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& plufîeurs Poëfies Gréque*. II étoit un des plus favans hom-mes de fon fiécle pour le Grec Ôc pour le relie des Humani-tez. Sa Grammaire Gréque eft très-eftimée , & la méthodequ’il y a gardée, eft celle de Ramus, dont il s’étoit rendu leSeélateur. Voflïus le préféroic à tous ceux qui ont écrit de laGrammaire Gréque avant lui; & il n’en a excepté que Canifius.Toutes les éditions aufquelles il a travaillé, font fort eftimées.
Il avoit eu bonne part au Tbréfor de la Langue Greque de Henri E-tienne; & l’on peut dire avec Cafaubon , que les Lettres Gré-ques perdirent infiniment à fa mort. On ne peut affez louerl’induftrie & la diligence infatigable avec laquelle il a rendu lavie à beaucoup d’Auteurs Grecs, Latins, Eccléfiaftiques & Pro-fanes. * De Thou. Melchior Adam. Volïïus, Prcef. inClenardiGrammaticam Grcecam. Prima Scaligerana, p. 233. Cafaubon, E-piji. 48. ad Jac. Bongarfium. Scioppius, de Ane Critica, p. 18.Lancelot, Nouvelle Metb. de la Langue Gréque. Teiffier, Elogesdes Hommes Sa-vans, tome 4. p. 255 £7 Juiv. édit, de Hollande 1715.
S Y L L A (Lucius Cornélius) Conful & Diélateur de Rome,naquit d’une Maifon des plus illuftres de cette ville, & fut lefixiéme Defcendant de Cornélius Rufus, l'un des principauxChefs dans la guerre que les Romains eurent contre Pyrrhus.Cette branche de la famille des Cornéliens étoit déchue de fagloire, 8c étoit tombée dans une grande pauvreté, lorsqu’uneCourtifane, nommée Nicopolis, fit Sylla héritier de fes biens,qui étoient confidérables, outre que fa belle-mère lui en laiffabeaucoup. Sylla fervit fous Marius en Afrique, s’y brouillaavec lui, obtint la Préture & d’autres charges, 8c parvint enfui-te au Confulat. La province d’Afie lui échut, lorsqu’il étoitautour de Noie, pour achever la guerre contre les Marfes. Ma-rius, qui étoit devenu fon ennemi, ht en forte que Sulpitiuspublia une loi dans I’affemblée du peuple, par laquelle on ôtoità Sylla le commandement qui lui avoit été déféré; & l’on or-donnoit en même teins que ce feroit Marius qui iroit comman-der l’armée en Afie, pour faire la guerre à Mithridate. Sylla ,irrité par cette injure & par la cruauté de fes ennemis, vint àRome, s’en rendit maître, fit mourir Sulpitius, & contraignitMarius à prendre la fuite. Enfuite il entreprit la guerre contreMithridate, battit fes Lieutenans dans la Béotie, dans la Macé-doine & dans la Grèce, prit Athènes; & après plufieurs viétoi-res, réduifit'ce Roi à lui demander la paix, qu’il lui accorda.Ces guerres le retinrent deux ou trois ans en Afie. Comme fesennemis pendant cet intervalle triomphoient à Rome à fon pré-judice, il réfolut d’y retourner. Les Confuls voulurent s’oppo-fer à fon retour, & s’avancèrent pour lui difputer le paflfage;mais ce fut inutilement, car il défit Norbanus près de Canufe l’an671 de Rome, &le 83 avant Jefus Chrift. L’année fuivante ildéfit le jeune Marius au fiége de Paleftrine; entra dans Rome encombattant à la porte Colline; & s’étant fait donner le nomà’Heureux, & déclarer Diélateur. il profcrivit grand nombre deSénateurs, 8c exerça des cruautez incroyables. Enfin , aprèsavoir abdiqué la DiÀature, il fe retira près de Cumes, dans laCampagne d’Italie, & mourut d’une maladie pédiculaire, versl’an 67 6 de Rome, 8c le 7g avant jefus - Chrift, âgé de 60 ans.Sylla étoit doué de très-bel les qualitez; mais il les flétrit parune cruauté tout i fait barbare. Il aimoit les Savans, & fe plaifoit lui-même à compofer. On dit qu’il avoit commencé l’Hi-floire de fa Vie, que Cornélius Epicadius, fon Affranchi, con-tinua depuis. Nous rapportons ailleurs comment â la prife d’A-thénes, il recouvra les livres d’Ariftote. * Velleius Paterculus,J.2. Plutarque', in Sylla. Tite-Live. Florus. Eutrope, &c.
S Y L T ou SYLDT, ifle de la Mer Baltique, de la dé-pendance du Duché de Sleefwick en Danemarck. Elle eft faiteen triangle, & n’eft féparée du territoire de Woldingharde, dansle Bailliage de Ripen, que par un canal d’un mille. Elle en aquatre de long & deux de large. Le terrein en eft ftérile & fec;& la plupart de fes Habitans vont à la pêche des baleines fur lescôtes du Groenland 8c de la Norvège. Cette ifle eft divifée enquatre paroiffes. On voit dans les bourgs de Campen 8c deWendingftede des fquélétes que ceux du païs difent être ceux deplufieürs géans. * Audiffret, Géogr. Ane. £? Mod. tome 1.
SYLVA (Béatrixde) Fondatrice des Religieufes, dites dela Conception, née en Portugal, fœur du Bienheureux Amédéede Sylva, & de Jacques de Sylva, premier Comte de Portalégre,fut élevée auprès'de l’InfanteElifabeth, fille de Jean, Conné-table, & petite-fille de Jean, I. de ce nom, Roi de Portugal,dit Père de la Patrie, & de Philippe d’Angleterre-Lancaftre.Lorsque cette Princeffe fut mariée l’an 1447, à Jean II, Roi deCaftille, elle mena avec elle Béatrix de Sylva. La beauté decette Dame lui fit bientôt un grand nombre d’Amans, qui s’em-prefiférent inutilement de mériter quelque part dans fes bonnesgrâces ; car elle n’avoit de véritable attachement que pour leschofes faintes. En effet on affure que dès ce tems elle avoit fait■vœu de chafteté. Quelques Dames, qui regardoientla beautéde Béatrix de Sylva avec envie, firent cent contes à fon defavan-tage: de forte que la Reine y ajoûtantfoi, la fit arrêter. Elleïouffrit beaucoup dans la prifon; mais ce fut avec tant de con-fiance, que cela feul contribua à juftifier fon innocence. On la. mit en liberté, lorsqu’il y avoit le moins d’apparence qu’on dûtfe fouvenir d’elle. Ce fut alors que méprifant les offres avan-tageufes qu’on lui faifoit à la Cour, elle fe retira chez les Reli-gieufes de faint Dominique de Tolède, où elle paffa plus de 35ans. Elle fonda vers l’an 1484, l’Ordre de la Conception, ap-prouvé par le Pape Innocent VIII. La Reine Ifabelle de Caftillelui donna à Tolède une maifon, où elle entra avec douze filles,qui embrafférent fon Inftitut, & où elle mourut prefque dans lemême.tems. * François Gonzague, en fa Fie. Vafconcellos, &c.
SYLVA (Michel de) fils de Diégo de Sylva de Ménézès,premier Comte de Portalégre, & Grand-Maître de la Maifonàe Dom Emmanuel, Roi de Portugal, fut envoyé en 1515, par
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ce Prince en qualité d’Ambaffadeur extraordinaire à Rome, oùil alfifta au Concile de Latran, 8c obtint l’établiirement du Tri-bunal du Saint Office, & la Bulle de la Croifade pour le Portu-gal. Dom Jean III, â fon retour, le fit fon Confeiller, lui con-fia divers emplois importans, & le nomma en 1527, à l’Evêchéde Vifeu ou Vifeo. Le Pape Paul III le nomma Cardinal inpet-to le 12 décembre 1539. On ne fait fi ce fut à la recommandationdu Roi, mais on fait feulement que Sylva encourut peu après fadifgrace, jufqu’â être obligé en 1541. de fe retirer à Rome, oùfa promotion devint publique aulll - tôt. L’année fuivante leRoi le déclara déchu du droit de naturalité; mais le Pape luidonna la Légation de Ravenne, & lui conferva les revenus del’Evêché de Vifeu, en le lui faifant réfigner à fon neveu Alexan-dre Farnéfe, qui fe contenta du titre, Ct iaiffa l’utile à Sylva. CeCardinal mourut à Rome le cinquième juin 1558. * Mémoiresde Portugal.
SYLVA (Edouard) Jéfuite Portugais, reçut l’habit de laSociété en 1552, & alla au Japon par l’ordre de faint FrançoisXavier. Il y fit paroître fon zélé, & apprit fi bien la LangueJaponoife, qu’il en a laiffé le premier une Grammaire, & unDiétionnaire très-ample. Ce Père mourut au Royaume deBan-go l’an 1564. * Aiegambe, Bibliotb. Societ. Jefu.
SYLVAIN, Sylvanus, Dieu champêtre, préfidoit, félonles Poètes Latins, aux forêts, aux troupeaux fit aux bornes desterres. Quelques uns le font fils de Faune; mais Plutarque ditqu’il étoit né de l’incefte de Valéria, avec Valérius fon père.On dit que ce Dieu aima fort Cypariffe , & qu’après qu’Apolloneut transformé ce jeune garçon en cyprès, il porta toujours de-puis en fa main une branche de cyprès. Feneflella dit que Pan,Faune 8c Sylvain eft la même Divinité. Leurs Prêtres s’appel-loient Lupercales. * Horace, Epodes, Ode 2. Plutarque, enJesParallèles. Feneflella, du Sacerdoce des Romains.
SYLVAIN, fils de Bonitus, François, rendit de grandsfervices â l’Empereur Confiant, demeura enfuite quelque temsauprès du Tyran Magnence, & contribua beaucoup à fa ruineen fe retirant avec une partie de la Cavalerie. L’Empereur Con-fiance reconnut ce fervice par les emplois qu’il donna à Sylvain,qui eut enfin le commandement général des troupes des Gaules.Peu après fe voyant calomnié auprès de ce Prince, il fouffritque fes Soldats le faluaffent Empereur à Cologne l’an 355, &quelques jours après il fut affaffiné par ordre d’Urfîcin , envoyéde l’Empereur, comme nous l’apprenons d’Ammien Marcellin.II y eut un Evêque de Tarfedece nom, dont parle Théodoret,Hijloire Eccléf I. 2.
SYLVAIN (Saint) Voyez S I L V A I N.
SYLVAIN. Voyez SYLVANUS.SYLVANECTES, peuples anciens de la Gaule Belgi-que. Les terres qu’ils habitoient étoient comprifes dans la Bel-gique fécondé, & dans la Lyonnoife quatrième. C’étoit unepartie du païs qu’on nomme aujourd’hui l'Ifle de France. Sylva-nettum, à préfent SeHlis, étoit une de leurs villes. * Audiffret,Géogr. Ane. & Mod. tome 2.
SYLV ANUS (Jean) Socinien diftingué du XVI fiécle.Il étoit d’abord Prédicateur & Infpefleur à Ladenbourg dans lePalatinat 11 entra enfuite, non feulement dans les Principesdes Sociniens, mais il chercha à concilier leur doétrine avec cel-le de Mahomet. 11 fit cela à l’inftigation d’Adam Neufer, autreMiniftre du Palatinat, qui Je détermina auffi à aller avec lui iSpire, où fe tenoit alors une Diète de l'Empire en préfence del’Empereur Maximilien IL II fe trouva entre autres à cette Diè-te un Envoyé de Tranflÿlvanie à qui Neufer remit une lettrepour Sélim II, Empereur Turc, & Sylvanus, une autre pourGeorge Blandrata , fameux Socinien. Ces deux lettres, dont lecontenu étois très-dangereux, tombèrent entre les mains deFrédéric III, Eleéleur Palatin, qui le 15 juillet 1570 fit mettreaux arrêts Sylvanus, Neufer & deux autres complices, dont l'uns’appelloit Matthias Véhe, & fit faire une perquifition exaéle deleurs écritures & papiers. Parmi ceux de Sylvanus on trouvaun Traité Allemand, écrit de fa propre main & intitulé, Confef-Jion véritable £ÿ Chrétienne contre lafauffe Divinité de trois perfonnesÊ? contre l'idole des deux natures. Sylvanus avoua cet Ecrit & neput nier, non plus que Neufer, d’être avec les Mahométansdans une correfpondance auffi oppofée à la Religion Chrétiennequ’au bien de la patrie. On leur accorda nonobftant cela affezde tems pour fie défendre 8c l’on confulta des Théologiens & desUniverfitez étrangères fur la peine qu’ils avoient méritée. Laplupart des Confeillers de l’Elefteur furent d’avis qu’on ne lesdevoit pas punir de mort. Neufer trouva dans ces entrefaites lemoyen de s’échapper de la prifon. Enfin, après qu’on eut exa-miné toute cette affaire pendant deux années entières, l’EIe-£leur prononça lui même la fentence, que Sylvanus feroit déca-pité , & les deux autres bannis pour toûjours des païs de l’Ele-éteur, après qu’ils auroient publiquement condamné leurs er-reurs. Cette fentence fut exécutée le 23 décembre 1572. Lu-binietzkimet Sylvanus au rang des Martyrs & dit qu’il avoit étéSurintendant à Heidelberg, & auparavant Précepteur de l’EIe-éleur Frédéric III: il ajoute qu’il fut brûlé vif en 1571. Toutcela cela eft cependant faux. * Lubinietzki, Hifl. Reform. Po~Ion. I. 2. c. 5. p. 108. Réflexions fur le Mabométifme & le Socinianif-me, p. 103. è?c. E)iâ. Allemand. Voyez N E U S E R (Adam)
* SYLVANU S'( Alexandre ) dont le nom propre eftVanden Boffcbe, Flamand, a écrit en François, diverfes Poëfies;des Anagrammes fur les noms des Princes, des Nobles & desDames illuftres de France; Cinquante Enigmes; l’ArithmétiqueMilitaire; Defcription du dernier jour & du Jugement dernier ;Cinquante-cinq Hiftoires Tragiques; Abbrégé de cent Hiftoi-res Tragiques; Recueil des Femmes qui fe font rendues illuftrespar leur vertu. * Valére André, Bibliotb. Belgica, p. 42.
S Y L V E, Sylva, Jeu public des Romains, pour la répréfen-
ta-