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SE'NE'QUE, certain Vieillard ignorant, renôuvella leserreurs des Félagiens dans la Marche d’Ancône, vers l’an 493.Cet Hérétique faifoit demeurer en même maifon les Clercs, lesMoines & les Vierges facrées, & ofoit déchirer publiquement lamémoire de S. Auguilin & de S. Jérôme. Le Pape Gélafe en é-tant averti, écrivit aux Evêques de cette province des lettres,pour les exhorter à étouffer ces erreurs dans leur naiiTance. *Epifl. 3-4-5 6? <5-
SE'NERLEUS. Payez S E'V E R L E U S.
SENE’S, ville de France dans les montagnes de Provence,a un Evêché fuffragant d’Ambrun. Quelques Auteurs ont cruque Ptolomée fait mention de cette ville en parlant de celle qu’ilnomme Sanitium , dans les Alpes maritimes ; mais ils fe trompent,puisque Senès n’eft point dans le païs des Védiantins. Les La-tins la nomment Civitas Sanitienfium, Sanejio, Sanitio & Sanitium.Le plus ancien Evêque dont nous ayons connoiffance, eft Ur-fius, qui a foufcrit à l’Epître fynodaledes Prélats des Gaules auPape faintLéon. L’églife cathédrale eft dédiée fous le titre del’Affomption de Notre - Dame. Le Chapitre, qui étoit autre-fois de l’Ordre de faint Auguftin , fut fécularifé par le Pape In-nocent X, en 1647. Il eft compofé'd’un Prévôt, d’un Archi-diacre, d’un Sacriftain & de cinq Chanoines, dont l’un eft Ca-jnérier; outre un Curé & trois autres Eccléfiaftiques. La villeeft petite & peu confidérable : fa Jurifdiétion temporelle eft enpartage entre l’Evêque, le Chapitre, & le Comte de Carces.Senès eft fituée à quatorze lieues d’Ambrun, à huit de Sifteron&de Graffe, à quatre de Digne & de Caftellane. Le diocéfedeSenès ne comprend que quarante deux paroiffes. Cette ville aété la demeure des Sutriens, pris par Antonin pour les Cemene-lenfts , peuples des Alpes maritimes; ce qui eft eau fe que quel-ques-uns ont cru que Senès étoit le Cemenebum, cité des Vé-diantins, dont on voit encore les ruines à trois lieues de Ni-ce dans un terroir appellé il Piano de Cimies. Jean de Soanem,Evêque de Senès, fut condamné en 1727, parle Concile d’Am-brun. Voyez AMBRUN. * Ptolomée, l, 3. e. 1. Bouche,Hijloire de Provence. Sainte - Marthe, Gall. Cbrijt. Th. Corneil-le , DiPt. Géogr.
S E’N E T E R R E. Foyez SAINT-NECTAIRE.
S E N F R E D, Roi des Eaft- Saxons ou Saxons Orientaux,en Angleterre, étoit le plus jeune fils de Sebbi. Il fuccéda à fonfrère Sigeard, mais il ne régna que fept ans.
S E N G A M I, ville capitale d’un Royaume, ou plutôt d’u-ne province de même nom. Elle eft dans le Quanto, région derifle de Niphon dans le Japon. * Maty, Ditl. Géogr.
SENGE'BE’R E(Polycarpe) Jurifconfulte au XVIIfiécle,étoit de Brunfwick. Il a écrit contre le livre de Mutuo de Sau-maife. Il difputa une Chaire en Droit de l’Univerfité d’Angers,contre un nommé Macquin. M. Ménage, qui avoit été fonDifciple, ne s’oublia point, pour lui rendre fervice dans cetteoccafion; mais Macquin lui fut préféré, parce qu’il en favoitplus que lui. Néanmoins, à caufe de fon mérite & de fa capa-cité , Meilleurs d’Angers lui firent une penfion de cent écus paran, pour l’obliger à relier dans leur ville: & M. deBoilefve,conjointement avec quelques autres perfonnes, lui en donna au-tant; de forte qu’il avoit fix cens livres chaque année. On vou-lut l’accufer d’avoir corrompu fes Juges, quoiqu’il eût eu dudeflous; mais M. Ménage fut fon défenfeur. On dit aufli quele même plaida pour M. Sengébére, qui vouloit répudier fafemme pour caufed’adultére. * Ménagiana. Bayle, DiÜ.Crit.
SENGHAM (Guillaume) Anglois, de baffe naiffance, futProfeffeur en Théologie, & fe fit Religieux de l’Ordre de faintAuguftin. Il a fait des livres, qui ont pour titre, De Legibus(ÿ Fuie', De Remediis tentationum ; Declaujlro Anima, &c. & flo-riifoit vers l’an 1260, fous Henri III, Roi d’Angleterre. *Pit-feus, de Illuflr. Angl. Script.
S E N G L E (Claude de La) quarante - feptiéme Grand-Maî-tre de l’Ordre de Saint-Jean de Jérufalem, qui pour lors réfî-doit à Malte, fuccéda en 1553, à Jean d’Homédes, & fut éluabfent, pendant qu’il étoit Ambaffadeur pour l’Ordre à Rome.Il étoit aufli Grand-Ho fpitalier & Chef de la Langue de France.Lorsqu’il fut arrivé à Malte, le premier jour de l’an 1554, il fîttravailler aux fortifications de la ville, & fit clorre de bonnesmurailles & de bâfrions Fille de Saint-Michel, qui futappeiïéeYljle ou la Cité delà Sengle. Vers ce tems-là, l’Empereur voyantque la Religion n’avoit pu accepter la donation de la ville d’A-frica, entre Tunis & Tripoli, la fit démolir à force de mines,& témoigna qu’il auroit voulu en avoir fait autant de Tripoli,comme le Grand - Maître d’Homédes le lui avoit confeillé. L’an1555, le Grand-Maître de La Sengle fit réformer les Statutsdel’Ordre, & en fit un volume nouveau, qui fut approuvé par lePape. L’année fuivante, François de Lorraine, Grand-Prieurde France, frère du Duc de Guife, arriva à Malte avec deuxgalères & un navire, chargé de toutes fortes de provifions. Ildonna à l’églife de Malte l’image de S. Jean-Baptifte, l’aigle dede S. Jean l’Evangélifte, & la ftatue de Moïfe, le tout de bron-ze, avec de riches paremens pour l’autel, & d’autres préfenspour l’Infirmerie. Le Grand-Maître le fit feoirau Confeilprèsde fa chaife, au deffus de l’Evêque de Malte; mais il ne lui per-mit néanmoins d’opiner qu’à fon rang. Dans l’églife, le Grand-Prieur eut fa place avant tous les Grand-Croix: diftinétion quine fut accompagnée d’aucune cérémonie particulière. Aprèsquatre années de gouvernement, pendant lefquelles le Grand-Maître de La Sengle n’oublia rien de tout ce qui pouvoit con-tribuer à la sûreté de l’Ifle, & au bien de la Religion, il mouruten 1559, regretté de tout le monde, & eut pour fuccefleur Jeande La Valette. *Bofio , Hijloire de l'Ordre de Saint-Jean de Jé-rufalem. Nabérat, Privilèges de l'Ordre.
SENGUERD (Arnold) Doéleur & Profeffeur en Philo-fophie à Amfterdam, étoit de cette même ville. Il étudia en
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Philofophie à Leyde fous Burgerfdyck, & fut reçu Docleur danscette Faculté à l’âge de 19 ans. 11 paffa de là à l’étude de laThéologie, & après y avoir fait des progrès, il alla s’y perfe-ctionner à Franeker fous Améfius & fous Maccovius. Sa répu-putation lui obtint une Chaire de Profeffeur en Métaphyfique& en Phyfique dans l’univerfité d’Utrecht. Après y avoir pro-feffé long - tems ; il fut appellé pour exercer la même profelfiondans l’Ecole Illuftre d’Amfterdam fa patrie, & y fut reçu au moisde mai 1648, par une Harangue qu’il fit fur le véritable Pbi-lofopbe , qu’il donna depuis au Public. Le Magiftrat le fit en-fuite fon Bibliothécaire, & un des Scholarques de ion Collège.Il a publié divers Ouvrages, une Logique; une Idée de la Mé-tapbyfique; un Collège fur la même Science; un Collège de'Phyfique ; une Introduélion à cette Science; un Collège de Mo-rale; une Oftéologie du corps humain ; un petit Ouvrage de 0 -Jlento Dolano. Il fuivoit prefque en tout le fentiment d’Ariftote.Il mourut en 1667, âgé de $6 ans. Il laiffa un fils unique, nom-mé IVolfred Senguerd, Docteur en Philofophie & en Droit, Pro-feffeur en Philofophie à Leyde, & Bibliothécaire dans l’Univer-fité. Il a donné divers Ouvrages au Public fur la Philofophie.* Janus Klenckius, Oraifon funèbre d'Arnold Senguerd. Mémoiresdu tems.
SE'NIGAGLIA ou SINIGAGLIA, ville d’Italiedans le Duché d’Urbin, fur la côte du Golfe de Venife, avecEvêché fuffragant de l’Archevêché d’Urbin, eft un Ouvrage desanciens Gaulois Sénonois, qui s’établirent en ce païs, & futpour cela nommée Sena Gallica ou Senogallia. Cette ville eft pe-tite, mais affez jolie & allez forte, avec un beau port dans lemême endroit où elle reçoit la rivière dite Nigola. Les Malate-ftes & les Ducs d’Urbin ont été fucceffivement maîtres de Séni-gaglia , qui eft préfentement de l’Etat Eccléfiaftique. Le'Cardinal Antoine Barberin , Evêque de cette ville, y publia desOrdonnances fynodales en 1627. Cette ville eft célébré dansl'Hiftoire par la défaite d’Afdrubal. La montagne voifine en apris le nom de Mont d’Afdrubal ; & la plaine qui eft aux envi-rons, s’appelle Malarota. *Schraderus.
* S E' N I R ou S Ç E' N I R : c’eft le nom que les Amor-rhéens donnoient à la montagne appellée autrement Antiliban.Les Sidoniens l’appelloient Herman. * Deuteronome, cb. 3.V.Ç.
S E N K A N, petite ville de Perfe, à une journée de Solta-nie, vers l’occident, fur la route de Derbent à lfpahan. C’eftla meilleure place de rafraîchiffement qu’on trouve fur toute cet-te route. Il y a grande abondance d’oranges, de citrons, degrenades & deraifins, du veau & du mouton à bon marché. El-le eft fituée dans une plaine, qui eft d’ailleurs féche & llérile.Elle étoit fort marchande avant que Tamerlan l’eût fi fort rui-née, qu’il n’y a pas d’efpérance qu’elle fe rétabliffe. * Struis,Voyages, p. 301.
SENLIS, ville de France en Valois, avec Evêché fuffra-gant de Rheims, fur la Nonnette. Les Latins la nomment Sylva-neüum; & quelques-uns la prennent pour V Augujlomagus de Pto-lomée, & pour le Sylviacum de Loup de Ferrières. Cette ville eftfituée dans un endroit fort agréable, près de la Forêt de Rets,qui lui a donné le nom de SylvanePtum. Saint Procule fonda l’é-glife de Senlis, dont il fut le premier Evêque. Outre la cathédra-le, qui eft confacrée fous le titre de Nôtre-Dame, il y a feptparoiffes, deux collégiales & une Abbaïe de Chanoines Régu-liers de la Congrégation de France. 11 y a 3uffi un Bailliage &fiége Préfidial, une Prévôté royale pour la ville & banlieue, lesJuftices de l’églife de Notre-Dame & des Chapitres de Saint-Rieul & de Saint-Framboud, une Eleétîon, un Grenier à fel,une Maréchauffée, une Maîtrife particulière des Eaux & desForêts, & une Capitainerie royale des chaffes. Senlis fouffritun fiége contre la Ligue, & vit le combat qui s’y donna en-tre les Ducs de Longueville & d’Aumalè; celui-ci Ligueur, &l’autre du parti du Roi. * Sainte-Marthe, Gall. Cbrijt.
CONCILES DE SENLIS.
Le premier Concile qui porte le nom de cette ville, fut célé-bré en 863, dans une maifon de campagne voifine, dite Convici-nus. Rothade de Soiffons y fut privé de l’Epifcopat, pour avoirdépofé injuftement un Prêtre. Hincmar de Rheims, ancien en-nemi de ce Prélat, y préfidoit. Charles le Chauve affembla lesEvêques des provinces de Sens & de Rheims à Senlis l’an 873 ,pour y faire le procès à fon fils Carloman, qui étoit Diacre, & quis’étoit révolté contre lui. Ce malheureux Prince y fut convain-cu de ce crime, puis aveuglé & mis dans i’Abbaïe de Corbie,d’où il fortit fecrettement, & fe retira auprès de fon oncle Louisle Germanique, qui lui donna l’Abbaïe d’Epternac, où il mourutpeu de tems après. L’an 990, Arnoul de Rheims préfida à unConcile de Senlis, où Charles, Duc de Lorraine, fut excom-munié , pour avoir mis en prifon Adalbéron Evêque de Senlis,& ruiné tout le païs voifin. On en célébra un autre en 1310,pour les affaires des Templiers. L’an 1316, on y tint un Con-cile national contre Pierre de Latilli, Evêque de Challon, ac-eufé de quelques violences. En 1317, Robert de Courtenay,Archevêque de Rheims, préfida à un Concile affemblé contreles ufurpateurs des biens eccléfiaftiques. Guillaume de Trie,fuccefleur de Robert, en tint un en 1326, & en i4° 2 - LesPrélats s’y affemblérent, pour chercher les moyens de finir leSchifme entre Boniface IX & Benoît XIII. Le Cardinal Fran-çois de la Rochefoucaud y publia des Ordonnances en 1620,comme Artur Fillon en avoit publié dans le XVI fiécle.
SENLIS, l’une des plus anciennes Maifons de l’Ifle-de-France , tiroit fon origine des anciens Comtes de Senlis, dontune branche prit depuis le nom de Bouteiller , conjointementavec celui de Senlis, à caufe que plufieurs Seigneurs de cet-te Maifon avoient poffédé la charge de Bouteiller de Fran-ce.