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8 (1740) Lettres SEH - Z
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S E N.

fentences & contrats font intitulez en leur nom. Lorsque le Sé-néchal eft préfent, fon Lieutenant prononce, Monjieur dit, &lorsqu’il eft abfent, nous dijons. Le Sénéchal du Loudunois eftl’un des prémiers Sénéchaux Royaux, les autres SénéchauiTéesn’ayant été réünies à la Couronne que long-tems après. Lesprémiers Rois de la troiiîéme race n’avoient confervé que Paris,la Beauce, la Sologne, la Picardie, & une partie de la Bour-gogne. Le Sénéchal de Bourdeaux eft Grand Sénéchal de Guien-ne. La Provence eft divifée en neuf SénéchauiTées fous un GrandSénéchal. Il y a un Sénéchal particulier dans chaque Sénéchauf-fée. Voyez LIEUTENANT de Robe-Longue. *Furetié-re, DiÜ. de 1747. Piganiol de la Force, Nouvelle Defcription dela France, tome 1. p. 306. £?c.

SE'NE'CIO. Cherchez HE'RENNIUS SE'NE'CIO.

SE'NECTAIRE ou SAINT-NECTAIRE (Magde-laine dé) Voyez SAINT-NECTAIRE.

SE NEF, bourg du Brabant, dans les Païs-Bas Catholiques,fur les frontières du Hainaut & du Comté de Narnur, eft célébrépar la viétoire que les François, commandez parLoiiïs de Bour-bon, II. du nom, Prihce de Condé, & les Hollandois par le Princed’Orange, fe battirent vigoureufement tour à totir, &s’attribué-également l’honneur de cette journée. * Maty, DIB. Géogr.

Voici ce que M. Burnet dit de la bataille de Senef. „ Les„ François, dit-il, eurent d’abord l’avantage. Mais le Prince,, de Condé le pouffa trop loin, & les Hollandois, devenus tout,, autres depuis qu’un Naffau les coinmandoit, foutinrent le„ choc avec beaucoup de bravoure. Le Prince d’Orange char-„ gea lui même en plufieurs endroits. Suivant trop fon coura-„ ge, il fe trouva une fois dans un Corps François, qu’il prit„ pour être de fes gens. Dans cette erreur il leur ordonna de„ charger , & ils lui répondirent que la poudre leur manquait.„ Ayant reconnu à la Langue qu’il étoit âvec fes ennemis, il fe„ dégagea de la troupe avec une grande préfence d’efptit, & fit„ approcher les liens, qui les mirent aifément en déroute. L’a-„ étion de l’après-midi répara la perte du matin, & remplit„ tout le monde & particuliérement le Prince de Condé, d’efti-

me pour la prudence & le cœur du Prince d’Orange. Le Prin-„ ce d’Orange m’a dit , continue l’Evêque de Salisbury, que la„ veille il Vit venir de l’armée Françoife un Capucin, qui eut„ uhe longue converfation avec de Souches, Général de l’Em-,, pereur; que ce Général fit fi mal fon devoir dans l’a£tion,que„ le Prince dit le foir au fils, que fon père en avoit agi fi lâche-„ ment que n’eût été le refpefl: dû à l’Empereur, il luiauroit„ caffé la tête. On dépouilla le Traître de fes emplois, mais„ trop tard. ” * M. Burnet, Mémoires, tome 2. p. 8i.

SE'NE'G A ou S E'NE'G A L, païs aux environs de la rivièrede même nom, dans la Nigritie en Afrique. La rivière de Sénégaeft une branche du Niger, & fe partage encore en plufieurs bras,qui après avoir formé plufieurs files,grandes & petites, fe raffem-blent& fe jettent dans l’Océan. Entre ces ifles du Sénéga, Celleque l’on nüihme l’Ifle de Saint-Louis, eft urie des plus belles, & unehabitation des François. Elle eft accompagnée de deux autres,dont l’une eft appellée Yljle aux Rois, & l’autre VIfleaux Anglais,parce qu’ils y ont une petite Colonie, qui eft maintenant défer-té. Quelques Voyageurs rapportent que le Sénéga eft un Roy-aume , & que la ville capitale a le même nom de Sénéga, ou ce-lui de Tulucatan. D’autres difent qu’il n’y a point de Royau-me de Sénéga, & que dans ce païs on ne voit que des cafés deNègres, qui compofent des villages. Les Royaumes que ceux-ci nomment dans le païs de Sénéga, qu’ils prennent pour toutela Nigritie, font ceux de Foulles, de Tombut, de Brak, deGuroloph, de Galain, de Thim & de Cahior. Ils difent que lepaïs où habitent les François, appartenoit au Roi Brak, dont leRoyaume s’appelloit Ouhalle, & non pas Sénéga, quoiqu’il fûtaux environs de la rivière de Sénéga. * Rélation de la NigritieÇf dü Sénéga.

SE'NE'QUE (Lucius Annæus) Seneca , Orateur, né àCordoue en Efpagne, compofa les Déclamations que nous avonsencore aujourd’hui, & que Ton a fauffement attribuées à fon filsle Philofophe. Il époufa une Dame Efpagnole, nommée Elbia,dont il eut trois fils; Se'ne'que le Philofophe ; Annæus Novatus,depuis furnommé Jules Gallian, par adoption; & Annæus Mêla ,père du Poète Lucain. Sénéque S’adonna entièrement à l’étu-de de la Philofophie. Novatus, célébré par fon érudition, futélevé à des charges publiques à Rome ; & Mêla fe contenta dela fortune de fon père.

S E'N E'Q U E (Lucius Annæus) Seneca, Philofophe Stoï-cien, né à Cordoue peu avant la mort d’Augufte, vers l’an 13de Jefus-Chrift, fut inftruit dans l’Eloquence par fon père, &tut pour Maîtres de Rhétorique Hygin, Ceftius & Afinius Gal-lus; enfuite de quoi il étudia la Philofophie fous Socion Ale-xandrin , & fous Photin, de la Seéte des Stoïques. Dès le com-mencement de l’empire de Caligula, il donna des preuves defon favoir & de fon éloquence en divers plaidoyers. Mais voy-ant que Caligula fe piquoit d’être l’homme du monde le plus élo-quent, il ne parla plus en public, de peur de donner delà ja-Ioufie à ce Prince ambitieux & colère. Quelque tems après, é-tant foupçonné d’être un peu trop familier avec la veuve defon bienfaiteur Domitius, il fut rélégué en l’Ifle de Corfe, où ildemeura près de deux ans, & où il écrivit fes livres de Confola-iions, qu’il adreffa à fa mère & à Polybe; & quelques autres Ou-vrages. Son Apothéofe de l’Empereur Claude en profe & envers, a été traduite en François, aulîî en profe & en vers, parM. l’Abbé Eftieu , connu par quelques autres pièces, écrites a-vec politeffe, & où régne le bon goût. Cette Traduétion a étéimprimée dans les Mémoires de Littérature ÿ> d'Hiftoirc, recueil-lis par le Père Defmolets de l’Oratoire, tome x. partie2. Agrip-pine ayant époufé l’Empereur Claude, rappella Sénéque, pourlui donner la conduite de fon fils Néron, qu’elle vouloit élever

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à l’Empire. .Ce Prince profitant des inftruftions de fon Préce-pteur , fut très -eftimé, & pafla les cinq premières années de fadomination d’une manière â fervir de modèle aux meilleursPrinces. Mais après que Poppée & Tigellin fe furent rendusmaîtres de fon efprit, il s’abandonna à ces crimes abominablesqui l’ont rendu la honte du genre humain. La vertu de Séné-que étoit une cenfure continuelle de fes vices. Il s’en voulutdéfaire,& fe fervitd’unde fes Affranchis, nommé Cléonicus, quiavoit ordre de lui donner du poifon ; mais la chofe n’eut pointd’effet, ou par le repentir de ce Domeftique, ou par la défiancede Sénéque , qui ne vivoit que de fruit, & qui ne buvoic que del’eau. Quelque tems après, Néron fachant que fon Précepteuravoit fçula conjuration de Pifon contre faperfonne, profita decette occafion pour fe défaire de lui. Il lui laiffa le choix dugenre de mort, & Sénéque fe fit ouvrir les veines. Pendant feàderniers momens, il s’entretint avec fes amis, qui pleuraient a-lentour de lui; & par de graves difcours il tâcha d’arrêter leurslarmes, fe fervant tantôt de la douceur, tantôt de la févérité. Safemme Pauline fe fit ouvrir en même tems les veines, pour mou-rir avec lui. Sénéque ennuyé des longueurs de la mort, priaStatius Annæus, fon Médecin & fon ancien ami de lui donnerun poifon, qu’il lui gardoit depuis long-tems à tout événe-ment. Mais les veines étant déjà épuilées , & les membresfroids, le venin n’eut pas le même moyen d’agir, & on fut obli-gé de l’étouffer avec la vapeur d’un bain chaud. Il mourut l’an65 de Jefus-Chrift, & le 12 du régne de Néron. Ce Philofo-phe avoit été honoré des charges de Préteur & de Quéfteur, Stmême, félon qu.ëlqiies-uns, avoit été élevé au Confulat. Nousavons diverfes éditions de fes Ouvrages, qui fontaffez connus,fans qu’il foit néceffaire d’en faire le dénombrement. Il faut é-viter de les confondre avec ceux de fon père. Il y a eu des Au-teurs qui ont cru que Sénéque avoit été Chrétien, & avoit eucommerce de lettres avec faint Paul. Mais pour être convaincudu contraire, il ne faut que remarquer ce que Tacite en rap-porte, parlant de fa mort: Comme il entroit dans le bain, dit-il,il prit de l’eau, dont il arroja les plus proches de fes Doinejliques, £?dit qu’il faifoit ces effufions 4 Jupiter le Libérateur.

io- On ne doit point douter de la fuppofition des treize Epî-tres, tint de Sénéque à faint Paul, que de faint Paul à Sénéque,quoique faint Jérôme & faint Auguftin femblent les avoir recon-nues pour véritables. Car 1. ces lettres ne font ni du ftile défaint Paul, ni de celui de Sénéque. Le ftile de celles qui fontattribuées à Sénéque, eft barbare, & plein de termes peu La-tins. Les lettres que l’on rapporte fous lé nom de faint Paul,ne reffentent eh aucune manière la gravité de cet Apôtre. 2. IIy eft dit que dans l’incendie de la ville de Rome, fous Néron,il h’y eut que cent trente - deux maifons de brûlées , qûoiqxi’ilfoit certain qu’une grahde partie de la ville fut confurhée par lefeu, comme le rapporte Tacite, qui affure que de quatorzequaftiers de la ville, il n’en reftaque quatre entiers; qu’il y eneut tirois, dont les maifons furent entièrement confumées; ücque dans les fept autres il en reftoit très-peu. 3. La date deces lettres eft fauffe ; l’une eft datée fous le Confulat d’Aprianus&de Capiton, pour Vipfanius & Capiton, quiétoient Confulscinq ans avant l’incendie. L’autre eft du mois de mars, & l’in-cendie ne commença, fuivant Tacite, qu’au mois de mai. 4.Elles ne contiennent rien qui foit digne de faint Paùl & de Sé-néque. il ii’y a prefqüë aucune penfée morale dans celles deSénéque, ni aucune penfée Chrétienne dans celle de l’Apôtre.Jacques le Févre d’Etaples les a cru véritables , les a publiéesavec celles de S. Paul, & les a commentées. Sixte de Sienne,dans fa Bibliothèquefacrée les défend aufll, de même qù’AntoinePoffevin, Alphonfe Salméron, François Bivarius, Jacques Pa-ifiéliUs, Marguerin de la Bigne. M. Fabricius, dans fes Apocry-phes du Nouveau Tejlamcnt, tome 1. p. 880, (fc. rapporte les jü-gemens de plufieurs Savans fur ces Lettres, à la tête de l’éditionqu’il eh a donhée. Sénéque a compofé plufieurs Ouvrages dePhilofophie Morale, fuivant les Principes des Stoïciens, De Ira ,de Confolatione, de Providentia , dé Tranquillitate animi, de Confian-tia Sapientis, de Clementia, de Brevitate vitee, de Vit a, de O liaSapientis, de Bénéficiés, & quantité de Lettres Morales. On luiattribue encore des Queftions naturelles, & des Déclamation*ou Controverfes; mais ces dernières font, comnié on l’a die plushaut, l’Ouvrage de fon père. Il avoitëhcore compofé d’autres Ou-vrages d’Hiftoire. Pour les Tragédies qui portent lenom de Séné-que^ que quelques uns attribuent au moins en partie au Philofophe, c’eft Un Recueil de Tragédies de différens Auteurs. La Mé-déel’Hippolyte & les Troades, font les plus belles; l’OQavie, la Thê-baïde, & les autres pièces font beaucoup plus foibles; mais iln’y a point d’Anciens qui attribuent aucune de ces pièces à Sé-néque le Pbilofopbe. La meilleure édition des Tragédies de Sé-néque eft celle de Gronovius; elle eft préférable à celle de Thy-fîus, Variorum. * Tacite, Annal. I. 12. 146? IS- Suétone, inNerone. Aulü-Gelle, Quintilien , &c. ne parlent point avanta-geufement de Sénéque. Jules Scaliger, Hypercrit. feuPoët. I. 6 •Jofeph Scaliger, in primis Scaliger. Ger. Joan. Voflius, lib.fin-gul. de Poët. Lat. Antoine Godeau, Hifi. del’Eglife , fin du pre-mier fiécle. RenéRapin, Réflexions fur la Poétique. Hédelin d’Aü-bignac, de la Pratique du Théâtre. Rofteau, Sentiment fur quelqueslivres qu’il a lus. Louïs Thomailîn, Prêtre de l’Oratoire, delàMéthode d’étudier & tfenfeigner chrétiennement les Poëtes, L 1. Bail-let, Jugement des Savans, £?r. tôme 3. partie 2 .p. 298 .n. ii 6 o.édit. d’Amfterdam 1725. M. Du Pin, Bibliothèque des Auteurs Ec-cléfiafiiques des trois premiersfiécles. Dom Calmet, DIB. de la Bibls.

S E'N E'Q U E le Tragique. Voyez l’article précédent.

S E'N E'Q UE, Evêque de Jérufalem dans le fécond fiécle,fuccéda à Philippe, Il étoit du nombre de ces Evêques de lanation Juive qui fuccédéreat à faint Jacques, depuis l’an ni»iufou’i l’an 135.

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