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4 (1740) Lettres F - H
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F.

. Cette Lettre , que quelques-uns mettent entre les muettes, &quelques autres entre les demi-vo-yelles, eft la même que le Digam-me Eolien, parce qu’elle eft com-me un double r ou gamma Grec.Elle a prefque le même fon quele <f> des Grecs ; & c’eft pour cet-te raifon que quelques-uns s’enfervent indifféremment, & fur-tout en notre Langue,comme dansles mots Pharamond & F aramond.Les autres croyent qu’il faut con-ferver le Ph pour les mots qui viennent du Grec ; & l’F pourceux qui font ou Latins, ou tirez du Latin. L’Empereur Clau-de, qui, au rapport de Suétone, ajoûta trois Lettres aux an-ciennes, & les mit en ufage, introduifit un Digamme ou F ren-verfée , qui eut* la force de 1’ V confone. Cette forte d’écri-ture paroît encore aujourd’hui dans les infcriptions qui furentfaites fous le régne de cet Empereur. Aulu-Gelle rapporte laraifon de cette invention. L’F n’avoit pas fon afpiration fi forteque le ?, comme le témoigne Térentien.

F littera à Gr&co <p recedit, Unis & hebes fonus.

C’eft pour cette raifon que Cicéron fe moque d’un Grec, quivoulant dire Fundanius, prononçoit Pbundanius , c’eft à dire, unP avec une afpiration P hundanius : ce qui n’empêche pas quedans le déclin de la Langue, ces deux Lettres ne foient mifesl’une pour l’autre, comme on le voit dans les Glofes anciennesTalanx pour P balanx, Pïlofof.a pour Philofophia, &c. On fe fer-voit de l’F, pour marquer 40 comme nous l’apprenons dece vers:

Scxta quitterdenos gerit hac qu& difiat ab alpha.

Le <t> chez les Grecs, avec une barre deffus, fignifie quarantemille. On inarquoit les Efclaves qui s’étoient enfuis, d’une F aufront. Cette Lettre eft la marque des monnoyes fabriquées àAngers; & dans le Calendrier eccléfiaftique elle eft la flxiémeLettre Dominicale. * Aulu-Gelle, I.4. c. 5. Suétone, in Claudio,(.41. Prifcien, &c.

F A B.

F AB A, anciennement Aphcca , petite ville ou bourg de laJudée. Ce lieu, qui eft a fept ou huit lieues de la ville d’A-cre, vers le Levant, donne le nom de Campo de Faba à une gran-de plaine, que les Anciens appelaient EJ'drclon , ou Campus Mag-rtus. Elle eft une partie de la Galilée fituée entre la Samarie, laMer de Galilée, les Montagnes du Liban, & le Mont-Carmel.Elle peut avoir dix lieues de long,& fix de large. * Maty,D:#.Géogr.

F AB ARIA, facrifice qui fe faifoit à Rome fur le Mont Cé-lien, avec de la farine de fèves & du lard, le premier jour deJuin, en l’honneur de la Déeffe Carna, femme de Janus, ainfiqu’on le lit dans Nonius au mot macto: d’où vient que lesCalendes de Juin s’appelloient Fabaria. Ce fut Junius Brutus,premier Conful chez les Romains, qui confacra ce jour à l’hon-neur de la Déeffe Carna, après que l’on eut chaffé les Tarquins.* Pitifcus, Lcxic. Ântiq.

F AB ARIA, en Allemand Pfeffcrs, Bains fort renommezdans le païs des Grifons. Ils font d’un difficile accès, fituez en-tre des montagnes effrayantes par leur hauteur, comme s'ils é-toient dans un gouffre fans fond, où une rivière nommée la Fa-mine fait par fa chûte un bruit terrible. Ils furent découverts dansle XIII fiécle, du tems de l’Empereur Frédéric II, par un Fau-connier , qui chercboit des nids de corbeau. Ils n’ont pointd’odeur defagréable de fouphre ou de nitre, parce qu’ils palfentpar des veines d’or & de cuivre. Paracelfe & d’autres Auteursen font de belles defcriptions. * Simler, in Rcp. Helv. Les Bainsde Pfeffcrs , en Latin Fabarienfcs Therma, Favariana , & Piperitut,étoient dans les cominencemens d’un difficile accès. On ne pou-voit y defcendre qu’avec des cordes, comme dans un puits. Dans

la fuite on conftruifît un pont de bois fufpendu entre ces ro-chers , & on bâtit des Bains & des hôtelleries avec un travail in-fini. Le lieu étoit fi enfoncé & fi obfcur, qu’il faloit fe fervir dela chandelle en plein midi. Mais tous ces prémiers édifices fu-rent confirmez par le feu l’an 162.9, au mois de Décembre; Ôtl’année fuivante 1630, l’Abbé de Pfeffers fit bâtir d’autres Bains,& d’autres hôtelleries, dans un endroit plus agréable & plus éclai-ré au deffous de la fource. Il fit tailler un chemin dans le roc;où le terrain manquoit, il fit placer un pont de bois; & par lemoyen d’un aqueduc il conduifit l’eau dans ces nouveaux Bains.L’eau de ces Bains eft extrêmement claire, fans goût ni odeur.Elle eft chaude au fécond degré, & propre à guérir diverfes ma-ladies. Elle fort toûjours au commencement de Mai, & taritentièrement vers le milieu de Septembre. L’on a remarqué quelorsque l’Hiver a été fort fec, cette eau paroit plus tard, & feu-lement vers le milieu ou à la fin de Mai ; mais quand l’Hiver aété pluvieux,l’eau fort de meilleure heure, mais en petite quan-tité & à peine eft elle tiède. Si elle ne tort que tard, elle cou-le auffi plus longtems. On fait à peu près quand elle doit pa-roitre; c’en eft un figne quand on voit venir dans le baffin desbulles d’eau, des feuilles de hêtre, des fruits fauvages & unelégère écume. Elle coule enfuite tout d’un coup, avec grandbruit, & en telle quantité qu’elle pourroit faire moudre un mou-lin. 11 y a près de ces Bain? une Abbaye. Elle eft fituée furune haute montagne, dans un terrain uni, au milieu d’une belleplaine, partagée en bois & en prairies. Elle eft de l’Ordre desBénédi&ins. Elle a été fondée environ l’an 710, & fes Abbezportent le titre de Princes de l’Empire, depuis que l’un de leursprédéceffeurs, nommé Rodolphe , né Comte de Montfort, reçutcet honneur de l’Empereur Henri VI, en 1198- Cependant lesCantons, Seigneurs fouverains du Païs, ont droit d’infpeétion &de protection fur cette Abbaye & fur fes terres. L’Abbé eftSeigneur des environs & particuliérement des Bains. L’Abbayefut brûlée l’an 1665 > I e 2 9 Octobre. Mais elle a été rebâtied’une maniéré plus magnifique qu’auparavant. Elle elt toute in-cruftée de marbre noir, rayé de blanc, depuis le rez de chaufféejufques au toit. On commença cet Ouvrage l’an 1673, & il fut finien 1677. *Ruchat, fous le nom feint de Gottlieb Kypfeler, htat gfDélices de laSuiffe,tomc3.p. 193. & fuiv. édit. d’Amlterdam 1730.

FABEll ( Gilles). Voyez F AB RI.

F AB ER (Jean) né à Hailbron fur le Nékre vers l’an 1500,entra dans l’Ordre de faint Dominique à Wimpfen, fut fait Do-cteur en Théologie à Cologne, & alla enfuite demeurer à Aus-bourg, où il prêcha & écrivit contre les Proteftans. On ne faitpas en quel tems il mourut. Voici fes Ouvrages, EnchiridionBibliorum, Ausbourg 1549, in quarto, Cologne 1568; Libellusquod fides effe pojfit fine charitate, Ausbourg 1548 , in quarto; Fru-Hus quibus dignofcuntur Harctici, Ouvrage curieux, où il y a beau-coup de chofes finguliéres concernant Luther; Teftimonium Scri-pt ur£ & Patrum B. Pctrum Jpojl. Rom<c fuijfe, Anvers 1553, ittoBavo; De la Meffe, de la prefence réelle de Jéfus-Chrift dansle Sacrement de l’Euchariftie, &c. Faber fit imprimer cet Ou-vrage en 1555 en Allemand: Surius le traduifit en Latin, & fitimprimer en 1556 à Cologne fa Traduction, qui a été encoreimprimée cinq fois depuis, & entre autres, trois fois à Paris en1558, 1564 & 1567. Nicolas Chêneau en publia auffi une Tra-duction Françoife à Paris en 1664, Faber fit auffi imprimer en1557, à Ausbourg, une explication Allemande de la Prophétiede Joël; à Cologne un petit Livre intitulé Via rcgia, qui eft unSermon Allemand fur le v. 16. du ch. 6. de Jérémie , & à Dilin-gen des Prières Chrétiennes tirées de l’Ecriture & des Oeuvresde faint Auguftin. Quelques Auteurs lui ont attribué des Ou-vrages qui ne font pas de lui, comme, J’Oraifon funèbre del’Empereur Maximilien I, qui eft d’un autre Jean FABER,auffi Religieux Dominicain, né à Fribourg en Suiffe.qui demeu-ra longtems à Ausbourg, comme celui-ci, & qui fut Prédica-teur des Empereurs Maximilien I, & Charles-Quint. Erafmequi étoit ami particulier de celui-ci, contribua beaucoup à luiconferver à la Cour de Charles-Quint le rang qu’il avoir eu àcelle de fon ayeul. Faber de fon côté fit de grands efforts pourle reconcilier avec fon confrère , Vincent Thierry d’Harlem : maisenfin les deux amis fe brouillèrent, & Jean Faber pour rega-i gner les bonnes grâces du Cardinal Thomas de Vio déclama■ fortement contre Erafme à Rome, où il mourut fur la fin de; l’an 1530. Erafme, quoiqu’irrité contre lui, reconnoit qu’il é-! toit excellent Théologien. * Echard, Script. Ord. Prad. 10-j me 2.

) FABER (Jean) autre Religieux de l’Ordre de S. Domini-, que, étoit de Leutkirch ville de la Souabe entre Memmingen &' A Lia-

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