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4 (1740) Lettres F - H
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Satan, afin qu’ils apprennent par ce châtiment i ne plus blafphémcr. Ilen parle encore dans la fécondé Ephrc, ch. 1. v. 17.

HYMENE'E ou EUMENE, Patriarche d’Alexandrie,fuccéda à Julie l’an 130. Il tint ce Siège douze ou treize années.

* Eufébe, Eutychius, la Chronique Orientale. Du Pin, Bibliothè-que des Auteurs Eccléftajlïques des trois premiers fiécles.

HYMENE'E, Patriarche de Jérufalem, fuccéda vers l’an260, à Mazabanès. Il affilia au Concile, tenu à Antioche l’an264 & 270, contre Paul de Samofate. Il eut pour fucceffeur,l’an 296 Zabdas. * Eufébe, Hiftmre Eccléfiaftique. DuPin, Bi-bliothèque des Auteurs Eccléftafiiques des trois premiers fiécles.

HYMETIUS, Vicaire de Rome fous Julien en 362, com-me il paroît par le Code Théodofien tit. de Appellationibus I. 29.Il y a eu auffi un Hymétius Proconful d’Afrique, dont AmmienMarcellin fait mention, /. 28. On trouve encore un Hymétiusfrère de Toxotius & oncle d’Eultochium. * Voyez S. Jérôme adLatam de infiitutione Virginis.

HYMETTE, montagne d’Achaïe en Grèce â une lieue dela ville d’Athènes, a environ fept ou huit lieues de tour. Ledéfias n’ell ni habité, ni cultivé; mais on voit à la defcente,du côté du nord, un Monaftére de Caloyers ou Religieux Grecs,nommé Cyriani, que les Turcs appellent Cosbachi, à caufe d’unetête de mouton, qui eft à une fontaine. Ce Couvent elt trèsbeau pour le païs, où les Grecs n’ofent paroîtré fuperbes en bâ-timens. On y fait quantité de miel, qui ell fort ellimé à Con-llantinople; & lorsqu’on y en porte d’autre , on tâche de lefaire palier pour du miel de Cosbachi. Il n’eil point acre & n’al-tére point, comme font d’ordinaire les autres lortes de miel. 11eit de couleur d’or, & porte plus d’eau qu’aucun autre, quandon en veut faire du forbet ou de l’hydromel. La bonté de cemiel vient de la grande quantité de thym, de ferpolet & d’au-tres herbes odoriférantes, qui croifiënt fur le Mont Hymette.Ce Couvent ne paye pour tous droits qu’un fequin au Vayvode:exemption, dont voici la raifon. Lorsqu’Athènes fut prife parMahomet II, l’an 145S, l’Abbé de ce Monaftére lui vint pré-fenter les clefs au nom de la ville; & ce Prince, pour en témoi-gner fa reconnoiffance, voulut qu’il fût franc de toutes fortesd’impofitions ou tributs, le fequin ne fe donnant que par ma-nière d’hommage. Il y a encore cinq autres Couvens de Calo-yers fur cette montagne, que quelques Francs nomment MonteMatto par corruption, au lieu à’Hymetto. On y tiroit autrefoisdu marbre, qui étoit ellimé à Athènes. Les Athéniens cro-yoient auffi qu’il y avoit des mines d’or; & même un jour lebruit courut qu’on y avoit découvert en certain endroit de lapouffiére & des raclures d’or ; mais que cette mine étoit gardéepar des fourmis extraordinairement grandes, qui fe battoientcontre ceux qui en approchoient. Sur cet avis iis réfolurent d’yaller bien armez pour enlever ce thréfor, ayant même fait pro-vifion de vivres pour trois jours ; mais après avoir bien cher-ché, fans rien trouver, ils s’en revinrent en fe raillant les unsles autres de leur trop grande crédulité ; & les Poètes comi-ques ne manquèrent pas de mettre fur leur théâtre la fameu-fe guerre contre les fourmis. * J. Spon, Voyage d’Italie , &c.en 1673.

HYMNE, forte de chant, qui étoit en ufage parmi lesGrecs, & duquel ont amplement parlé Capella, Boëce, Ifîdo-re de Séville, Henri Lorit dit Glareanus, in Dodecachordo , MarcAntoine Majorianus , Orat. 23. Vincent Galilée, de la MufiqueAncienne Sf Moderne , Eric du Puy, in Mufathena , &c. DepuisTétabliffement du Chriftianifme, les Hymnes ont été chantéesdans l’Eglife Gréque & Latine. Dans cette dernière, on en at-tribue le commencement à faint Ambroife, Archevêque de Mi-lan. Elles furent établies par faint Grégoire le Grand, dans l’E-glife d’Occident, & portées enfuite de l’Italie en Allemagne &en France. * Jean Diacre, en la Vie de ce Pontife. Ekkehard, &c.Voyez Henri Spelman, Glojfar. Archaol. Du Cange, Glojfar.

HYMNE, ou Ode, qu’on chantoit en l’honneur des Divi-titez. Elles étoient ordinairement compofées de trois fortes decouplets ou fiances ; l’une s’appelloit Strophe , qu’on chantoitallant de l’orient à l’occident; l’autre fe nommoit Antifirophe,allant de l’occident à l’orient: puis on s’arrêtoit devant l’Autelen chantant 1 ’Epode , qui étoit la troifiéme fiance. Les PoètesGrecs ont fait plufieurs Hymnes à la louange des faux Dieux duPaganifme. * L’Abbé Danet, Antiq. Gréq. & Rom.

H Y N. H Y P.

H Y N GH AM, ville ou plutôt bourg d’Angleterre dans leComté de Norfolck. Il eft fitué près de la rivière de Ga-rien ou de Yare, au fud-ouefl de Norwich, dont il elt éloignéd’environ quatre lieues.

HYPANA, ville ancienne du Péloponnéfe dans l’EIée. El-le a aujourd’hui le nom d ’Acumba. Les petites rivières d’Aché-ron & de Dillion fe déchargent dans l’Alphée au delTous de cet-te ville.

HYPAS, Evêque de Gangres en Paphlagonie , affifla auConcile de Nicée l’an 325. On dit qu’à fon retour du Concile,il fut tué à coups de pierres par les Novatiens. C’eft un faitqui n’a point d’autre garant que les Grecs modernes qui le rap-portent au 14 Novembre dans leurs Ménologes, en quoi ils ontété fuivis dans le Martyrologe Romain. * Philoflorge, l. 1. c. 7.Ménologes des Grecs. Baillet.

HYPATE, ville ancienne de la ThefTalie. Elle eft renom-mée par fes Habitans qui étoient addonnez à la Magie, & parles amours d’Apulée & de Photis. * Davity, Tbeffalie.HYPATE, Ifle. Voyez HYPE'E.

H Y P A TIA, d’Alexandrie, fille du Philofophe Théon, flo-rifioit au commencement du cinquième fiécle, & avoit fait un

fi grand progrès dans la Philofophie, qu’on accouroit de toute*parts pour l’entendre. L’Evêque Synéfius l’appelloit fa Maitreffeen Philofophie ; & témoigna un relpeét extraordinaire pour elle.Ses mœurs étoient auffi pures, que fon efprit étoit excellent.Elle fut tuée dans une fédition populaire l’an 4.15, & iaifla di-vers Ouvrages. Nous avons auffi une Epigramme que Paul, ditle Silentieux, fit à fa louange. * Synéfius, Epift. 10. 80. 124.Socrate, Hifi. Ecckf. I. 7. c. 5. Nicéphore Callifte, I. 14. c. 16.Anthologia, l. y. Suidas. Baronius, A. C. 414. Savile, PtakB.in Euclid. Voffius, de PhiloJ'opb. & de Scient. Mathem.

HYPATIUS, neveu de l’Empereur Anaflafe, eut beaucoupde part au commandement fous le régne de fon oncle. Après_la mort de Jultin, il voulut fe mettre fur le thrône & fut dé-claré Chef de laCaétion Praline ; mais Juflinien dompta ce par-ti, & fit mourir Hypatius avec fes coufins Procope & Pro-bus l’an 527. * Marcellin, en la Chron. Procope, /. 1. de Bel-lo Perfico.

HYPATIUS, Conful en 359, comme le témoigne AmmienMarcellin, 1 . 29. Il fut enfuite Préfet de Rome, & Préfet duPrétoire, comme il paroît par le même Auteur. Il y a eu unHypatius Préfet Auguflal, fous Théodofe le Grand, & deux au-tres fous Théodofe le Jeune, dont l’un fut Maître de la Miliceen Orient, & l’autre Sécretaire de l’Empereur. Il ell fait men-tion de tous ces Hypatius, dans le Code Théodofien. * Jac.Gothofredi Profopographia Cod. Theodofiani.

HYPE'E, ou HYPATE, Ifles des Marfeillois, l’une destrois Stœchades, maintenant les Mes d’Hiéres, à douze lieuesde Toulon, à cinq de S. Eutrope , & à trois de la côte de Pro-vence. * Pline, I. 3. c. 5. Sanfon & Briet la nomment l’Ifle duLevant, ou du Titan. Adrien de Valo’is dit que c’efl la derniè-re des Stœchades, & la plus proche de Marfeille, & qu’elle futainfi appellée par les Grecs, parce qu’elle eft comme fous lesdeux autres, Prote & Mefe. Aujourd’hui ne retenant que lapremière fyllabe de fon nom ancien, & à caufe d’une petite for-tereffe, qui y eft bâtie , on l’appelle vulgairement le Châteaud’If, ou la Tour d'If. * Adr. de Valois, N ont. Gall. VoyezH1 ERES.

HYPERBORE'ES , ou plutôt HYPERBORE'ENS.Ce nom lignifie ce qui eft extrêmement au feptentrion. Les An-ciens l’ont donné à des mers, à des montagnes, & à des peu-ples, dont ils ont bien de la peine à nous marquer la véritablefituation. Ils s’accordent néanmoins à dire qu’ils étoient dansun païs fort éloigné vers le feptentrion; & de là vient que dansles manières de parler des Latins, vulgaires & proverbiales, en-voyer quelqu’un aux Monts Hyperborées , c’efl l’envoyer aubout du monde. Le Scythe Abaris avoit laiffé par écrit leursOracles, & les origines de leurs Dieux, leurs mœurs & leurscoutumes, & le voyage que fit Apollon en leur pais. Phéréni-cus dit qu’ils étoient fortis des Titans, & qu’il y a lieu de lecroire, parce que l’Antiquité a publié que ce fut dans ces païsfeptentrion aux, que les Titans fe retirèrent avec Saturne aprèsleur défaite. Les Romains, dans la recherche qu’ils font del’origine du nom de leur Mont-Palatin, recourent aux Hyper-borées; & félon PAbréviateur de Feltus , la fille d’un de cesHyperborées, nommée Phalante, ou Pallante, vint en ceS quar-tiers , où Rome a été depuis bâtie, & engendra Latinus des em-braffemens d’Hercule. Pindare, Pytb. 10. nous parle de la Re-ligion & de la félicité des Hyperborées. Us facrifioient, dit-ilironiquement, d’illuflres viélimés à Apollon, (ces viélimes é-toient des ânes;) & Apollon, pourfuit-il, ne pouvoit s’empê-cher de rire, en voyant drefler leurs grandes oreilles. Mais So-lin, c. 2r. dit férieufement après Hérodote, l. 4. qu’ils envo-yoient les prémices de leurs fruits par de chafles Vierges à A-pollon Délien; Sc les Grecs réciproquement, comme nous l’ap-prenons de Diodore de Sicile, l. 2. leur renvoyoient des pré-fens, pour être offerts à leur Apollon. Claudien, dans fon Poè-me du Confulat dHonorius, remarque que les griphons étoient par-ticuliérement confacrez à l’Apollon des Hyperborées. Apulée,Milef.l. xi. y ajoûte des dragons. * Voyez Servius, fur ÏEgloguehuitième de Virgile. Mêla de Situ Orbis, /. 3. c. 1. & 7. Caffio-dore /. 9. Chron. p. 3. & Rofinus, Antiq. Rom. I. 2. & Paralip.ad c. 7. Quant à ce que les Anciens nous rapportent de l’é-tat de ces peuples, qu’on n’entendoit parler parmi eux que deréjouïffances continuelles, que de concerts de flûtes & d’au-tres agréables inflrumens, que de feflins & de danfes; & quel’on ne favoit ce que c’étoit que la guerre, le travail, la vieil-leffe, & la maladie; tout cela eft une fiction, & nous ne eon-noiffons point aujourd’hui de peuples, fur-tout dans les climats,que l’on affigne communément aux Hyperborées, qui jouïffentd’une pareille félicité.

Pour fortir de la Fable, par les Mers Hyperborées nous en-tendons ordinairement l’Océan feptentrional, qui borne l’Euro-pe & l’Afie au nord; par les Monts Hyperborées, ceux que l’Anti-quité a appeliez Monts Riphées, nommez aujourd’hui, félon Bau-drand, les monts Stolp , & Kameni Payas , dans la partie fepten-trionale de la Ruffie ou Mofcovie, vers le Détroit de Weigatsékles embouchures de l’Oby ; & enfin par les peuples Hyperborées,ceux de la Sarmatie feptentrionale, & qui habitent le long descôtes de la mer. Ces peuples font maintenant les Lappons, quiobéiffent aux Suédois, aux Danois, & aux Mofcovites. Aurefte, lorfque les Anciens ont nommé ces peuples Hyperbo-rées, ils n’ont pas voulu dire qu’ils habitoient au delà du Bo-rée , qui eft le vent du nord, comme quelques-uns ont cru, af-furant qu’il n’y avoit point de vent en leur païs. Ce mot Hy-perborée fe doit entendre d’un païs ou d’un peuple qui eft bienavant vers le feptentrion, d’où part le vent Borée. Tout ce queles Anciens en ont dit paroît extrêmement fabuleux. * Diodore.Strabon. Du Pin, Hifi. Profane, tome 1.

HYPERECHIUS, Officier d’Honoriusen 397. Quelques

Loix