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Commentaires de M. Pierre André Matthiole Medecin senois, sur les six Livres de Ped. Dioscoride Anazarbeen de la Matiere medicinale
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COMMENT. DE MATTH.

On tes nom' Se auec celles qui font faites comme plats ou bafsins: car il eftnecelfaire qu'ils prennent leur nourritureme en Yran* d'en bas. Tous herillbns marins ont cinq dens, creufes nu dedans , entre lefquelles y a comm'vn lopin deÇois ails de chair qui leur fertde langue, à laquelle leur golier eft attaché , puis le ventre diuisé en cinq parties ,com-bonc. - me s'ils auoient plulîeurs ventres : car ils font tous lêparés l'vn de l'autre ,8c pleins d'excremens , neant-mçins tous dépendent d'vn eftomac,& tous fe rapporter à vn mefme trou & côduit par où ils gettent leurscoures.Ces heriiîons n'ont au ventre aucune chair,ne en tout le coarps, mais ils ont grade quantité d'œufspai le'dedans attachés à la coque , enuelopés de petites peaus fort deliees, elgalement diftans l'vn de l'au-tre. Ils ont aufsi certaines choies noires qui partent de la bouche , puis s'eftendent çà & là par le dedans,&n'ont encores vn nom propre. Combien qu'il y ait plulîeurs hei-iilons marins, tous ont ces mefmes par-ties,mais tous n'ont des œufs bons à manger , aucuns en ont peu. On dit qu'ils deuinentla tempefte , carpour leur rondeur eftans aisés d'eftre tourmentés ça là, ils (è couurent de pierres pour s'appelantir, depeur qu'en tournoyant trop,ils n'vfem leurs piquons. Ce que les mariniers voyans allèurent leurs nefsà force d'ancres. Voila qu'en dit Ariftote. Gal.en vn mefme chap.du liure n. des limples parle du herillonLes uertot de mer & de terre , comme s'enfuit, Le corps de l'heriilbn tant marin que terreftre brûlé tout entier faiter proprie* vne cendre qui a vertu abfterfiue, relolutiue, 8c qui conlume. Pource aucuns en vient aus vlceres ors , &tés, aus excroill'ances de chair. E'^ÏVo; en Grec,en Latin,Echinus marinus : en Efpagnol, Erizo de

la mar : en Italien , Riccio marino. En Languedoc Vrlin,& caftaigne de mer: à Marfeille vrfin,& doulcin:en la colle de Genes Zinzin. Les grans qui ne font bons à manger rafcallès 8c migranes.

DE L'HERISSON DE TERRE.

CHAP. II.

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A peau de ïheriffon de terre brulee, z? incorporée auec de la poix liquide, eft botte à la pelade. Li chair de-fechee , er prhje en bruitage auec umaigre nucllc eft boite aus maladies des reins, à l'hydropifle, aus con=>§ unifions, À la ladrerie, à ceus aui font maldiftosés de tout le corps, tellement que toute la nourriture qu'ils« ju prenent ne leur profite en rien, elle defeche les defluxions fur les parties intérieures. Le fèye defeebe et) un potcutt au Joleil fert à mefmes ebofes.

HERISSON DE TERRE.

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En TraçaisPorcejpic.

La forme duforceftic.

Vertus &propriétésLes noms.

'Herilîôn de terre eft fort conneu en Italie. Il y en a de deus fortes comme de taillons. On les connoit

au groin, car l'vn l'a comme vn pourceau, l'autre comm'vn chien. Us ne fortent gueres de leurs tan-

nieres que de nuit. Parquoi les challeurs les prenent le plus fouuent la nuit. Quand les raiiîns commen-cent à meurir en efté & en Autonne, l'herillon va aus vignes, 8c s'addrelfe aus grappes qui touchent terre,pour en taire tomber les grains auec fes pattes, puis fe mettant tout en vne boule le veautre dellus pour fi-cher les pointes dedans , 8c les porter à fa taniere. Par mefme finelfe il emporte à fa cauerne les pommesfauuages abbatues du vent, ou tombées d'elles mefmes eftans meures. Entre les animaus à quatre pics lefeul herillon a les coudions attachés aus reins, côme les oifeaus. Pour cette caufe il gette toftfon fperme,&le malle ne monte point lur fa femelle côme les autres animaus,ains s'entrembralfant tout de bout à raifondes pointes. Quand il fe lent pourfuiui, il s'amalfe tout en vne pelote , afin qu'on n'y trouue rien qu'ef-guillons : ainli ii trompe les chiens. Si on gette de l'eau delfus lui, incontinent il s'eftend 8c chemine. C'cftvn animal de froide température, abondant en excremens defquels les elguillons font nourris. Pource fachair eft meilleure en médecine qu'en viande , car ell'eft terreftre, de difficile digeftion,& de peu de nour-riture. La cendre de cet herillon brûlé du pois de trois drachmes, auec vn'once d'agrimoine, & quatre 6odrachmes de l'interieure peau de l'eftomac de poulies lèrt à ceus, qui piifent au li& en dormant. Il la fautbailler de loir quand on s'en va coucher. Rhahs au liure des foixante animaus donne à l'herillon plulleursautres vertus que les fufdites, mais eftimant ce qu'il en dit eftre plus apocryphe que digne de foi, ic ne l'aivoulu ici mettre.Ceus qui en défirent fauoir dauantage,qu'ils ayent leur recours au liure fufdit. Hiftrix efteftimé elpece d'herilTon:parcc qu'il lui retire aisés,toutesfois il eft beaucoup plus grand, armé d'efguillonsplus longs,forts & bienpointus:il demeure de iour en fa raniere,de nuit il fort àlapafture.Toutrhyueril latient caché en là cauerne comme l'ours,& porte fon fruit tant de temps que l'ours,ou peu s'en faut.Quandle porcefpic eft courroucé, il s'eftend & le confie , lors il décoche fes pointes 8c fufeaus, tellement qu'il enbielle non feulement les chiens, mais les veneurs mefmes. Pline eferit que les cendres du porcelpic brûlé,prinfes en bruuagc gardent les femmes enceintes d'auoner,& les fait porter à terme. E'^iVeî %epo-x7c; en 70Grec,en Latin,Echinus terreftris : en Arabe, Ceufud ou Caufehen Italien,Riccio terreftreren Aleman, Hc-çhel,ouYgel:en Elpagnol,Erizo: en FrançoiSjHerilI'on.

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