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Commentaires de M. Pierre André Matthiole Medecin senois, sur les six Livres de Ped. Dioscoride Anazarbeen de la Matiere medicinale
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E P I S T R E.

n'auoireftè ingrat,ne inutile à nous Italiens,de ce qu'en peu d'annees il a efté pour la troifiéme,quatrième,& cinquième fois (ce me femble) imprime & vendu. A ce i'aiouteroi le bon iugementque plufieurs homes fauas en ont fait,duquel l 'ai côneu quç ie n'auoi perdu ma peine. Cela certesme deuoic inciter d'efïayer fi ie pourrai faire autat de bien aus autres natiôs,afin de n'eftre veu naipour les feuls Italiens.Mais il eft auenu aufsi dauantage s c'eft que l 'ai conneu qu'aucuns des autresnations ont pnns plaifir & quelque profit de nos commentaires,encores qu'ils fuflent en langueItalienne ; car l 'ai leu des autheurs Alemans& François qui ont traduit de mes fentences tellesquelles,&: les ont inferees en leurs liures,& ont non feulement confelïe les tenir de nous, mais auf-h ils ont parlé de nous honorablement : tant grande a efté leur honefteté en noftre endroit. Laboue affe&ion defquels voulant augmenter ,& ayder les eftudes des nations eftranges démonpouuoir,afin aufsi de rendre le pareil plaifir à iceux,& aquerir la bone grâce de tous aurres,ie n'aipoint trouué meilleur moyen que de traduire nos commentaires Italiens en Latin. Ce que i'aifait le plus toft que i'ai peu, efquels i'ai changé plufieurs chôfes (la difficulté de la matière en aefté caufe) ie les ai augmentés de beaucoup, & le tout i'ai aucunement îlluftrê. le y ai aiouté plu-fieurs pourtraits de plantes & animaux en petite forme retirez au naturel, afin que ceux qui nepeuuent voiager,& qui n'ont moyen d'auoir des maiftres, qu'ils y trouuaflent vn îardin, auquelen tout tems 8c fans aucune peine de cultiuer ils puifTent contempler quafi les viues plantes. Fai-fant derechef imprimer ces miens commentaires l'an 1558. l'ai aufsi aiouté plufieurs pourtraitsde plantés & d'animaux,defquels nous auons traitté particulièrement en nos commentaires ou-tre ceux defquels Diofcoride a parlé, nous auons aufsi en plufieurs lieux augmenté lefdits com-mentaires.Maintenant aiant vefeu dix ans continus en la cour du Serenifsime Prince FerdinandArchiduc d'Auftriche,&c .Eftant fon médecin,tout le tems que i'ai peu defrober, ie l'ai emploieà plus diligemment éplucher la matière meàcçinale ; où non feulement nous auons écrit & faitimprimer des herbiers particuliers pour les Alemans ôc Bohemes en leur langue,mais aufsi nousauons augmenté les commentaires Latins de plus de mille paffages, & auec iceux auons fait im-primer tous les pourtraits en beaucoup plus grande forme,Se beaucoup plus diligemment élabo-rez ,6c y ai aiouté quelques centaines de plantes nouvelles & étrangères retirées au vif, non en-cores mifes en lumière ne par moi, ne par autre quelconque.Elles font, c omm'on voit a l'œil,pourtraites d'vn fi grand artifice,& d'vne telle diligence (ie le di fans vanterie) & û proprement,que tous fans couleurs aucunes les peuuent ayfement connoitre. Parquoi ceux qui iufques ici fefont feruis du petit lardin de Matthioli > maintenant peuuent prendre leur plaifir en fon vergertresample,les portes duquel font ouuertes à tous ceux qui y veulent entrer. Car i'ai en moi vne fiprompte volonté de profiter à toute la Republique, que ie n 'y ai iamais voulu efpargncr ne lesgrandifsimes frais qu'ils m'a conuenu faire pour la pourtrature & graueure des planches , ne mapeine ne trauail aucun. Lefquelles choies combien ont cfié incommodes à ma faute & à ma vie,il m'eftplus feant de le taire que de le declairer plus au long, afin queie ne foi veu plus empefchéà attirer pluftoft à moi les cœurs des lc£tcurs,que de profiter à la pofterité. Aufsi fai-ie bien qu'ily en a plufieurs aians le tout veu & entendu qui n'ignorent point la peine que ie y ai mis : & croiqu'il y en aura plufieurs qui confïderans la grandeur de l'œuure,iugeront bien quelle charge,quellabeur,quel foin,combien de tems & de diligence il m'a fallu emploier en vn tel volume des plantes.Ie ne dirai rien de mes pérégrinations,voiages pénibles aus montaignes, vallees, collines fo-refts,près,mers,lacs,nuieres,palus,fontaines de diueifcs prouinces,aus lardins des fameufes villes,aux mafures & ruines de grands & vieils édifices,aux fpelonques & lieux defTous terre,aux minesde diuers métaux,aux fournaifes d'içeux,où Ion trouue de la cadmie,de la tuthie du fpodium , dela fleur d'erain,de la litharge,& plufieurs autres medicamens métalliques. le me tairai aufsi de lapeine que i'ai eu & du fouci à recouurer vn 'infimté de plantes étrangères d'Aiie , Grece, Syrie,Egypte,Arabie,Numidie. Ce que pourront facilement connoitre ceux qui liront ce mien liure.Ne les labeurs, ne Jes dangiers ne m'euflènt détourné d'entreprendre de grans & longs voiages,ôc à l'exemple de GaLi'euÛè palTé la mer,& euuc palfé par Cypre,Candie,Stalunene, Syrie, Egy-pte , & par plufieurs autres régions, pour recoiiurer plufieurs beaux iimples qui nous défaillentauiourdhuy,pour les faire connoitre aus homes,de pour leurvfage,fi mes affaires domeftics n'euf-fent empefché cette^nienne bone volonté,le deuoir pitié cnuers les malades, & la difpofitionalfes debile de ma perfone, laque lie n'eufl: peu longuement fupporter le trauail incommoditezde la mer,& de longue pérégrination. Donc ie me fuis efforcé de tout mon pouuoir & inauftrieen compofant ce hure,de y faire fi non tout ce qu'il m'a pieu,au moins ce que i'ai peu. Car i'ai eutouiours fi grande enuie de parfaire cet œuure, que x'ai pluiîoll du commencement eu ce but defaire ce bien à toute la Republique, que de penfer comment ie pourrai fournir à fi grands frais:lefquels certes ie n'eufiTe iamais peu fupporter, fi par la grâce de L>ieu l'Empereur Ferdinand debone mémoire, & vous Empereur tresinuincibie , & Serenifsimes, & iliuftnfsimes Princes, nem'eufsiez aydé de grande quantité d'argent, tellement que ia République doit reconnoifire cebien lu eftre prouenu pluftoft de vous que de moy.il y a aufsi d'autres princes d'Alemagne quiont vfé de leur libéralité pour parfaire ce liure.Premieremer-i. 1' : Uuflnfsime Elefteur de l'Empirele duc de Saxe, qui m'a enuoié fon courrier garni de beaucoup d'argent. La libéralité duquel &

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Herbiers ieMat th. enAlettutn.

Labeurs &drfpcnfes deMattb. encet atuure*

Libéralitédes Princesà' Ai e>;id=gne er.uersM ai th.