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1 (1840)
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PREFACE.

La législation de l'antique Egypte obligeait les médecins, sous peine de mort,d'observer à la lettre les préceptes consignés dans un livre écrit par les succes-seurs d'Hermès. Les gouvernements modernes accordent plus de latitude, et té-moignent del'indulgence pour les fautescommises contre des règles qui nepeuventavoir autan! de fixité que celles de la morale. Ils imposent seulement des codesspéciaux pour le choix des médicaments, la manière de les préparer, et celle deles associer ou combiner ensemble. Ce n'est pas le lieu d'examiner jusqu'à quelpoint ces sortes de livres sotil Utiles, du moins sous la forme qu'ils ont reçue jus-qu'ici, et s'il ne comiendraii pas mieux de les réduire aune simple liste des sub-slanees médicinales, simples ou composées, qui doivent se trouver dans uneofficine, en laissant les détails du mode de préparation aux traités spéciaux dechimie et de pharmacie. Ce qu'il importe seulement de faire remarquer ici, c'estque les codes pharmaceutiques, plus obligatoires d'ailleurs pour les personnesqtti se livrent à la vente des substances médicinales que pour celles qui en pre-scrivent l'usage, varient selon les pays. Cependant il n'y a pas long-temps qu'àpeine soupçonnait-on, dans chaque Etat, les différences qu'offrent les pharma-copées légales des peuples voisins. Aujourd'hui même encore, lorsqu'on parled'Une préparation magistrale quelconque, et surtout des effets qui lui sont attri-bués, on croit assez généralement qu'elle est la même en France, en Angleterre,en Allemagne, en Italie, en Espagne, etc. Kien de plus rare pourtant que cettesimilitude; la plupart du temps, il y a de grandes différences, eu égard à larial ure des ingrédients, et surtout à leurs proportions respectives. Rien de moinsbien appliqué, par conséquent, que le blâme ou l'éloge décerné à des médica-ments qui, fort souvent, ne se ressemblent guère , quoiqu'ils portent le mêmenom.

Il résulte du défaut d'uniformité des pharmacopées, que les médicaments nesont pas administrés de la même manière dans tous les pays, et que l'unité de lathérapeutique est une hypothèse qui peut entraîner de fâcheuses conséquencespour l'humanité. Une pareille proposition n'exige aucun développement pourêtre comprise.

Cette unité est si désirable , qu'il ne faudrait rien négliger pour s'en rap-procher autant que possible , alors même qu'on n'aurait pas l'espoir d"y arriver.