S V R i E VI. LIVRE DE DIOSC. ;
diftribué par le corps,il faut bailler des aulx pilez auec du zy thus, iufques à ce que le blefle prenne enuyede vomir, ou de 1opopanax auec du vin rrainpé d'eau, & foudain il vomira. Numius dit qu il faut baillerde l'origan vert ou fèc auec du vin félon les forces du malade. Apres les vomiflèmens il faut faire prendredes theriaques, & vfer d'autres reinedes fufdits. Apres les fcarifications & ventoufès,il eft bon d'appliquerfur les playes de la" centaïuee aucc de la myrrhe, & vn peu d'opium, & feruira d'appliquer de la parelie encataplafme. Le fouuerain remede eft d'appliquer de la theriaque fur la playe & d'en boire. Il eft profitablede réueiller touiours les patiens en leur tirant le poil ou faifant quelque autre mal, les contraindre de faireexercice,les fomenter d'eau marine chaude. Voila qu'en dit Acte.Le plus excellent remede 5c qui eft de plusgrande efficace quei'aye cflayé contre les morfuresdes alpics fourds,qui fc trouuent enplufieurs lieux d'I-talie,c'eft noftre quinte eflènee compofee d'eau de vie & de noftre antidote : car eftant de parties treflùbti-les,en vn clein d'œil eft incontinent épandue par les veines & arteres ; & par tout le corps. Pource ell'empe-che que le fang & les efprits ne fe refroidirent & ne fe congèlent es vaillèaux , & la chaleur naturelle aug-mentée refifte puiflamment à la force du venin,& lefurmonteloudainement.
DV BASILISC. C H A P. L V.
Ra/ijîrate tnfon liure des remedes ©" uetûns écrit en cette forte du bafilifc : Quand le bafilifc a mordu quelcun, U
morfure deuient iaune ÇT retire k la couleur de l'or,On y remedie félon le mcfme Eralïjlrate } en baillant d boire une
drachme de cafloree auec du uirr.item du fuc de pauot. l'ai iufques ici expofe les lignes qui [muent lespiqueures CF
merfures de la plus grande partie des beftes uenimei<fes,femblablement les remedes conuembks.xo
LEs au&eurs traittent en diuerlès fortes du Bafilifc, que les Latins apellent Regulus. Aucuns difent quecet animal eft fi dangereux, qu'il fait incontinent mourir les perfones de fon feul regard, les autres parfon fiffler, les autres de Ion aleine , les autres par là morfure. Il y en a qui fuyuans l'opinion du vulgaire,penfènt qu'il s'engendre de l'œuf d'vn vieil coq. Cette diuerfité d'opinions me fait quafi croire que plu-sieurs au lieu de l'hiftoire du bafili/c,nous ont décrit vne fable. Il fémble que Diofcoride foit de cette opi-nion : car ne voulant eftre taxé comme les autres,il ne met ici rien du fien,ains feulement allégué Erafiftra-te au&eur de cette hiftoire du bafilifc. Galien au liure de la Theriaque à Pifon en fait mention difant ainfi:
Le bafilifc ferpent iaunatre a la tefte munie de trois pointes ou eminences.Par fon regard, 6c par fon fifflerfait mourir ceux qui le voient Se oyent, & fi quelqu'autrc animal le touche voire eftant mort, il en meurt.
Pource toute efpece de reptile fe dône bien garde d'habiter près du bafilifc. Gal.au li.io.chapitre i.des fim-)0 pics écriuant contre Xenocrates, lèmble n'approuuer l'hiftoire du bafilifc, difant ainfi : Il ne m'eft iamaisauenu de pouuoir voir cette befte roiale,apellee bafilifc:& s'il eft vrai ce qu'on en dit,il eft dangereux, voi-re de s'approcher de cet animal.Aelian écrit le bafilifc auoir vn venin fi pénétrant & fi cruel,que iaçoit qu'iln'cxcede la longueur d'vn empan,toutesfois il fait mourir tous les ferpens de fon aleine, voire les plus gras,tellement que fi on le touche de loin d'vne verge,il fera mourir foudain celuy qui l'aura touché. Solin écrit
3ue le corps du bafilifc mort a encores de grandes vertus, pource ceux de Pergame ont acheté les reliquesu corps du bafilifc d'vn ample fefterce, pour empelcher les araignes de faire leurs toiles dedans le templed'Apollon,& les oyfèaux d'y faire leurs nis , le corps du bafilifc mort y eftant pendu auec vn ret d'or.Plinçtrairre de cet animal horrible au li.8.cha.zi.difànt ainfi:En la région des Helperiés en Ethiopie y a vne fon-taine nommee Nigris, la fource du Nile, félon aucuns. Près de cette fontaine y a vn animal nommé Cata- Cotablcpotblepas, petit a(fez,malay(è de fes membres,aiant la tefte fi pelante qu'à peine la peut-il loutenir, l'inclinant ferpent,4° touiours enterre. Aurefte c'eft ladroittemortdu genre humain:car tous ceux qui voyent fes yeux meurentincontinent. Le bafilifc a mefme propriété. La région Cyreniaque le produit. Iln'eftque de la longueur dedouze doits. Il eft orné par la tefte d'vne tache blanche comme d'vn diademe. Par fon fiffler il challè tousferpens. Il ne fe traine pas par terre comme les autres ferpens , ains il va droit & éleué depuis la moy tié ducorps. Il fait mourir les arbrifléaux non feulement par fon toucher,ains aufsiparfon aleine:il brûle les her-bes, il romt les rochers,tant ce ferpent eft venimeux, On dit qu'vn bafilifc eftant tué d'vne lance par vn ho-me à cheual,que le venin eftant monté par la lance, non feulement l'home mourut,ains le cheual aufsi. LesRois ont fouuent defiré de voir vn bafilifc mort. La belette eft contraire à ce monftre:tant a efté nature cu-rieufê de bailler à chacun fon pareil. On fait entrer les belettes dedans le trous de ces ferpens,allez conneusf ° par leur puanteur. Les belettes les tuent de leur odeur, & meurent elles mefmes combatans pour nature.
C'eft ce que Pline dit du bafilifc,lequel y peut auoir mellé des fables comme les autres : car s'il fait mourirl'home par fon regard feulement,ou par fon fifHer,ou par fon aleine,commet eft-il auenu que ceux qui l'ontveu & contemplé pour nous en faire la defcription,en foient rechappez.'veu mefinement que c'eft vn fi petitanimal,qu'on ne le peut contempler que de près. Il me femblequ'il eftoitimpofsible qu'il ne veift ceux quile contemployent,attendu que(comme dit Plinejil ne fe traine point tout par terre, ains il va droit. Au relieErafiftrate n'aioutant, pofsible, gueres de foi à ces fables , & fachant le bafilifc tuer les gens de fa morfure,comme autres ferpens venimeux, il n'a traitté que delà guerifon de cette morfure. Mais ceyenin eftant fivehement & fort, qu'il n 'eft pofsible de le furmonter, ie n 'aiouterai rien àce que Diofcoride en a tranfcricd'Erafiftrate, lequel Diolcoride nous fuyuans comme noftre capitaine & maiftre, comm'il a mis fin à foxi6o ceuure de la matière medccinalcpar ce liure 6. ainfi nous finirons ici nos Commentaires fur le-dit œuure,lelquels nous auons compofez pour l'vtilitè de nous & de tous en généralftudieux de la medecine. De quoi nous rendons grâces à Dieutoutpuiflànt,auquel nous attribuons le tout,auquel aufsi nous deuonshonneur & gloire à
tout iamais,
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FIN DV SIXIEME ET DERNIER LIVRE.