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8 (1740) Lettres SEH - Z
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402 SU G. SU H SU I.

Corps des Hiftoriens de France. * Guillaume, Moine de Saint-Denvs, en fa Fie. S. Bernard, in Epijî. Sainte-Marthe, Gall.Chriji. de Abbate Suggerio. Jacques Doublet & Dom Féiibien,Ilift. de l’Abbaïe de Saint - Denys. Auteuil, Hijl. des Minijires d'E-tat. Dupleix & Mézeray, Hift. de France.

SUGULMESSE ou SE'GELMESSE, provincede la Numidie en Afrique, qui a celle deDara au Couchant,celle de Rétel au Levant, le Zara au midi; & les montagnes dugrand Atlas au feptentrion. Elle prend fon nom de fa capitale,& eft arrofée de la rivière de Zis. La longueur de ce païs eftde plus de quarante lieues. Ceux qui l’habitent font desBéré-béres, qu’on appelle Xénétes, Zinagiens, & Haoares, fur la fron-tière des Morabitins ou Almoravides. Cet Etat avoit autrefoisun Prince particulier. Les Almoravides le conquirent; & en-fuite les Almohades, puis les Bénimerinis , fous lefquels lespeuples s’étant révoltez, leur Seigneur, nommé Jofepb, fut tué,& leur capitale ruïnée avec tout ce qu’il y avoit de plus conli-dérable dans la province. Quelques uns attribuent la fondationde Sugulmelfe, capitale de la province, à un Capitaine Romain,d’autres à Alexandre le Grand, mais fans aucune raifon, ce Con-quérant n’ayant jamais paffé en Afrique. C’étoit autrefois uneville fort peuplée. Les peuples de la province s’étant ralliezaprès la deftruétion de cette ville, bâtirent quelques fortereffes,comme, Ténéquent, Tébuaçant & Mamum, & s’y retirèrent.11 y a dans chacune un Chef qui y commande. Comme les Ha-bitans font fort orgueilleux & mutins, ils ont perpétuellementquerelle les uns avec les autres. Tout eft à préfent au Chérif àqui cette contrée appartient. Il y a plufieurs grands villages,où l’on trouve quantité de fcorpions; mais il n’y a point de pu-ces. Les Habitans qui fe nourriffent de dattes principalement& d’un peu de blé, font gens groffiers à laréferve de quelquesriches Marchands, qui trafiquent au païs des Nègres, & qui enrapportent de l’or & des Efclaves pour des marchandifes de Bar-barie. Ces peuples, étant de concert, firent une clôture deplus de trente lieues autour de leur Etat pour arrêter les courfesde la Cavalerie, ce qui les rendit libres, tandis qu’ils demeurè-rent unis ; mais leur divifion recommençant, on laiffa ruiner cet-te clôture, & les Arabes y étant entrez devinrent les maîtres dupaïs. * Marmol, Hijl. d’Afrique, tome 3. cb. 22. 23. Th. Cor-neille, Dicl. Géogr. Voyez auifi SE'GELMESSE.

S ü H A M ou S Ç U H A M , fils de Dan, l’un des douzePatriarches. Il donna fon nom à une famille, qu’on nomma defon nom la famille des Subair.ites ou Sçubamites. Quand on fit ledénombrement des Ifraëlites dans le Défert, il fe trouva foixan-te- quatre mille & quatre cens de cette famille. * Nombres, cb.26. v. 42 fc? 43-

SUIBERT, Apôtre de Frife, dans le feptiéme & le hui-tième fiécle, étoit Anglois de nation, & avoit été DifcipIed’Eg-bert, Evêque d’Yorck. Il fut envoyé en Million dans la Frife,l’an 690, & y convertit â la Foi plufieurs Infidèles. Etant re-tourné en Angleterre l’an 693 , il fut ordonné Evêque de la Fri-fe par S. Wï!fnd e , Evêque d’Yorck. 11 revint en Frife, &n’ayant pu, à caufe des guerres des Saxons, continuer fa Mif-fion, il fe retira avec la permiflion de Pépin, dans un ifleduRhin au deflous de Cologne, & y bâtit un monaftére, qui futdepuis changé en Chapitre de Chanoines. C’eft le lieu où eftpréfentement Keifersweert. Il mourut le premier de mars del’an 713. * Aâa apud Bollandum.

S U I C E R (Jean - Gafpard) Voyez SCHWEITZER.

S U I C E R (Jean-Henri) Voyez SCHWEITZER.

SUIDAS, Auteur Grec, qui vivoit, comme on le croit,avant le dixiéme fiécle, eft Auteur d’un Dictionnaire, que nousavons par les foins de Jérôme Wolfius, d’Emilius Portus, &de M. Kufter, qui nous en a donné une excellente édition entrois volumes in folio, à Cambridge, en 1704, avec des Notes.Son Ouvrage renferme plufieurs Hiftoires fouvent peu fidèles.Comme Strabon , Etienne de Byzance, &c. citentunSuidas.ilfaut dire qu’il y a eu deux Auteurs de ce nom; mais c’eft fanspreuve que l’on a fait Moine le Suidas dont nous parlons. SonLexicon n'eft autre chofe qu’une compilation de plufieurs autresDictionnaires, dont il a nommé les Auteurs à la tête de fon Ou-vrage, dans lequel il a fait entrer une grande partie des Scho-lies, qu’on avoit faites autrefois fur les Poètes Tragiques & furles Comiques. Outre l’interprétation des mots, il contient en-core les Vies des Savans & des Princes, & diverfes Hiftoiresqu’il eft difficile de trouver ailleurs. Quoique Suidas ne foitpas du nombre des anciens Auteurs, on pourroit néanmoins luien accorder les privilèges, parce qu’il n’y a rien dans fon Lexi-eon, qui ne foit pris des Anciens, & que par cet endroit, onpeut le regarder comme un Tbréfor de Grammaire; mais c’eftdommage qu’il ait fupprimé les noms, des Auteurs anciens, dontil a rapporté les extraits, & qu’il n'ait point eu plus de géniepour faire cette compilation. C’eft dans cette vue que Charlesde Philippes appelloit Suidas, une bête couverte d’une toifond’or, voulant marquer que, quoiqu’il eût chargé fon livre d’ex-cellens extraits des Anciens, il n’avoit pourtant pas eu affez dedifcernement pour les employer, comme il auroit été à propos.Mais la principale caufe de l’inégalité qui fe trouve dans tout ceLexicon, vient apparemment de ce que pluiîeurs y ont fait desadditions après la mort de Suidas, comme l’a remarqué Voiiîus.Et comme les capacitez & les mœurs de ceux qui ont fait desaugmentations, ont été fort différentes, auifi bien que les temsaufquels il les ont faites, on ne doit pas être furpris d’y trouvertant de chofes peu exaétes. Ainfi les fautes qu’on y remarque ,foit contre la pureté de la Religion, foit contre la vérité del’Hi-ftoire, foit contre la connoiffance des Belles Lettres , ne luidoivent pas être toutes attribuées. Poffevin a fait un Recueild’une bonne partie de ces fautes, qu’on peut voir dans fon Ap-parat Sacré, tome 2. * Voflïus, Pbilolog. c. 5. Phil. Jae. Mauf-

S U I.

fac, Differt. Critic. ai Harpccration. André Quenfted, de Pair.Vir. Illujl. Joan. Rofin, in Antiq. Rom. Carol. Philipp. in GufhtPbilologico. Konig, Bibliotb. Vêtus & Nova. Mémoires de Trévoux,février 1720.

SUINIBROD ou NY M BOURG, petite ville duCercle de Bolefiaw en Bohême. Elle eft fituée fur l’Elbe, àneuf lieues de Prague, vers le Levant. * Maty, DiS. Géogr.

SUINIMIR (Démétrius) Ban de Croatie, fuccéda à Ra-vifon, Roi de Croatie & de Dalmatie l’an 1075. 11 n’étoit pasde la famille royale, & reconnoît lui-même dans un Aéte quefon adreffefoutenue delà grâce cèlefle lui avoit procuré la Couron-ne. On apprend d’ailleurs que le Clergé eut beaucoup de partà fon éleétion, à laquelle il intéreffa auifi le Pape Grégoire VII,en promettant de lui rendre hommage pour ce Royaume, & delui payer chaque année deux cens écus d’or en forme de tribut.Ce Pape ne craint point de dire dans un Bref, qu’il avoit fait

5 uinimir Roi de Dalmatie. Les négociations durèrent plufieursmois, & Suinimir ne put être couronné que le quatrième oélo-bre de l’an 1076. La cérémonie fe fit à Salone dans l’églife defaint Pierre, par Gébizon, Abbé de Saint-Boniface, Légat dufaint Siège: on en a encore les A êtes. Suinimir époufa Hélène ,fille de Bêla, Roi de Hongrie; mais, ou il n’en eut point d’en-fans, ou il n’en eut qu’une fille, mariée à un Seigneur nomméWinicb. Il vivoit encore l’an 1087, mais il faut qu’il foit mortpeu après. * Du Cange, Familles Byzantines.

* S UI N T I L E I , autrement CHINTILE, CIN-T HILE, Roi des Vifigoths en Efpagne, ufurpa en 621, lethrône fur Recaréde IL 11 avoit de i'efprit & de la valeur, & ilen donna des preuves en enlevant aux Romains ce qu’ils poffé-doient encore en Efpagne. Il mourut vers l'an 631, après unrégne de dix ans.

SUINTILE II, autremènt CHINTILE, CIN-THILE ou CHINTDILANE (Flavius) XXVIII Roides Vifigoths en Efpagne, fuccéda à fon frère Sifennand, morten 636, & fe diftingua entre les Princes de fon fiécle, par fonamour pour la paix & pour les Sciences. La première année defon régne il fit tenir à Tolède un Concile, qui eft le cinquièmede ceux qui ont été tenus dans cette ville, & il mourut en 640 ,n’ayant régné que quatre ans. Tulca lui fuecéda. * Mariana,1 . 6 . Surita. Ifidore de Séville, inCbron. Grotius, Prcef. ad Hijl.Vandalo - Gotbicam.

S U J ON S: c’étoient anciennement des peuples de l’Europefeptentrionale. Us étoient dans la Scandie, au Levant des Si-tons. Us étoientdiftinguez en Hillévions, Scandiens, Guthes,Firéfiens, Nordmans, Sujons propres, Hippodes, & Favons ,

6 ils occupoient la Gothie, la Suède propre, & la Bothnie. *Maty, Dicl. Géogr.

S U I P P E , petite rivière du Rhémois en Champagne,baigne Suippe la Longue, Pont - Favergue, & fe décharge dansl’Aîne, un peu au deffous de Neuchâtel-fur-Aine. * Maty,DiSt. Géogr.

♦SUIREAU (Marie) fille de M. Suireau, Avocat à Char-tres, & de Marthe Frefneaut, naquit à Chartres même en 1599.Elle entra le 12 d’avril 1615, dans la maifon de Port-Royal, quivenoit d’être réformée par l’Abbeffe Marie-Angélique Arnauld,& elle y fit profelfion le 16 d’avril de l’année fuivante 1617, âgéede 17 ans. Cinq ans après on la jugea capable d’être envoyéeavec Anne-Eugénie Arnauld au monaftére du Lys, Ordre deCîteaux, pour travailler à la réforme queMadamedelaTré-mouille Abbefle de cette maifon, avoit deffein d’y établir. Ma-rie Suireau, nommée alors la Mère Marie des Anges, fut pendanttrois ans Maltreffe des Novices au Lys, & y forma d’excellente*Religieufes. Vers ce tems-là Louïfe de Bourbon, Duchefle deLongueville, voyant que Madame de Soiffons fa famr, Abbeflede Maubuiffon, ne pouvoit vivre encore longtems, & fe fentantpreffée d’un vif défir de faire mettre la réforme dans ce monafté-re, où tout étoit fort en defordre, s’adreffa à la Mère Angéli-que Arnauld, & lui demanda des fujets capables de remplir fesvœux. La Mère Angélique lui donna Marie Suireau, & Mada-me de Longueville obtint pour elle un Brevet de Coadjutrice del’Abbaïe de Maubuiffon. Elle envoya dans le même tems à Ro-me pour avoir la confirmation du Pape; mais Madame de Soif-fons étant morte le 28 de décembre 1626, avant que le Courierfût arrivé, la Princeffe s’adreffa encore auRoiLouïs XIII, &lui demanda l’Abba'ie vacante pour celle en faveur de qui ellevenoit d’obtenir le Brevet de Coadjutrice. Le Roi l’ayant ac-cordée, Marie Suireau vint à Maubuiffon le feptiéme de janvier1627, & pendant vint-deux ans qu’elle fut Abbefle de cettemaifon, elle l’édifia par fa rarefageffe, & par toutes les vertusdont elle étoit ornée; elle en diifipa peu à peu tous les defor-dres qui s’y étoient introduits; elle y rétablit le fpirituel & letemporel qu’elle avoit trouvé à fon arrivée dans un état digne depitié; elle gagna par fa douceur, par fa patience & par fes priè-res celles qui, loin de vouloir fe foumettre d’abord â la réforme,s’étoient foulevées contre elle avec violence. Elle eut beaucoupà fouffrir au dedans, de I’efprit de propriété & de diifipatioitqu’elle trouva dominant dans fa maifon ; & au dehors, des Moi-nes de Cîteaux, qui la traverférent autant qu’ils purent dans fesréfolutions & dans fes entreprifes, mais elle eut toujours recoursà Dieu dans fes peines, & elle eut la confolation de réüifir dansbien des occafions, où il paroiffoit d’abord que le parti nécef-faire étoit de tout abandonner. C’eft ce qu’elle éprouva en par-ticulier dans un grand procès qu’elle fe vit obligée de foutenircontre les Habitans de Pontoife, qui vouloient fe rédimer deplufieurs droits dont l’Abbaïe de Maubuiffon jouïffoit depuis fafondation, & qui furent protégez en cette rencontre par le Car-dinal de Richelieu, Gouverneur de Pontoife. Le procès duradeux ans, & l’Abbeffe le gagna, lorsque fes adverfaires fe glori-Soient déjà, comme s’ils euflfent été sûrs de le gagner eux- mé-

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