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Commentaires de M. Pierre André Matthiole Medecin senois, sur les six Livres de Ped. Dioscoride Anazarbeen de la Matiere medicinale
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LA MANIERE DE DISTIL. LES F.AVX. & 7

ducs fur les vapeurs du vinaigre, & étendues furvne grille faite de cannes. Ce qui n'auient es eauxlefquel-lc-s on fait par alembics de verre au bain d'eau chaude : parce qu'on les fenr eftre ameres , ou piquer la lan-gue^ elles font tirées des herbes ameres & acres.Dauantage elles n'ont aucune douceur:car elles n'aquie-rent aucune qualité des alembics de verre^d ou elles diftillét goutte à goutte. Outre ce celles qu'on fait parl'inftrument,qu'ils apellent Vefica, etamé au dedas, font meilleures que celles qui font diftillees par l'alem-bic de plomb,parce que le feu du fourneau ne peut ne brûler, ne lane fèntir lafumee aux herbes qui bouil-lent en l'eau : toutesfois elles ne retienent pas les vertus entières des herbes, pource qu'il y a de l'eau com-mune meflee parmi, qui les étouffe , & les rend debiles. Parquoi il faut donner l'honneur à celles qui fontdiftillees au bain d'eau chaude,ou à la vapeur d icelle,principalement celles qui font diftillees des herbes detempérature chaude. Ce font en général les maniérés de diftiller les eaux des plantes & fleurs d'icelles. Lesto choies particulières fe diront ci-apres quand on prefentera les pourtraits des fourneaux , Se autres inftru-mens. Quant aux vertus des eaux diftillees,il faut noter,qu'elles ont mefmes vertus que les herbes & fleursdefquelles elles font forties : toutesfois non tant exquifès : parce qu'en diftillant, beaucoup de leur fubftan-cefeperd,& s'en va en l'air, qui eft la caufe qu'aucuns médecins ayment mieux vfèr de décodions : car parJe goufter Se flairer on iuge bien qu'il y a plus de vertu en icelles , qu'es eaux diftillees.Mais à caufe que lesdécodions ne font tant agréables aux malades que les eaux diftillees , nous vlons pluftoft d icelles que desdécodions,pour prefenter aux malades des bruuages plus gracieux. A cela la diligence des apoticaires lertbeaucoup pour bien diftiller telles eaux au gré des médecins, & des malades. Donc les eaux diftillees fontgrandement profitables, tellement qu'elles font à preferer aux décodions en certaines médecines. Com-m'aux fieures ardantes,aux grandes chaleurs de l'eité, s'il faut apprefter quelque bruuage, pour fort étan-4© cher la foif , & deleder le gouft du patient, il fe fera beaucoup mieux & plus commodément par eaux di-ftillees,auec de vin de grenades , iulep rofat, ou violât, ou de fuc de citron,ou de limon, qu'auec la meil-leure decodion du monde.Autant en auient-il, quand il faut faire des collyres pour les yeux des oxyrho-dins pour la tefte,des epithemes pour le foye Se le cœur, le laillè à dire combien l 'art de diftiller les eaux eftaecellàire pour les parfums tant pour l'vfage de médecine , que pour les delices du corps ; comme font leseaux des rofes , des fleurs d 'orangiers, de myrte, & autres plantes , les fleurs defquelles fentent fort bon:pour l'ornement aufsi des femmes quifefèruent de certaines eaux diftillees pour embellir leur vifàige. Lesmeilleures font celles qui font diftillees des racines du feau de Salomon , de la couleuree, du concombrefauuage,du pié de veau, des fleurs de feues & du teil. Mais la plus excellente de toutes eft l 'eau du fuc de li-mons , dans lequel on laiflèra tramper plufîeurs iours certaines petites coquilles marines tresblanches, de3® la groflêur d'vn pois : puis faudra le tout diftiller au bain d'eau chaude. Car cette eau non feulement fubri-lie , & deridde le cuyr, ains aufsi leur rend le teint fort cler Se net. Ce qui ne me faloit oublier à dire, pourfatisfaire non feulement aux homes , ains aufsi aux Dames, la bone grâce defquelles i'eftime beaucoup.Pource l'vfage des eaux diftillees eft neceflàire à l'endroit de plufieurs ,&r fpecialement des médecins qui dé-firent ciuilcment Se honorablement exercer la medecine.

LE PREMIER

ÏOVB.NEAV.

CE fourneau fâid en forme de voûte pointue, peut contenirplufîeurs alembics de plomb, chauffez par vn fèul feu, des-quels on vfe plus, finon les apoticaires pareffeux , Se qui ne rie-nent compte de faire des eaux excellentes.

Leièc