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Commentaires de M. Pierre André Matthiole Medecin senois, sur les six Livres de Ped. Dioscoride Anazarbeen de la Matiere medicinale
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DISTILLER LES EAVX.

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LE CINQ.VIEME

ÏOVXNEAV.

'Eâici vn bain fort bien faid-,auquel le vaifleau d'efta ineftpofc long de trois empans, & de gros ventre par lebas : la partie d'en haut en iaqueJie eft l'orifice, par vnîtrourond faidr au milieu du couuercle du bain femôtrelors au chauderon de la hauteur d'vn empan. Vn alembic d éfiainluy eft inféré,qu vn autre vailleau de mefme metail, & plus amplecontient pour receuoir l'eau froide qui découlé d vn autre vaifleaud'en haut,colloque au plus haut de lacolône, par vn tuyau ct'eram,deftine pour tenir l'eau iroide, tk la pojter à I'alembic d'eftain quiefl au milieu ,& le refroidir. Car iceluy refroidi, les vapeurs quimonten t fe condenfènt mieux , & fe conuertiflènt en eau. Quai dcett'eau froide par la chaleur de I'alembic peu à peu eft échauffée,foudain par le tuyau quieft au bas du vaifleau contenant I'alem-bic , fê peut vuider en ouurant la fontaine qui eft audit tuyau. puisderechef faut remplir ledit vailleau d'eau froide. Mais à fin qu'onne prenne tant de peine à vuider l'eau de ce vaifleau , puis le rem-plir,le tuyau du vaifleau d en haut,où eft l'eau froide,fe peut fi bienincontinent modeler, que par fa fontaine tât d'eau froide tomberadans le vailleau contenant I'alembic , que le tuyau du vaifleau quila reçoit pourra vuyder continuellement. Or afin que le chauderonfoit touiours plein de fuffifante quantité d'eau, & qu'il ne demeurevuide d'eau que le feu confume touiours, on a fait qu'vn autrevaifleau qui eft au bas de la colonne,foit touiours plein d eau chau-de,laquelle par vn tuyau tombe dans le chauderon, & fé chauffe auvafé de la colonne parmefme feu que celuy qui chauffe le chaude-ron : car la colonne eft creufe iufques au fond dudit vaifleau de lacolonne.

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11

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LE DERNIER

F0V8.NEAV,

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EsVcnitias &Neapolitans vfèntdcce fourneau, auqueldans vn iour& vne nuit par la chaleur fechc du feu on~ peut faire diftiller plus de cent liures deau. Le fourneau

"gg-itll eft rôd,du tout femblable aux fourneaux qu'on voit auxpoailes des Alemans. 11 contient toutalentourpluficurs vaifleauxde terre bien vitrez par dedans,de la figure d'vn vrinai, bien iutez:chacun eft couuert de/on alembic de verre, de la cime defquclsalembics par le moyen d'vne boulette de veire faite expies pour ce-la , les recipiens ou matras attachez par vne chorde grollette dé-pendent. Ce fourneau le chauffe commeles fourneaux des poailesdes Alemans. Quand le feu eft vehement, ils ne laiflènt rien es vaîf-feaux,craignans que la grande chaleur ne brûle les plates & fleurs.Ceux qui ne font autre meftier que de gouuerner ces fourneaux,bouchent toutes les portes dudit fourneau , afin que la chaleur nes'euapore au dehors. Ils remplillènt lors les pots de terre d'herbes,& les couurentde leurs alembics Par ce moyen ils en tirent grandequantité d'eaux , lesquelles font bien meilleure que celles qui fontdiftiilees par alembics de plomb,parce qu elles n'aquierent aucunemauuaifê qualité de metail.

F I N.