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4 (1740) Lettres F - H
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H Y P.

Loix du Code Théodofien lui font adreflees. Grégoire de Na-zianze, Ammicn Marcellin, Libanius & Symmacbus , font mentionde quelques perfonnes du même nom. On trouve aufli ce nomécrit en cette forte, Sperccius. * Voyez. Jacobi Gothofredi Pro-fopographia Cod. Theodoftani.

HÏTERIDES, ü'A thènes, fils de Glaucippe Orateur, futDifcipie de Platon & d’Ifocrate. Il eut part au gouvernementde l’Etat; & après la mort d’Alexandre le Grand, vers la CXiVOlympiade, & 324 ans avant Jéfus-Chritl, il fut tué par ordre d’An-tipaier. On dit qu’ayant été mis à la torture, il fe coupa lalangue avec les dents, de peur d’être obligé de révéler ce qu’ilfavoit. * Plutarque, Pie des Orateurs, cb. 9.

HYPERION, père du Soleil, ou félon U’ao'res, le Soleil mê-me , ainfi iurnomme, parce qu’il fe promène par ueffus la terre ; duGrec ùTif, fur, & •«, aller. Diodore le fait frère de Saturne,& fils du Ciel ; & dit que c’eft le premier qui obferva le coursdu Soleil, de la Lune, & des autres Aftres, & qui diliingua lesheures. Homère donne fouvent cette épithéte au Soleil.

HYPER 1 US, (Gérard-André) célébré Miniftre & Profef-feur en Théologie, naquit à Ypres en Flandre, le 16 de Mai1511. C’eft du lieu de fa naiflance, qu’il a pris le nom fous le-quel il eft connu. Son père qui étoit Avocat, après l’avoir faitétudier en divers lieux, ordonna en mourant à fa femme, del’envoyer à Paris, où il continua fes études. Cela fut exécutéen 1528 ; Hyperius étudia trois ans de fuite en Philofophie dansle Collège de Calvi, & après un petit voyage qu’il fit à Ypres,étant retourné à Paris en 1532, il y étudia en Théologie, juf-qu’en 1535. Il alla enfuite à Louvain, & depuis il fit des voya-ges en diverfes Provinces du Païs-Bas, & en Allemagne: ce quifut caufe que la peine que fes amis s’étoient donnée à fon iniu,de lui procurer un Bénéfice, lui devint inutile;car dès que l’oneut repréfenté à Carondilet Archevêque de Palerme & Chance-lier de l’Empereur, qu’Hyperius avoit voyagé en Allemagne,on le rendit tellement fufpect d’Héréfie, que ce fut à lui à lon-ger à la retraite. 11 paffa en Angleterre, & vécut plus de qua-tre ans chez un Baron Anglois, nommé Charles Montjoye,quiaimoit les Sciences. Il repaffa la mer en 1541, & fit defleinde voir l’Univerfité de Strasbourg, & particuliérement Bucer quila rendoit fort célébré; mais ayant pris fa route par le païs deHelTe, il vit à Marpourg un Profeffeur en Théologie nommé Gel-denhaur qui étoit de fes aimis, & qui pour le retenir, lui fit ef-pérer une charge dans l’Académie de cette ville. 11 s’arrêta làen effet, & y fuccéda peu après à fon ami qui mourut au moisde Janvier 1552. 11 exerça cette charge un peu plus de deuxans fans fe marier ; mais ne croyant pas pouvoir vivre commo-dément fans une femme, vu principalement que fa fanté n’étoitpas des plus affermies (raifon qui auroit détourné de cette pen-fée bien d’autres gens) il fe maria en 1554 à une veuve, dontil eut fix fils & quatre filles. Il mourut à Marpourg le premierde Février 1564, après y avoir exercé la profeffion en Théolo-gie plus de vint & deux ans avec une extrême application. Iltravailla principalement, à enfeigner aux Propofans la méthodede bien prêcher. 11 avoit l’efprit fort net, & outre qu’il favoitbien les Langues, l’Hiftoire, la Philofophie & la Théologie, ilavoit le talent de bien enfeigner. Il s’y étoit exercé de bonneheure, car lorfqu’il étudioit à Paris, il étoit le Répétiteur deplufieurs autres Ecoliers. Il étoit modefte dans les feftins, doux& honnête dans la converfation f & autant qu’il haïffoit les ver-res énormes qu’on fait vuider aux conviez, & les vaines plaifan-teries qui ne régnent que trop dans nos entretiens, autant feplaifoit-il à fe trouver quelquefois à des repas bien réglez, & àdes converfations agréables. En un mot c’étoit un homme quiavoit l’efprit bien tourné, & qui avoit joint cette perfeétion avecla vertu & le zélé. Une partie des Livres qu’il avoit faits, n’ontvu le jour qu’après fa mort, par les foins ou de Laurent Hype-rius fon fils, ou par ceux de Jean Mylius. Il a compofé plu-fieurs Ouvrages de Rhétorique, de Philofophie, de Mathémati-que , & deux Traitez de Théologie, l’un de reffe formando Théo-logie Jludio , & l’autre, de formandis Concionibus facris , qui furenttrouvez fi bons par Laurent de Villa-Vicentio, Efpagnol, Reli-gieux de l’Ordre de faint Auguûin, & Doéfeur en Théologie,qu’il les fit imprimer fous fon nom à Louvain, en y retranchantfeulement quelques endroits, qui étoient direélement contrePEglife Romaine. * Melchior Adam, in Vit. Theol. Fréher, inTbeatr. Colomiez, Gallia Oriental. Flaccius, de Pfeudonymis. Wi-gandus Horthius, in Orat. Tuneb. Hyperii. Bayle, Dilb. Crit.

HYPERMNESTRE & HYPERMESTRE, (Hyper-mneftra & Hypermeftra ) une des cinquante filles de Danaüs, Roid’Argos, époufaLynceus, un des cinquante fils d’Egyptus. Ellene voulut point obéir à l’ordre cruel, que Danaüs avoit donnéà toutes fes filles de tuer chacune fon mari la première nuit deleurs noces. Cette Princeffene fauvalavie àLynceus, que fur lapromefie qu’il lui fit de ne point violer fa virginité. Danaüsayant fu la défobéiffance d’Hypermneftre, la renferma dans uneprifon; mais quelque tems après il lui donna la liberté, & larendit à fon époux. * Apollodore. Hygin.

* HYPERMNESTRE ou HYPERMESTRE, fillede Thieltius ou Thiefpius, fut mère d’Amphiaraüs qui eut pourpère, félon les uns, Oïclée, & félon d’autres, Apollon. * Hvei-nus, F ab. 70. °

HYPIUS, rivière de l’Afie Mineure, qui paffe près d’Hé-raclée de Pont, & fe décharge dans le Pont-Euxin, entre leSangar & le Lycus. Elle donne fon nom à une ville, & on l’ap-pelle aujourd’hui Lippo. Voyez Stuckius fur Arrien. Etienne faitmention des Monts Uypiens, nommez autrement Hominiens ouOrméniens félon Ferrarius, & Armendogb par les Turcs.

HYPOSTASE, du mot Grec c, terme dont il fautfavoir le fens pour entendre les Conciles, étoit pris en deux dif-férentes fignifications par les Grecs & par le* Latins. Ceux-ci

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le prenoient pour la Subftance ; & ceux-là pour la Perfonne. Ainfiles Grecs voulaient qu'il y eût trois Hypoftafes, c’eft à dire,félon eux, trois perfonnes en une efience ; & les Latins difoient,qu’il n’y avoit qu’une Hypoltafe,c’eft à dire, comme iis le pré-tendoient, qu’une fubftance en trois perfonnes. Saint Athana-fe leur fit voir dans le Concile d’Alexandrie, tenu l’an362 .qu’ilsentendoient tous la meme chofe , en fe fervant d’un mêmemot, auquel iis donnoient deux fens différens, & les concilia en-femble. Pour définir plus exactement le mot Hypoflafe, il ligni-ne; x. Ycxiflence d’une chofe, confidérée par abltrariion; 2. lachofe même qui exille par elle-même , d’une exiftence qui lui eftparticulière. Lorfque les Pères Orthodoxes difent qu’il y a troisHypoftafes dans la Divinité, ils veulent dire que la Divinité exi-fte de trois manières différentes dans le Père, le Fils, & le SaintEfprit, quoiqu’ils foient égaux. Quand ils difent qu’il n’y en aqu’une, ils entendent que la nature du Fils & du Saint Efpritn’eft pas différente de celle du Père. Alors ils prennent le motHypoftafe au fécond fens. La queltion, fi l’on devoit dire qu’ily a trois Hypoftafes dans la Trinité, a brouillé longtems les E-glifes d’Orient & d’Occident. Quoique le Concile d’Alexandriefemblât l’avoir appaifé, elle fe rsnouvella depuis à l’occafion duSchifme de l’Eglife d'Antioche. Méléce, Evêque d’Antioche,tenoit trois Hypoftafes en Dieu; Paulin fon concurrent, fuivantle fentiment des Occidentaux, n’en admettoit qu’une. S. Jérô-me qui tenoit le parti de Paulin, fut inquiété pour ce fujet. Enfinla chofe étant éclaircie, les Occidentaux approuvèrent ceux quidifoient qu’il y avoit en Dieu trois Hypoftafes, en prenant cenom pour perfonnes. * Du Pin, Bibliotb. des dut. Eccléf. du IVJiécle.

HYPPICOS, tour de Jérufalem , qu’Hérode le Grand fitbâtir en l’honneur d’un de fes amis. Quand Tite eut pris cetteville,il ordonna que l’on confervât la tour d’Hyppicos, & deuxautres, parce que furpaffant les autres tours en hauteur & enmagnificence, il voulut qu’elles fiüènt connoître à la poftérité,combien il falloit que la valeur & la fcience des Romains dansla guerre fuffent extraordinaires, pour avoir pu fe rendre maî-tres de cette puiflante ville, qui s’étoit élevée à un fi haut com-ble de gloire. * Joféphe, Guerre des Juifs, I 7. cb. 1.

HYPSAS, nom ancien de la rivière du Royaume de Sicilequi ell aujourd’hui appellée Bélice Deftro.

HYPSE'E, père de Cyréne, bâtit, comme l’on croit, laville qui porte fon nom, près de la Mer Méditerranée,en cettepartie d’Afrique, que les Anciens appelloient Cyrénaïque, ouPentapolis. * Etienne de Byzance.

H Y P S E L A. Les Anciens appelloient ainfi la ville d’Alaf-cehar qui eft dans la Caramanie. * Baudrand.

H YPS1 CRATE E, femme du Roi Mithridate.aima fi par-faitement fon mari, qu’elle fe coupa les cheveux, apprit à mon-ter à cheval & s’accoutuma à porter les armes , pour fuivrece Prince dans fes expéditions. * Plutarque , Vie de Pompée.Valére Maxime, 1. 4. c. 6. Excmp. 6. ou Ex. 1,

HYPSICREON, de Milet ville d’Ionie, eut pour femmeNéæra, qui fut caufe de la guerre entre les Miléfiens & les Na-xiens. Promédon abufant de Néæra, & fachant que fon com-merce criminel étoit découvert, s’enfuit avec cette femme dansl’Ifle de Naxos, & la mit dans le Temple de Vefta. Hypfi-créon en ayant été averti,redemanda fa femme aux HabitansdeNaxos; mais ceux ci la refuférent, prenant pour prétexte qu’el-le étoit fous la proteébion de cette Déefle: ce qui alluma laguerre entre ces deux Peuples. * Paufanias, in Pbocicis, ou 1. 10.

HYPSIPILE ou HYPSIPHYLE, fille de Thoas, Roide Lemnos, fauva la vie à fon père, lorfque les femmes de cet-te Ifle mafTacrérent généralement tous les hommes qui l’habi-toient, en leur faifant accroire qu’elle s’en étoit défaite. Lacaufe pour laquelle ces femmes tuèrent ainfi leurs maris, étoitque ceux ci les méprifoient, parce que Vénus, ou, félon d’au-tres, Médée, les avoit rendues puantes. Après le maffacre deleurs maris, elles élurent Hypfipyle pour Reine. Quelque temsaprès, les Argonautes abordèrent dans l’Ifle de Lemnos. Hyp-fipyle s’attacha à Jafon dont elle eut deux enfans jumeaux;maisJafon l’abandonna avec fes enfans, & continua fon voyage. A-près fon départ les femmes Lemniennes ayant découvert qu’elleavoit épargné fon père Thoas, la châtièrent de l’Ifle. Depuis,les Argiens étant en marche pour la guerre de Thébes, commeelle alloit leur montrer la fontaine Langia, qui forme une riviè-re de fon nom dans le Péloponnéfe, fon nourriffon qu’elle po-fa fous un arbre fut tué par un ferpent. Lycurgue vouloit qu’el-le fût punie de mort, pour avoir été caufe de celle de fon fils;mais Adrafte & tous les Argiens prirent fa défeufe, & lui fauvé-rent la vie. * Ovide, in Epijl. Htroïdum. Apollodore, /. 1. Sta-ce, l. 4. 8P 5- de la Thébaide.

HYPSISTAIRES, Hérétiques,qui s’élevèrent dans le IVfiécle, & qui, félon faint Grégoire de Nazianze , avoient faitun mélange de la Religion des Juifs, & du Paganifme. Ils ado-roient le Feu avec les Payens, & obfervoient le Sabbat & l’ab-ftinence légale des viandes, avec les Juifs. * Saint Grégoire deNazianze, Orat. defun. patris. Sandére, ber. 36. Gautier, Chror..IV ftécle, ch. 24.

H Y P S U S, ville ancienne de la Grande Phrygie. Ce fut au-trefois le Siège d’un Evêché. On l’appelle préfentemeSt Al*,feheir ou Upfu.

HYPTANIS, rivière de Perfe que les Anciens ont connuefous ce nom. C’eft celle qui porte aujourd’hui celui de Tab, &qui coule dans le Kerman.

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