiéme Roi des Latins, à com-mencer par Picus fils de Saturne, & le quatrième après Enée. Ilrégna 31 ans.

SYLVIUS TIBE'RINÜ S.FtyezTl B E'R IN U Si

SYLVIUS (Enéas ou Enée) Pape. Voyez PIE IL

SYLVIUS (Alba) Roi des Latins, de la famille d’Enée4fuccéda à fon père Latinus Sylvius, vers l’an 2919 du monde 4& le nié avant Jefus ; Chrift. Tite-Live ne le compte pointparmi les Princes defcendus d’Enée; mais Denys d’Haiicarnafle& les autres qui ont écrit des Antiquitez Romaines, eu fontmention. 11 régna 39 ans avec beaucoup de douceur, & laiflala Couronne à fon fils Atys, ou Capet Sylvius. * Denys d’Ha-licarnafle, l. i.c. 8. Eufébe, in Cbron. &c.

SYLVIUS (François) Profefleur en Eloquence, & Prin-cipal du Collège de Tournai à Paris, vers le commencement ditXyifiécle, étoit deLœvilly, village près d’Amiens, où fon pè-re Nicolas Du Bois travailloit en camelot. Ce Nicolas eut quin-ze enfans, onze fils & quatre filles. François étoit le troifiéme;& ayant été deftiné aux études, il devint favant & s’établit àParis. Il latinifa fon nom de famille, félon la coutume du teins.Il fit venir auprès de lui deux de fes frères, & les inftruifit fortbien dans les Humanitez ; l’un nommé Jean, devint Chanoined’Amiens; l’autre nommé Jacques, dont il eft parlé dans l'articlefuivant, devint un très-dofte Médecin. François Sylvius trou-va une extrême barbarie dans les Collèges; mais il travailla puif-famment à rétablir l’ufage du beau Latin ; & il fut l’un des bonsTenans, que les Belles Lettres eurent en France. Il fit connoî-tre aux Ecoliers les bonnes fources du langage; leur recomman-da de telle forte la letture de Cicéron , qu’il ne tînt pas à lu!que cet Orateur Romain ne devînt le feul modèle du ftile. Ileft‘vrai qu’avant que d’en venir là, il avoit été lui -même dansla crafle du mauvais Latin, comme on le peut connoître parquelques-unes de fes compofitions. Il ne faut pas oublier unechofe, qui lui eft bien glorieufe, c’eft qu’afin que les Ecoliersprofitaflent des bons endroits de Martial, fans corrompre leursmœurs par la leéture des faletez, qui ne font que trop ordinai-res à ce Poète, il en procura une édition repurgée de beaucoupde ces faletez. Il publia divers Ouvrages, Progymnafmatum ittArtem Qratoriam, Centurice très; Des Commentaires fur 21 Orai-fons de Cicéron, & fur les lettres de Po’litien & de quelquesautres hommes illuftres. * René Moreau, inVita Jacobi SylviuBayle, Dià.Crit.

SYLVIUS (Jacques) célébré Médecin, frère du précé-dent, né dans le même lieu & fon Difciple, fe diftingua dans leXVI fiécle, par la facilité qu’il avoit à parler de tout ce qui re-garde fa profeifion, & par les Ouvrages fur les trois parties de laMédecine, qu’il donnoit continuellement au Public. Il fut très-favant en Latin & en Grec, & appritauÆt fous Vatable un peud’Hébreu. Il s’appliqua de,même aux Mathématiques, & aprèsavoir étudié à fonds Hippocrate & Galien, il s’attacha particu-liérement à l’Anatomie, où il devint fort confommé. 11 étudiaauiü la Pharmacie, & fit divers voyages afin de voir fur les lieuxles remèdes que différens païs produifoient. Enfin il s’aquit unefi grande réputation par fes Leçons, qu’on venoit à lui de tousles endroits de l’Europe. Les Doéteurs en Médecine de Paristrouvèrent mauvais qu’un homme qui n’avoit aucun degré dansleur Corps, fe mêlât d’enfeigner publiquement fur ces matières*Il fut donc à Montpellier en 1530, pour y prendre des degrez*mais les propofitions qu’il fit pour cela à cette Faculté n’ayantpu être agréées , il revint à Paris, & y fut reçu Bachelier en1531. Uenfeignaen 153s, au Collège de Trincquet, pendantque Fernel enfeignoit au Collège de Cornouaille; mais celui-cin’avoit que peu d’Auditeurs, pendant que Sylvius en avoitau moins 400, attirez par les difleftions qu’il faifoit, par lesplantes qu’il montroit, & par la préparation des remèdes dont ildonnoit des Leçons. En 1550, il fut inftallé Profefleur en Mé-decine dans le Collège Royal, & mourut dans cet emploi le 13janvier 1555, âgé de 77 ans, félon quelques Ecrivains, ce quieft contredit par d’autres. Il fit imprimerplufieurs Ouvrages,qui ont paru depuis in folio, par les foins de René Moreau, quimit à la tête la Vie de ce fameux Profefleur. Sylvius fe brouillaavec Véfalius, qui avoit été fon Difciple; ce qui vint de ce quele Maître préparoit un Ouvrage fur l’Anatomie, qu’il regardoitcomme fon chef-d’œuvre, & qu’il fut prévenu par fon Ecolier,qui donna en 1541 » tonOpus Anatomicum, où celuLci attaquoitGalien, auquel il reprochoit plufieurs erreurs. Sylvius entre-prit de juftifier Galien ; & cette querelle produifit plufieurs Ou-vrages de part & d’autre. On accufe Sylvius avec raifon d’uneavarice fordide ; car bien qu’il fût très - riche, apres avoir parléen public en qualité de Profefleur Royal de Médecine, il s’abaif-foit encore à faire des répétitions pour de l’argent. Deux outrois de fesDifciples mirent ceDiftique de Buchanan fur la por-te de Sylvius, le jour de fon enterrement,

Sylvius lie fitus eft , gratis qui nil dédit unquam ;

Mortuus fc? gratis quod legis ifta dolet.

* Sainte -Marthe, mElog. Bayle, Di 3 . Crit.

SYLVIUS (Michel) Cardinal, & Portugais de nation, e-toit favant & bon Poëte. Il fut Ambafladeur d’Emmanuel, Roide Portugal, vers les Papes Léon X, Adrien VI, Clément VII,& fut pourvu par Jean III, Roi de Portugal, fils d’Emmanuel,de l’Evêché de Bifonto. Au mois de décembre de l’an 1539 > Rfut fait Cardinal Prêtre de l’églife des Apôtres, peu après LégatG g g 3

f